SECTION PREMIERS
v plus de notre temps, et d'une foi qui leur guidait lia main.
Je ne parle pas ici des armes et des armures, je m'en occuperai en son lieu; esquissons à grands traits, afin d'arriver à François I er . La réforme discute les articles de la foi , et le luxe du roi et des particuliers se substitue à celui de l'église.
Le grand mouvement de la Renaissance agite tout, crée la presse, renouvelle beaucoup de choses, architecture , peinture , sculpture , musique, littérature, etc., car on peut dire que les arts sont comme les oiseaux voyageurs, qu'ils vont en troupe; mais, quoi qu'il en soit, c'est une belle époque pour la ciselure, qui fut très-honorée et tiès-appréciée dans la personne de Benvenuto Cellini.
La foi s'était refroidie et le zèle religieux était devenu moins ardent; c'est alors que la Mythologie devint à la mode et qu'on ne jura plus que par Hercule. On se décora au baptême du nom de Diane et autres divinités de l'Olympe; la benoîte Sainte-Vierge fut remplacée par Vénus, et tout fut soumis à cette bizarre révolution.
L'orfèvrerie changeant de thème, dut naturellement changer aussi ses allures, et les dieux païens furent remis en honneur avec tout leur cortège de satyres, de faunes, de bacchantes, de naïades, de tritons, de chimères, de têtes de mascarons, etc.
L'introduction de l'école italienne transplantée à Fontainebleau fit subir de profondes modifications à l'orfèvrerie.- La ciselure fut chargée d'enrichir de son travail, des vases, des montures de eristaux gravés, des
coupes d'agate, de jaspe, de lapis, des montures de camées, des agrafes , des bracelets, des colliers, des
dra&eoirs, etc - EUe eut auss * à décorer les armes, les éperons, les casques, les cuirasses, les boucliers de la Glie valerie qui jetait son dernier éclat devant la brutale manifestation de la poudre à canon.
Sous Henri III, la cour affichait un amour profond de la religion ; mais en réalité, ce n'était qu'un mas- *£ue qui servait à recouvrir un amour effréné du plaisir. On fit alors beaucoup d'orfèvrerie, de bijouterie. Les luttes de la Ligue firent disparaître en grande partie les chefs-d'œuvre du moyen-âge, et pour les convertir en monnaie, on prétexta 1er e mauvais goût. Le Style renaissance continuait cependant à être à la mode. A dater d'Henri IV et sous Louis XIII, on coinraeiiça à s'en lasser.
Depuis longtemps déjà, l'art ne savait plus où il allait , lorsque apparurent les premiers dessins de ce ptyle d'ornement qui devait se substituer à la Renaissance , et prendre dans l'histoire de l'art le nom de Style Louis XIV. Ce fut une fureur ; le roi qui aimait le faste fit faire beaucoup d'orfèvrerie, de joaillerie ; mais plus tard, en 1688, il fut obligé, pour soutenir les nécessités politiques, de faire jeter dans le creuset . cette énorme quantité d'orfèvrerie qui avait coûté plus de dix millions, et parmi laquelle se trouvait la plupart des chefs - d'œuvre de Claude Ballin, le preçoier orfèvre-ciseleur de qe long règne.
Sous Louis XV, le genre rocaille à son tour s'empara du goût public , et l'orfèvrerie d'église suivit la • mode. Le thème de la ciselure avait changé : elle fit