D^ HÉMIPTÈRES
Cet ordre est très nombreux et les iusectes qui le jcomposent subissant des demi-métamorpboses seulement , sont pour la plupart aussi voraces à l'état parfait que sous leur état de larve.
Des Punaises.
Elles apparlpennant à l'ordre ^es hémiptères, famille des géocorises, et forment un grand nombre de genres qm, pour la plupart , se nourrissent de la sève des végétaux qvnUs piquent avec leur bec.
Quelques espèces ( Cimex ornatus , Linnée, et G. olera^ cens , Lmnée ) attaquent les plantes potagères et particu* lièrement les choux. Ces punaises se font aisément remarr uer par leur belle couleur noire tachetée de rouge vif. lomme elles n'ont pas d'odeur , on les chasse aisément eu les saisissant avec les doigts et les jetant dans un vase contenant de l'eau de savon. Si l'on ne voulait pas se donner la peine de les chasser une à une , on pourrait les faire périr ou au moins les écarter pour longtemps , en arrosant avec un arrosoir à pomme finement percée , et se servant d'eatt dans laquelle on aurait dissous du savon, noir.
La lygée aptère (lygcBtM apterm, Linnée), ainsi nommée parce qu'elle n'a pas d'ailes, est appelée aussi imnoîM des jardins. E)le est decouleur rouge, avec la tête, rtne tacbe «a milieu du corselet et un gros point sur chaque étui , noirs. Elle se trouve quelquefois en quanjtitc innombrable au pied de certains arbres, qu'elle fait souffrir plus ou moins. Onk
* Pour les caractèrec <de cet ordre , voj, ae^rtie , p 37.
nSS H£lf tPTÈABS. âOÎ^
détruit en arrosant avec de Teaa bouilliute , si les arbres sont assez gros pour n^avoir rien à craindre , eu aTec de la lessive, ou bien enfin avec du sublimé corrosif préparé comme pour les courtilières, si Ton craint de faire tort aux arbres.
La punaise des lits (cimex ledularius de Linnée) a le corps très plat, d'un ronge brun, et les, antennes brusquement termmées en forme de soie ; elle habite dans les maisons les bois de lits mal-joints , les fentes de muraille , sous les tapisseries, et^., etc. La nuit, elle sort de sa retraite pour aller sucer le sang des personnes qui dorment , et Ton ne sait que trop tous les désagrémens qui résultent de sa piqûre et de son odeur. On a proposé un grand nombre de moyens pour détruire ces insectes *, mais tous n'ont pas le même succès.
On fait faire des claies en osier , larges de dix*hnit poq-ces, et d'une longueur égale à la largeur du lit ; on les place, dans une position verticde , entre les matelas et le traversin; chaque matin , la personne chargée de faire le lit , enlèTo cette claie , la secoue sur le plancher , et écrase les punai^ ses qui s'y sont réfugiées. Lorsqu'un bois de lit en est infect», on le démonte , on passe chaque pièce à Teau bouillante , et Ton y étend un nouveau vernis. Si la qualité da bois ne permet pas de faire cette opération , on prend de l'essence de tére))entfaine , et on en fait pénétrer avec un pinceau dans toutes les fentes oii les punaises peuvent se retirer. L'odeur des feuilles de noyer est , dit-on , un préservatif contre ces animaux ; il ne s'agit que de placer de ces feuilles partout où ils habitent , pour les forcer à abandonner leurs retraites, et* mêmerappartement; nourne garantissons pas ce procédé.
Quand les punaises se sont retirées dans les vieilles boiseries et les trous de muraille , voici Somment on s'y prend pour les faire périr. On prépare un mastic fait avec de l'ail et du blanc d'Espagne brové ; on y ajoute un peu d'essence de térébenthine, que préalablement on a fait dissoudre dans de l'esprit-de-vin ; puis , après avoir introduit un peu de camphre en poudre et d'essence de térébenthine dans lés trous , on les mastique et l'on bouche hermétiquement avec cette composition.
Si les décorations d'un appartement permettent d'en
206 DES HÉMlPTERBfl.
arroser les murailles sans inconvénient , on prépare une liqueur ainsi qu'il suit: on fait dissoudre une demi-once d*essence de térébenthine dans -de Tesprit-de-vin ; on fait de même dissoudre deux gros de subtnné corrosif dans lïi même liqueur, et enfin une démi^once de camphre; lorsque ces dissolutions sont achevées on les mélange dans ub vase, et Ton y jette une pinte d'eau distillée ou d'eau de puits, afec la précaution de remuer continuellement , afin que le mélçmge soit parfait; il en rt'suîtc une liqneui- un peu laiteuse, que roLi n't^mploîi! pa» avant âc TitToir fortement agitée. Avec un très ^vo& pinceau de crin on en passe des couches partout où Ton voit <jue c^s animaux se retirent ; cela suffit pour ks faire mourir très promptemcnt. Quelques personnes emploient d^autres limieurs , niai$ nou& pouvons assurer que celle-ci est la meilleure , et peut remplacer avec beaucoup d'avantages toutes les autres compositions préconisées chaque jour par les cbarbtaDS.
Dans les vieilles maisons dont les murailles sont crevassées, on emploie avec le plus grand succès [& procède suivant- On ferme exactement toutes l^a ouvertures, on lute les jointures des fenêtres et des poi'tea avec des bandelettes ^ de papier colle. On allume un fourneau au milieu de k pièce, et lorsque les tliarbons sont toul-a-fait iucandescens, op y jette une demi- livre de fleur de soufre. On referme la porte en «e retirant promp terne ut ; on colle du papier sur les jointure!; di^ la porte. Au bout de six heures, on ouvre avec précaution la porte et les feiiêlres , alin d'é^ viter la suffocrititHi. La sapeur sulfurcuiie pouèlre partout et i) ^e i>este pas une punaise vivante ; mais les œufs ne sont pas tous détruits. Aussi jôour anéantir jusqu'à. la 'delrnière^ il faut faire la première fumigation en juin , et ea faire une seconde en septembre^, afin de détruire celles qi^i auraient pu éclore des œufs que la première opération aurait épar^ gnés. Quelques personnes ajoutent inutilement à la fleur de soufre de Vassa fœtida , qui n*a d'autre propriété qrue celle de répandre une odeur infecte. On a aussi conseillé les fumigations de chlore, de gaz nitreux et d'acide hydrochlo' rique ; mais comme la fleur de soufre est un moyen plof simple et qui réussit constamment , il est inutile de parleir des autres procédés. Il faut, lorsque l'on fait brûler le sou»
DBS HémPTèftEs. 207
fre, retirer les meubles en métal qui pourraient être altérés par Tacide sulfureux , ainsi que nous Tavons déjà dit ^ parlant des Charançons.
M(yyenpropre à la destruction des Punaises , par M. Bavie- Magnac , à Tours.
Abticle premier.
Huit parties d^huile d'olive pure , , Un cmquième diacide nitrique , Un cinquième d'huile de vitriol , Réunir ces trois liquides ensemble dans une bouteille et à froid , et , afin d'en faire bien le mélange , il faut les agiter un peu.
ARTtCLS DEUXIEME.
Huit parties d'huile d'olive pure ,
Un neuvième ûeA de boeuf.
Réunir le tout dans une bouteille , agiter pour en faire ie mélange à froid , comme ci-dessus.
Pour 1 application , on doit se servir d'un pinceau pour introduire la mixtion du n* 1«' dans les fentes des bois de lit et autres endroits où ces insectes font leur séjour.
Ce premier Uniment réchauffe les semences , casse la coque des œufs et en accélère promptement l'éclosion. Deux heures après cette première couche , on fera Tapplication du Hquiae n« 2 dans les mêmes parties que ci-dessus et avec le même procédé. Ce liquide , qui maintient fort longtemps son humidité, fait périr tous les insectes qui éclosent après son application.
Autre coxposé.
Prendire savon noir. ..;.... 2 onces.
Onguent tnercuiiel. . . . . . .1 once.
