‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 12 sur 114 · LA BELETTE · texte numérisé non relu

LA BELETTE

G^est un petit animal plein de grâce et de vivacité , à corps mince , long ; à pelage d'un roux uniforme , variant quelquefois accidentellement, surtout Tbiver, du roux clair au blanchâtre , ou même au blanc pur ; mais , dans tous les cas, le bout de la queue est toujours blanc. Rarement sa taille dépasse sept à huit pouces de longueur, et l'animal peut aisément passer par un trou de douze à quinze lignes de diamètre.

La belette ', musela viUgaris de Linnée , appartient au même çenre que les trois animaux précédens ; mais ses dents , la forme de son museau , et surtout ses habitudes , la rapprochent plus du putois que des deux autres. Plus petite , et par conséquent beaucoup moins forte , elle est obligée d'attaquer des proies moins grosses ; aussi les petits oiseaux , les jeunes lapins et les levrauts , les poussins , les perdrix et les cdlles sont-ils principalement ses victimes.' Cependant il lui arrive quelquefois de saisir le lièvre au gîte , de se ctamponner sur son cou , et de lui ouvrir le crâne près de la nuque , malgré les bonds prodigieux et lefi cercles rapides que fait l'animal pour se débarrasser d'elle. J'ai été un^ fois témoin d'une semblable lutte , et , à ma grande surprise , en moins de trois minutes un lièvre de huit Ikres succomba sous la dent d^uu animal qui pesait trentê^cinq à quarante fois moins que lui.

La belette chasse continuellement aux souris , taupes , mulots, compagnols quelle paraît airatr par-dcssUs tout ;

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enfin, elle tâche de découvrir Jes nids de.pouUs, demata^ des, de canards, et, dans les champs , ceux de perdnx et autres oiseaux , pour en sucer les œufs, qu^elle perce par un bout avec beaucoup d^adresse.

Si elle trouve une volaille endormie et qu'elle |>uisse la saisir à la tête avant que celle-ci soit réveillée, elle^e hasarde à Tattaquer; mais pour peu que la victime fasse résistance et pousse des cris, la belette efirayée Tabandonne et fuit.

Elle habite également les greniers et les champs , mais elle ne lait guère ses petits que dans ces derniers; elle établit son gîte , en été surtout , dans une haie ou un buisson » dans des tas de pierres, etc., jamais dans les bois, mais toujours à la proximité des terres labourées et des prés où elle peut chasser les petits oiseaux et les petits rongeur» dont elle aime à se nourrir. De temps à autre elle va faire des excursions dans les iennes voisines , et s'y arrête quelques jours si elle v trouve à vivre aisément. C'est principalement pendant Tniver qu'elle se rapproche des habitations,, Su'^le y fixe son domicile , et qu'elle y fait beaucoup de égâts, tout en rendant quelques services, puis qu'elle détruit les rats et les souris.

Pendant la saison froide , on peut aisément empoisonner les belettes , parce qu'étant alors pressées par la faim, elles attaquent volontiers les fruits qu'elles rencontrent. On prend une poire fondante , parfaitement mûre, on la coupe en deux , et on la saupoudre intérieurement de noix vomique; on rejoint les deux parties, et l'on d^ose le fruit amsi préparé dans les lieux où l'on sait que les belettes ont coutume de passer.

• Les belettes se laissent prendre aux pièges plus facilement que les animaux dont nous avons déjà parlé. Les traquenards et les assommoirs sont les plus fréquemment employés contre elles.

Le traquenard à ressort ( voyez la Tlanehê I, Hg, 14 ), que nous avons déjà décrit à l'article de la fouine est encore un piège excellent , mais il doit être de dimensions beaucoup moindres que celles indiquées dans cet article. Sur la planchette d on place un petit oiseau rôti m. un morceau de volaille, ou, mieux encore, deux ou trois hannetons frits dans de la graisse d'oie ; on attache l'appât

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