NT
Pierre de Fiel (jaune brun).
Cette couleur, que l’on tire du fiel de plusieurs animaux, ét surtout, pour l’avoir belle, du fiel d’anguille, fournit beaucoup et pourrait être employée utilement; mais on n’en fait pas usage dans le coloris ordinaire, et en cela on a raison; car je puis assurer, d’après plusieurs expériences que j’ai faites, qu’elle n’offre aucune solidité. Elle peut se remplacer aisément par le jaune indien le plus foncé,
Chicorée (jaune roussdtre).
Couleur fort transparente, qui est extrêmement précieuse dans le paysage à l’aquarelle, pour en terminer les premiers plans, mais qui ne peut être utile au coloriste , parce qu’elle est très-soluble, et sur laquelle on ne peut jamais repasser une autre teinte sans courir le risque de faire des taches ou d'enlever la première teinte,
$ 3. — Couleurs Rouges.
Rouges bruns et oranges.
Les couleurs rouges, rouges-brun et orangées, sont fournies par les substances minérales, végétales et animales.
Les couleurs tirées du règne minéral sont les sui=
vantes : les oxides de fer, de plomb, de mercure et d'or; les sulfures de mercure et d’arsenic, le chrô= mate de mercure, le sous-chrômate de plomb, l’io— dure de mercure.
Celles obtenues des substances végétales, sont : lé laque de Fernambourg (bois rouge), le rouge de carthame , la laque de garance. -
Le règne animal fournit le carmin , les diverses es— pèces de lagues carminées, et enfin la laque de Ker-
mès.
Vermillon ou Cinabre.
Deuto-Sulfure de Mercure.
Rouge éelatant, combinaison de mercure et de sou: fre, on le trouve à l’état naturel, dans les mines dd mercure ; celui du commerce est un produit chimique: Cette couleur fournit beaucoup , elle est solide, mais noireit, dit-on, avec le temps. N’en ayant que rare ment fait usage, je ne puis rien assurer à cet égardi On doit préférer le vermillon qui; à là plus grandé finesse, joint la plus forte couleur. Celui ditdela Chine tire sur le carmin; celui de Hollande offre un ton plu: jaunûtre.
Le cinabre, lorsqu'il est en masse, est d’un rouge: brun ayant une apparence cristallisée. Si on ie rédui! en poudre; il acquiert une belle couleur rouge qui. obtenue par déeantation, prend alors le nom de vermillon, Divers procédés peuvent être employés pour
Eu 50
préparer le cinabre; nous nous bornerons à indiquer les deux suivants comme donnant un produit qui réu« nit toutes les conditions pour fournir un yermillon d’une grande beauté. L'un consiste à triturer ensemble dans une capsule de porcelaine, avec un pilon en verre, 150 parties de mercure et 34 parties de soufre sublimé, le tout humecté de quelques gouttes d’une dissolution de potasse. Au bont de quelque temps le mélange acquiert une couleur noire. On y ajoute alors 80 parties de potasse dissoute dans une quantité égale d’eau. On expose la capsule, qui contient le mélange, à la flamme d’une bougie; et, en le chauffant ainsi, on continue de triturer sans interruption. À mesure que l’évaporation du liquide a lieu, on ajoute de temps en temps de l’eau pure, de manière à ce que le mélange soit constamment recouvert du liquide à la hauteur de 14 millimètres (un demi-pouce). Après deux heures de trituration soutenue, et ordinairement quand une grande partie du liquide est évaporée, la couleur noire du mélange commence à devenir brune, et elle passe alors très-rapidement au rouge. Il ne faut plus ajouter d’eau, mais la trituration doit être continuée sans interruption, Lorsque la masse a acquis la consistance d’une gelée, la couleur devient de plus en plus brillante, et cela avec un degré de vitesse
remarquable, A l'instant où cette couleur est la plus
belle possible, il faut retirer la capsule de dessus la flamme, autrement le rouge passerait promptement au brun. Le vermillon étant terminé, est ensuite lavé à Veau , puis séché.
