COLORIS DES PLANTES ET FLEURS
Des Tiges et des Feuilles.
Îl faut , pour colorier les fleurs, avoir une palette spécialement destinée aux verts.
Ces verts seront composés et classés de la manière suivante :
49 De la gomme-gutte avec * bleu de Prusse ; . 29 De la gomme-gutte avec du bleu d'Anvers ;
39 De la gomme-gutte avec de l’indigo ; … 4 Du jaune indien avec du bleu de Prusse ;
99 Du jaune indien avec de l’indigo ;
69 De la terre de Sienne avec du bleu de Prusse ;
7° De la terre de Sienne ayec de l’indigo ;
89 De la sépia avec de l’indigo;
99 Da jaune indien et du bleu de cobalt;
400 Du jaune indien avec de l’encre de Chine.
. Cet assortiment de teintes de verts pourra encore se modifier par de nouveaux mélanges, si cela devient nécessaire,
Coioriste, 16
On posera d’abord sur les feuilles et les queues el branches une teinte plate de la couleur dominante: plus claire; puis on fera les retouches avec des vers plus foncés, en chargeant de suite le pinceau de teinte convenable, afin d'éviter de repasser trop sou vent sur une même place, car alors on éprouxera: des difficultés, et les premières teintes pourraient { dépouiller. On terminera par les ombres qu’on rep} quera, selon le genre de verdure qu'on devra repre duire, avec des verts foncés, ou tous autres, qu'offrin Ja palette dont nous venons de parler. Il y a des ton: de feuilles mortes, ou de feuilles vivement colorées: qui exigeront des premières teintes fondues avec soim au surplus, le coloriste peut être seul juge du pluso moins de force que réclament les ombres dont il a s’occuper, du plus ou moins de chaleur qu’il peut dom ner aux plantes qu’il est chargé de colorier.
Ainsi, il aura tantôt des teintes dorées ettantôt de teintes fayantes et violacées , ou bien un ton froide grisâtre. Quelquefois enfin , tous ces'tons réunis dam les feuilles que frappe la lumière. On retrouvera le mêmes nuances dans celles qui seront dans l’ombre mais, dans cette partie, ces mêmes nuances aug: mentant d'intensité , il faut les traiter avec des ton: plus chauds, plus violacés et plus sombres. C'est pa: ces oppositions qu’on donnera du ressort et du charme à son travail. |
Si l’on fait le coloris sur des planches imprimées en couleur, on aura beaucoup moins de peine que
pour une lithographie ou une gravure tirée en noir, car alors tous les tons sont posés et fondus d’avance. Dans tous les cas, on aura soin do donner aux retouches le sens indiqué par les traits du burin ou du crayon.
Des Plantes et des Fleurs,
Certaines couleurs sont tout-à-fait convenables à certaines fleurs ; ainsi, les roses seront coloriées avec du carmin ou de la laque à laquelle on pourra, si la gravure est trop foncée, ajouter un peu de blanc; les reflets bleuâtres seront faits avec une eau légère de cchalt, et les pétales du centre seront repiqués avec du carmin pur. La graine, lorsquelle est nouvelle, se faitavec de la gomme-gutte teintée d’un peu de vert, et lorsqu'elle est mûre , avec le rouge de Saturne mêlé de gomme-gutte, et quelquefois d’un peu de carmin.
Les fonds de roses panachées seront converts d’une eau légère , teintée de cobalt, de laque et d’une parcelle de gomme-gutte. Les panaches seront retouchés avec du carmin léger dans la lumière, plus foncé dans la demi-teinte et tant soit peu violacé dans l’ombre.
Les œillets rouges seront faits avec de la laque pure, du carmin et du rouge de Saturne, par teintes plus ou moins fournies, ou plus ou moins légères, mais ordinairement très-foncées et violacées dans les ombres.
Les œillets panachés se traitent comme les roses de ce nom , en donnant aux panaches la force indiquée
par le modèle, la direction et la ferme tracées par, | burin.
