ÉCOLE LITTÉRAIRE
* La France est le pays où les artistes ont le plus de hardiesse et où règne au suprême degré la passion des nouveautés ; on y pousse quelquefois les choses jusqu'à l'exagération : cependant dans cette circonstance on a su se maintenir. Quand les siècles auront passé sur nos bronzes modernes, on les recherchera avec empressement. Que de magnifiques choses, il est sorti • des ateliers^ de Soyer, des maisons Vitoz, Debraux- Quenels, Denière, etc. : l'élite des sculpteurs, contemporains, et même des artistes obscurs et à peine connus de nom, ont, pour les maisons ci-dessus, rivalisé d'habileté et de génie, mais souvent sans profit pour leur gloire. Malgré l'entraînement qu'imprimait la littérature, tous les sculpteurs ne suivaient certainement pas la même voie, mais le but était le même : l'énergie et la vie !
Les uns avaient la force en partage, et les autres la grâce : Pradier, Feuchères, étaient de ces derniers. David (d'Angers) était grec, mais protestait par l'énergie de son modelé et de ses lignes contre les écoles froides, académiques. Il avait des qualités de fond en accord avec le mouvement littéraire (Voyez le Philopemen dans le jardin des Tuileries), et faisait de la chair vivante.
: De même que les orateurs, les poètes et les écrivains, les artistes de cette époque avaient aussi leur style individuel, leur originalité, et il n'en pouvait être autrement ; la sculpture n'eut pas de chef, à proprement parler, parce qu'il y avait trop de maîtres.
J'aurais bien voulu faire ici un résumé de la ciselure universelle aux grandes expositions de Londres
" Ciseleur. 2
1881, de Paris 1855; ce serait un travail très-instructif, mais trop long pour le cadre de ce manuel; <ïe plus, je serais obligé de citer quelques noms et d'en omettre un plus grand nombre, en un mot, de provoquer des jalousies et des rancunes.
Je dirai seulement q;ue la ciselure française exposée n'a pas eu d'autre rivale que la ciselure française elle-même. Grand nombre de pièces étrangères ciselées, l'avaient été par l'élite des ciseleurs de Paris ; de ce nombre , il faut citer le bouclier et les vases de Vecthe, ciselés par lui, par son gendre et surtout pair Mulleret, l'un des premiers ciseleurs de Paris et à présent chef de la ciselure à la manufacture de Sèvres. La maison Elkinton de Birmingham avait aussi réuni une pépinière de ciseleurs français d'élite, et malgré cela, la France a encore conquis la grande palme. Jfè ne parlerai pas du bronze d'art, quoiqu'il y eut tant de belles choses, tant de noms, que la description n'entrerait pas dans ce volume; mais je m'arrêterai Lt un instant devant la vitrine de Froment
Meurice, qui écrasa à lui seul, toutes les orfèvreries, bijouteries universelles exposées : on y voyait de tomt ce que notre art peut produire, et à côté du luxe te plus grandiose, le goût le plus délicat, le travail le plus exquis, le sentiment le plus savant et lé plus fin; tout enfin était là. Et à cette occasion, je demanderai la permission de faire une petite rectification historique à. If endroit de la ciselure parisienne, à propos de Froment Meurice. Il n'est personne qui n'ait vanté son immense talent comme ciseleur ; c'était disait-on : « Le Benvenuto Gellmi moderne, » Eh bien ! il serait