BD
Le second procédé, quoique plus simple en appai rence, présente quelques difficultés, mais comme : n’est pas décrit dans les ouvrages, nous pensons de: voir le placer ici parce qu’il fournit un vermillon dam un état de division extrême. Dans une cornue en grès préalablement lutée, et dont le col est d’un large dia: mètre, on introduit de 500 à 1,000 grammes {1 à livres) de cinabré ( sulfure de mercure en masse). O) place cette cornue dans un fourneau à réverbère, le ce de la cornue est adapté dans un ballon à trois pointes et dont on a coupé les deux latérales ; à la pointe op posée, on adapte le col d’une cornue en verre qui er remplie d’eau et placée sur un fourneau, la point inférieure plonge dans un vase rempli d’eau. On pet voir cet appareil dans le Manuel du Fabricant « Produits chimiques (4), article mercure doux à la va peur. Il suffit de remplacer le mercure doux par le ct nabre. L'appareil étant disposé et luté, on remplh supérieurement le fourneau de charbons noirs, et l’a met seulement quelques charbons incandescents sv la grille, de manière à n'échauffer que graduelle ment la cornue ; on augmente par degrés le feu, € ayant le soin d'entretenir la partie supérieure du fou: neau toujours garnie de charbons. On porte de suii la cornue qui contient l’eau à l’ébullition, Le cinabr pe tarde pas à entrer en vapeur, et vient se répandi dans le ballon en verre rempli de vapeur d’eau ;
(1} Cet ouvrage fait partie de VEncyclopédie-Roret.
comme la température nécessaire pour maintenir le sulfure de mercure à l’état de vapeur est de beaucoup supérieure à celle de l’eau, il s'ensuit que la vapeur mercurielle, à mesure qu’elle arrive au milieu de celle de l’eau, se condense et se trouve entraînée par la pointe inférieure, et vient tomber dans le vase inférieur. En examinant l'appareil dans l'ouvrage que : nous avons cité, on pourra facilement y apporter des modifications et en tirer un parti très-avantageux pour préparer de grandes quantités de vermillons. Le vermillon ainsi obtenu n’a plus besoin que d’être layé, séché et tamisé pour le séparer de quelques parties grossières qui auraient pu passer pendant le cours de Vopération. Avant de terminer cet article, nous croyons devoir appeler toute l'attention des personnes qui désireront faire cette opération, contre les dangers qu’elle peut présenter : 19 si l’on chauffé la partie inférieure de la cornue avec trop de rapidité, une grande quantité de matière se sublime et peut se condenser vers le col de la cornue et l’obstruer ; le même accident peut arriver si on néglige de faire du feu vers la partie supérieure. La vapeur ne pouvant plus s’échapper, et étant fortement comprimée dans la cornue, la forcerait à se rompre et pourrait lancer des fragments au loin. C’est pour obvier à cet inconvénient, que l’on place vis-à-vis du col de la cornue une tige de métal, afin de s'assurer si l’ouverture obstrue ; 29 la pointe inférieure pourtait être bouchée par le sulfure condensé, et la vapeur d’eau ne trouvant plus
Coloriste, 6
Sn DO vu
d'issue, ferait briser, soit le ballon, soit la corne: une tige placée supérieurement sert à dégorger cett pointe dans la supposition où elle viendrait à êti
bouchée.
Scarlet.
Deuto-lodure de Mercure.
Ce produit est d’une belle couleur rouge inclinant: l'orangé ; bien qu'il ait été recommandé pour la peir ture et l’enluminage , nous pensons qu’on doit l’aba: donner puisqu'il a l'inconvénient de pâlir et de brun avec le temps. Dans l'hypothèse où l’on voudrait préparer, il faudrait verser dars une solution de deut chlorure de mercure (sublimé corrosif), une soluti d’hydriodate de potasse. On laisse le précipité en co tact avec les liqueurs pendant cinq à six heures, pu on lave par décantation. Il faut faire attention da la préparation de cette couleur, de ne point employ, un excès d’hydriodate ni de deuto-chlorure ; l'iodui de mercure étant soluble dans ces deux corps.
Chrôme orange.
Sous-Chrômate de Plomb, Le-sous-chrômate de plomb , ou jaune orange
chrôme, se prépare en faisant bouillir le chrômate: de plomb avec de la potasse, jusqu’à ce que le pr
pité ait acquis une belle couleur orange. Il faut employer une partie de potasse pour trois parties de chrômate jaune ; et douze parties d’eau. Lorsque l’opération est terminée, on laisse refroidir et se déposer le précipité. On décante l’eau qui le surnage, et on continue de le laver jusqu’à ce que l’eau en sorte in— colore; on le fait ensuite sécher , ou on de conserve à Vétat de pâte,
Cette couleur orange, ainsi préparée, peut être employée avec le blanc de plomb, sans le noircir, comme le fait le vermillon ou l’orpin ; en outre, il produit une couleur très-vive et en même temps solide.
