LA FOUINE
Le traquenard-souricière à deux batians conti^ en une caisse carrée ( PI. I, fig. 8. Mougae de trcHS pieds , large et haute de dix pouces à rintérieur. Qn la construit avec ouatre planches de bon chêne, solidement clouées. Les aeux extrémités , a a, sont ouvertes , et disposées de manière à receToir , dans des rainures , les deiAt portes à coa \ lisses , 6 6. En dessus de la boite est percé un petit trou
Eour faire passer le fil de fer mobile et à crochets , c. Ce l de Cor , servant de détente , se compose de dei*x morceaux de même mtftal tortillées ensemble et recourbés pour recevoir Tappât. ( Voyez fig. 9. ) En e, est un anneau qui sert a suspendre le fil de fer dans la boite , au moyen d'una petite traverse également en fil de fer , qui passe dans Tanneau et se trouve fixée en travers du trou. L'extrémité supérieure , f, se termine par deux crochets dont les bouts^ loin d'être piquants , doivent au contraire être mousses et arrondis.
La détente ainsi préparée et placée dans la boite , on établit Tes d«ux bascules , g g y avec leurs pivots solidement fixés sur la boite. Du côté 6 6, elles tiennent aux coulisses à Taide d'un bout de ficelle, et le jeu qu'on leur laisse est suffisant p6u^ qu'elles puissent tomber et se fermer en vertu de leur propre poids. Ces bascules sont très amincies à l'extrémité opposée, oii elles se terminent en i^ointe mousse.
La machijK ftinsi préparée, on la place, sans la tendre, mais avec se9aenx battans ouverts, s^r le passage accoutumé des fouines. Quand on aperçoit de la fiente de ces animaux dans les environs , on peut tendre le piège avec confiance. On place pour app&t , dans les crochet» du fil de fer , un morceau de volaille ou une poire cuite , et l'on maintient les bascules levées en appuyant sur l'ex^émiCe pointue le» deux crochets odu fil de ter. Le tout doit tenir si légèrement, qu'au moindre mouvement imprimé au fil de fer , les bas^ cules doivent échapper de dessous les^crochets et glisser le long des coulisses. La fouine pénètre dans la boîte , saisit l'appât attachié aux crochets que nous avons figurés «n h^ tus par un trou supposé dans le dessin; elle Ibranle là détente, les deux portes tombent à la fois, et l'animal est pris. Ce piège a 8«r les autr^ un grand avantage : comme
Si MAMMIFÈRES NUISIBLES, CARî^ASSIERF.
il est ouvert des deux côtés , }a fouine a moifis de défiance et se détermine plus aisémelU à y entrer.
Le traquenard-souricière à un ha4tant ( PI. 1, figure 11) se fait de même , mais il n'a qu'une coulisse , et Tun des fonds' de la boite est Fermé par un grillage en bon iil de fer. Il se tend de k même manière.
Le traqnenard'Souricière à boîte ( P^ûyez PL I, fig, il) se compose d'une boîte dont les proportions sont identiques aux précédentes , mais qui , au lieu de deux battants à coulisses , n'en a qu'un seul , attaché au-dessus de la boîte et se levant avec lui en forme de couvercle, comme on le voit en a a *^ le fond b est fermé par un grillage à jour. (Juant à la bascule c, et à la détente d, elles se font absolument d'après les mêmes principes que nous avons déjà détaillés. L'animal une fois pris, pourrait, en faisant effort, soulever le couvercle a a, et s'échapper, si Ton n'y pourvoyait. On place donc de chaque côté de la boite , en e, uu ressort en très gros iil de fer, et comme nous l'avons représenté PI. h fig. 10. On le fixe solidement à la boîte au moyen des clous ff; le couvercle, dont nous avons figuré la coupe par des petits points, en ^, en tombant sur le point h (lu ressori , coule dessus jusqu'en t, en le forçant de s'écaiHer ; mais arrivé à ce point, il s'échappe ,. le ressort prend sa position ordinaire , et le couvercle ne peut plus te relever, parce qu'il se trouve arrêté par ce même cran *. Cette machine est véritablement avantageuse . en ce qn« , présentant plus de jour aux animaux , elle excité d'autant moins leur défiance. Du reste elle se tend comme les précédentes et avec les mêmes appâts.