Mêler dans un vas» ces deux matières jusqu'à parfaite union.
Ajouter peu à peu , et en délayant bien le tout ,
Huile d'olive épurée 2 onces.
Ces matières bien unies et liquides , ajouter peu à peu et toujours en remuant avec la spatule :
Saumure sans odeur 9 onces.
Eau d'euphorbe obtenue par infusion de huit jours. 2 onces.
Ce mélange bien fait, mettre le tout en bouteille.
uigitizea oy >^.wv^^iw
208 DES HÉMIPTàRES.
BWLOI.
Démonter la couchette , ainsi que les plinthes, cymaises et pourtour de Tappartement où les punaises peuvent se loger ; enduire le tout au moyen de pinceaux de différente grosseur ; lorsque les couchettes sont bien jointes , on n^a Besoin d^en mettre qu^aux joints et mortaises. S'il y a des sangles en fonçure , on peut prendre le résidu de la bouteille, exempt des corps gras, en ne Tagitant pas d^un instant, et, ;avec une nrosse, frotter à plusieurs reprises les sangles sans les déclouer. Cette opération terminée , les garnitures de lits , d^appartements , toiles des matelas et paillâmes dbivent être mises en lessive.
Si les carreaux ou planchers de Tappartement sont mal joints et qu'on craigne que les punaises ne s'y logent, en mêlant une partie d'huile de vitnol{dans douKe parties d*eau, on peut , avec un gros pinceau , laver les planchers , même les murs non tapissés *, néanmoins cette opération \loit être faite avec précaution.
Procédé servant à la destruction des punaises ou autres insectes nuisibteSf par M. Zegelaar (David), à Paris.
30 a*ammes de muso*
8 fiels de bœuf, i^ grammes de poivre d'Espagne en poudre.
2 kilogrammes de couperose.
500 granames d'ocre jaune.
1 Kilogramme de savon noir.
250 grammes d'assa fœtida.
500 grammes de térébenthine épaisse.
1 litre d'esprit de vin.
1 kilogramme de térébenthine de Venise épaisse. 250 granunes de piment.
2 kilogrammes d'essence de térébenthine.
500 grammes de bois du Brésil.
2K0 grammes de mercure.
1 kilognunme d'huile à brûler.
i litre d'eau de javelle.
Distiller le tout a?ec de Teau forte sans le secours du feu.
Manière d'employer le procédé. -
Humecter une seule fois de la composition ci-desfus les
parties de plâtre, bois, cuivre, étofies, papier, etc., etc., qui
seraient infectées de punaises.
Il suffit que la liqueur touche tant soit peu res animaux
ou leurs œufs pour les faire tomber morts et les anéantir
sur-lé-champ, sans craindre le moindre dommage pour en
obtenir la disparition-complète.
L'énergie et Tefûcacité de cette liqueur sont telles , que
les punaises qui, dans le moment du travail, prendraient la
fuite et qui ne reviendraient que quelques jours et même • il-cUe
longtemps après l'opération, ne feraient-elles que passer sur une partie inibibée, seraient asphyxiées et tomberaient également sur-le-champ, quand même la partie serait sèche.
Il en est dé même pour les œufs les plus invétérés; la seule odeur les fait crever et les anéantit.
Si Ton veut préserver ou purger un Ut de cette vermine, ainsi que ses œufs , il faut le dénaonter , prendre la fiole contenant la liqueur, bien la remuer, en prendre avec un
Piiu:eau et en imbiber toutes les parties du lit infectées ; opération terminée, on remonte le lit et on peut Toccuper dix miirates après sans inconvénient.
Pour le plâtre, comme il arrive soient que ces ani* maux déposent leurs œufs entre le papier et le mur ou derrière la tenture des appartements, on peut imbiber de la composition de petits tampons de foin ou d'étoupes attachés avec la ficelle et placés, de distance en distance, autour de Tap^rtement, soit entre le papier et le mur , soit derrière la tenture, et ce après avoir passé le pinceau sur la partie îfifectée de la vermine.
Pommade contre les punaises, par MM. Gibelin et Silvestre, d'Avignon.
55 grammes dllrsenic en poudre, délayé avec 500 grammes d'huile très vieUle, et ifô grammes de graisse de mouton.
DBSTBUCTEUB, IMPARTIE. * ^
210 DES HÉMIPTÈRIg.
Cette composition peat être mise en usage aussitôt ce mélange fini, on doit l'introduire aiec un pinceau dans toutes les jointures , fentes et écaillures du nois de lit où cet insecte aurait pu ou pourrait pratiquer son nid.
De$ Pueerons.
Ces insectes , de Tordre des hémiptères , et de la famille des aphidiens , font un très grand mal aux végétaux. Voici ce qu en dit M. LatreiUe.
a Les pucerons proprement dits [aphis), dont les anten* » nés sont plus longues que le corselet , de sept articles , » dont le troisième alongé, qui ont les yeux entiers > et » deux cornes ou deux mamelons à Textrémité posté* » rieure de Tabdomen. Us vivent presque tous en so-- )» ciété , sur les arbres et ' sur les plantes , qu*ils suyt cent avec leur trompe. Us ne sautent point, et marchent » lentement. Les deui^ cornes que Ton observe à Textré- » mité postérieure de Tabdomen , dans un grand nombre » d'espèces , sont des tuyaux creux , et d'où s'échappent » souvent de petites gouttes d'une liqueur transparente , » mielleuse , dont les fourmis sont très friandes. Chaque )» société offre , au printemps et en été , des pucerons tou- I» jours aptères, et des demi-nymphes, dont les ailes doi- » vent se développer *, tous ces individus sont des femelles » qui mettent au jour des petits vivants , sortant à recuï> Ions du ventre de leurs .mères , et sans accouplement ï> préalable. Les mâles , parmi lesquels on en trouve d'ailés r^ et d'aptères , ne paraissent qu'à la fin de la belle saison , » ou en automne. Us fécondent la dernière génération pro- » daite par les individus précédons , et consistant en des » femeUes^non ailées, qui ont besoin d'accouplement. D Après avoir eu commerce avec des mâles , elles pondent » sur les branches des arbres , des oeafs qui y restent tout » l'hiver, et d'où sortent , au printemps suivant , de petits » pucerons devant bientôt se multiplier sans le concours » des mâles.
» L'influence d'une première fécondation s'étend ainsi » sur plusieurs générations «successives. Bonnet , auquel on D doit le plus de faits sur cet objet , a obtenu , par Visole-
BBS BéwrrÂRes. âil
» ment des femelles, jusqu^à neuf générations dans Tesn pace de trois mois.
» Les piqûres qae font les pucerons aux feuilles ou aux n jeunes tiges des végétaux , font prendre à ces parties n différentes formes , comme on peut le voir aux nouvelles T» pouf^ses des tilleuls , auxfeuiHes des groseillers , de pom- D miers , et plus particuliCrement à celles de Forme , du H pctiplier et du pistachier , où elles produisent des éspè- » ces de Vessies ou d'excroissances , renfermant dans leur )» intérieur des familles de pucerons , et souvent une lin queur sucrée assez abondante. La plupart de ces insectes » sont éottvei^ d'une matière larineuse , ou de filets co- » tonneusi , disposés quelquefois en faisceaux. »
C'est à cet petits animaux qu'il faut attribuer la-doque qui attaque quelquefois les pêchers et d'autres arbres. La liqueur mielleuse qu'ils déposent sur les feuilles attire les fourmis , ce qui vient encore augmenter le mal.