On peut encore l'obtenir en précipitant une solution de sous-acétate de plomb que l’on prépare en faisant bouillir 500 grammes (1 livre ) d’acétate de plomb (sel de Saturne ) avec quatre litres d’eau, auxquels on ajoute peu à peu et en remuant 125 grammes (4 onces ) de litharge en poudre, et durant l’ébullition il faut avoir le soin de remuer continuellement le mélange. L'opération dure environ une demi-heure, Après avoir laissé refroidir cette première solution , on la soutire à clair, afin d’en séparer le dépôt; d’une autre part» on fait dissoudre 575 grammes (12 onces 2 gros ) de chrômate jaune de potasse dans deux litres d’eau chaude; la solution étant froïde , on la verse peu à peu dans la première ; il se forme un précipité jaune inclinant à l’orange, et après l'avoir laissé reposer, on décante l’eau qui le surnage et on le lave trois ou quatre fois. Pour lui donner la teinte orange, on fait bouillir
mm (04 —
Je précipité pendant dix minutes avec six litres d’ea de chau élaire. On prépare l’eau de chaux en éteil gnant 500 grammes ( 1 livre } de chaux vive en y ajoui tant aësez d’eau pour la réduire en pâte que l’on dés lie ensuite dans dix à douze litres d’eau, et aprè avoir laissé reposer, on emploie le liquide qui sur: näge la chaux non dissoute. Le précipité, qui es assemblé aù fond du vase où on l’a fait bouilli avec de l’eau de chaux, doit être séparé de la liquew surnagéante que l’on remplace par de nouvelle eäui est mis à égouttér sur des toiles; et on le conserv soit à l’état de pâte, soit à l’état sec, suivant lus sage auquel on le destine.
Aihsi préparé, le sous-chrômate de plomb es d’une belle couleur orange; il a le grave inconvénier de ie point se mêler à l’eau de gomme ; propriék qu'il doit à l'excès d’oxide de plomb qu’il contient et qui est nécessaire à son existence, mais on peut parer facilement en employant la gomme adragani préaläblement dissoute dans l’eau. On peut s’en servi avec avantage pour le coloris de certains fruits.
Rouge pourpre.
Chrômate de Mercure.
Le chrômate de mercure ést un sel itsoluble, d’un
bellé couleur rouge pourpre , lorsqu'il est récemmer obténü ; mais qui ; par son exposition à l'air , prem
une teinte brune. Si cependant on désirait en préparer , il faudrait suivre la marche que nous avons indiquée en traitant du chrômate de plomb , en pre-
nant parties égales de per-nitrate de mercure et de bi. chrômate de polasse.
Orpin rouge ( Réalgar ).
Composition de soufre et d’arsenic dans laquelle ce métal domine. Il offre les mêmes dangers que l’orpin jaune, et ne s’emploie pas dans le coloris,
Minium ( Orangé foncé).
Oxide de plomb, solide , brillant, d’un emploi facile et d’un ton chaud. Il sèche promptement; pour éviter cet inconvénient on le gomme beaucoup. On a répété souvent qu'à l’exemple de plusieurs autres couleurs !minérales , il noircit celles avec lesquelles on l’unit; cela peut être vrai pour la peinture à l’huile, où le cinabre est préférable ; mais on me permettra d’en douter , lorsqu’on l’emploie à l’eau gommée, car j'ai des peintures terminées depuis plusieurs années, dans lesquelles j’en ai employé une assez grande quantité, mêlée avec la gomme-gutte et le jaune indien, et je puis certifier que ce mélange n’a subi aucune espèce d’altération. Je suis entré dans ce détail, afin de rassurer les personnes qui craindraient de s’en servir, et se trouveraient embarrassées de le remplacer, si
ce n’est par le rouge de Saturne qui, participant de la: mêthe combinaison, serait, pour cela même, sujet à Hoircir Aussi, ce dont jé doute également.
Mine orange (Rouge de Saturne ).
