DES PARASITES
Cet ordre, le troisième de la classe des insectes, est caractérisé par la présence de six pieds seulement , le manque d'ailes , et la l)ouche eomposéé d'un suçoir rétractile , ou fermant une fente située entre deux lèvres, avec deux mandibules en crochet. Les poux et les ricins sont les seuls genres que nous ayons à mentionner.
ï)esfoux.
Ce èont des insectes parasites qui vivent sur l'homm^t •surlesaninmux. Leur corps est aplati, presque transparent, divisé en onze ou douze segments distincts , dont trois pour le tronc , portant chacun une paire de pieds. Ceux-ci somt courts , et terminés par un ongle très fort , ou par deux crochets dirigés l'un vers l'auti^, au moyen desquels ils s'accroehcmt aisément aux poils ou aux plumes des animaux
FROPREMEKT^ITS. * i75
dont ils sucent le sang. Ces insectes immondes offrent presque autant d'espèces qu'il y a d'espèces de mammifères et d'oiseaux. Chacune d'elles ne vit que sur l'animal qu'elle semble être née pour tourmenter, et ne se rencontre jamais sur d'autres. Cependant, quelques animaux, et l'homme lui-même , en nourrissent jplusieurs espèces. Les poux mâles sont armés d'un aiguillon caché dans leur anus, et avec lequel , au dire de quelques naturalistes, ils causent de vives démangeaisons. Les femelles pendent un assez grand nombre d'œufs , cinquante au moins, nommés lentes^ qu'elles placent sur les cheveux, les poils, les plumes ou les habits. Âù bout de six jours, ils éclosent, et huit ou dix" jours après les petits sont en état d'engendrer. Si d'après ces données , pn s'avise de faire un calcul , on sera effrayé du nombre prodigieux qui pourra naître sur la tête d'un individu qu'on négligera de tenir propre , sous le sot
§ rétexte que ces insectes dégoûtants entretiennent la santé es enfants; car, tel est le "ridicule préjugé de certaines personnes. Lorsque les poux se sont , pour ainsi dire, ancrés pendant fort longtemps sur quelqu'un , ils finissent par ne plus pouvoir être détruits , et ils occasionnent la maladie nommée pédiculaire ou phthiriase. L'histoire nous offre au nombre des victimes de ce mal repoussant, de grands per- * sonnages et même des rois.
La fécondité des poux est si grande que quelques moyens que l'on emploie pour les enlever, le nomnre de ceux qui naissent surpasse le nombre de ceux qu'on enlève. On prétend que cette affection a plusieurs fois causé la mort. On a propose pour la combattre les bains simples et médicamenteux, les lotions avec une forte décoction de tabac et de staphisaigre , les frictions mercurielles , etc.
L'homme nourrit quatre espèces de poux : i** le pou du corps, {pedictdus vestimenti, Nitszeh), d'un blanc jaunâtre , uniforme , ou blanc sâle , à corps en ovaje allongé , à pattes plus grêles et plus longues que celles du pou de la tête. Il vit particulièrement sur le cor{)S, ou il di^termine des démangeaisons très vives, et parmi les vêtements malpropres. Sa femelle pond des œufs assez gros , qu'elle fixe toujours soit aux poils des brts , soit à ceux de k poitrine.
uigitizea oy >^wv^^iw
176 • DM iMSEcres
9^ Le pou dos malades (P$diculus tabescerUium, Bûrmeister) d'un jaunâtre p&le , à tête arrondie , à thorax carré , à segments abdominaux plus serrés que chez le précédent. C'est cette espèce qui occasionne la phthiriase ou maladie pédiculaire, et les démangeaisons vraiment insupportables qui accompagnent cette dégoûtante affection,
5*^ Le pou de la iête (pedictdm capiHs) Swammerdam ; il est d'un cendré un peu foncé , plus petit que le pou des mar lades, là peau est plus coriace ; les anneaux de son corps sont profondément divisés , et bordés de chaque côté , ainsi due le corcelet, d'une raie interrompue, noire ou d^un brun
4<^ Le pou du pubis (pedicului pubis de Latreille] -, celui-ci est connu sous un nom que l'usage a rendu itial son-. Bant i Foreille. W est de même grosseur que le précédent , plus larse , moins allongé , à corselet très petit et paraissant confondu avec l'abdomen , ce dernier ayant deux créneluoes plus saillantes que les autres *, il habite les poils du pubis de l'homme , les aisselles et les cils, en un mot, les poils de toutes les parties du corps , excepté les cheveux.
Les poux de tête n'attaquent guère que les enfants, sur lesquels ils multiplient beaucoup. Le meilleur moyen de les détruire est de tenir la tête des enfants dans une extrême propreté , de la leur laver quelquefois pendant la belle saison , et de les peigner tous les jours.
Cependant , si malgré tous ces soins , ces animaux continuaient à se multiplier, on devinait avoir recours à des remèdes plus actifs, bans le cas où la tête serait eiitamée , il ne faudrait pas hésiter à entièrement couper la chevelure ^ et alors il serait facile de les voir et d'enlever les parasites. Dans le cas où le cuir chevelu serait resté intact , on prendrait de l'huile d'olive , et on en imprégnerait entièrement la chevdure ; on laisserait l'enfant pendant trois ou quatre (leures dans cet état, temps suffisant pour faire périr la vermine; on lui laverait ensuite la tête avec du savon et de l'eau , pour enlever l'huile , et on lui frotterait les che* veux avec un linge, jusqu'à ce qu'ils fussent secs; on y passerait ensuite un peigne fin, pour enlever les lentes et les: poux morts.
Quand les poux sont par trop multipliés , on peut très^
PROPBKMBKt I>ITS. 177
bien les détruire, eiflavant la tête aVec de lapoadre de siaphisagrii, délayée dans du vinaigre. On peut auâsi employer avec un succès assuré, quand il n^existe pas d*excoriations à, la tété , une pommade faite avec du précipité rouge ou blanc, à la dose de un gros, que Ton mêle avec une demi-once de beurre ou de graisse. L'onguent gi'is produit le même effet.
Dans quelques provinces on emploie un autre procédé qui paraît assez efficace , et qui n*a rien de dangereux. On va ranaasser dans les prés cette fleur violette Jui ressemble assez à celle du crocus ou du safran , et qui est connue sous le nom de colchique d'automne. Elle n'a ni tige , ni feuilles , et ne se montre qu'en automne. On pile ces fleurs dans un mortier, et on en extrait le suc, dont on flotte la tête des enfants. Mais, nous U répétons, le meilleur préservatif contre les poux , c'est la propreté.