Pour chasser les pucerons qui ravagent une plante , oa emploie des arrôsemens faits avec une décoction de tabac ^ de feuilles de nover , de sureau , etc. On les éloigne aussi avec de la fleur m soufre , de la suie ou de la cendre , dont on saupoudre les parties qui en sont infestées ', 'mais ces remèdes sont souvent insnnisans, et alors il fa«t avoir recours à une autre méthode. On fait faire en tôle , en cuivre, ou simplement en fer-blanc, une bott'e ovale, de la grosseur d'un œuf de poule ; elle s'ouvre dans le milieu de la même manière qu uhe boîte à savonnette. À l'un des bouts de l'ovale est un tuyau long de sept à huit ponces , de la grosseur de celui d'une pipe. A l'autre extrémité , est un second tujau beaucoup plus gros et plus court , qui sert à adapter rmstrument au bout d un soumet ordinaire de foyer. On remplit la boîte avec du tabac à fumer; on y n^et un petit morceau d'amadou embrasé , et on l'adapte au soufflet. Cela fait, on dirige le tuyau lon^ et mince sur la partie de la plante où les pocerons sont rassemblés ; on fait iouep le soufflet, et le tuyau lance up jet de fumée, ((ne Von dirige à volonté sur les insectes, ce qui- les fait périr en deux ou trois ifninutes. Il faut avoir la précaution oe ne as approcher le tuyau Irop près des feuilles , parce que la 'unée en sort âss^ez chaude pour les brûler.
212 DBS aSHIPTÈRES.
JDepuis quelques aimées , un nouveau (meeron incomiEi jusqu à présent en Europe , vient de se naturaliser en France, uest un fléau dont les autres ne peuvent donner aucune idée. Il attaque les pommiers et les fait périr promptemeut. Il s*est d'^abord montré dans les départements de la Manche et du Calvados » puis il s^est étendu de proche en proche dans presque toute la "Normandie. Cette année ,, sa présence vient de se manifester aax environs de Paris ^ dans le Jardin des Plantes même; ce fléau est tel que Ton a proposé dans les sociétés savantes des prix pour ceux qui indiqueraient les, moyens de détruire cet insecte. Malheureusement » tous ceux employés jesau^à présent n'ont ea qu'un succès plus ^ue doutenx. Les lavttges avec les eaux chargées de principes acres et vénéneux ont été essayés les premiers.
Dans le tome cinquième du journal d'Horticulture , on vient de publier une recette pour détruire cet insecte r nous la reproduisons ici dans son entier , quoique le mélange nous paraisse des plus hétérogènes.
« Il faut mettre daàs une livre d'huHe de colza , une demi-once de vitriol ^sulfate de cuivre ), une demi-once d'alun ( sulfate d'alumine et de potasse ); une demi-once de sel ammoniac (hvdrocUorate d'ammoniaque), le tout broyé le plus fin possible, et, avec un pinceau, graisser de cette composition les branches ou parties des branches attelées par l'insecte lanigère; imbiber avec le plus grand soin les chancres, écorcbureset fentes oiî il se manifeste , et enlever au préalable , avec Un couteau , la mousse et Técorce qui paraissent receler ces insectes , afin de consommer une moins grande quantité de la composition , et de lui donner une action immédiate sur les parties infestées. Il faut visiter jusqu'aux pieds des pommiers ^ les déchausser même, si on soupçonne que Pinseëte les attaque sous terre , et en graisser de la même manière les endroits malades. Si le pommier attaqué est couvert de feuilles ou de fruits, commeil serait difficile d'Opérer sur toutes les branches, on se borne à graisser les plus gTosses ; s'il est entrepris partout , le long de ses branches et à leur extrémité , on procède comme nous venons^ de le dire , se bornant à graisser le tronc et les maîtresse»
DBS OJÉHiPtÈAIf . 215
branches, et, quand la saison est Yenne, on étête le pommier , car il n'y a pas d'autre remède.
a Anx entes de plusieurs années, et même de Tannée,, si Ton soupçonne que Finsecte s'est niché sous le terrage ^ on le défait au-dessus et au-dessous du mal , et on exécute les onctions ; puis on recouyre de terre nouTelle les places qu'on a découvertes. On a reconnu que , par ce moyen , le mal est arrêté et que Tarbre reprend vigueur. On ne fait pas de difficulté ae graisser les jeunes pousses , fussentelles de Tannée. On excepte toutefois les sommités ou bouts qui ne pourraient être graissés sans danger ; quelques feuille» pourront mourir , mais la pousse elle-même n'en reecTra* aucun dommage : on a même fait Texpénence que Ton peut, sans crainte, graisser la queue aux pommes attaquées en cette partie. Je conseille , après la récolte des pommes , de couper toutes les petites branches inutiles , aim de soignçr plus efficacement les autres.
(( Il ne faudra pas s'étonner si l'insecte reparaît en quelques endroits qui auront été graissés; ce sera la preuve que le pinceau n'a pas été introduit dans les cavités ou fente» .de Técorce ; le cas arrivant , on enduira de nouveau ces .eudroits.
« Broyez bien vos drogues , remuez souvent votre composition , en vous en servant , imbibez bien , et vous verrez vos pommiers reverdir.
a U ne faut point brosser les branches attaquées avant de les graisser , l'insecte balayé des branches y remonterait infailliblement; on le tue snr place par Teffet de la g»b»position.
De$ Cochmittei.
M. Latreille ayant donné des détails précieux sur ces insectes qui appartienoent à Tordre des hémiptères , et à la famille des gallinsectes , nous allons transcrire ici littérale^ ment ce qu'en dit ce célèbre entomobgiste.
« L'écorce de plusieurs de nos arbres parait souvent )) comme galeuse , à raison d'une multitude de petits corps T» ovales ou arrondis , en forme de bouclier ou d'écaillé , » qui y sont fixés , et auxquels on ne découvre pas d'abord )) d'organes extérieurs indiquant un insecte. Ce sont néaar
m DBS BÉMVPTÊftES.
^ moins des animaux de cette classe , et du g'enre dés co* ^ chenilles. Les uns sont des individus femelles , les. autres ^ des mâles dans leur premier âge , et dont la forme est y presc|ue la même. Mais il arrive une époque oii tous ces >' individus éprouvent de singuliers «hangemens. ils se » fixent alors ; les larves des mâles , pour un temps déter- )^ miné , celui qui est nécessaire à leurs dernières trans- ^ formations , et les femelles pour toujours. Si on observe >) celles-ci au printemps , Ton voit que leur corps acquiert ^ peu à peu un grana volume , et qu'il finit par ressem- .^ Lier à une gale , tantôt sphérique , tantôt en forme de T^ rein, de bateau , etc. La peau des unes est unie et très ^ lisse ; celle des autres offre des incisions ou des vestiges » des segmens* C'est dans cet état que les femelles s'ac- » couplent, et qu'elles pondent bientôt après leurs œufs, ^ dont le nombre est très considérable. Elles les font pas- » ser entre la peau du ventre et un duvet cotonneux qui » revêt intérieurement la place qu'elles occut>ent. Leur » corps se dessèche ensuite et devient une coque solide qui » couvre ces œufs. D'autres femelles les enveloppent d'une » matière cotonneuse et très abondante , . qui les garantît. y> Celles qui sont sphériques leur forment , de leur corps, » une sorte de boîte. Les jeunes gallinsectes ont le corps y* ovale, très-aplati, et pourvu des mêmes organes que y> celui de la mère. Ib se répandent sur les feuilles, et ga- » ^ent vers la fin de l'automne , les branches , pour s'y » fixer et passer l'hiver. Les uns , comme les femelles , se y> préparent , au retour de la belle saison , à devenir mères , )> et les autres , comme les larves des mâles , se transfor- )> .ment en nymphes et sous leur propre peau. Ces nymphes )> ont Içs deux pieds antérieurs dirigés en avant, et, non en yf sens contraire , comme le sont leurs autres pieds , et tous » les six dans les autres nymphes. Ayant acquis des ailes , » ces mâles sortent à reculons de l'extrémité postérieure 9 de leur coque , vont ensuite trouver leurs femelles ; ils » sont bien plus petits qu'elles. Leurs parties sexuelles » forment entre ces deux soies , au bout de leur abdomen , » une queue recourf>ée. Réaumur a vu deux petits grains, » semblables à des yeux lisses , à la partie Je la tête qui » correspond â la bouebe. J'ai distingué à la tête du
irÉVBOPTiiEs. 215
)» mâle de la cochenille de Torme , dix petits borp9 sem- D Jblables et deux espèces de balanciers au corselet. Geoffroy » dit que les femelles ont , à rextréraité postérieure du )) corps , quatre filets blancs , mais qui ne sortetat qu^en le » pressant un peu.