Cette couleur, qui produit une teinte claire et plus brillante que le iinium, iricline à l’orangé, s’obtient par la calcination du blanc de plomb à l'air libre; in fäut avoir, toutefois, la précaution de rie point porter la matière à l’état de fusion. Lorsqu'elle est refroidie» on la réduit en poudre et on la broie à la molette: Cette substance, à cause de son prix peu élevé, es fréquemment employée.
Rouge de Mars.
; # LEA Oxide de fer plus ou Es mélangé d’alumine et que l’on obtient en caléinant à une chaleur rouge le: ôérés de fer, obtenues artificiellement comte nous Par vons indiqué à la page 88.
Cétie couleur est beancoup plus transparente que celle obtenue par la calcination des ocres naturelles:
Rouge-brun.
C’est un mélange d’oxide de fer ‘el de plomb qu
Von prépare par la calcination d’une partie d’oxid: rouge de fer evde dix parties de litharge , qui produi
un composé très-solide, mais d’une opacité telle qu’on ne peut réellement en tirer parti que dans la peintüte à l’huile; néanmoins, où peat s’en servir pour repiquer les demi-teintes ét les ombres.
Rose de Cobalt.
Ge rose que l’on prépare avec de la magnésie cal= tinée et du nitrate de cobalt, peut être employé avec ävantage däns le coloris des fleurs; mais il est d’un prixirès-élevé. , |
Précipité d'or (Pourpre de Cassius).
Le pourpre de Cassius est une combinaison d’oxide d’or et d’oxide d’étain, quelquefois il renferme de l'alumine. Cette couleur, qui est d’un beau pourpre violet , est d’une grande solidité et tränsparente , on Pemploie pour repiquer les demi-teintes et les ombres.
Plusieurs procédés sont employés pout l’obtenir ; nous nous bornerons à l’explication du suivant comme nous ayant fourni un produit constant.
On fait dissoudre l’or réduit en lames très-ininces dans un mélañge de quatre parties d’acide fitrique, dans lequel on a fait fondre préalablement une partie de sel ammoniac. La dissolution se fait lentement , et lorsque le mélange acide est saturé d’or, on l’étend de vingt fois son volume d’eau, D'une autre pärt on prépare une dissolution d’étain de la mañière suivante :
on mèle une partie d’acide nitrique avec deux parties d’eau, on y ajoute ensuite 30 grammes ( 1 once) dû sel marin par chaque kilog. (2 livres) d’acide étendus on y projette des petits morceaux d’élain pur en gres naille ou en lames, et on attend pour en projeter ui autre que le premier soit dissous; on continue ains, jusqu’à ce que la dissolution soit d’un jaune clair. O} ne saurait trop apporter de soins dans la préparation de cette dissolution d’étain; il faut surtout éviter lé lévation de température, Le vase dans lequel on opèr! doit être placé dans un lieu frais, et l'addition di fragments d’étain doit se faire à des intervalles asset longs. Cette solution doit être étendue au moins dk cent vingt-cinq fois son volume d’eau. On la projetti ensuite goulte à goutte dans la dissolution d’ort en ayant la précaution de remuer sans cesse et di s'arrêter lorsque la teinte de la liqueur incline a: rouge violet; on laisse alors reposer, et il s’y form des flocons pourpres qui ne tardent pas à se rassemn bler au fond du vase. On accélère la précipitation es ajoutant aux liqueurs une petite quantité de selmarin: le précipité étant rassemblé au fond du vase, est mi sur un filtre , lavé convenablement, puis séché.
Carmin (rouge pourpre brillant ). . |
Le carmin est une combinaison d’une matière co: lorante que l’on tire principalement de la cochenille: et dont la composition varie suivant le mode de pré« paration.
Le carmin que l’on rentontre le plus ordinairement dans le commerce est préparé avec l’alüni, il est alors formé de la matière colorante rouge de la cochenille (tarmine}), d’un peu de matière animale, d’alumine et d’un acide. La proportion d’alumine détermine les divers numéros ou degrés de richesse du carmin; plus rarement on rencontre le carmin avec l’oxide d’étain , et eïcore se trouve-t-il mélangé avec une sértahée quantité d’alumine.
Dans les qualités inférieures; il est mélangé avec Plus où moins de vermillon.