Le pou du corps n'attaque ordinairement que les malheureux qui n^ont pas la faculté de changer de linge, et qui couchent dans des lieux infectés par ces insectes. Avec'de la propreté et du linge blanc , on en est très rarement attaqué.
Le pou du pubis n'incommode guère que des gens aban» donnés au libertinage, et qui fréquentent de mauvais lieux. Cependant, il peut arriver qu'en couchant dans des auberges , en se déshabillant dans des cabinets de bains , en s'assayant sur des latrines publiques , etc., etc. , la personne la plus propre s'en trouve queu{uefois infectée. On s'en aperçoit aisément aux cruelles démangeaisons que l'on ressent^ et qui feraient croire à l'existence de la gale, si elles n'étaient locales. Il faut aussitôt frictionner légèrement lôs parties attaquées, avec cet onguent mercunel connu en
Ï pharmacie sous le nom d'onguent gris. Dans les colonies où es poux du pubis sont très communs , on les détruit avec une forte décoction de tabac, qui produit à peu près le même effet que l'onguent gris.
Si l'on s'est servi de cet onguent , un quart d'heur& après la friction , on doit se laver avec de l'eau de savon , afin d'enlever le corps graisseux et les insectes jfnorts.
Des Ricim.
Ils apparticîinent à ua genre très voisin de celui de*
uigitizea oy vj *--"-'g i^
17$ t>ES INSECTES
poux, dont ils diffèreaC cependant par leurs tarses articulés, par leur bouche composée de deux lèvres et de deux manoibules en crochet. Il en existe un très gtand nombre d'espèces , qui toutes Vivent sur les oiseaux , à Texception d^une seule qu^on trouve sur les chiens , et particulièrement sur les barbets , qn^elle fait beaucoup soufirir. Gomme il serait très difficile dé les en délivrer au moyen du peigne, on emploie un autre procédé : on fait une forte décoction de tabac et on les lave de manière à être sûr que la liqueur a pénétré jusque sur la peau de ranimai ; trois ou quatre lieures après , on lave avec de l'eau fraîche. Une eau de sa- 'von très forte, dans laquelle on mélange un peu d5 sublimé, à raison de \ingt ou trente grains par pinte , est encore un remède infaillible. On peut très bien aussi faire usage d'onguent gris.
DES SUCEtBS.
Insectes aptères , ayant pour bouche un suçoir de trois pièces , renfermées entre deux lames articulées , et recouvrer tes à leur base par deux petites écailles. Cet ordre ne se compose que d'un seul genre : celui des puces.
De }a pwM cwMnune,
Cet insecte est malheureusement trop conna , pour que nous devions le décrire longuement : qu'il nous suffise de dire que son corps est ovale , comprimé , revêtu d'une peau assez ferme, et divisé en douze segments; ses pieds sont foffis , épineux , et les derniers , munis de hanches et de puisses très grandes , sont propres pour le saut.
« La femelle, dit M. Latreille, pond une douzaine d'œufs l)lancs et visqueux ; il en sort de petites larves sans pieds , très alongées, semblables à de petits vers, se roulant en cercle ou en spirale, serpentant dans leur marche , d'abord blanches et ensuite rougeâtres. Leur corps est composé d'une tête écailleose , sans yeux , portant de très petites antennes, et de treize segments , ayant de petites touffes de poil , avec deux espèces de crochets au bout du dernier. Leur bouche offre quelques petites pièces mobiles , dont ces larves font usage pour se pousser en avant. Après avoir demeuré une douzaine de jours seus cette forme , les larves se renferment dans une petite coque soyeuse , où elles deriennent nym-
PROPREMEKT DITS i19
pbes , et d'où elles sortent en état par&it au bout 4'un espace de temps de la même durée.
La puce coitimune (pulex irritons de Linnée ) , se nourrit du sang de Thomme , du chien et du chat; elle attaque Iilus particulièrement les femmes , sans doute parce qu^eles ont la peau plus délicate, et par conséxjuenl plus facile à percer, (Test encore un de ces^animaui qui viennent à la suite de la malpropreté : souvent aussi les chiens et les chats les apportent jusque dans nos demeures. Pour s^en délivf er, il ne faut dohc pas vivre familièrement ay^c ces animaux. On doit balayer très souvent les appartements , entretenir les draperies de lit et autres dans une propreté sévère , et soi-même changer de linge le plus souvent posâàble» Pans lef apfjartemens dont le par(]uet n'est pas ciré , il faut arroser trots ou quatre fois par jour avec ae Teau dans laquelle on a versé quelques gouttes de vinaigre. Le voisinage des pigeonniers amène beaucoup de puces , parce que leurs larves se plaisent particulièrement dans le nid des pigeons; elles s'attachent au cou de leurs petits , et les sucent an point de devenir toutes rouges.
Si Ton s'apercevait que les couvertures et les matelas d'un lit fussent infestés de puces et de leurs larves , il faur drait les soumettre à des fumigations sulfureuses « telles que celles que nous conseillons pour les punaises. (Voyez ce mot.) On délivre les chiens de leurs puces de la même manière que nous Tavons dit pour Içs poux et les ricins.
Des Chiques.
La chique n'est autre chose qn'ime espèce particulière de puce à laquelle les naturalistes ont imposé le nom depene'tranté ( puUsB pénétrans , Linnée ), qu'elle mérite à tous égards* Elle est commune dans les parties chaudes de TAmérique et principalement au Brésil. Les Espagnols l'apffellent Pigue , et les Portugais Biého dos pes ( insecte des pieds ), les Mexicains la nomment Nigua. Son bec est de la longueur de son corpé. A l'aide de ce stylet aigu , la femelle-perce, dit-on y les chaussures et les vêtements de toutes sortes. Elle se fixe alors à la peau , et s'enfonce dans ies chairs, soiis les ongles des pieds surtout , sans épargner cependant les autres parties tfu corps , et même le pour-