<t Les gallinsectes paraissent nuire aux arbres , en occa- )) sionant.par leuc piqûre une transpiration trop abondante. yi Aussi excitent-ils la Yigilahce de ceux qui cultivent par- » ticulièrement les pêchers , Jes orangers , les figniers et n les oliviers. Des espèces sVttachent aux racines des plann tes. Quelques-unes sont précieuses par la belle couleur n) qn^elles fournissent à la teinture. D^antres recherches » sur ces insectes pourraient peut-être nous en faire dé- D couvrir qui nous seraient utiles sous le même rapport. »
Ces cochenilles , vulgairement connues par les jardiniers sous le nom de kermès et de punaises , sont particulièrement dangereuses pour les pêchers et pour les arbustes de serre à feuillage persistant , tels que : orangers , figuiers de serre chaude , lauriers , etc etc. : avec beaucoup de propreté, on vient à bout d'en débarrasser ces arbustes. £n été , pendant uo^four chaud > on les sort de la terre , avec une éponge et de Feau : on lave leurs feuilles et leurs jeunes tameaux , après avoir préalablement écrasé les kermès avec un petit morceau de bois plat. Afin de mieux les net- .tiQfer, on peut se servir d^une nrosse à crins doux. Par ce moyen,, on détache en nlême temps de dessus les rameaux les ordures mie ces insectes pourraient y avoir déposées. Quant aux arbres de pleine terre , on les en débarrasse en arrosant leurs feuillages avec des décoctions de plantes acres, comme nous Tiivons dit' plus haut. Nous ferons observer aue , lorsqu^on «e sert d'une brosse , on ne doit jamais en faire emploi sur k surface inférieure des feuilles , surtout lorsqu'elle est un peu soyeuse , parce que les poils qui la recouvrent sont des organes, extrêmement utiles | la végétation , et que le moincte frottement détruirait.
NÊVRQPTÈRES. * Des Termites.
hb$ termites sont , après les fourmis , le plus grand fléau
• V»y. pour le» e*racttr«« de cel ordre , la »• partie de «e Manùtl , p. a7.
• ' uiaitizea Dv v^j^^^v^n: iw
Si6 HIITHOPTÙBS.
des régions éqnatoriales et sont ccffinnes duos nos Gblonias sous le nom de fourmis blanches ^ de poux de bois^ de Varos f de Fag^vagues , et dans les colonies espagnoles sous celui de eomejen. Ces insectes appartiennent à Tordre des névroptères , et à la famille des Planipennes. Ils sjb reconnaissent à leurs ailes couchées horizontalement sur le corps , très grandes , égales , n'offrant que des nervures à réseau peu distinct*, à leur tête arrondie , surmontée d^une- .paire d antennes presque moniliformes , de la même grosseur partout, courtes et composées d^une vingtaine d articles. Leurs mandibules sont avancées et pointues , leur lèvre, quadrifîde. Us subissent des demi-métamorphoses.
Ces insectes singuliers composent d^innombrablessociétés, formées elles-mêmes de cniatre sortes d^individus , savoir : fine seule femelle , des mâles , des ouvriers ( larves et nymphes ) et des soldats ( neutres ).
Les mâles et les femelles sont uniquement destinés à îa propagation de Tespèce , but principal , mais caché de Tassociation. Les ouvriers remplissent le triple rôle d'architectes, de ménagères et de noùrnres : enun ^ les soldats , toujours reconnaissables à la grosseur de leur tête et à la longueur de leurs mandibules , veillent à la défense' de la colonie.
L'énoque qui , sous les tropiques , précède immédiatement la saison des pluies, est pour ces insectes, la saison des amours. L'accouplement paraît avoir lieu dans les airs. Une fois fécondée , la femelle acquiert un volume si considérable , que, au rapport de Smeathman , son abdomen devient 1500 à 2000 fois plus gros que le reste de son corps.
Mats il est temps de parler des nids bâtis par les termites.
Ces nids varient quant à la forme , suivant les espèces qui les construisent. Ceux du Termes beUicosus , dont nous •venons de retracer les mœurs , sont élevés au moyen d'nne terre gâchée avec la. salive de l'animal, et durcie au po«it de former une espèce de sluc tellement solide , qu'il résiste au poids des taureaux sauvages qui viennent s y placer en sentinelles, tandis que leurs compagnons paissejÉLsiux alentours : ces nids ressemblent à 4'énormes pams de^cre
DES ntàeonÈnu, 217
de 10 à là pieds de hfluteur, sur à pea près autant de largeur, flanqués de cènes plus petits.
Comparés aux ouvrages des nommes, ils ont, relativement à la taille de Tanimal qui les construit , près de cinq fois la hauteur de la plus grande des pyramides d*Egypte.
On distingue dans ces nids les oourriceries , les magasins à provisions, et surtout les appartements royaux, dont il faut lire l'intéressante description dans la notice publiée par Sraeathman.
D^autres espèces ( T, atrax et T. morâax^ Smeathman) se construisent des nids^qui ressemblent à un champignon colossal , où mieux au corps d'un moulin à vent de forme «^lindrique. Les T. deilniefor et J. arbarum fixent le plu souTent letar lidntation sur les arbies , et il» lui donnent une forme tantôt sphérique , tantôt owle , qui, jointe à leur couleur noire, la fait ressembler de loin à des têtes dt nègres. C'est même sens le nom de negr^i heads ( têtes dft nègres) cpe ces nids ont été désignés par les premiers co-» Ions des lies caraïbes.
Outre les espèces que nous venons de signaler , et qqî Mttt toutes exotiques , il' en existe encore trois autres , dont les deux premières Tivent dans nos contrées méridionales. ( T. luc^fugut, Rossi , et T. flavicoUU, Fabricius ), tandis que la troisième ( T, flatiipes , Rollar ) a été trouvée*, il y a quelques années , dans les serres du palais de Schœnbrunn.
Non-seulement les termites sont, comme Ta dit Linnée, la grande calamité des deux Indes , mais encore ils causent en France , à Rocfaefort , et presque aux portes de Toulouse, de notables dommages à nos propriétés. Â Feïceptionda ▼erre , des pierres , dès métaux et de deux espèces de bois très durs (Teetmna grandis eiSidêraxylon ), nen ne résiste à leur instinct destmcteur. C^est surtout lorsqu'ils pénétrent dans les maisons qu'ils sont le plus à craindre. Ils attaquent les lambris , les poutres , les supports , les meubles , en rongent ^out rîntérieur ,. ajant soin pourtant de laisser 'çà et là quekhies fibres destinées à maintenir une certaine solidité dans les parties très mbces qu'ils oiit épargnées vers la surface du bois. Ils détruisent aussi , ai{ec uoe effrayante rapidité, le cuir, le drap, là toile, le papier, les fruits^ etc., en im mot, à peu près toutes les substances
218 KEVltOl^Rl».
crai serrent à notre usa^e. On ne sera donc pins surpris a^apprendre qiie dans les parties les plus chaudes de rAmérique équinoxiale , où ces insectes abondent , il est rare de trouTor des manuscrits qui remoiitent au-wielà de 50 à 60 ans. On croira facilement qu^ils aieiit pu détruire la superbe résidence du gouverneur de Calcutta , le vaisseau de ligne anglais VÂU^on , et même des villages tout entiers.
En France , le J. htcifugus fait aiTSsi de grands ravages, surtout à Rochefort , à la Rochelle , à Saint Savinien , et dans plusieurs autres villes du département de la Charenteinférieure. Depuis longtemps les dommages ij^u'il cause aux bois employés dans les chantiers de construction de la marine ont attiré Inattention et la sollicitude de Tautorité supérieure. Un professeur de la faculté des sciences de Paris a été envoyé sur les lieux pour aviser aux moyens d^arrêter les ravages des termites ; mais nous ne sachons pas qu^il ait encore publié le résultat de ses expériences. Et cependant , aujourdhui même, Thôtel de la Préfecture de la Rochelle est tellement envahi , qu^ou est obligé de tenir les archives enfermées dans des bottes métalliques.