Outre ces traquenards , on en emploie encore pkisieurs autres que nous allons décrire. Nous avons figuré PI. I, fig. 12 celui à d^ux battans. Les deux couvercles a a, sent maintenus ouverts par le moyen de la ficelle , &6, qui passe dans l'anneau c, et va s'attacher , en (2, à un petit Mton qui sert de détente. L'-extrémité inférieure du bâton , un peu aiguisée en biseau , se place dans un cran c, peu proônd , entaillé dans la planche du fond ; l'extrémité supérieure est retenue par îe côté intérieur de la planche f. A ce petit bâton est attaché un appât. L'animal entre dans le traquenard et touche a Tamorec : il ébranle le bâton , qui écbapfe de
LA POUIRE. ÙO
} entaille , sort par Touvcrture et ne relient plus la ficelle ; les deux battans ; entraînés par leur propre poids , tombent et feraient Tappareil. Mais 1 animal , en faisant effort pour sortir'^, aurait bi^tôt soulevé un des'jmffans si od ne Favait prévQ^; en conséquence , on a placé «^^j^ime petite traverse ou aie mobile *, à cet axe tient un Miléîi h, qui , soutenu par le battant , tombe avec lui , en faisant tourner son axe, et se teouve enscute naturellement place dans une position perpendiculaire , sur J$ battant , a$ manière a empêcher qu''on- ne puisse soulever ce dernier.
On peut faire de la même nuinâèej|in traquenard à un seul battant ( Foyez la même Tl, fi^iZ)-, seulement la ficeUe , au lieu de passer dans une boucle, comme en c de la figure 12, passe simplelnent sur la traverse touraaiite, comme on le voit en.a. . »
Le traquenard à ressort (PL I, ^, 14 ) est encore un piège employé .X II consiste eti deux branches de fer , mu-f nies de dents Ufipnës , qui saisissent l'animal par le cou lorsqu'il touche à rappât qu'on ^& pIacé.^ous allons en donner le détail : a a, sont les branches représentées fermées ;' 6, est le ressort; c, est un petit pivod eA crochet , qui tourne sur son axe, et sert à maintenir les branches ouvertes pendant que Ton place Tappât et que Ton pose le piège en un lieu convenable ; d, c^t une planchette en basculp , sur laquelle on place Tamorce , que Von y cloue , ou que Ton y attache simplement avec une ficMle passée dans les deux irons ee;ff est utt crochef |lfé à la bascule , qui porte , lorsque les branches sont (ïi^rertés et que la bascule est droite , sur l'oreillette (jr, et empêche ainsi les branches de céder au ressort ; h, est une corde, ouroieux unecha^tte, au moyen de laquelle on attache le traquenard à quelque corps voisin ; car sans cela , comme il est assez léger , la fouine , qui ne s'y prendrait que par une patte , pourrait l'entraîner et le perdre. Pour appât, on se sert d'un morceau de volaille, ou d'un petit oiseau nouvellement tué et couvert de ses plumes. Ce piège peut également se placer dans un champ , dans des ruines, une grange, un grenier, etc. 5 mais si l'on veut être stur d'y voir donner la fouine , il faut «le masquer * en le couvrant de graines de foin ou de poussière fine et sèche.
Vassommâir est un moyeu indiqué par les î^teuTs,
uigitizeaoy x^v^v7n;
50 MAMMIFÈRES RUlSIBUtô, CJ^RNASSIERS.
comme excellent pour la destruction des fouines , des chats sauvages et des buiireaux. Sans en avoir jamais feit Tessai » et par conséquent sans le garantir , nous albns néanmoins en donner la description. ( Voyez la PL I. fig, 1^. ) aa^ sont deux piquets solides . fourchus an sommet , et portant dans leurs toiirches le hâtoii b b. Au-dessous , à dix pouces au-dessus de terre , est un autro bâton , c c, simplement appuyé contre les piquets et n'y tenant pas. Au bâton b b^ est attachée une corde d, au bout de laquelle pen4 un morceau de bois e, Oe morceau de bob ( fig. 17 ) est aplfti au bout, en f. Cest lui qui fait le jeu de la détente. On prend un bâton ayant un crochet à un bout , cpmnle celui h, et on le place de manière à ce que ce crochet tienne solidement à nn piquet t, enfoncé en terre; (tn fixe le bout du morceau de bois e dans une entaille du bâton à crochet^ en ' ^, de manière à ce oue le bâton ce, appuyé contre les pieux, porte sur la corde au morceau de bois. Les deux bâtons 11^ posant d'un bout â terre , sont soutenus par le bâton de traverse du bas , qui tient à la corde de détente ; on charge ces bâtons d'une pierre assez lourde pour écraser l'animal êur lequel elle tomberait. Nous suppésons que ce piège a été tendu eut le passage ordinaire d un animal , comme à l'entrée de sa retraite , sur les bords d'un fossé sec et profond , dans upe coulée au milieu d'un fourré, etc., etc. Il ne reste plus qu'à le masquer avec du feuillage , en ne laissant de libre que le passage sous la pierre. L'animal , en passant sur le bâton À, le fait tomber, loonorcoau 4e bois sort du cran, la corde lâche la. traverse c c, la pierre tombe et écrase ce qui se trouve dessous.
