‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 42 sur 114 · ORTHOPTÈRES · texte numérisé non relu

ORTHOPTÈRES

Les insectes de cet ordre sont moins nombreux que ceux de Tordre précédent *, mais plusieurs espèces sont assez funestes pour mériter un article spécial ; de ce nombre sont les suivantes :

Des Blattes,

Eues appartiennent à la famille des coureurs; leur corps est déprimé , leurs élytres sont coriaces , demi-tnembratieuses, couvrant la totalité de Tabdomen et se croisant nn peu sur la suture. L'extrémité postérieure de Tabdomeii offre deux appendice^ coniques et articulées. Le mâle diffèie de la femelle par un moindre développement de Tabdomen , et des ailes un peu plus longues.

Au moment oî!i la ponte a lieu , on voit sortir de Tabdomen une sorte de capsule , ayant la forme d'un carré long , peu convexe , arron^jpar les côtés et les deux bouts , rayé transversalement, efturmonté d'une espèce de carène ou crête relevée. C'est dans cette- capsule que sont logés les œufs. La femelle la porte pendant quelque temps appendue à l'extraite de son abdomen , mais elle l'abandonne ensuite au tiasard. Au moment de l'éclosion , les petites larves ramollissent cette enveloppe tiu moyen d'un liquide qu'elles dégoi^ent*, et qui iacilite la déchirure oe la capsule. (Ë. BlancWd).

Ce «ont des animaux nocturnes , très agiles , habitant les maisons , les cuisines et surtout le four des boulangers , et se nourrissant de toutes sortes de comestibles. Us attaquent même la laine , la soie et les souliers. Ils exhalent une odeur fétide qui se communiaue souvent aux objets sur lesquels ils ont passé , tels que le pain , les fruits etc. Il n'est même pas rare, malgré toutes les précautions que pren-

• Voy. les caractcrei iô cet ordre , dan» la *• partie de ce Manuel , DB3TRUCTEUR , 1 '* PARTIR. * ' *^

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sent les boulangers , de troaTer dans le pain des débris d« ces insectes dégoùtans.

On a employé bien des moyens pour les détruire, tels que des lavages avec une épaisse solution de savon noir , dans la((Qe)le on ajoute par litre un gros de sublimé corrosif , etclÉais, cegune ils habitent dans les crevasses des murailles et des tours , on ne parvient à s'en dé})arrasser qu^en les asphyxiant par Tacide sulfureux , comme les punaises et les charançons ( Voyez ces articles). En Europe, les blattes ne font guère de dégâts que dans les villes ; il est rare [n*on en rencontre dans les maisons ou chez les boulangers te campagne. L'espèce qui produit ces ravages a été appelée par les naturalistes- blatta orimtalis, Lmnée. Les autres espèces vivent dans les bois et ne sont pas à craindre. Les blattes , bornées en Europe à un petit nombre d'espèces qui la plupart vivent dans les bois , présentent dans les pays chttads , un grand nombre d^espèces de grande taille qui ont été confondues en partie par les naturalistes sous le nom de blatta americana. Dans nos colonies , ces insectes sont connus sous le nom àeravêUif kankrélaSf kakerlacs^ et dans les colonies espagnoles sous celui de cucarachas. Leur grosseur et leurs habitudes les mettent au rang des insectes les plus dégoùtans et les p|us nuisible^ Presque aucune des substances animales et végétales utiles à Thomme n'échappe à leur voracité. Les provisions , le cuir, le drap , les livres, etc., leur conviennent également, et il arrive même quelquefois qu'ils viennent ronger certaines parties du corps de rhomme pendant son ^mmeil. La peau épaisse du talon et de la plante des pieds ayant quelque analogie avec le cuir, est celle qu'ils attaquent de préférence.

La course de ces insectes est très agile et ils pj^nnent leur vol avec assez de facilité. La lumière les attire fins les appartements , et c'est surtout pendant la nuit qu'ils voltigent de côté et d'autre , lorsqu on allume une bougie. Les navires qui reviennent des colonies en sont souvent infectés, et ils sèment pour ainsi dire , dans tous les pojrts de met , ces insectes' nuisibles et dégoûtants.