Nous avons vu chez M. Âudoum , de Tlnstitut , une colonne en bois qui avait é4é taraudée par les termites , au point d'être presque entièrement réduite à une mince peHieule qui en formait les contours. Cette colonne avait fini par céder sous le poids du plancher qu^elle supportait , et elle en avait déterminé Técroulement. Dans les caves, le fl*. lueifuffui perfore les cercles des tonneaux • les bouchons des bouteilles, même cachetées, en n^y laissant qu*une mince pellicule , tout au pfus propre à arrêter Fécoulement du liquide. Enfin , il détruit les fruits et les légumes des jardins, ainsi que les arbres des promenades, surtout ceui dont le bois offre assez peu de résistance.
Le département de la Charente-Inférieure ii*est pas le seul en but aux dévastations des termites. Ces insectes fourmillent dans les Landes : iUparait môme qu'ils ont pénétré dans les Pyrénéen orientales. Enfin , il n>st que trop vrai qu'ils commencent à se répandre dans le département de Tarn et Garonne , et qu^ils menacent d'envahir celui de la Haute-Garonne.
- En Allemagne les ravages du T. flavipét sont , jtis<pi'à c«
DBS HTMBMOPTètlS. 219
joar» àj^euprès tnsignifiaBts. Qaant aux rao}en^depré?eiiir ou d^arrêter ces raVages , il en est peu qui puissent atteindre le but qa*^n se propose. L''arsénic , le savon arsenical de Bécœur on( i^té conseillés , mais nous croyons peu à leur efficacité. Chez nous , on pourrait injecter , à Faide du procédé Boucherie , tous les bois de charpente employés à la construction des maisons ou des navires ; mais aucune expérience n^e été que je sache tentée à cet égard* Pour éloigner les termites de nos. jardins , de nos yergers , de nos Ï promenades publiques ) des soins de chaque jour^ une vigiance de tous les instants , des labours fréquents etprofonds, enfin des arrosages faits avec de Teau chargée de substances fortement odorantes (du cocUtar, par exemple), voilà les S3uls remèdes que je connaisse, et que j'indique , sans compter moi-même beaucoup sur leuf complète efficacité. *
Cet ordre est un des plus nombreux , et une infinité d'espèces sont armées d'un aiguillon redoutable.
Hyménoptères des Colonies »
Les hyménoptères nuisibles à l'hommesous les tropiques, appartiennent aux mêmes familles que ceux des "^ays tempérés qui font des dégâts analogues. L^homme en personne u^a rien à craindre d'eux tant qu'il ne les provoque pas, mais beaucoup d'espèces fréquentent de préférence sa demeure, l'incommodent par leur présence , et détruisent sa propriété en creusant des trous pour y déposer leurs œufîs , qui doivent y subir leur métamorphose, d'est surtout dans les pays situés près de la ligne que ces insectes abondent et sont le plus nuisibles ; à mesure qu'on s'éloigne de; ces latitudes , us deviennent moins àbondans et leurs mœurs plus innocentes. On peut considérer la Guyane comme le pays biî il est le plus nécessaire d'employer quelques moyens pour, se préserver de leurs ravages. *
• Pour de plus amules détails sur les Termites , voy. les Beclierches que vous avons publiées aans les Mémoires de l'Acudémi^ naUonaU des Scient ces , inscriptions eH^é^Ues'lettJrès de Toulotàse., année i849» P' ^ '
•• Les camtèresde cet o^re sont indiqués dans la 2* pai^»» deceManuel, p. a5.
22d DBS H1XBN0PTÈRB8.
n foui lOittre au premier rang des espèces incoTnmodes une guêpe connue sous le nom de mouche à drague , par corruption du mot dague , à cause dé la force de son aiguillon: Toutes les maisons sont remplies des individus de cette espèce , qui construit son nid sous les galeries , les auvents, les bandeaux des 4oits et autres lieux analogues. Il est difficile et même impossible de s^en débarrasser complètement, mais on peut diminner*le nombre de ces insectes en les engourdissant le soir ou h matin au moyen de la fumée, et en détruisant leurs nids à mesure qu'ils les construisent; c^est le seul moyen qu'on emploie à Cayenne.
n est moins efficace contre les espèces qui vivent isolées et percent les poutres, {xylocopes, les trypoxilons ) , ou les murs^ (eùmèneSf les chrysU), pour y déposer leurs larves. Tout ee qu'on peut Taire* dans ce cas , c est de boucher le trou de l'animal lorsqu'il y est entré , et de le faire périr lui et sa future postérité. Les fourmis voyageuses produis sent plus d'effet en quelques heures que l'honmie en plusieurs Jours. -
Les guêpes cartonnières ainsi nommées parce que leurs nids semblent avoir été construits avec du carton , placent ces nids <^ms les bois , sous les feuilles des arbres , ou les suspendent à leurs branches. Elles ne sont à craindre que lorsqu'on les trouble , soit à dessein , soit par mégarde , en agitant la feuille qui sert de support à leur demeure. Dans ce cas , elles fondent sur le provocateur et lui font paver cher son imprudence. Il est mutile de chercher à les détruire. On peut en dire autant des autres hyménoptères en général. Ce sont des insectes plutôt incommodes que réel^ fement nuisibles.
Deà Fourmis.
Ces petits animaux sont connus ile lont le monde : aussi ne perorons^Bous fta ici notre temps à en faire une longue description. Nous nous contenterons de dire que les naturalistes les ont classés dans Tordre des insectes hyménoptères , famille déshétérogynes. Les fourmis vivent en société, se creusent des liabitations dans la terre , t^ pied des ar^ bres fruitiers, dans les caisses et les pots oïl l'on cultive les fleurs , etc. Elles n'atta^neat pas les racines dei arbres,
DB| HYMBÏfÇPTÈREà. Hi
liiaîs elks les déterrent , les imprègnent d'un acide auquel les chimistes ont donné le nom d'acide formique , les brûlent et les font périr. Outre qu'en ipontant sur 1a tige des arbres, elles salissent le feuillage et lui donnent quâ^ quefois la cloque ^ elles attaquât même les fruits. Elles font aussi du tort aux abeilles , en pénétrant dans leurs ruches, pour s'emparer du miel.
Il est un moyen fort simple d'empêcher les fourmis de s'introduire dans les ruchers : il né s'agit que de placer les ruches sur im banc de bois soutenu par quatre pieds en fer, qui reposent eux-mêmes dans des pierres creusées de manière à pouvoir contenir une certaine quantité d'eau. Cette eau empêche les fourmis de grimper contre les supports.
Lorsque ces insectes se sont établis dans un pot ou une caisse à fleurs , rien n'est facile comme de les déloger. Il feut , pendant huit jours de suite , arroser continuellement la plante de manière à maintenir la terre dans une humi'> dite forte et constante. Elles sont alors forcées d'abandonner leur retraite.
Quand elles se sont logées au pied d'un arbre , la chose devient plus difficile ; on les empccne d'y monter ; tn entourant la tige d'un anneau de laîue en flocons ; puis on verse dans la fourmilière de l'i^au avec un peti j^'huile , on susr pend dans les endroits «u'elles fréquentent , de petites bouf teilles pleines d'eau i^lée , dans laquelle elles vienne% se noyer; eufia on boulj&verae les fourmilières tous lès jours , et l'on contraint ainsi les fourmis à les abandonner» On peut , quand on fait cette opération , placer sur la fourmilière . un vase renversé ; les insectes y montent , et un quart d'heure après , en retournant le vase , on les brûle ou on les noie. Enfin, loin de détruire^ dans les jardins, les carabes dorés, vulgairement connus sons le nom de vi^Tiaigriers , on les y multiplie le plus possible aa moyen d]individns apportés tout exprès delà campagne. Ces petits, animaux , non-seulement détruisent les fourmis, mais en» core ils font continuellement la chasse aux limace? i aux chenilles et autres insectes malfaisans : ils n'attaquent jamais les végétaux. .
