‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 35 sur 114 · NUISIBLES AUX RÉCOLTES · texte numérisé non relu

NUISIBLES AUX RÉCOLTES

oiseatn pourraient décoller , en menant se poser dessus. On prend un bouchon de liège et xpatre plumes blanches de poule ou de pigeon, dont les barbes sont un peu fermes et pas troc longues; on les implante en croix sur le bouchon , de manière à imiter les ailes d'un moulin à Tent. Dans le milieu du bouchon on enfonce un tuyau de plume d^un yo> lume su£6sant pourjlaisser jouer une grosse épingle ou un fil dé fer , ^i serttl*axe au moulin.

Cette épmgle , passée par le tuyau , s'enfonce dans un autre morceau de liège que Ton a lixé sur un bâton pointu assez long , attaché verticalement à l'arbre greffé. Am d'éviter le frottement «des deux morceaux de liège Fiin contre raùtre , le tuyau de plume que traverse Taxe de la roue doit être d'une ligne ou deux plus long que le bouchon , et s'appuyer sur un autre morceau de tnvau de plume étalé et fixé par l'épingle. Les ailes de ce moulin tournent dans une position horizontale.

Quelquefois on se sert d'un épouvantail beaucoup plus simple : il consiste en une feuille de clinquant suspendu au bout d'un bâton , qu'on attache horizontdtlement à un mur , à un treillage ou à un arbre : le moindre vent l'agite en le faisant résooner et briller. ^

.On tend de longues ficelles sur toute la longueur de la pièce de terre contenant la récolte , et on les maintient à dix-huit pouces ou deux pieds au-dessus 4^ graines , avec des bâtons placés de distance en distance. Le long de ces ficelles on attache , de deux pieds en deux pieds , des plumes longues et légères , que le vent tient dans un mouvement perpétuel. *

Je dois le dire , les moineaux , aussi hardis que rusés , s'accoutument bientôt à ces épouvantaîls , et cessent de les craindre si on ne les change pas très souvent. On en a vu aller insolemment se poser sur le copeau et sur les bras d'un{mannequin\ après avoir remarqué pendant huit jours son inoffensive immobilité.

Enfin , on doit sans cesse poursuivre les moineaux à coups de fusils , non pas tant pour les détruire en les tuant , que pourries 'effrayer et les forcer à quitter le canton. Pour réussir'à les en chasser , il faut mettre à cette chçisse beaucoup de p«rs4véraBce. Pans un carré de jardin , on fexa

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trs oien de pendre, au bout d'un b&toa et dans un endroit très'découYcrt , les moineaux qu'on auta tués : cette xue effrayera les autres et les empêchera d'approcher.

Pendant ThiTcr , ces oiseaux sont extrêmement familiers, et viennent faire du dégât dans les greniers où ils peuvent pénétrer. La fiûm les rend beaucoup plus faciles à approcher , et par conséquent à tuer. Aussi doit-on profiter de cette saison pour en diminuer beaucoup le nombre. Ih reconnaissent la voix de la femme de la basse-cour qui appelle sa volaille pour lui donner à manger ; pendant qu'elle jette le grain sur la terre , ils se tiennent en observation sur les toSts et sur les murs voisins , puis aussitôt qu^elle a le dos tourné , ils se jettent en foule sur ht nourriture destinée aux poules et aux faisans. On peut mettre à profit cette avidité , voici conmient : on prend des morceaux de mie de la grosseur du bout du doigt , on passe en travers un morceau de paille fine que Ton englue dans toute la longueur, et on dépose les gluaux dans l'endroit habituel oii Ton donne à man^- à la volaille que l'on tient renfermée dans cet instant. La femme de basse-cours'avance comme de coutume avec son grain, appelle ses oiseaux de basse-cour avec un cri ordhiaire, jette unpeude sable au lieu de grames et se retire; les moineaux arrivent en foule , saisissent les morceaux de pain, s' engluent les ailes et ne peuvent plus s'échapper. Lorsuc la terre eat couverte de neige , on fait des traînées avec le la graine de foin ou de marc de raisins, et l'on y sème quelques mauvais grains. Quand les moineaux viennent pour le manger , on tire son coup de fusil , et comme ils se trouvent placés dans le sens ae la tramée , pour peu qu'on sache cnoisir son temps , il a'est pas rare d'en tuer douze ou quinze d'un seul coup.

Le moineau est tellement vorace , que , s'il peut pénétrer dans un colombier , il crève le jabot des jeunes pigeons pour manger le grain qu'il renferme. Malgré toutes les précautions que nous venons d'indiquer, pour sauver les raisins de leur voracité , on est quelquefois oblige de les envelopper dans des sacs de crin ou de couvrir les treilles d'un filet.

Il faut bien se garder d'envelopper dans la même proscription que le moineau plusieurs petits oiseaux qui peu-

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pleat aussi nos jardins ^ chrome , par exemple , les fauvettes, rossignols , gorge-rouges etc. Ceux-ci , loin d'être nuisibles, rendent de grands services aux cultivateurs , en les débarrassant des chenilles , vers et autres insectes malfaisans.

Si le moineau fait de grands ravages , il rend aussi quelaues services , qu'il est de toute justice de reconnaître. Il aétruit une immense quantité de cheùilleâ et d'*insectes nuisibles.

Le pinson (fringiUa cœlehs)^ le chardonneret {fringUla •arduelis), la linotte (fringilla cannabina), le bruant («wiheriza ciirineUa) et quelques autres gros becs appartenant, comme le moineau, à Tordre des passereaux, ne fourniront qvJim article , parce qu'ils ont tous à peu près les mêmes mœurs. Comme le momeau , ils font beaucoup de tort aux récoltes des fruits en baies , des graines , et prmcipalement à celle du chanvre. On les prend très aisément au tombereau , en mettant pour appelants des individus de leur espèce. Ils donnent assez facilement dans les pièges qu'on leur tend , tels que raquettes, lacets , arbalètes, etc. ; lors de la maturité du chanvre femelle , on en réunit quelaues liges que Ton couvre de ces pièges ou de gluaux. On les prend aussi à l'abreuvoir pendant la chaleur du jour , et enûn de mille manières différentes , qui sont enseignées dans tous les ouyrages sur la chasse.

L'expédient le plus sûr pour éviter les dégâts qu'ils occasionent , c'est de les détourner des récoltes par les moyens que nous avons indiqués pour les moineaux. *

Le bouvreuil ( loxia pyrrhula ) est fort dangereux pour les pruniers. Il voyage , pendant l'hiver , par couples ou par familles, de jardin en jardin; avec son bec court et très fort , il coupe les boutons de ces arbres , pour se nourrir du germe qu'ils renfern^ent , d'oii il résulte qu'en peu d'heures , deux ou trois de ces oiseaux peuvent détruira toute la récolte à espérer du plus gros prunier. Le jardinier doit donc être attentif à les tuer à coups de fusil , aussitôt qu'il les aperçoit ou qu'il les entend. Ils se font aisément reconnaître par un sifllement monotone et répété.

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