180 DBS INSECTES PROPEEMEKT DITS.
tour de i^anus. Là; cachée ds|is un petit canal , elfe s'eoTe*' loppe dVne Té9iciile sphérique , dans laquelle sont renfermés ses œufs. Au bout de quelques jours , cette vésicule a pris le volume d^un petit pois. ^
Beaucoup de personnes éprouvent une douleur semblable à la piqûre d'une aiguille, lorsqu'une chique cherche k entrer dans les chairs : d'autres ne s'en aperçoivent pas ; cela dépend beaucoup de la paitie attaquée. 11 est très difficile d extraire l'insecte dans le premier moment, à cause de sonettrême petitesse ; il vaut donc mieux attendre deux ou trois jours , avant de procéder à cette petite opération^ Quand on veut l'exécuter , «on a recours , ait M. n. Lucas, à des enfants dont les excellents yeux aperçoivent facile«ment le point rouge de la peau , par lequel la chiqué s'est introduite, et qui cherchent à l'extraire. Us s'aident aree une aiguille en élargissant la voie , enlèvent bientôt la vésicule dans laquelle la puce et toute sa lignée se trouvent réunies. Approchée aune bougie allumée , elle . éclate comme un grain de pondre ; mais si la vésicule s'est rompue avant son extraction , Topératlon devient elle-même une cause nouvelle de douleurs, par la dispersion des petits dans la peau. Cette puce américaine produit évidemment «ne liqueur empoisonnée , car la place d'où on l'a extraite, elle et ses petits , s'enflanime parfois , eV la gangrène s'y net promptement. » On' conseille de remplir avec du tabac en poudre , de la cendre ou de l'huile la cavité que les chiques ont laissée après leur extraction.
Lorsqu'on néglige de les extraire, il peut en résulter des accidents très graves. On voit en Amérique beaucoup de nègres qui, faute d'avoir pris cette précaution, sont attaqués d'ulcères tenaces et quelquefois mortels , d'autres Ont les doigts des pieds mutilés par suite de nécroses et de chute des phalanges : d'autres enfin présentent des engorgements des vaisseauxjymphatiques de )a région inguinale. Une extrême propreté peut seule préserver des chiques ; il &ut.donc avoir soin de se faire examiner les pieds tous les deux jours par les en&nts dont il était question plu§ haut , et veiller à ce que l'habitation soit entretenue dans un état de netteté parfaite.
DIS CÔLÉOPfimES. * ISf
Cet ordre , Tun des plus nombreux de la classe des insectes, renferme un assez ^rand nombre d'espèces nuisibles. En général Tinsecte parfait cause peu de dégâts. Sa larve, de même que Ites chenilles ou larves de papillons, {ait,*au contraire , d'assez grands ravages.
Des Dermestes.
Qs appartiennent h Tordre des coléoptères , famille des clavicornes. Ces insectes ont les mandibules courtes , épaisn ses , dentelées. Us s'en servent pour couper et ronger toutes les matières animales. Leur corps est épais, ovalaire, coi^ vexe et arrondi en dessus ; leur tête , petite et inclinée , porte deux anteunesseulemept unpeu plus longues qu'elle, et terminées par une grande n^assue de trois articles; leur corselet est un peu plus large , et un peu sinué postérieurement \ leurs élytres sont inclinées sur les c^tés et légèrement rebordées.
Deux espèces habitent nos maisons et font, à l'état de larves , un grand ravage dans les pelleteries, les laines et les collections d'histoire naturelle.
Le dermeste du lard (dermestes laràarius de Linnée ) est noir, avec la base des éljtres cendrée et ponctuée de noir. . Sa larve , beaucoup plus dangereuse que lui , est allonj^ée , diminuant insensiblement de grosseur de deva^&ten arrière, d'un brun marron en dessus , blanche en dessous ,^ garnie de longs poils , avec deux espèces de cornes écailleuses sur le dernier anneau.
Le dermeste des pelleteries ( dermestes péllio de Linnée), est plus petite d'un beau noir, avec trois points blancs sur le corcelet , et un de la même couleur sur chaque élytre , formés par un duvet. La larve est très allongée, d'un nrun roussâtre, luisante , garnie de poils loux , et terminée par une queue formée de poils de la même couleur.
Pour soustraire les pelleteries à ces animaux destructeurs, on emploie divers procédés. Le principal consiste à les tenir hermétiquement fermées dans aes armoires ou des cartons
* Vmj. les caractères «le «ut «rdrc, «lias la a* partie de ce Maaa^. p. XXV.
uigitizea oy •^jkjkj^ik.
ISt DES B*rLÉOPTÈ«ES.
dans lesquels ks insectes ne puissent pas pénétrer. Chaque mois on les en sort , ôxi les secoue , on les expose à 1 air pendant \ingt-quatre heures, et on les bat avec une baguette. En les remettant dans les armoires , on intercale , entre chaque fourrure, de Tabsintbe, de Tarmotse^ de Fhysope et autres plantes aromatiques , dont Todeur fait fuir les insectes. Ces végétaux se placent entre deux feuilles de papier gris saiis colle , et Ton ne doit les employer qu'à moitié secs. Si malgré toutes ces précautions , les dermestes se sont multipliés dans ^ les fourrures ^ il faut employer le moyen que nous avons conseillé «pour les teignes. (^ f^oyez ijit article. )
Le camphre est encore un préservatif , mais mû , maFhcureusQpaent , communique son odeur aux pelleteries ; cependant ejles la perdent bien vite si on les expose pendant deux ou trois jours au soleil et à fair. On enferme les îfborceaux de camphre dans de petits sachets de toile que Ton intercale de distance en distance dans les fourrures. L odeurde Tessence de térébenthine chasse aussi très aisément ces insectes : on peut ^onc en imbiber les parois du meuble dans lequel on met les pelleteries.
Pour préserver les peaux des dermestes , les anglais emploient uner liqueur ainsi préparée : un gros de mercure sublimé , dissous dans Tespril^de-vin , et mélangé à une pinte d'eau. Oh soulève le poil avec un peigne, puis on en imbibe la racmc , et on laisse sécher.
Les throsques , et quelques autres genres d'insectes , ont lés mêmes habitudes et se détruisent de la même manière. Les fumigations sulfureuses , mercurielles ou d'acide carbonique {voyez Punaise] Içs font périr en lin instant. Mais il tant , avant de faire ces fumigations , voir si les objets (^u'on y soumettra ne courent pas la chance d'en être détériorés.
Des Ânthrènes.
Ges4nsectcs ne soot pas moins redoutables que les dermestes. Une espèce surtout appelée arUhrène de$ eoUee-' tiom ( anthrenui musœorumj , qui vit sur les Heurs i l'étal paifait , est extrêmement funeste aux musées et dans les collections parti<ulièr«s. Sa larve seule ttt redoutable*^
DBS COLÉOPT^IS. 1S5
mais il n^en faut pas moins tuer l'insecte partout oè «r le rencontre , parce que la femelle dépose une assez grande' quantité J'œufs. On désinfecte les pelleteries et les collections d'oiseaux ou d'insectes attaquées des anthrèncs , par un procédé semblable à celui que nous conseilbns] pour les mites et tes teignes. ( V<yyez ces articles. )
Des Larves de Cyclocéphale , dans les Colonies.