Le seul moyen qu'on ait encore trouvé pour détruire les blattes consiste à mettre dans les endroits où il y en a beaucoup , un vase à moitié rempli d'eau , days laquelle on a

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mêlé quelque substance qu'elles préfère»! , telle que le sirop de canues ou la mélasse. LeUndemam on y trouve une grande quantité de ces insectes qui se sont noyés pendant ia nuit. La Tolaille en est très avide , et on a coutume de lui donner celles que Ton prend ainsi. On pourrait encore en diminuer le nombre en détruisant leurs œufs , que leur grosseur permet facilement d^apercevoir ; mai» ce moyen est très long et impraticable sur une certaine échelle. Tout ce q\ie Thomme peut tenter avec beaucoup de peine et de temps n'approche pas de ce que font les fourmis voyageuses. Lorsqu'elles paraissent dans une maison , elles détruisent , en quelques instants , toutes les blattes qui s'y trouvent , et si leurs visites étaient plus fréquentes , on s'a-

Sercevrait à peine de la présence de ces hôtes incommor es et malfaisants.

Les espèces qui vivent dans les bois sont également très multipliées ; mais ne nuisant pas directement à Thomme , il est mutile d'en parler.

Des Forficule» ou Peree-OreUles.

Ces insectes appartiennent à l'ordre des orthqitèreSy famille des coureurs. Leurs pieds postérieurs ne sont propres qu'à la marche ; leurs ailes sonrpltssées en éventail , et repliées en travers sous des élytres crustacées, très courtes et à suture droite ; leur corps est linéaire , terminé par deux grandes pièces écailleuses , mobiles , formant une pince à son extrémité postérieure. On les trouve très communément dans les lieux frais et humides , assemblées en ^roup£# assez nombreuses sous les pierres et les écorces d'arbre. Ds sont très vorace», et portent un grand préjudice aux fruits de nos jardins. Us ont pris le nom de perceoreilles de ce que l'on croyait autrefois qu'ils s'introduisaient dans les oreilles des persdnnes endormies.

IMais c'est surtout les amateurs d'oeillets que ces animaux désolent; ils grimpent sur les tiges de ^es charmantes fleurs', rongent le bouton avant son épanouissement , et détruisent ainsi dans un instant les espérances les plus flatteuses. Nous en avons deux espèces également funestes pour les jardi<niers.

Le grand perce-oreille (/br/lcula aurieularjUiÂ^J^mée),

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est long d'un demi-pouce , brun avec la tête rousse , les bords du corselet grisâtres et les pieds d*un jaune d'ocre; ses antennes ont quatorze articles.

Le petit perce-oreille [forficula mtnor de Linnée) est de deux tiers plus petit , brun , à tête et corselet noirs , à pattes jaunes ; ses antennes ont onze articles.

On doit faire la recfaei^che de ces animaux souslea pierres, les vieilles écorces , les bois pourris et autres lieux ; comme ils vivent eji famille , on vient aisément à bout d'en détruire im très grand nombre. Les amateurs qui cultivent des collections d'œillets , placent au bout des baguettes qui soutiennent leurs tiges des ergots de mouton , de codion » ou de veau. A la pointe du jour les perce-oreilles se retirent dans ces morceaux de corne ; tous les matins on les y trouva, et on les écrase avec facilité. ^ Lorsque les raisins entrent en maturité , les forficules les attaquent de préférence à d'autres fruits; elles se cachent pendant le jour dans Tintérienr de la grappe. On les y cherche , et lorsqu'on les aperçoit, on secoue légèrement les grappes sur un vase rempli de lessive ou d^eau de savon.

Delà CourtiOère.

Elle appartient à Tordre des orthoptères , famille des sauteurs. Elle est remarquable par ses jambes antérieures terminées par des tarses plats et dentés, en forme de mains, propres à scier et à fouir. La courtillère commune (gryUut griUo-tal^a de Linnée) est longue d'un pouce et demi, brune en dessus , d'un jaune roussâtre en dessous. Elle a

Î[uatre dents aux jambes antérieures , et ses ailes sont une ois plus longues que ses élytres» .