Le carmin est la couleur rouge la plus belle que tious possédions; il est très-transparent, mais perd ün peu de son intensité par l’expositiof du soleil; pôur l’employer, on le dissout dans de l’ammoniaqüe liquide, mais alors il faut laisser à l’air la dissolution pour que l’ammoniäque s’évapore, autrement il serait imbibé par le papier, ce qui produirait un mauvais effet. Nous croyons devoir donner la description des principaux procédés suivis pour l'obtenir.
Manière de fabriquer lé Carmin (Rouge pourpre brillant).
49 Faites bouillir, dans de l’eau derivièreéou de pluie, 495 grammes (4 onces) de cockienille réduiteen poudre, et pour mieux dissoudre la mälière colorante, ajoutez à l’eau 4 grammes (1 gros) de sous-carbonate de Soude et de potasse. Après uñ quart-d’heure d’ébulli-
tion, on projette dans la décoction 9 gramm. (1gros */. d’alun en poudre, et l’on remue avec une spatull ou un pinceau; on retire la chaudière du feu, on laisse reposer la dissolution environ une demi-heurer et le liquide , tiré au clair, est réparti dans des ass siettes bien nettes, où on le laisse à l’abri de la pous: sière pendant sept à huit jours. On décante ensuite: et l’on trouve le carmin déposé au fond de chaqui assiette; il ne reste plus qu’à le laisser sécher.
20 On fait bouillir 125 grammes ( 4 onces ) di cochenille dans une bassine de cuivre étamée, qui con: tient environ un demi-seau d’eau. Après un que d’heure d’ébullition, on ajoute environ 2 grammes (1; gros ) d’oxalate acidulé de potasse S sel d’oseille ) qu avive le bain,
On retire la bassine du feu, on filtre à travers ui tamis desoie: ensuite on verse, sur cette teintur tirée au clair, une liqueur formée de nitro-muriat d’étain, qui change instantanément en couleur di sang très-brillante la décoction qui jusque-là avait ét d’un cramoisi terne. On fouette le mélange pendani quelques instants avec un faisceau de verges d’osier et on le verse sur un filtre de toile serrée. Le carmii reste sur le filtre.
3° On fait bouillir 125 grammes { 4 onces) de co: chenille en poudre dans une chaudière contenant u: seau d’eau de rivière environ ; on ajoute 4 grammes (4 gros) de sous-carbonate de potasse. L’ébullitior est accompagnée d’effervescence, que l'on apaise avec
PER | TPE un peu d’eau fraîche, et en remuant avec un gros pinceau.
Après quelques minutes d’ébullition , on retire la chaudière, et on la place sur une table en linclinant de manière à pouvoir transvaser le bain commodément.
On projette 7 grammes {/, (2 gros) d’alun en poudre sur la décoction, et on remue avec le pinceau pour opérer la dissolution : la couleur change aussitôt et devient d’un rouge foncé; c’est ce que les fabricants appellent faire revenir le carmin. Au bout de quinze à vingt minutes, la cocheniile est entièrement déposée au fond de la chaudière; et le bain est clair comme si on l’eût filtré. Il contient la matière colorante et un peu d’alumine en suspension. On décante dans une chaudière d’égale capacité, et on la met sur le feu, en y ajoutant 4 grammes {4 gros ) de colle de poisson dissoute, dans un grand verre d’eau , puis passée au tamis. On remue bien avec un pinceau propre, et on laisse ensuite la chaudière sans y toucher, jusqu’à ce que les premiers signes d’ébullition se manifestent.
A ce moment, on voit le carmin monter à la surface du bain, et une espèce de coagulation se forme, comme dans les clarifications , par le blanc d’œuf.
Oa retire alors la chaudière, on remue avec le pinceau pendant quelques instants , et au bout de vingt minutes, ou d’une demi-heure au plus, le carmin est déposé au fond de la chaudière. On décante et on verse le dépôt sur un filtre de toile serrée.
5 79 un
Pour préparer la colle de poisson et rendre sa diss solution plus facile , on la coupe par petits morceaux et on la laisse tremper dans un verre d’eau pendam uré nuit; le lendemain, on la trouve prodigieusemen gonflée : on la réduit alors aisément en gelée , en || triturant dans un mortier de verre ou de porcelaine: on verse dessus de l’eau bouillante, et elle est fondu au même instant.