Parmi toutes les larves fle coléoptères qui vivent en rongeant les racines des végéliùix , il en est une célèbie par les ravaçes qu'elle exerce dans les plantations de cannes à sucre , qui mérite une mention à part. Cette larve est connue dans les Colonies françaises sous le nom de rouleùx^ et au Brésil , dans la province.de Rio-lanéiro , sous le nom ée corgoUioo : elle donne naissance à un coléoptère pentamère de k famille des scarabéides et du genre cydocephcàof très voisin du hanneton proprement dit. La femelle de cette espèce pond ses œufs près au collet de la canne à sucre , au commencement de la saison des pluies. La jeune larve s'enfonce d'abord dans la terre pouff «e mettre. à l'abri de l'humidité excessive de la surface du sol , et s^établit au çeQtre du chevelu de la plante. Quand vient le beau temps, elle perce le collet de la canne et s'introduit dans la tige qu'elle parcourt dans toute sa longueur. Parvenue au sommet, près de l'épi , elle perce obliquement la tige , et se laisse toodier à terre , bù elle s'emonce à un pied ou dix-huit pouces de profondeur pour y subir sa métamorphose. Six mois lui suffisent pour parvenir dès sa naissance à son développement entier.
La canne attaquée continue de croître , mais son intéjrieur se remplit d'humidité , se décompose , et si elle n'est pas mûre lors de la récolte et qu'on la presse au moulin avec les autres , il n'en sort qu'un suc jaunâtre , sans saveur, et qui n'est propre qu'à gâter le veson des autres cannes. Il faut par coitséquent avoir soin de rejeter belles qui sont clans ce cas. Quant au moyen à employer pour détruii'é le rotUeuXj le meilleur qu'on ait trouvé jusqu'à ce jour consiste à déposer au pied de chaque plante une petite quantité de cendres , qu'on lave aupara^nt , pour leur enlever ce qu'elles ont de trop corrosif .. Une légère dissolution de po-» lasse, Téîrsée da«s le même eiidreit , remplit U même but r
ISI^ DES COtÉOrfiRES.
mais oh court risque de niiire aux cXnnes pour peu que fi| dissolution soit trop forte ^ et Peau de chaux serait infiniment préférable.
Des Harmeton$, Ce serait iri le lien de parler des hannetons et de leur» raTages. Aussi leur aidions no;us consacré un chapitre particu* lier clans notre premièie édition. L'article qui les concerne se troovaot plus complet ^aepre dans le â« \oluine de ce Manud » afin d'éviter des redites inutiles, nous y reniFoyon» le lecteur ( Voy. p. 20 et 121. •
Dei Longicomes,
La plus grande partie des insectes coléoptères à longues antennes, tels que lesprionès, les cérambyx , les lamies » les saperdes , les callidies , etc, vivent dans le bois à Tétat de larves et causent souvent beaucoup de dégâts dans le» hautes forêts.
Les moyens que Ton p^rrait employer pour en préser- Ter les arûree seraient insuffisants.
Cependant, si Ton tient à la eonsevvation de quelques arides, on visite souvent Técorce de leur tronc, et lors- ^u*on aperçoit un trou arrondi , on y injecte avec une senngue en bois une solutioti de sublimé^ corrosif , telle que celle que Ton emploie pour^s courtillîères.
Très souvent les ^lus beaux chênes sont criblés de trous en tous sens par la larve du çerambyx héros , ou par celle du prionus coriaritM, Au bois de Boulogne , près Paris , la plupart des gros chênes sont dans ce cas.
Un des meilleurs moyens préservatifs que Ton pourrait employer, serait de faire la chasse, le soir, à Tinsecte parfait qui sort de son trou et se promène sur Técorce. Sa grande taille , ses longues antennes, et sa couleur noire le rendent très facile à Mjercevoir.
Des Cantharides.
Insectes coléoptères, section des hétéromères^ famille des trachélîdes , très employés en médecine , à cause de leurs propriétés vésicantes.
On en connaît plus de vingt espèces , dont six européennes. La plus recherchée des pharmaciens est la can(haris
DES COtiÉOPtÈKtS. Ià5
^}esicafàrki de.Liniiée, tytta veHeatoria des entomolo- ^ste» actnels. ^lle est d'ua beau vert doré , brillant , avec lés antennes minces , pins courtes que le corps , à troisième article plus long que le précédent. Sa taille ne varie pas beaucoup , mais elle ne dépasse guère 6 à tO lignes. Elle parait dans nos clinfïats ters le solstice d'été , vole en essaims nombreu'x , et se pose sur le frêne, le lilas, le troène et même sur le sureau et sur le cbèvre-feuille. La présence de cet insecte se décèle par la forte odeur de souris quMl répand autour de lui ; on doit se garder de se reposer ou de s'endormir sous les arbres qu'il babite : car son odeur seule suffit pour affecter les voies urînaires , et occasionner quelquefois des ardeurs ou des rétentions d'urine , ou même des ophtbalmies assez intenses. Si un pareil accident arrivatt, on devrait employer, pour le guérir, les tisanes adoucissantes et rafraicbissantes , additionnées de quelques grains de sej de nitre.
Des VriHettes.
Ces petits coléoptères habitent l'intérieur de no&maisons, où ils font beaucoup de tort sous leur premier état, celui de larve, en rongeant les planches, les armoires, les solives , les meubles en bois , les livres , qu'ils percent en tout sens et de petits trous ^lods , comme le ferait^une vrille ir^ fine. Leurs excrémens arment ces petits tas' pnlvérulens d^e bois vermoulu que Ton voit très souvent sur les meubles^ D'autres espèces attaquent la farine , les pai&s à cacheter , les collections d'insectes , etc.
Les deni sexes , pour s'appeler et se rapprocher l'un de l'autre, frappent plusieurs fois de suite et rapidement , avec leurs mandibules , les boiseries oii ils se sont logés. Telle est la cause de ce bruit semblable à celui du battement d^une montre que nous entendlMis souvent , et que l'ignorance et la superstition désignent sous le nom très impropre d'horloge de la mort.