. » La femelle, dit M. Latreille, se creuse, en juin ou en . » juillet , à la profondeur d'environ un demi-pied , une )) cavité soutettaîne arrondie , et lisse à l'intéiicur » oiî elle V dépose deux à quatre centaines d'œufs. Ce nid,JLvec la y> galerie qui y conduit , ressemble à une bouteille dont le » cou est courbe ; ses petits vivent quelque temps en so- » ciété...,.

» Cette espèce , ajoute-t-il , trop connue par les dégâts » Qu'elle fait dans nos jardins et les champs cultivés , vi^ ï) dans la terre , où ses deux pieds antérieurs , qui agissent

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9 comme uAe sck et comme une peHe , et à la manière » de ceax des taupes , lui fraient un chemin *, elle coupe » on détache les racines des plantés , mais moins pour s^en )» nourrir que pour se faire un passage , car elle Tit , à ce » qu^il paraît , d^insectes ou de vers. » Dans un excellent travail publié tout récemment et intitulé : Quelques considérations sur les insectes nuisibles à V agriculture , M. Edouard' Perris s^exprime ainsi au sujet de ranimai dont nous nous occupons. « La courtillère ou taupe* grillon , dit-il , fait le désespoir des jardiniers et des agriculteurs, surtout dans notre département, (Landea|. Elle dévaste les semis et les plantations de légumes et pullule à tel point dans les champs , notamment dans ceux des contrées sablonneuses , que l'on se voit quelquefois réduit , après deux ou trois ensemencements successifs et toujours détruits , à une récolte insignifiante de millet et de maïs. C'est le plus grand fléau des cultures estivales, et tout ce que Ton a fait jusqu'ici pour se préserver de ces insectes malfaisants , on lès détruire, est demeuré sans résultat, n

En piésence de ce fléau , Tagriculteur et le jardinier ne doivent pourtant point se croiser éternellement les bras , et tout attendre du ciel. JUde-toif le ciel faidera^ est un sage précepte quUl nous semble bon de mettre souvent en pratique.

Parmi les procédés à employer contre les courtillères , BOUS mentionnerons surtout les suivants.

Lorsque les courtillères sont dans un terrain fort et au'elles sont peu nombreuses, on se contente de jeter de 1 eau dans leurs trous avec quelques gouttes d'huile. Dès qu'elles se sentent inondées , elles sortent de leur retraite, 8 imprègnent de Thuile qui surnage , et périssent sur-^lechamp ; dans les terres légères et dans les terreaux , cette méthode serait inutile , parce q^ue Teau filtrerait à travers les parois des trous , et n'arriverait pas jusqu'au fond. Quand les courtillères se soùt réunies en grand nombre dftns une couche où la chaleur du fumier et les insectes les ont attirées, on peut encore employer ce moyen , mais avec quelques modifications. On défait la couche et l'on enlève le terreau ^t le fumier ; les Courtillères effrayées s'enfoncent dans des trous qu'elles ont pratiquées en terre au fond de

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la couche; on enlève proprement une légère surface it cette terre , afin de découvrir leurs galeries , on y jette un arrosoir d'eail sur laquelle on a préalablement répandu un verre d'huile, et on les fait périr comme nous Tavons dit plus haut. On pourrait remplacer avantageusement Teau huilée par une solution d'une once de sublimé corrosif dissous dans quinze ou vingt pintes d'eau.

Mais lorsque ces insectes sont très multipliés dans un jardin , ces méthodes deviennent insuffisantes , et il faut avoir recours à d'autres procédés. En automne , un mois avant que les froid3s se fassent sentir , on creuse dans chaque carré , deux ou trois trous de trois pieds de diamètre sur autant de profondeur ; on les remplit de fumier chaud jusqu'à six pouces dii bord , et on les recouvre de terre. Aux premières approches des gelées les courtillères s'y rassemblent en grana nombre et s'y engourdissent ; quand la terre eu profondément gelée , on découvre le fumier , on le sort du trou, on cherche avec soin et l'on écrase tous les insectes qu'on y trouve.