Quelques auteurs recommandent d'apporter dans les jardins une fourmilière de la grosse fourmi rouge des bois,
DESTRUCTEUR, 1'* PARTIE. ug zecoy^ww^l^
222 9ES HYMÉNOPTéRBS.
^ui , disent4ls , dévore et détruit la petite fourmi noire. A supposer que la chose fut praticable , lious croyons que le remède serait pife que le mal , et que cette espèce serait beaucoup plus nuisible que eelle dont on voudrait se dé-' barrasser. D'ailleurs , nous ne pensons pas qu'on puisse, aussi facilement qu'ils le disent, former une colonie de fourmis rouges dans un jardin.
On recommande encore de verser, le soir, dans les trous et les crevasses par où le^ fourmis rentrent dans leur domi-^ cite , une certaine quantité de la solution de sublimé corrosif indiquée à l'article n^rançon. L'eau bouillante s'em^ Îdoie dans le même cas et avec avantage. £n dirigeant de 'acide sulfureux ou du gax hydrogène sulfuré , à l'aide d'm tube, dans les trous et les crevasses, on détruit promptement les insectes dont nous nous occupons.
On peut encore les empêcher de monter sur les arbres en entourant le tronc d'un anneau de goudron.
Pour les éloigner des couches , quelques jardiniers ont l'habitude de mettre tout autour une traînée de suie ou dé fleurs de soufre. ,
Fourmis dam lés Colonies,
Les fourmis Soat, pour les pays situés entre les tropiques , lee que certaines espèces de chenilles sont pour les contrées timpérées. Les chenilles n''exercent Inéme pas constamment leurs ravages , et ne détruisent que de loin en loin la végétation tont entière. Les fourmis, au contraire, sont un fléau permanent pour le planteur des colonies, et pour leurs nabitans en général. Leurs espèces sont loin d'êtres connues , mais on peut hardiment calculer qu'elles s'élèvent à plusieurs centaines , qui touteà put leurs mceprs particulières et attaquent tel objet de préférence aux autres ; de sorte qu'il n'est aucune substance utile à l'homme qui ne soit exposée à être dévorée ou gâtée par elles. Dans les Ibrêts , le sol , les écorces des arbres , leurs feuilles en sent couvertes : leurs crevasses , leur intérieur même^ quand il eët creux ( comme dans le cecropia , ) en sont remplis Les unes vivent en sociétés peu nombreuses et ne con- ^ruisent aucun nid ; les autres sont rassemblées en quantités si considérables , qu'il serait impossible de calcu-
DES HTMÉNOPTèlU. 925
Ut'f même approximativement ^ le nombre de leurs indi- TÎdtts. La plupart sont dépourvues d'aiguillons : mais quelques esQjàce^r toutes de grande taille , en ont un dont la- E'qûre est aussi douloureuse que celle des^hjménoptères. » plus petites , désignées à Gayémre sons le nom de faur^ mis rouges , fourmis d'Oyapock , versent dans les morsures çi'elles font avec leurs mandibules une lioueur causti^e , qui occasione pendant près d*nne beure aès démangeaisons^ussî insupportables que la piqûre des précédentes, «t contre lesquelles il n^f a point oe remèdes connus. Les maîpons sur. les babitations et dans les villes sont également infestées par eês insectes , qui se logent dans les interstices des cloisbns , des fenêtres ^ des murs , et >qui dévorent toutes les substances alimentaires. Quelques-unes sont si petites , qu''el]es parviennent à pénétrer dans les boîtes les mieux fermées en apparence et , à plus forte raison , dans les armoires , les buffets, etc. Le 6eul moyen de £minuer leurs dégâts est une surveillance continuelle ,. accompagnée de quelques précautions particnlières , qui consistent à isoler les objets qu'on veut mettre à Tabr u Ainsi on isole nne table en mettant ses pieds dans des vasps remplis d'eau , ou Ton suspend ^ au moyen de cordes attacbées au plafond , une planche sur laquéfle on pose lés objets en question. Dans ce dernier cas , il faut avoir soin d*enduire la corde d'une matière gluante , qui empêcbe les fourmis de s'en servir pour psurvenirà la planche qu'elle supporte. Et, comme souvent les fourmis se laissent toinber du plafond sur celle-ci , il est bon de recouvrir Ja planche jlar une seconde , qui en >est éloignée de quelques pouces. La corde comprise entre les deux planches étant engluée , les fourmis sont nécessairement arrêtées dans leur marche.
Pour conserver certains objets , tels que les collectioflt dliistoire naturelle , les insectes principatement , on se sert habituellement de camphre : mais ce moyen n'est pas toujours suffisant , certaioei espèces de^ fourmis ne craignant pas l'odeur qu'il exhale. Le tabac produit beaucoup plus d*ef!et , et q|iana elles ont envahi une caisse ou une boîte , le meilleur moyen de la délivrer de leur présence , c'est de l'exposer à la fumée de tabac , soit en fumant soi-même et en envoyant la fumée dans la caisse , soit en plaçant celle-ci
224 HBS BTMÉKOPVèllES.
aurdessuft de charbons sur lesquels ou fait br&lcr quelques feuilles de la plante en question. A peine les fourmis en sentent*elles l^odeur , qu^elles se roulent sur eUes-mêmes et expirent dans les couTulsions. Quelques secondes suffisent pour les faire courir.
Les espèces les plus nuisibles sont incontestablement celles qui attaquent les plantations. Elles so répandent sur les végétaux qu'on y cultive , et les brûlent en les rongeant, dé manière à fhire périr des cbanins entiers de coton , sucre , manioc , etc. La plus redoutanle de toutes est connue dans les Colonies françaises sous le nom de fourmi matUoc , ppce qu^elle ravage principalement les plantations de ce genre. Elle appartient au genre atta de Linnée ; on a essayé de la détruire , en imprégnant le champ d'une lessive de cendres , ou d'une légère dissolution de potasse ; mais outre que ce procédé nuit aux plantes , il est souvent impraticable sur un champ d'une certaine étendue. Le seul moyen à employer est de chercher la retraite des fourmis et de les détruire de fond en comble. Les fourmilières sont souvent d'une étendue immense , et demandent un temps considérable et l'emploi d'un grand nombre de nègres pour les anéantir. Leur entrée paraît d^abord peu considérable ^ mais à mesure qu'en fouille , on v6it qu'elle se prolonge beaucoup et occupe quelquefois un espace de plusieurs toises carrées. Pendant qu'un certain nombre de nègres creusent le sol , d'autres apportent de l'eau et la versent dans l'endroit creusé ; on foule ensuite la terre avec les pieds et l'on détruit alors les fourmis , leurs oeufs et leurs iolf ves. Quand cette opération est bien faite , on est longtemps sans les voir reparaître.
Quelques espèces vagabondes et qui changent de place |Rr troupes innombrables, rendent des services assez importans. On les appelle fourmis voyageuses', leur multitude est telle qu'elles couvrent le sol sur une largeur de quelques centaines de pieds, et sur une file d'un tiers ou aune oemi-lieue. Lorsqu'elles arrivent sur une habitation et pénètrent dans les maisons , les animaux qui s'y trouvent, tels que serpents, crapauds , rats, etc., s'enfuient dans le plus grand désordre ; mais ils n'en ont pas le temps , et sont dévorés avant d'avoir pu échapper à leurs ennemis. Ces four-
DES HYMÉHOPTÈRES. 225
mis n*aita(|uent pas les plantes et ne paraissent TÎvre qi^ de proies vivantes et d'animaux.
Les mutUles sont connues dans nos colonies sous le. nom de fourmis flamandes; mais elles vivent isolées, sont très peu nombreuses et ne sont à craindre que par leur piqûre , plus douloureuse que celle des autres hyménoptères.