L^espèce la plus commune est la vrillette opiniâtre {anobiumpertinaic). Il est très difficile de détioiire ces insectes; cependant on y parvient par le dégagement réitéré d'acide sulfureux. Voyez Charançons et Punaises,
L'espèce qui attaque les collections et les substances fari-
u;griizea oy v^j ^^^^"^ "-^ A
DBSTRUCTBUi, 1" PARTIR. ^ *^
486 DBS COLÉOPTWS.
neuses^si très petite. On la désigne sous le nom à'anobium mnicemn: elle est très commune dans le midi , et soiiYent les envois d'insectes et d'oiseaux venant <le cette contrée en sont infestés ; elle pénètre jusque dans le liège des l^oîtes. On la détruit très bien avec le nécrentome , ainsi que celles qui rongent les herbiers et surtoqt les collections de champignons. Une infinité d'autres petits coléoptères de cette famille, tels que les ptines, les gibbies, les ptUim, les xylétinSy les lymexilons , etc., et la plupart de ceux de k famille des xylopfaages font des ravages à peu près semblables^ ', les uns attaquent le bois mort-, ot d'autres vivent dans les arbres des forêts et les rendent quelquefois incapables de servir. On emploie pour les détruire les mêmes moyens que pour les vriUettes. Un très petit coléoptèr-e y bostrichus dactyliperda, attaque les dattes chez les droguistes et les marchands de comestibles;, il ronge le noyau et remplit de ses excrémens l'intérieur du fruit.
Des Charançons,
Dans leur manie de divisions et de subdivision^ à l'infini , ItscoU^teurs, qui se donnent le nom de uaturalistes, ont établi plus de 5u00 espèces dans le genre si naturel des charançons. Il est résulté de là que ce ^enre n'a rien de jcommun que le non> avec celui de iinnée , et qu^il ne coinjjirendmême plus aucune espèce européenne. Pour nous, qui croyons que les mots ne sont pas la science , nous comprendrons sous le nom de charatiçons tous les insectes coléoptères rhynchophores , c'est-à-dire pdr(e-6€C, ainsi nommés à cause de l'espèce de bec , 'de museau ou de trompe que forme leur tête prolongée en avant. Les hrtiches, les attelahes, les lix^Sy les rhynchènes^ ]es anthonomes, les calandres et les charançons proprement dits, feront partie de cette division. ^
Les bruches attaquent principalement les graines des légumineuses, telles que les pois et les lentilles. Elles attaquent aussi les céréales , et dans les ps^s plus chauds que le nôtre , elles fout de grands ravages sur les dattiers, les cafeyers etc» dont elles rongent la graine sous leur premier état. L'es- I>f'ce la plus Commune chez nous est la bruche du pois ( bruchuspisi dt Linnée} , longue de deux lignes , noire ,
DES COLéOPTi&SS. f&7
atec k base 4es antennes et une partie des pieds , fautes ; elle a des points gris sur les élytres et une tache blanchâtre en forme de crois sur Tanus. v
Les attelabes ne rongent guère que les feuilles ou les parties les plus tendres des végétaux , qu^ils fatiguent beaucoup. L^attelabe h&eehus { rkyrfchites hacchv!^ d'Herbst), est d'un rouge cuivreux, pubescent, avec les antenner et le bout de la trompe noirs ; sa larve est vulgairement connue, dans quelques contrées de la France, sous les noms de luette et de bêche ; elle vit dans les feuilles roulées de la vigne, et pendant les années où des circo^tances particulières ont favorisé sa multiplication , elle dépouille quelquefois entièrement ce précieux végétal , et en fait avorter la récolte. Le seul moyen qu'où ait à lui opposer est d'éteodre la feuille aussitôt qu'on s'aperçoit qu elle se roule , d'y chercher la larve et de l'écraser sous le doigt.
Les charançons se distinguent des autres insectes d^ cett^ famille par leurs trompes courtes, leurs antennes près de son extrémité , et par leurs pieds de derrière noir propres à«auter; ils attaquent toutes sortes de fruits.
,Le? Uxei ont le corps généralement étroit et alongé , il est presque linéaire dans le lixe paraplectique, dont la larve vit dans les tiges du phellàndrium , et cause , dit^on , aux chevaux qui mangent cette plante , là maladie connue sous le nom de paraplégie. On peut empêcher ses pernicieux effets, en détruisant la plante lorsqu'on la troave.
Les rhynehènes se font remarquer par la longueur de leur trompe , vers le milieu de laquelle les antennes sent insérées. As s'introduisent particulik'ement dans les fruits à noyaux pour en manger l amande ; tel est le ryncbène de la noïseiit irhynchtBnût nticiim de Fabricius ; b(Uaninu9 mi0um de Germar. ) ' «
Les anthonomes sont de petits charançons à trompe grêle et assez longue, dont la larve vit dans 4es fleurs. Il en existe une espèce ftui fait des ravages horribles ; c'est Vanthooomtis mali. Elle vit dans les lleurs^s pommiers , ronge l'ovaire ^t subit sa métamorphose dans lo ctdice. Les fleurs des pommiers qui, renferment les larVes de l'anthonome ont leuis pétales recoquillés , et ressemblent à peu près à des clous de gérofle. Il n'est pas rare de voif
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des arbres dont les dix-neuf vingtièmes des fleurs scmt éé-^ traits par les anthonomes*, malheureusement on ne, sait pas encore comment on pourra se préserver ou se débarrasser d'un insecte aussi maifaisant.
Les eaUmdres ont les antennes coudées , terminées par une massue ^esijue globuleuse ou triangulaire, et insérées à la^Juise de la trompe. On ne connût que trop en France la calandre du blé ( curculio granariuM de Lmnée). Elle est brune , alongée ; son corselet , ponctué , est aussi long crue les éljtres. Sa larve , vulgairement connue sous le nom ae cbarançon , fait de granit dégâts dans les magasins à blé ; elle est blancbe , et sa^ tête grosse et écailleuse est armée de deux fortes mâchoires.
Ce charançon s'engourdit qu^d il fait froid et passe l*hi« ver caché sous les écorces aarbres , dans les trous des murs et même dans les tas de grains qui ne sont pas renuiés souvent. Au printemps, dès que le thermomètre indique 10 à 12 degrés de «naleur, u se réveille , s'accouple et commence à pondre. Les femelles. déposant leurs œufs dans Jes grains qu'elles percent d'un trou imperceptible. L'oraf éclos , la larve dévoré la substance du grain ;,puis , si celuici ne Iiri fournit pas une nourriture sulBsante% elle passe dans uu autre. Ayant atteint sa grosseur, elle se change en nymphe , et sort bientèt à l'état d'insecte parfait ,. pour aller pondre une nouvelle génération. Tout cela n'exige que trente-cinq a duarante jours.
Oa a calculé qu une seule femeHe et les petits qui en proviennent peuvent , dans le cours d'une année , produire jusqu'à sixf mille individus.