Les œillets couleur de A pâle et panachés d'am teinte semblable mais plus foncée, se feront ayec uw mélange de rouge de Saturne et de laque dans leque on introduira un peu de blanc, si eela est néces: saire.
Les autres fleurs de cette espèce. qui est très=vai riée, ne peuvent être faites que par imitation.
Il yades jacinthes de quatre sortes bien tranchées: des bleues un peu foncées , des bleues pâles, d'autre couleur gris de lin, et enfin des blanches.
Les premières seront ébauchées avec de l’outreme ou du bleu de cobalt pâle, retouchées avec la mênr couleur plus foncée, et quelquefois avec de lindig ou du bleu de Pise.
Les secondes seront faites de même ; mais on intra duira un peu de blanc dans la 16h; si l’impressio: est trop forte.
Celles gris de Lin s’ébaucheront avec de la laque dan laquelle on mettra un peu de bleu de cobalt.
Pour les blanches , on réserverale fond du papier cependant, si les ombres ne sont pas suffisammen exprimées par la gravure, on les repassera avec di l'encre de Chine pâle ou un peu de cobalt , ét si on n: peut l’éviter, on posera quelques rebauts de blanc dan: les lumières les plus vives,
Les primevères sont de quatre ou cinq couleurs as-
sez tranchées, comme violet pâle, brun rouge, gris de lin, blane, jaune, etc.
, Les primevères violetles 8e font avec un mélange ‘A bleu de cobalt et de carmin, dans lequel on est L quelquefois obligé d'introduire un peu de blanc, surtout dans les parties éclaircies.
Celles de couleur brun-rouge S ’ébauchent avec une eau légère de carmin et de gomme-guite, où de jaune indien. Dans les ombres, on A la terre de * Sienne ou le brun mars rouge à la gomme-guite; ét
dans les parties où la teinte aurait trop d'éclat, on l'atténuera par une eau violacée,
Les primevères grises s’ébauchent avec une teinte très-légère composée de laque et de cobalt, où on introduit quelquefois un peu de blanc; la même couleur, un peu plus foncée, servira à retoucher les ombres.
Pour les blanches, on se servira autant que possible du fond du papier, et s’il différait de celui de la fleur, on le modifierait par une teinte légère et convenable,
Le cœur de ces fleurs sera fait avec de la gommegutte, et retouché au centre avec un peu de vert ou de cobalt. |
Les fleurs jaunes pourront ètre teintées avec le jaune indien et le jaune mars dans les demi-teintes, et avec Ja terre de Sienne et le brun mars dans les ombres, mais par glacis bien légers,
Les renoncules sont aussi des fleurs de couleurs variables; les plus communes sont la pivoine et l’orangée.
La première s’ébauche avec de Ja laque, des teintes . fondues de rouge de Saturne, et se termine avec le cars min. Les lumières les plus vives qu’on aura réservées seront glacées dans une eau de cobalt, et quelques ton: d’un brun rouge légèrement violâtre serviront à retoucher les lignes plus foncées qu’on remarque sur les pétales , et à repiquef les fortes ombres.
L’orangée se prépare avec de la gomme-gutte retou: chée de jaune indien et de rouge de Saturne, en mé: nageant les petits panaches qui distinguent cette fleur
L'iris de Perse sera ébauchée avec de l'indigo très: faible et quelques tons verdâtres; on finira les pa: naches avec la gomme-gutte et le jaune indien ou 1 jaune mars. ;
Les iris de Suze récevront une teinte de violet, ob: tenue par un mélange de cobalt et de laque ou de ear: min, on retouchera avec la même teinte plus foncée: la nervure jaune sera faite avec la gommé-gutte, Les autres espèces, qui sont très-variées, seront faites d’après les modèles, en modifiant plus ou moin! les teintes que nous avons indiquées ci-dessus.
Le jasmin sera teinté. très-légèrement avec un mé. lange de cobalt et de laque, de manière à détacher | blanc de la fleur de celui du papier ; il en sera di même pour l'ellébore , la tubéreuse, la perce-neige e le 1ys.
Les graines de ces fleurs seront ébauchées avec d:
la gomme-gutte et retouchées avec le vert convenable