Il existe une espèce 0<ugommoir , très vanté dans les pays étrangers et surtout en Amérique , pour la destruction des fouines, des martes, des putois, chats *uvages et autres animaux carnassiers. Nous l'avons figuré PL II , Hg, 2 ; mais , quoique cette machine soit extrêmement simple , nous avouons que nou^ n'en avons jamais fait l'essai Bous-même. On choisit, dans un tai)lis ou un verçer , deux troncs d'arbreiie la grosseur de la jambe et à la distance de deux pieds l'un de l'autre , comme nons les figuroni en a a. On y place trois ou quatre tours d'une crosse corde • e, pour faire eilQce de ressort. On a un maillet 6, plus ou moins
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lourd , selon la^rosseitr de l^animal que l'on vent asBommer ; on passe le manche ée ce jnaillet dans les cordes me Ton tord de la même manière (pie lorsqu'on vent tenmre une scie. La détente ne consiste qu'en un léger biton c, muni d'un crochet à chaque extrémité. L'un d'eux tient, en /*, à un pi^t solidement implanté dans la terre ; l'autre, «7, retient le bout du manche du maillet. L'extrémité du crochet est arrondie et obtuse et le manche est cylindrique, ce qui fait qu'au moindre mouvement du bâton la détente échappe , et Je maillet vient frapper, juste sur la tête de l'animal qui a saisi l'appât h attaché au bâton. Gomme a» Ïûége peut être dangereux pour les chiens , on ne doit guère e tendre que dans des parcs,, ou an moins daUs des lieux très écartés. Si Ton In^ trouvait pas deux troncs d'arbres convenables pour attacher les cordes , on pourrait se servir de deurpieux'qiie l'on enfonèeraitdansia terre ; mais alors il faudrait mettre une traverse entre cÉx , au-deftsous du point oik doit passer le bout du maùche du maillet , afin aempêcher la corde de les rapprocher l'un de l'aulre par la fone de sa tension.
' LAMARTE.
La marte commune , nomméc'miitlsla mariât par Linnée, appartient à la même classe, au même ohlre, à k même section , et au même genre que la fouine. Elle<»est un peu plus petite que cette ornière, et d'uu brun lustré , et elle en dmère principalement par une tache jaune qu'elle a sous la gorge. Sa fourrure est estimée quand elle- a son poil d'hiver. *
Cet animal a les n#mes meeurs , la même cruauté que la fouine ; cependant il est moins redouté des habitants de la campagne , parce qu'il n'habite que les bois. La marte fait beaucoup de dégâts dans les pares , où sans cesse elle est à l'aCfût des levreaux et des perdrix^ £lle dévore les jeunjes oiseaux dans leur nid , et souve#t , pendant la nuit , surprend les mères couveuses. Si elle tombe sur une compa* gnie de perdieaux ou dé^^jennes faisans , il est rare/[u'il en échappe un seul , car , semblable sons ce rapport aux autres animaux de son genre , çllé tue tont. ce qu'elle ne peut dévorer.
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58 MAMMIFÈRES If tftSlBLË^, CAR>'ASSIERS.