- On a essayé mille moyens pour détruire les calandres dû blé dans les greniers à grain : le-plus simple de tous paraît avoir le succès le moins équivoque. Il consiste à remuer le Aie avec la pelle le *plus souvent possible. Ces animaux, continuellement dérangés, finissent par abandonner les gremers où cette méthode est employée. Quelques person*nés essaient de chasser les calandres en mêlant aux grains des plantes aronlatiques , telles , par exemple , que la saug«; f***?!^^ *"*"' brûler de. la corne , du vinaigre , des résines „ etc. Pans quelques pays on recouvre les tas de blé avec des iMmcbes et du feuaiagc de pin , de sapin et d'autres arbres
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résioeui , on a aussi quelquefois employé des ventilateurs ,
Î)Our maintenir la température des greniers à un degré inérienr à la température nécessaire au développement de ces insectes. Le 20 mai 1826, M. Pairaudeau, naturaliste, a lu À la Société philomatique de Paris un mémoire sur un moyen très simple de soustraire les blés des greniers à la dévastation des cbaranç<^ns. Il consiste i étendre sur les tas des toisons de brebris noti encore débarrassées de leur suint; on les y laisse trois ou quatre jours , au bout desquels on vient les relever ; elles sont alors entièremeiit couvertes de cbarançoQS morts , qu'on fait tomber en les secouant légè* rement ; on les replace de nouveau pour le même laps de temps f. et après avoir répété quatre ou cinq fois cette petite opération , qui ne demande pas plus de quinze ou vingt jours , on peut être assuré qu'il ne reste plus de charançons.
Plusieurs personnes qui oïït essayé la taéthode de M. Pairaudeau, se sont convaincues de son insuflîsance. II est très vrai qu'on détruit les charançons à Tétat parfait: mais les larves qui seules font le dégât ne continuent pas moins leurs ravages.; il paral^ait même que les insectes parfaits ne se rendent dans la laine qui les retient et les fait périr , qu'après avoir pondu.
De tous les moyens préconisés juscpi'à ce jour pour rendre nuls les dégâts des charançons , le meilleur , sans contredit , est de renfermer les grains dans un lieu dont la teoi' pératnre, toujours égale , ne monte pas au-dessus de dix degrés. Les silos atteignent parfaitement ce but; mait comme ils sont très dispendieux , on a cherché d'autres procédés que nous allons indiquer. On a proposé des fumigations de plantes aromatiques ou narcotiques, telles que tanaisié, calament, sauge, hysope , absinthe, tabac, jusqaiame , etc. ; enfin on a essayé l'emploi de l'essence de térébenthJBe , de l'huile de pétrde et autres substances analogueT^Toutes ces substances n'ont aucun succès certain et méritent très peu de confiance. La chimie nous fait eonnatltre des moyens plus positifs^ > plus sûrs et en même temps assez peu dispendieux. L'autÂr anonyme d'uUf^ p^te brochure sûr ce sujet nous en enseigne plusieurs qui pei^ôni être employés avec beaucoup d'avantage. Le pi emier , ^m est
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tont-4-faît le même que celni ^e nou9 conseëlons poar détruire les punaises , n*est praticable que lorsque le grenier destiné à recevoir du grain ferme bien exactement. Dans ce cas on y allume deux ou trois fourneaux , selonla grandeur du local , après avoir bien luté toutes les join^ tures qui pourraient donner de Tair , et l'on brûle sur cha^
Sue fourneau buit onces de fleur de soufre ou quatre onces e einabre (sulfure de mercure). 11 est bien entendu que Ton doit se retirer promptement , afin d^éviter la ^ufiPocation et fertner exactement la porte ; même il est bon de coller des bandes de papier sur les jointures. Au bout de 42 ou ,24 heures, on ouvre la porte ei l'on entre lorsque la Vapeur est dissipée ; avec un nalai on ramasse tous les charançons qui sont tombés épars sur le plancher. '
Le mêm^ auteur conseille des fumigations toUt-à-fait me/curielles , et pour les faire , il emploie un mélange d^une once de einabre avec six onces de chaux vive. On calcine fortement ce mélange dans un crenset ou dans un pot de grès capable de résister à une chaleur intense. Il en résulte une atmosphère mercarielle' extrêmement énergique, dans laquelle les insectes succombent promptement. Si Ton fait cette fumigation près d'un lieu renfermant de^ objets de cuivre , d'or et d'argent, il faut les retirer, parce que la vapeur me/cu'rielle les attaque très fortement. La vapeur sulfureuse , qui nous parait être sufQsante dans Ift plupart des cas , altère un peu la couleur des étoffes de laine. Dans le cas où le grenier ne permet pas les fumigations , c'est-à-dire s'il est sous les tuiles ou les ardoises , et si, par cette raison, l'on ne peut clore hermétiquement,, on fait dissoudre une once de sublimé corrosif dans un litre d'eau-de-vie ou d'eau de fontaine bouillante. Dès que le sei est fondu, on ajoute deux autres titres d'eau et, lArec nn
Ïunceau, on imprègne les mura, les planchers et toutes es parois des lieux dont on «vent chasser lésinâtes. En préparant cette dissolution , il faut éviter l'empRA de substances métallic^ues , qui décomposeraient promptement le sublimé corrosif. Ce moyen sera durable, mais, comme la substance employée e^t un "foison violent , nous T«iwaa'mandons les plus grandes précautions. Outre le danger , cflte ftiéthode a cneore un inconvénient : c'est c|ue les cha*«
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irftDf ont U>iteiit rarement les freniers vides , à méta^fg^ ce ne seit pendant ThWer.
Une autre méthode du même auteur qui parait fort bonne et qui n'a pas les mêmes inconvéniens que la précé<^ dente , consiste à mêler une livre de chaux en poudre par quintal de grains avec le hié ou les autres céréales attaquées par les insectes. Avant de faire moudre le blé, on le débarrasse de la poussière de chaux au moyen du van ou du moulin à vanner.
Ce procédé peut être très utile pour le transport lointain, pour les voyages , les approvisionnemens de vaisseaux , et enfin dans toutes les circonstances où les graines de toutes les légumineuses , telles que lentilles , haricots , fèves , pois, etc., ou blé , seigle, riz, etc., doivent rester longtemps dans des sacs.