Cette recette, qui est la meilleure, se trouve dam beaucoup d'ouvrages; mais, au lieu de colle de pois: son, on prescrit l’emploi du blanc d’œuf étend: d’eau, et dans quelques-uns même on conseille d’ mêler de la décoction de quercitron (1 ). Nous avom pris le quart des doses que la plupart de ces ouvrage indiquent , afin de rendrela fabrication de cette bell couleur facile à tout le monde. Les personnes qui your draient encore la préparer en plus petite quantités pourraient adopter des doses plus faibles que celle: que nous donnons ici. Elles obtiendront le même ré sultat, pourvu qu’elles aient soin de les réduire toute. dans les mêmes proportions.
Nous terminerons cet article enfaisant observer qui l’on doit employer les cochenilles zaccatilles pour Al préparation du carmin ; que l’alun doit être surtow exempt de fer, et qu’on ne saurait apporter trop di soins et de propreté dans la préparation de cette cou leur, qui ne laisse pas que d’être fort délicate.
(1) De la peinture à l’huile, par J.-F.-L. Mérimée,
es 75 —s
Laque de Garance (carmin de garance).
La laque dé garance peut remplacer, jusqu'à on certain point, le carmin de cochenille, la nuance qu’elle fournit a moins de vivacité, mais sa grande solidité la fait rechercher. Le carmin de garance préparé par M. James-Colcomb, Quai de VEcole, n° 48, au Spectre Solaire, obtient à juste titre la supériorité dans le commerce.
Nous indiquerons le procédé que MM. Collin et Robiquet ont donné pour préparer cette matière colorante. On délaie chaque kilog. (2 livres) de garance (1) moulue, dans 4 kilog. (8 livres) d’eau; on laisse macérer pendant dix minutes seulement, puis on soumet le tout à l’action d’une forte presse. Ce premier lavage est mis de côté pour en retirer la gelée. Aussitôt que la pression qu’on peut exercer ne détermine plus l’écoulement d'aucune portion de liquide, on procède alors à un second, puis à un troisième lavage, absolument de la même mañière , et on soumet également à la presse chaque fois. Ces trois lavages, qui durent ordinairement trois heures en tout, sont suflisants, et la garance, de jaune qu’elle était, a pris une belle nuance rosée. C’est dans cet état qu’on la soumet à l’action de l’eau alunée, et pour cela on la délaie de nouveau dans cinq à six parties d’eau ; on y ajoute une demi-partie d’alun concassé ; on fait macérer
(1) On emploie la garance d’Alsace, Coloriste, 7
is
ce mélange à la chaleur du bain-marie pendant deu ou trois heures; on agite de temps à autre à l’aid d’un morceau de bois ; on coule ensuite sur une toii serrée, puis on soumet à la presse. Les liqueurs rêti nies sont ensuite filtrées au papier, et enfin on pré cipite avec une solution étendue de cristaux de sout {sous-carbonate de soude); mais on a soin de ne pi en ajouter assez pour précipiter toute l’alumine de première fois. Si on fractionne, par exemple, la dor nécessaire en trois portions, on obtient trois préci pitéi dont la richesse de teinte va toujours en décroissant les premiers entraîneront d'autant plus de matières c forantes qu’on les aura plus long-temps agités avec : liqueur. Le précipité une fois formé, il ne reste qu le laver par simple décantation jusqu’à ce que l'es qui surnage en sorte parfaitement incolore.
On peutencore obtenir la laque de garance en suiva le procédé décrit par M. Englefield. On renferme 55 gram. (1 livre) de garance de Hollande dans un sac : toile fineet assez grand pour pouvoir en cogtenir tre à quatre fois autant ; il est mis dans un grand ma tier , et l’on verse dessus 4 kilogrammes (8 livre d’eau froide. Ce sac est ensuite foulé vivement ax le pilon. Lorsque l'eau est chargée en couleur, on: décante et l’on continué ainsi les lavages jusqu’à: qu’elle sorte limpide, ce qui exige environ 16 liti d'eau. Après avoir réuni les lavages dans une cha: dière, on les chauffera jusqu’au terme de l’ébullitior puis on verse le liquide dans un vase qui contient w
solution de 250 grammes (8 onces) d’alun dans 4 litres d’eau bouillante ; remuez le mélange en ÿ versant lentement une solution de 336 grammes (11 onces) de sous-carbonate de potasse. Laissez reposer jusqu’à ce qu’il se soit formé un dépôt. Décantez le liquide clair jaune : traitez le précipité par 8 litres d’eau bouillante, et remuez bien; après avoir laissé refroidir, on filtre et l’on obtient 407 grammes (3 onces ‘/,) de laque, Si dans la préparation de la laque on emploie moins d’alun, la couleur est plus intense; mais si là proportion est moindre de 214 grammes (7 onces), la matière colorante ne s’unira pas en totalité avec lalumine. Nous ferons encore observer que dans ce procédé, comme dans le précédent, si on fait la précipi- {ation en trois fois, on obtiendra des produits qui seront d'intensité différente. -
Laque Carminéé (laque de Florence).