KUe se plaît particulièrement dans les halUers fourrés ^ dans les bois entremêlés de baêtes futaies et de taillis. Il est très rare qu'elle se creuse un terrien: a elle n^habite même pas, scion Boitard , ceux qu'elle trouve tout faits ; mais quand elle veut mettre bas^; elle cberche un nid d'écurefiil, en manfçe ou en chasse le propriétaire , en ^^argit Touverture et y fait ses petits sur un lit de mousse. Tant qu'elle les allaite ,.le mâle rôde dans les environs, qiaisnW approche pas. Quand les petits sont assez forts pour sortir, la mère les conduit chaque jour à "la promenade V et leur ap- . .prend à grimper , à chasser et à reconnaître la proie dont ils doivent se nourrir. C^est.alors que le mâle se réunit à la femelle , apporte à ses enfants ^s oiseatfx , des mulots et des œufs. Dès lors ils ne rentrent plus dans le m'dy^ et dorinent touç ensemble dans des trous d^arbres , ou dans des feuilles sèches , sous un buisson tpuiSu. Dans les forêts très solitaires, la femelle se basardç quelquefois à sortir de sa retraite pendant le jonr, mais en se glissant furtivement sous le feuillage , et se doii|»aBt bien de garde d'être aperçue parles oiseaux. Si uii.r^i^elet, lin rouge-gorge, une mésange ou toute autre espèce d'oiseau , grand ou petit, vient a apercevoir une marte , il pousse aussitôt un cri particulier qui donne une alarme* générale à un ^uart de lieue à la ronde. «Les pies, geais, merl#$, pinsons , fauvettes, eo un mot prcs((be toute la popylation ailée se réunit aussitôt en (Criaillant , entoure l'animal , le poursuit , le harcèle ,. s'en approche en redoublant ses cris, ^, à force de l'étourdir par des clameurs , le conti*àint a une pAimpite retraite. »
Ce sont principalement les gardes'chasse qui doivent s'oecupcr de la destruction de cet animal funeste à toutes les espèces de petit gibier. Si l'on reconnaît , à la fiente , ^u'im endroit est fréquenté par les martes , on y tend des pièges appâtés compie pour les fouines; mais elles ne donnent guère que dans le traquenard à ressort , décrit page 35. Le mieux ^t de se placer â J'alPût pendant le crépuscule du soir et du matin, ou plus sûrement encoie pendant la nuit , si le clair «de lune est assez beau pô^ir qu'on puisse apercevoir les martes.
Rarement ces ani^iaux s'ap|;»idclLcnt des habitations ; etpendant , en hiver , lorsqu'ils s^it |n>ussés par la ùHak >
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ils pénètrent qucjcpiefois dans les basses-cours des fermei isolées, et y font W mêmes dégâts que les fouines. lU sont surtout dangereux pour la vofailie , que la proximité d'un bois engage à aller s'y promener > et cela , parce que la marte est plus dans Thabitude de chasser pendant le jour que les autres animaux dont nous atons parlé.
Il arrive ctsseï souvent que , rencontrée par des chiens de chasse « la^parte se fait battre dans le plus fourré des taillis pendant dix minutes ou un quart-d'heure *, puis elle monte sur un arbre pour se dérober à hk poursuite de ses ennemis. C'est une occasion que Ton ne doit jamais perdre. Les chiens ayant foit reconnaître sur qnel arbre elle a choisi son asile , on se rend aussitôt ad pied de cet arbre , et Fon tâche de découvrir la bête. Si Ton est seul , la chose n'est pas toujours facile , parce que l'animal se cache dans Tenfourchure d'une grosse branche, et ne montre jamais qu'une très petite paitie de la tête, pour apercevoir le cliasseur. Si Ton tourne de l'autre côté de l'arbre pour l'avoir plus à découvert , il suit le mouvement , tounie aussi autour de la branche, et se trouve toujours dans la même attitude visà-vis le tireur. Il faut donc neaucoup de patience pour.attendre que le hasard d'un mouvement mal combiné de la part de la belette vous la présente en plein èorps, et alors vous devez lestement en profiter pour lui lâcher un coup de fusil. Si sa position sur l'arbre est telle qu'elle ne puisse être aperçue ni d'un côté ni de l'autre , soyez sûr qu'elle ne bougera pas tant que vous serez là. Tâchez donc de l'en débusquer eu lui jetant des pierres, mais ne lâchez pas votre arme , pour être toujours prêt à la tirer au premier mouvement. Quand on est deux , l'un se place d'un côté de l'arbre , l'autre de l'autre , et rien n'est aussi facile que de la découvrir en plein. Nous sommes entré ici dans quelques détails qui appartiennent également à la fouine , au putois , et à la belette.
On pourrait aisément empoisonner ces animaux , voici comment : on prendrait un pot neuf, vernissé, et l'on y jetterait une ou deux Kvres de graisse crue de volaille , ( celle que l'on détache autour des intestnis est la meilleure ) , on la ferait cuire ', puis, lorsqu'elle serait très chaude , on y ferait frire quelques centaines de hannetons. Quand ceux-
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ci «eraifint encore chauds , on leur soulèf erait les aitet , on ouvrirait l*abdomen , on y verserait un peu de sublimé cor- . rosif , et on leur remettrait les ailes en position.
On aurait la précaution de ne déposer les hannetons qreie dans des greniers fermés , oà les enfants^ la volaille et les ehiens ne puissent pas pénétrer. Dans les bois et les parcs on les placerait à une certaine hauteur , sur lès branches des arbres que les martes ont rhabitud3 de fréquanter.