Une autre méthode est encore employée avec assez d'avantage par d'autres jardiniers ; ils font construire des caisses de sapin de dix-huit pouces de largeur , d'autaut de profondeur , sur une longueur indéterminée ; on les remplit de fumier chaud , et On les enfonce dans la terre de manière à lés en recouvrir de cinq à six pouces. Tous les quinze jours on les relève , après avoir préalablement battu la terre du dessus pour forcer les courtillères à se retirer dans le fond *, on les y cherche , on les y tue et on replace les caisses.

On a enfin un dernier moyen qui est utile non-seulement pour détruira les courtillères , mais encore tous les insectes et les reptiles nui désolent nos jardins. Dans une platebande , le long a' un mur, on enterre des pots vernissés ou des cloches de verre renversées, de manière à ce que les bords 4kl vase se trouvent à un ou deux pouces au-dessous du niveau du sol : on verse dans le foiid trois ou quatre pouces d'eau ; les insectes et les crapauds , et même les souris et les mulots , en se promenant pendant la nuit , tombent dans le vase , ne peuvent pas grimper (^nére les parois et s'y noient. .

Des Gréons.

Ces insectes a(>partiennent à la fiunillc des orthoptères sauteurs. Us sont nocturnes et moins nuisibles (m^importuns par le bruit monotone qu'ils font entendre. Nous ne parlerons ici que du grillon domestique {gryîlus dome$ticu$) qui habite les maisons jjrès des foyers , les fours des boulangers, n est d'un gris jaunâtre , à corselet varié de brun. La femelle porte une tarière plus longue que son abdomen, n se nourrit de toutes les provisions de ménage , principalement de pain. On le détruit en le murant avec du plâtre dans les trous oii il se retire , on en y injectant de Peau bouillante avec un peu d- huile. On peut très biei^ Tempoisonner aussi avec du biscuit et de 1 arsenic que Ton introduit dans les trous où il se retire pendant le jour. Du reste, dans beaucoup de pays, on ne cherche pas à le détruire par un préjugé absurde qui lui est favorable. Des Sauterelles.

Une seule espèce est dangereuse pour lesft'écolf es , c'est 1^ criquet de passage (gryllus migratorius de Linnée). Cet insecte appartient à Tordre des orthoptères , famille des sauteurs , genre criquet. Il est long de deux pouces et demi^ ordinairement vert y avec des taches obscures; ses mandibules sont noires et ses élvtres d*un brun clair tacheté de noir ; il a nne crête peu élevée sur le corselet. Ces criquets se jrénnissnnt mielquefois en bandes si considérables qu'il serait impossible d'en calculer approximativement le nombre ; ils voyagent dans les airs , et paraissent comme un nuage épais qui obscurcit les rayons du soleil. Partout ou se posent ces armées formidables , la campagne la pins riante se trouve tout-à-eoup métamorphosée en on désert stérile. Lorsqu'une pluie froide les fait périr , l'effroyable quantité de leurs cadavres qui pourrissent sur la terre , empoisonne-l'aireA^ut occasionerdes maladies pestilentielles.

Henreusement ce fléau, c^ui désole quelquefois le midi dt la Franfe , ne se fait sentir que de loin en loin , quel-

Snefois tous les vingt ou trente'ans. Peut-être avec un peu 'attention pourrait-on le prévenir. 11 s'annonce toujours deux pu trois ans d'avance par une multiplication extraordinaire de criquets, qui se réunissent sur les pelouses et

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dans les prairies. Il ne s'agit que de parcourir ces endroits, et de reenercber sur les plantes les œufs de ces animaux 4 on les y trouve collés , en forme de coque. Us sont enveloppés d'une luatière glutineuse et écumeuse, d'une assez belle couleur de chair. En enlevant ces œufs et les brûlant on arrêterait le fléau.

Le criquet à ailes bleues (gryUus eœnUéscens de Linnée),. dont les ailes sont d'un bleu un peu verdàtre , avec june bande noire , fait quelquefois des ravages comme le précédent , mais beaucoup moins considérables.

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