C’est une combinaison de la matière colorante de la cochenille avec une plus grande proportion d’alumine que le carmin. Généralement on emploie la cochenille et les eaux mères qui proviennent de la fabrication du carmin, ou bien encore des cochenilles très-inférieures. À l’époque où a cochenille était d’un prix très-élevé , on employait le kermès. Pour l'obtenir on fait bouillir pendant un quart-d’heure dans 2 litres d’eau 61 grammes (2 onces) de cochenille avec 30 grammes
* (4 once) de crème de tartre. On passe le tout par un
mu 76 —
tamis de soie, etle marc est lavé avec une petite quan tité d’eau que l’on réunit à la décoction. La liqueur étant refroidie, on la précipite par du deuto-chlorur: d’étain. Après avoir laissé former le précipité, on dé: cante le liquide, et celui-ci est alors convenablemem lavé avec de l’eau. On fait ensuite dissoudre dans dé l’eau 1 kilog. (2 livres) d’alun que lon précipite par une solution de potasse; le précipité blanc qui en résulte est alors lavé avec de l’eau bouillante et mis ! égoutter sur une toile. Enfin, après avoir mêlé en: sémble ces deux précipités encore humides, on les mé: lange, on les met sur une toile pour les faire égoutter et sécher; or obtient alors une belle laque rose.
Laque carminée avec Magnésie.
On fait une décoction de cochenille avec une disso lution de sulfate de magnésie étendue d’eau, 4 kilog. (2 livres) pour 200 gramm. (6 onces 1},) de cochenille. On y ajoute ensuite 100 grammes ( 3 onces 3 gros ) d’alun ; on filtre la dissolution que l’on précipite par une solution de potasse. Le précipité convenablement lavé est mis à sécher. La laque ainsi obtenue est trèg. légère, facile à broyer et donne des tons très-vifé.. Elle sera d'autant plus riche en couleurs que les pro-portions dé magnésie et d’alumine seront plus faibles. .
Laque de Fernamboue.
La laque de Fernambouc se prépare en faisant une
décoction de 500 grammes ( 1 livre) de Fernambouc dans deux litres d’eau. On sépare la décoction du bois en passant par un tamis. Dans la décoction, on y ajoute une petite quantité de deuto-chlorure d’étain, il se forme un précipité que l’on recueille sur un filtre, et qui, étant lavé, est mêlé avec de l’alumine provenant de la précipitation de 4 kilog. (2 livres) d’alun par la potasse, comme nous l'avons déjà indiqué pour la laque de Florence. Le précipité étant lavé, est mis à sécher.
Rouge de Carihame.
Le rouge de carthame, que l’on désigne sous le nom de rouge végétal, est extrait de la fleur du carthame qui contient une matière colorante particulière à laquelle on a donné le nom de carthamine; il se prépare de la manière suivante : on renferme dans des sacs en toile 25 kilog. (50 livres) de fleurs de carthame que l'on met dans l’eau courante, on foule le sac jusqu’à ce que l’eau qui en sort ne soit plus colorée en jaune; cette opération a pour but de séparer la matière colorante jaune qui nuit à la beauté du rouge. Après avoir sorti les sacs, on les met à tremper dans un baquet qui contient de l’eau acidulée par du vinaigre, et on les y foule quelque temps; il en sort encore une Mar tière jaune roussâtre, alors on les retire et on les porte de nouveau à J’eau courante, jusqu’à ce que celle-ci sorte limpide. Par ces deux opérations, le carthame perd la moitié de son poids.