Des Guêpe»,
Elles appartiennentàTordredes hyménoptères, des porteaiguillons. Elles vivent en société dans les nids qu'elles se coustruisent dans la terre , dans les troncs d'arbres, contre les branches , et qu'elles composent avec une matière analogue au papier gris. Elles forment des rayons à peu près comme les abeilles et, comme elles, déposent dans chaque cellule une larve qu'elles nourrissent avec une pâte particulière , jusqu'à ce qu^«lle se soit métamorphosée en insecte parfait.
Les guêpes font d'autant plus de mal dans les jardins qu'elles attaquent les meilleurs fruits , à mesure qu'ils entrent en maturité. Quelques personnes ont la mauvaise habitude d'enlever de dessus leurs espaliers ces fruits aussitôt qu'ils sont attaqués , d'où il résulte que les guêpes en vont entamer d'autres ; si , au contraire , on les laisse sur les arbres, pendant qu'elles achèveront de dévorer ceui-ci, elles négligeront les autres , qui auront le .temps de parvenir à leur parfaite maturité , et seront ainsi cueillb intacts.
Les guêpes , volant très loin de leur habitation , il est fort difficile de lés faire périr , ou même d'en diminuer le nombre d'une manière bien sensible. Cependant, tontes les fois que l'on connaU un guêpier , on ne doit pas négliger de le détruire. 11 suffit pour cela d'y verser de l'eau bouillante pendant la nuit , ou d'y introduire un linge souiré , auquel on met le feu. Quant aux gâteaux qu'on trouve attachés aux branches àès arbres, on les coupe , on les enlève , ^t on les écrase avec les larves qu'ils contiennent. Les guêpes aiment beaucoup le sucre : en faisant un siro[) épais , que l'on mélange avec un peu d'arsenic gris , vulgairement connu sous le nom de poudre de mine de plomb , et en plaçât ce mélange dans un vase , à proximité des lient qu'elles
226 LâHDoriÂiBs.
fréqacntëat , on a ta certitude d^en faire périr un nombre
considérable.
Dei Piqûres de Guêpes , d^ Abeilles et autres insectes.
On sait que la piqûre de ces infectes est très douloureuse , et qu'elle lait souffrir longtemps , si Ton n\ apporte un prompt remède. Il faut donc s'emj^resser d arracher raiguillon qui reste toujours dans la plaie , et qui , par un mécanisme singulier , s enfonce toujours de plus en plus, quotqu^il soit détaché du ventre de Tanimal : on applique aussitôt sur la plaie un peu de chaux vive en poudre , ou , ce qui vaut beaucoup mieux, une petite compresse d'alcali- Tolatil.
Si Ton n'a pas ces substances à sa disposition , on écrase des feuilles de persil , on en exprime le jus , et on Tappli* Qlie sur la piqûre. Enfin , on vient à bout çTâpaiser jusqu'à un certain point la douleur, en frott&nt simplement la plaie avec un peu de terre douce, si Ton n'a pas la faculté de faire autrement.
LÉProOPTÈRES.
Les insectes de cet ordre sont très-innocens à leur état parfait , où ils sont vulgairement connus sous le nom de papillons : mais a Tétat de larves ou de chenilles , ils font des dégâts si considérables , que nous avons cru devoir leur consacrer un 16ng article.
Des CheniUes, On donne ce nom à.des animaux cylindriques, ras ou velusi , composés d'une tête et de douze anneaux ou segme^s, munis de seize pattes au pluf^ et jamaîs moins de dix. Ce sont des insectes incomplets, ou pliitôt , pour me servir de l'expression consacrée par la science , des larve» provenant d'œufs de papiUons, Parvenu t^s à la taille qti'ell^s doivent avoir , les chenilles passent à Véhd de nymphe ou de chrysalide; sous cet état, qui dure plus ou motus lon^ temps, selon les races et les espt'CL? , £'Hcs uc prâfitiûnt aucune nourriture. Lorsque le moment de réelo^iou est arrivé , le papillon sort de la chi yi^fttide , il t'*aeciHipte et
LÉPiDonèiES. 227.
jpmà dks œufs qui donaent de nouveau naissance à des chenilles.
Lorsque nous voyons les arbres de nos jardins , de lys vergers , dépouillés de leurs feuilles par les chenilles , qui les ont rendus languissants t nous conjurons leur perte et n4|is souhaitons d^anéantir Fesoèce tout entière ; mais, comme il y a une compensation dans 1 ordre delà nature, onnepeut détiuire une espèce sans que souvent une autre plus désastreuse ne se multiplie. En détruisant les renards , On s^expose à être ravagé par les mulots. Mais il faut avouer qu'il y a des années oii les chenilles font de si grands ravages , qn^elles nous privent des plus beaux fruits , et que Ton serait bien malheureux si 1 on ne pouvait pas se débarrasser d^êtres aussi destructeurs. La hame du cultivateur pour ces animaui s'étend à tout ce qui porte le nom de chenilles , ^ toutes sont frappées de la même proscription. Mais il est dé toute justice oe déclarer que, surplus de trois mille espèces de cheuilles qui vivent en Europe , il n'y a peut-être pas cinquante espèces véritablement nuisibles à nos propriétés. Celles qui vivent isolées çà et là dans les jardins ne font aucun dégât : telles sont , par exemple , celles que Ton rencontre de temps en temps sur les groseilliers , les lilas , les fraisiers, etc., dans les jardins , les parcs, etc. Les espèces qui font des dégâts, sont, pour la plupart , celles dont les papillons déposent leurs oeufs par paquets nombreux sur les arbres , et qui vivent d'ordinaire en société pendant une partie de leur vie. Cependant il y a de petites espèces qui vivent presque isolées, et qui ne laissent pas que de faire assez de tort soit à l'horticulture , soit à i agriculture. De ce nombre s»nt celles qui vivent dans Tintérieur des frdlts » telles que pommes , poires , prunes , etc., celles qui dévorent les bourgeons de la vigne , celles qui vivent dans les parenchymes des feuilles , et qui neJaIssent souvent qu'un réseau vasculaire qui ressemble à de la dentelle.
♦ Les chenilles qui détruisent et rougent les fourrures ^
les draps et toutes les étoffes de laine , les herbiers , les
collections de zoologie, les céréales, etc., sont du nombre
de celles qui nç vivent pas en société ; elles sont toutes
d'nne'iextrêtne petitesse et généralement c^dnues sous le
228 làp^ooptëbes.
nom de teignes ou de vers. {V<^ez ci-après les ekeniUes des teignes).
Plusieurs moyens sont mis en usage pour détruire les dlbnilles. Ces moyens généraux sont : VéchenUlage , avec la serpette ou l'instrument appelé écheniUoir , les fumigations , rempoîsonncment et le feu. Pour les espèces appelées teignes ou vers » l'exposition aux rayons du soleu est employée de temps immémorial : mais le moyen le plus sûr est l'usage du nécrentome , instrument mventé par M. le docteur Boisduval , pour désinfecter les collections d'histoire naturelle. (Voyez PL II, /Iflf. 1 his, où cet instrument est représenté. )
Chenille du papillon blanc du. chou, [Papilio hrassicœ ^ Linnée). Elle est jaunâtre , tachetée et pointillce de noir. Elle provient d''un papillon blanc que Ton voit voler toute la journée dans les jarains. La femelle dépose ses œufs par groupes nombreux sous, les feuilles des choux et autres plantes crucifères , telles que raves , navets, etc. ; à défaut de Tune ou de Tautre , elle les place sur le réséda ou sur la capucine. Ces chenilles font souvent beaucoup de m^l dans les plantations de choux , dont elles dévorent les feuilles. Pour les détruH-e , il faut les arroser avec une forte décoction de tabac , saupoudrer les feuilles avec de la chaux, de la suie , de la cenare , ou même avec de la poussière des chemins.