Semblables pour la forme générale de corps aux calandres , et. n en différant que par des caractères zoologiques trop peu précis pour nous y arrêter , les charatiçons proprepient dits peuvent être comptés au nom- ^ bre des insectes les plus nuisibles. Ils attaquent les arbres de nos forêts , les fruits de nos vergers, etc,' et presque toujours leur petitesse les dérobe à nos moyens de destruction. Mais si Tart est ordinairement impuissant à les détruire,. la nature nous vient souvent en aide. Ce sont les oiseaux ,
Sarticulièrement les becs-fins, qu'elle a chargés du soin de . iminuer le nombre de ces ennemis malfaisans. Malheureusement , les lois sur la chasse ne sont pas assez sévère^ , et le fAsil « les filets, les pièges de toutes sortes finiront par dé* truireces espèces , aussi utiles qu'agréables parla vie qu'elles répandent dans nos bocages. Il serait à.déçirer qu'une administration sévère défendit, sous des peines graves, de tuer les hirondelles, les bergeronnettes , les fauvettes , les traquôfs , les pouillots , tous oiseaux qui rendent de grands services i Tagriculture.'
Pour de plus amples détails sur les charançons voy. la â* partie de ce Manuel, p. 28 et 3â.
' Nous renverrons aussi à notre second volume ceux de nos lecteurs quj désireraient connaître Thistoire àe§ Scolytes, des Bo$tfieht$y et autres insectes xylophages, ( mangeurs de boU ) si nuisibles à nos forêts. Nous nous bornerons à
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appeler ici ratteu^n des aeroûomes'snr un insecte do im mtee famille, la Trog9me mauritanique ( TrogoêUa matiHIantm) qui vit dans les noix , dans le pain ^ sous les écorces d'arbres, et dont la lar?e, connue en Provence sous^ le nom de Cadelle , attaque les céréales, Malbeureùsement, je ne sache pas qu'aucun moyen vraiment efficace ait été proposé iusqu'à présent , pour détruii'e cet insecte que Parmentier a pourtant déjà signalé dan6 son Traité théori" qm et pratique sur la culture des grains. Des Criocères.
Ces insectes appartiennent à Tordre des coléoptères , section des tétramères. Ils ont les pattes presque égales , les antennes' en majeure partie grenues , et les yeux échancrés; ils produisent un petit bruit aigu en frottant leur corcelet contre leur sternum. A Tétat parfait , ils font peu de mal , mais leurs larves vivent sur les liliacées , les asperges, etc., dont elles rongent entièrement les feuilles. On tes reconnaît aisément à leurs six pattes ecailleuses , à leur corps mou, court et renflé , qu'elles garantissent de Faction du soleil et des intempéries de l'air, en le recouvrant de leurs excrémens $ à cet effet , leur anus est situé en d^sus.
Lecriocère de l'asperge, ( crtocen'« aspa^agi) à sur les étuis une croix d*un noir bleuâtre , sur un fond jaunâtre ou blanc. Son corselet est rouge.
Le criocèfc du lis ( crioceris merdigera) est long de trois lignes , noir , avec le corselet et les élytres d'un beau rouge ; ces dernières sont striées. Cet insecte est fort désagréable en ce qu'il attaque le lis blanc , aussitôt qu'il*ommence à se développer , et qu'il en dévore entièrement les feuilles avant la fleuràison.
On détruit aisément les larves des criocères. Pour cela , on metjnfuser dans un arrosoir d'eau deux onces de tabac, deux ou trois poignées de suie , auxquelles on ajoute une
Îïoijçnée de sel ; il suffit de laver deux ou trois fois les éuilles avec cette composition , ou simplement de les en arroser , pour faire périr les criocères qui s'y trouvent , et empêcher qu'il n'en vienne d'autres.
Du Négril de la Luzerne.
«Dans son Théâtre d'AgricuUure, Olivier dv Serres
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BOUS parle des petites cheaiUes noires aopdées Bahoies, qui s^Dgendreat parfois à la seconde bei^ de la luzerne, et qui la périssent » la faisant dessécher. » Les babotes ne sont autre chose que les larves du né§rU des paysans lan-» guedociens , le Colaspit atra des naturalistes. Très Toisin des chrysomèles avec lesquelles il a été longtemps confonda^ le Colaspis atra qu'on appelle aus» Eumolpe , CanUU , Babote ^ Baverote, se distingue par son corps ovale d'an noir luisant , finement et vaguement ponctué , par son cor* celet un peu plus étroit que 1 abdomen, arrondi postérieurement, à peine rebordé et sans angles, ce qni, d'après Olivier, distingue cette espèce de toutes les autres du même genre. Longueur du m&ie , 4 millimètres ifi. Longueur de la femelle , avant la fécondation , 6 millim. ; au moment de la ponte, 8 millim. Cette espèce habite la Barbarie, le royaume de Valence , en Espagne , et plusieurs de nos départemens méridionaux , où eUe exerçait d'afifreiix ravages, il y a quelques années , surtout dans son état de larve.
*G'cst vers la fin d'avril , on bien au commencement de mai que les coUupis se montf«nt dans les luzemières et en dévorent les feuilles. Souvent on voit la femelle , accou-
fdée avec son mâle , le porter partout avec elle , malgré 'énorme distention qu'a subie son abdomen rempli d'œuis. Bientôt après la Cécondation , elle dépose ces œufs , au nombre de 200 à peu près , sur les feuilles de la luzerne ou sar le sol lui-même , et elle laisse aux agents extérieurs le soin de faire éclore les jeunes qu'ils contiennent.
Les larves qui en naissent sont d'abord de couleur jaunâtre ; mais elles ne tardent pas à brunir , et , au bout do quelques heures , elles sont d'un noir luisant. Leur corps est alongé , terminé en pointe à la partie postérieure , et recouvert , surtout à sa face dorsale , de tubercules noirs et saillants sur lesquels s'élèvent des poils, dont la plupart vont en divergeant du centre à la circonférence.
Parvenues à toute leur grosseur, c'est-à-dire 25 à 50 jours après leur naissance , ces larves abandonnent les tiges de luzerne qui les ont nourries jusqu'alors , et vont se creuser dans le sol un trou de {#nne circulaire. C'est là qu'elles se changent en nymphe , et six semaines ou deux mois plus tard , en insecte parfait. x
Sous ce dernier état le négrU est pea à craindre , niair sa laive est Traiment redoutable ; en effet , à peine est-elle née , qu'elle se met à dévorer le parenchyme des feuilles les' phis tendres. Â mesure qu'elle grandit , elle se montre moins délicate , et alors elle attaque môme les feuilles dont le tissu offre le plus de résistance à ses organes manducateurs. Quoiqu'elle épargne les nervures , celles-ci ^ privées de leur réseau anastomotique , ne tardent pas à se flétrir et à se dessécher , en sorte que la feuille dé|à criblée de irons, ce trouve bientôt réduite , soit en totalité , soit en parti» seulement , à l'état de squelette. Enfin , quand la larve tt acquis à peu près tout son développement , elle mange la feuille tout entière , hormis son pétiole.
