‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 9 sur 114 · LA FOUINE · texte numérisé non relu

LA FOUINE

Lafouine appartient àl'ordre des mammifères carnassiers,section des aigitigrades , genre des martes. Linnée lui a donné le nom de mustela foina. Elle a le corps très long , l'échiné arquée en dessus , les pattes courtes , celles de devant surtout; sa taille approche de celle d'un chat ; elle est brune , avec tout le dessous de la gorge et du cou blanchâtre. Cet animal est très souple et très jrif; il saute, grimpe et court avec ^ne égale agilité.

Rarement la fouine s'écarte des habitations , à moins que ce ne soit dans le temps des fruits , époque à laquelle elle va faire de courtes excursions dans les vergers , les vignes et' les taillis voisins. C'est surtout dans les fermes considé-

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rahles , aux envirous des villages ^ qu'elle aime à se fixer ci à élever sa famille. Elle j loge dûis les greniers à bois et à foin, dans les trous de mm ailles, sur les murs , entre les poutres ot les chevrons , et dans les tas de fagots , etc. Pendant le jour elle dort dans sa retraite ; mais aussitôt que la nuit vient , elle se réveille , sort , et se met en quêle.

Ui^ chose fort remarquable et qui dénote chez ces animaux une certaine dose ^intelligence , c'^t quèJlMUais ils né font de dégâts dans la maison qu'ils habitent , sans doute pour ne pas y être inquiétés.

Une fouine , parvenue dan» une ferme voisiné , s'embus-» fue sur un toit ou un mur , tâche de découvrir si la tranquillité règne dans la basse cour , et si le chien'dort tranquillement dans sa loge. Une fois convaincue que tous les habitants. de la ferme sont plongés dans le sommeil, elle se glisse dans le plus grand silence et va visiter les clapiers et les poulaillers. Malheur aux animaux domestiques qui les habitent , si la négligence en a laissé la porte ouverte , ou si elle rencontre le plu^ petit trou, qui lui permette de s'y introduire clandestinement. Nous remarquerons ici ^ue les belettes , martes , fouines et putois, ont le corps si délié, que part4)ut où ilç peuvent introduire la tête, le reste du corps peut passer : cette circonstance leur a valu le nom d aninmux vecmiformes.

Parvenue dans rhabitation des timides animanx d| basse eour, lapins, cochons d'Inde, poules , pigeons , einards, etc., elle agit avec autant de prudence que de férocité. ËUe"^ se glis9i en rampant , s'empase de sa victime en la saisissant par la lue, lui brise le crâne du premier coup de 4ents et Helttche ainsi de crier et de jeter Tajârme. Puis elle liti^Sffe le sang , lui mange la cervelle , «tabandonne là le cadavre pour passer à un autre animal qu'elle traite de )a même manière., Lors ^même que sa faim est apsoiivie , elle étrangle tous les habitants de la paisible retraite. L'aiTJvœ du jour, ou les aboiements du chien peuvent seuls mettre ui^^rnie à ses sanglants ravages.

Quand toutes les issues lui sont femiioi=i et qii"^eUe ivc peut cféncer.sa cruauté sur des animaux doiTiestii|n<^s , t*lU gagne la campagne et tâche de saisir au t^iic* U Uovrii et la lapin , eu bien elle cherche à s'emparer des perdrix , d«s

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petits oiseaux , dont elle est très friande , ou de leurs œufs qu'elle dévore avec avidité. Elle prend aussi les souris , les rats , les taupes etc. Moins heureuse dans sa recherche, elle se jette sur les reptiles et mange même des insectes. ïhns la saison des fruits, si elle ne peut immoler aucune proie vivante , elle se nourrit de cerises , de raisins et autres miits en baie. Enfin, elle mange volontiers. le* miel et toutes les substances sucrées : mais elle ne vit véritablement que de viande , et la plus fraîche lui parait toujours la meilleure.

Vaffut est un excellent moyen pour aétruire les fouines, et , teous devons Tavouer , c''esi le plus sûr. En é^ , lorsque le temps a été lourd , couvert , et que Ton est menacé aun orage , on voit ces animaux se poursuivre sur les toits des granges en jouant et criant. On s^embusque , à la nuit tombante , et on les tue aisément à Taide aun bon fusil chargé de plomb de lièvre. Si Ton a découvert le lieu oCi elles ont fait leurs petits , et c'est ordinànrement un grand tas de fagots , on peut y attendre àTaflût le soir et le matin , et Ton est sûr d'y voir arriver le père ou la mère. Mai» aussitôt que l*on a tué ou tiré Fun des deux , il faut défaire la meule de bois pour s'emparer des petits; autrement le survivant les transportera dans un autre lieu écarté , pour peu qu'il ait quelques heures à sa disposition. On peut encore s'embusquer à coup sûr à la portée d'uiimur qui corniDuniquérait d'une maison à u^e autre , ou dans tout autre endroit où l'on rencontrera habituellement les excréments ide ces animaux ; on les reconnaît aux débris d'insectes et aux pépins de baies qui les composent , et plus encore à la forte odeur de musc qu'ils exnalent. Souvent la fouine attend pour sortir de sa retraite, que la nuit soit fort avancée et qu'elle n'entende plus aucun bruit dans la maison. Aussi , pour -réussir parfaitement à l'afiiH , il faut y mettre beaucoup dej^tience et y passer quelques heures, en profitant d'un tlair de lune.

La fouine est fort rusé^, et ne se laisse pas facilement surprendre : aussi faut-il tendre les pièges avec beaucoup d'adresse, et surtout les laisser longtemps en place, afin d*accoutumer peu à peu l'animal à les voir sans en être effrayé. Nous allons en décrire [^usieurs , en commençant » selon notre méthode ,. par ceux qui sont le plus éprouvés. .

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