Une autre clienille du chou est celle de la pronuba ( triphœna pronuha ) appelée aussi ver du cceur. Elle provient d'un papillon de nuit à ailes supérieures brunes et à inférieures jaunes, bordées de noir. Cette chenille est^'une couleur livide et sale , plus grosse que la précédente. Elle perce les choux jusqu'^au cœur , pour manger les feuilles les plus tendres et se dérober tout-à-fait \ la vue. Si Ton veut en jpréserver les choux , il faut les arroser de temps en temps avec une lessive de cendiTe , ou les saupoudrer avec de la, chaux. «
Chenille du grand gazé {pieris cratœgi). Elle provient d*un papîlToadc jour tout blanc, avec les nervures noirâtre» et très saillantes. Elle a le dos roux avec les côtés gris , et ellu est en outre garnie de quelques poils iins. Elle vit en société dans une tente soyeuse , dans laquelle elle pratique
LEPlDOrTEBES. ZZ9
de petites cases, pour s\ mettre à Tabri des rigueurs de rhiYer , saisbn pendant laquelle elle reste engourdie. Aux approches du printemps , elle rompt cette toile ; et comme elle ne tr(Bive que des bourgeons , elle endommage beaucoup les arbres ; aussi Linnée l'a-t-il appelée hartorum pestis ( \e fiésitx des jardins). Chaque soir elle revient au logis , et ne le quitte même point pendant les temps plu* vieux. C'est le moment le plus favorable pour la détruire. On emploie pour cela les mêmes moyens que pour la {tvree.
Chenille de Cossus ( cosstAS ligniperda ), appelée aussi perce-bois. Elle est très-grosse , longue tie trois ou quatre
Ï>ouces , rougeâtre ou d^un brun-rougeàtre sur le dos, avec es côtés blanchâtres , la tête noire pourvue de deux mandibules très fortes, à laide desquelles elle se pratique des galeries sous Técorce des arbres, dont elle ronge Faubier et même le bois parfait.. Parvenue à toute sa grosseur, ce qui arrive ordinairement en avril ou en mai , elle se fabrique dans Tendroit même oii elle a vécu une coque de soie mêlée au détritus du bois qu'elle a rongé. Cette coque est toujours placée de manière que Textrémité correspondante à la tête de la chrysalide est tournée vers un trou que 1(^ chenille a pratiqué dan^ Técorce , et par lequel Tinsecte parfait doit sortir. Ce trou, invisible à 1 extérieur, est recouvert par Técorcé tellement amincie, que le papillon n'a qu'un très léger effort à taire , pour )a briser et s échapper ainsi de sa prison. Cette chenille attaque principalement Formeau , mais elle vit dans le tronc d/e beaucoup d'autres arbres, tels que saules, peupliers, frênes, chênes, etc. On reconnaît qu'un arbre est attaqué par le cossus , aux excrémens qui sortent , sous forme de sciure , à travers les fissures ou Us trous de l'écorce. Nous dirons en passant que les Romains engraissaient cette chenille avec de la farine , et la servaient sur leur table comme un mets délicat.
Le papillon du Cossus ligniperda éclot, depuis le 15 juin jusqu'à la fin de juillet : il est d'autant plus facile è trouver qu'il se tient constamment près du pied des arbres et qus'il ne monte jamais dans les branches : seulement il faut un œil un peu exercé pour l'apercevoir, parce qu'il se
230 LÉPipOPTÈBBS.
confond par sa coubnr avep les écorces sur lesqoeHes îî se tient.
£h eS^f ce papillon dont Je corps , long d*un pea plus d^uii pouce, est à pénorès ^os comme le doigt, est marbré de gris blanchâtre et oe noirâtre , de manière à ressemlHer à un petit morceau de bois mort. Rien de plys facile , par cons^inent , que de le confondre avec Técorce. La dernière métamorphose du C08su$ a quelquefois, mais très rarement^ lieu d^ns la terre.
Nous avons dit <ne la chenille de cette espèce attaque wrtbut Formeau. A Toulouse elle a détruit ,* il y a quelques années , presque tous les arbres de la belle allée l/i» fayettet auï environs de Paris, ses ravages ont été encore bien plus considérables. Gomme il est impossible d^aHer chercfier les chenilles dans leurs retraites pour les détruire^ c'est aux papillons , et surtout aux femelles au'il faut faire la chasse ; mais cette chasse est asses difficile ^ parce que la couleur de Tinsecte parvenu à son dernier état , le fait très facilement confondre avec l'écorce. Empêcher les femelles de pondre , en enveloppant la base de l'arbre (car c^est là qu^elles se tiennent le plus fréquemment), avec un mélange d^argile et de fbmier ; étendre une couche da même mélange sur le tronc jusqu'à la hauteur de quatre oo cinq pieds : tels sont encore des movens à mettre en usage pour se préserver des dégâts occasionnés par les cossus. Malhenreuscment, ces moyens ne réussissent pas toujours au gré de ceui qui les emploient.
La chenille à livrée y ou simplement livrée (bombyx neustria ), est ainsi nommée à cause des bandes longitudinales de diverses couleurs (bleu, brun-rouge ou blanc ) qui parent son corps et lui donnenf'clftelque ressemblance avec un ruban. Cette espèce est fort commune dans les jardins et les vergers ; les teuilles de tous les arbres fruitiers et de beaucoup d'autres sont de son goût. Quelquefois elle est si multipliée , qu'elle fait les plus grands dégâts et qu'elle dépouille de toutes leurs feuilles tous les arbms sur lesquels die s'établit. Le meilleur moyen de se débarrasser de cette espèce nuisible , serait sans doute de détruire les œufs; mais l'industrie des femelles les dérobe souvent à nos recherches. Elles les déposent autour des jeunes branches»
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«n forme d^anneaox ou de spirale , sur une couche d'enduit noirâtre. Qiàcun de ces anneaux ou brasselets est large de cinu ou six lignes et compose de deux ou trois cents œufs; ds passent Phiver sans que le froid le plus rigonreax fasse mourir le germe quUls contiennent. Au premier printemps , tous ces œufs éclosent , il en sort des chenilles qui Tivent en société pendant leur enfance; elles filent ensemble une toile qui leur sert de tente et sous laquelle elles ont soin de faire entrer quelques feuilles pour se nourrir. Dès que la provision est finie , la fetmilfé se transporte à un autre endroit de Tarbre : là , elle s^établit en formant de nouveau, avec sa toile , une tente qui enveloppe les feuilles qui sont i sa portée. Avec ces déménaçemeas successifs Tarbre ner tarde pas à être totalement dé-
Ëouillé , pour peu qu'il s'y trouve deux ou trois familles. es abricotiers , pruniers f pommiers, poiriers, amandiers^ etc., sont très souvent dévorés par ces chenilles. Lorsqu'elles ont acquis les trois quarts de leur taille , ce qui a heu ordinairement à la fin de mai , elles quittent leurs tentes et se dispersent sur toutes lés branches , qu'elles achèvent de dépouiller. C'est donc avant qu'elles aient quitté leur retraite qu'il faut les détruire. Plusieurs moyens ont été mis en usage : lorsqu6> les nids , qui ressemblent à des paqjuets de toiles d'araignées , sont à la portée de la main , <fn les brûle , en passant rapidement sur la branche qui les supporte une poignée de paille ou de chenevottes allumées, ou bien une torche de résme. Cette méthode réussit complètement. VéckenÛlage est aussi un moyen très efficace , et lorsque les arbres sont élevés et que les nids sont à l'extrémité des branches, c'est le seul procédé que Ton emploie avec quelque avantage. Dans cette circonstance, on se pourvoit d une longue gaule , au bout de laquelle on attache les ciseaux appelés échenilloir : on coupe alors l'extrémité des branches sur lesquelles ces nids sont placés , et on les jette au feu. On peut encore les détruire en enduisant les nids avec de l'huile , avec du goudron délayé dans de l'essence de térébenthine , ou avec un lait de chaux assez concentré, ou bien enfin avec un mélange de deux livres d'acide sulfurique dans douze litres d'eau. Il est inutile dé dire que c'est à la fin de février que Von doit écheniller les