Le carthame est retiré des sacs et placé dans um baquet en bois blanc garui d’un double fond percé de: trous; on verse dessus une solution de 4 kilog. ( 83 livres ) de cristaux de soude dissous dans 420 litres: d’eau de rivière. Après une heure de macération, on: tire la moitié de la solution alcaline par un robinet! placé à la partie inférieure du baquet, pour la verser! de nouveau sur le carthame ; on réitère cette manœuvre» d’heure en heure pendant douze heures. On soutire la! totalité de Ja lessive, on presse le mare au moyen d’un: couvercle que l’on fait entrer dans le tonneau et que: l’on charge soit avec des pierres, soit avec une vis! disposée à cet effet; lorsqu'il ne sort plus de liquide, on lave avec environ douze litres d’eau ; les deux li. queurs sont réanies et ont une teinte jaune rougeâtre. . On les verse dans un baquet dont la capacité doit être : de 500 litres environ. On met dans la liqueur environ | 3 kilog. ( 6 livres ) d’étoffe de coton ou du coton filé : on ÿ verse ensuite 4 kilog. ( 8 livres) de jus de citron; et après avoir remué exactement pour faciliter la décomposition du carbonate de soude, on abandonne le tout pendant trois heures, puis on agite de nouveau la masse , on continue ensuite de trois heures en trois heures, jusqu’à ce que le tout ait été en contact trente
à trente-six heures, temps nécessaire pour que le co- ton tire toute la matière colorante. On retire alors le coton qu’on lave à l’eau courante; il est d’une belle couleur rouge. Pour en isoler la matière colorante, on le fait tremper pendant deux heures dans une 50
lution de2 kilog.5 hectog.(5 livres) de cristaux de soude
ans95 litres d’eau. La matière colorante se dissout, on filtre à travers une étamine, le coton est ensuite lavé avec de l’eau que l’on réunit à la première solution ; on y ajoute alors assez de jus de citron pour que la solution soit légèrement acide. La matière colorante se précif pite sous la forme de flocons que l’on laisse se rassembll au fond du vase. La liqueur qui les surnage est je ce, et le précipité est recueilli soit sur des assiettes , soit sur un filtre, puis on les fait sécher. Ainsi obienu , le carthame est d’un rouge brun inclinant au BE ce qui tient à la grande quantité de matière colorante réunie sous un petit volume; élendu en couches minces, il est d’une belle couleur rouge ou rose, suivant son plus grand état de division. Le carthäme est princi— palement employé pour les carnations.
$ 4. — Violets.
e Quoique les substances naturellement violettes soient assez inutiles au colorisle, puisque cette teinte ettoutes ses variations peuvent s’obtenir facilement par combinaison, nous en parlerons néanmoins ici pour rendre
notre trayail plus complet, Violet de fer (tritoxide de fer ).
, 6 e L He On l’obtient par le dernier terme de l’oxidation de ce métal, Celle couleur est assez terne et n’est pré
cieuse que par sa grande solidité. Elle peut égalemer servir dans les parties ombrées.
Violet végétal.
On donne le nom de violet végétal à une coule: produite par le bois de campèche dont la nuance vi lette est développée par une préparation d’alumir: Cette teinte résiste bien à. l’action de l'air et est trar parente. On obtient facilement cette couleur en of} rant de la manière suivante :
On fait bouillir 250 gram. (8 onces) de bois de can pêche dans un litre d’eau, pendant un quart-d'heu: puis on passe cette décoction à travers un tamis une toile; le liquide clair est ensuite mis de côtê refroidir. On prépare la solution d’alumine en faisë dissoudre , dans un demi-litre d’eau bouiilante, 1! grammes (4 onces) d’alun en poudre; celui-ci êt# fondu, on y ajoute 91 grammes (3 onces) d’atét de plomb ; ét pour faciliter la décomposition, on 1 mue le mélange pendant huit à dix minutes ; on lai. ensuite reposer, pour donner au dépôt le temps de former. Le liquide est ensuite décanté et renferr dans une bouteille. Ces préparations préliminai! étant terminées, on prend 91 grammes (3 onces }) la décoction de bois de campêche , que l’on mêle ax 30 grammes (1 once) de la préparation d’alurair puis on y ajoute de l’eau gommée en quantité sut sante , d’après la teinte que l’on veut obtenir. Desé