Un des instincts les plus remarquables de ces larves glou-^ tonnes, est celui q» les porte à entreprendre des migrations que l'on peut appeler lointaines , si l'on a égard à la petitesse de l'animal. Dès que le champ où elles s'étaient fixées ne peut plus suffire à leur nourriture , on les voit se porter en foule vers les luzemières du voisinage. Les chemins qu'elles traversent sont noircis de leurs nombreux bataillons; et ces ))ataillons se composent non de plusieurs milliers , mais de plusieurs millions , mais de plusieurs milliards d'individus. Rien ne les arrête dans leur marche , & moins qu'elles ne rencontrent un fossé plein d'eau. C'est là la seule barrière qu'elles ne puissent franchfr.
Les moyens à employer pour détruire cet insecte dévasta-^ teur peuvent se réduire aux quatre suivants.
i» Recueillir l'insecte parfait,
2** Recueillir la larve ,
3*^ Prendi'e ceïle-ci par la famine,
4* L'éloigner au moyen de certaines substances qui toi sent nuisibles.
Pour recueillir l'insecte parfait , on se sert d'une boîte légère en sapin , fixée diagonalemenl par le fond sur une tnngle de bois de deux mètres de longueur. En promenant cette botte sur les sommités des tiges où se trouvent les négrils on les fait tomber au fond de l'instrument. Quand ilen renferme un nombre présumé suffîjsant , oo le renverse a^erre et Ton écrase le contenu.
Le second moyen consiste à recueillir la larve : c'est celui
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qu'emploient depuis longtemps les paysans du royaume de Valence.
D'après M. Léon l)afour, ils se servent, dans ce but, d^un sac court , large , mais peu profond , forme d^une toile grossière et forte , fixée autour d'un cerceau emmanché ciune longue barre. C'est à peu près le filet faucheur des entomologistes. Ils le promènent sur la luzerne en faiiant le mou- Tement de faucner , et , en moins de deux minutes, il y a au fond du filet plusieurs livras de ces larves. On les écrase sous les pieds pour recommencer ensuite la châsse. » ' 3. Affamer les larves , tel est le moyen auquel ont eu recours les agriculteurs du Midi. Le procédé qui paraît le plus efficace , et qui a été conseillé et mis en usage pour h première fois par M. Touchy , de Montpellier , consiste If retarder la première coupe de la luzerne^ jusqu'à l'époque où toutes les larves sont écloses , mais n'ont point encore assez grandi pour être en état d'émigrer vers les champs veisins. « A ce moment, dit M. Touchy, la luzerne étant fauchée se fane et se dessèche : elle est alors impropre à la nourriture des insectes qui sont réduits à quelques chétifs rameaux qui , çà et là j ont échappé au feu. La luzerne reste sans végétation apparente pendant quelques jours, dont un eù deux «affisent pour, tuer les evmolpes , d'autant plus vite qu'elles sont plus nombreuses, m
Les expériences de M. Dupin , secrétaire de la Société d'Agriculture de l'Hérault, et celles de M. Edmond de Lymairac , secrétaire de la Société d'Agriculture de Toulouse, semblent avoir mis hors de doute l'efficacité du moyen indiqué par M. Touchy.
4t^ Un quatrième procédé consiste à répandre sur les luzernières , au moment oii 'les femelles du colaspis sont sut le point de pondre , delà chaux en poudre eu des cendres de chaux, qui, à ce que prétend l'auteur de ce procédé, ne nuit en rien ni aux feuilles, ni aux ti^es ^e la plante {ourragère. *
* Pour de plus amples détails , voy. dana le Bulletin dé îa Société d'agriculture de l'He'ràult (^mnée 1 844) « notre Mémoire intitulé : Histoire d'un petit insecte coléoptère {Colaspis atra, LatreïIIe) qui ravage les luxeriies du midi de la France, suivi» de i indication des procédés à emplojefpour le détruire.
De$ AUUés,
Lc6 jardiniers donnent Tulgaireraent le nom de tiqu^ à CCS insectes coléoptères. Une espèce , i^altise potagère ^aUica oleracea) est longue d'une ligne et demie à deux lignes, ovale , alongée , Terte ou bleuâtre , avec une impression transverse sur le cprselet ; ses étnis sont finement pomtillés. ' On en trouve encore dans les jardins utie ou deux autres «spèces beaucoup plus petites. Ces insectes vivent sur les plantes de la famille des crucifères , et dans de certaines «nnées font un tel dégât, qu'ils détruisent entièrement les semis de raves, de radb , de choux , navets , etc. ; on les y trouve par centaines sur chaque plante , et dès (pi'on vent les approcher , ils sautent avec Beaucoup de vivacité , se dispersent et disparaissent avant qu'on ait pu les saisir.
On vient à bout de les écarter des semis , en arrosant avec des décoctions de plantes âeres, telles que le tabac , les feuilles de noyer et de sureau ; on peut encore les détruire eh arrosant avec de Teau de lessive, ou avec une décoction de suie. On emploie avec aVantage une eau préparée , de rinvention de M. Tatin , et dont nous allons donner la composition.
Prenez :
Savon noir 2 liv; 1|2
Fleur de soufre ^ m ifi
Champignons des bois on découche. . . 2 » » On met dans un tonneau trente pintes d'eau de fontaine, dans laquelle on délaie le savon noir , et on y jette les champignons après les avoir légèrement écrasés *, on enveloppe le soufre dans un petit' sac de toile claire , que l'on place au fond d'un chaudron ', dans lequel on verse aussi trente pintes d*eau. On fait bouillir pendant vingt minutes, avec la précaution de remuer constamment , et d'appuyer de temps en tenips un bâton sur le sac de soufre, afin d eh imprégner l'eau. Lorsqu'on voit qu'elle a pris couleur , on jette cette eau dans celle qui est déjà dans le tonneau , et on laisse fermenter le tout jusqu'à ce que la composition ait pris iine odeur fétide; ce n'est qu'alors que l'on peut s'en servir avec tous ses avantages , et plus elle est vieille ,
tiieîlleure elk est. Comme cette composition n^est pas trèscoûteuse, on peut en bassiner tous les jeunes semis, et par ce moyen en éloigner non-seulement les altises , mais encore tous les insectes malfaisants.