DE HAUTEUR POUR LA SECONDE ÉDITION
Quelque» fnois i'étaient écoulés à peine depuis la pudli^ cation de ce petit volume, que déjà une édition nouvelle devint nécessaire. Cet événement m'autorise à croire que mon opuscule doit réunir quelque avantages ; cependant Je suis loin de supposer qu'ii soit entièrement parfait. Aussi n*ai^e pas négligé d'y apporter sans cesse les changements fui me semblaient nécessaires , et de plus de suivre les con^ seils de mes amis pour améliorer ce qu'ils trouvaient en hU de défectueux ou de blâmahle. M. PfeU, Conseiller supérieur des forêts, a été de l'avis par exemple que plusieurs mammifères , tels que le cerf, le daim et le chevreuil, avaient été trop brièvement traités , et il a eu l'obligeance de me communiquer quelques notes , dont j'ai profité pour compléter ces articles.
xvni ÀTAirr-nopoi de l Aunui.
J'ai encore de heaucoupa/ugmerUi ce quefavaisdU tur la JVonné (Bombyx monacha) par la raison que, députe la mise en vente de la première édition, j'ai étéàméme de Vohserver d'avantage, et que j*ai eu en outre la facuUé de coneuUery à son sujet , divers ouvrages de mérite, entre autres une ex^ ceUente atitographie * de M. de HoSeken^ Lasidjaegermeêtte, que Vauteur a eu l'excessive obligeance de me faire parvenir. Ces ouvrages seront cités par moi dansU troisième volume de mes Insectes forestiers. J'ai de plus ajouté un quatrième ecdendrier entomologique aux trois pubUés d'abord. Ce tableau indique, au premier coup d'cdU, l'époque de la métamorphose de tous les insectes importants. J'ai inventé cette disposition pour les auditeurs de mon cours , afin de leur épargner autant que possible, pendant les excursions, la néceesité d^ écrire.
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RATZEBURG.
CipM» aaiUHrii|ihi« qa'o» ne pMii I G*e«i «• 10-4*.
•e procurer dans aacnne librairie , a j raie. *té imprimée, en 184*, à ftadoisudt. |
3nttoTiu(tton.
Vwi des premiers devoirs du forestier est, sa/^s amtredit, 4i$ sUnteiUêP Us bois confiée à sa gmde» Or pour remplir êcrupuUtu»ment sa téeket, ii fmttt ammt toutes ptôses ^ ^uU fixe iMC oUêSktion soutemue , non ■ seuiement stm ews animaux,, fue-^poup les. distingmr des ieies apwaetemmt au domaine éekkehaêseetàt eelUê qui leurfoni eonstamment la guerre -> nous appetlerouê a-VAOMi'niiats * ^mais encore ^'U oherve a¥ee soin las ettneBÛs nature de ces dangereux kÔUs.
• De uXtI, forêt et ^QeCpw, /« géUe f /e déUriore. L*avteur dit :
fFatdvtrderber. Pour traduire ce mot , qn^on pourrait du reste rendre •MM MMteQMMi peut 9um fng4f- Jbrétî,jt me sois yu forcé de recourir au frec. La langue françaiic ne pou-
vant en effet ae plier, comme Tallemawle, aux bulbina de réenTain, i'ai cru devoir rejeter une expre»iiou* vulgaire, qui était en outre desagréa- Ue à Vo^eille •
[7(ote du traducteur.]
XX INTRODUCnOR.
Jjes hylophthires, ou animaux nuisibles aux cultures et aux essences plus âgées, sont, de même que leurs ennemis, pour Im majeure partie des insectes et pour Vautre des mammifères , des oiseaux et des amphibies. Parmi ces derniers il ne s'en trouve à la 'vérité quun petit nombre de propices. Nous citerons toutefois les serpents, qui, en mangeant des rats et des mulots pernicieux, — puis les grenouilles et les lézards, qui, en détruisant des chenilles et autres insectes à redouter, rendent certes des services incontestables. Au surplus Von ne connaît point d'amphibies qui fassent du tort aux cultures ou aux futaies.
Sous le double point de vue du dommage et d'utiUti, ii faudra mentionner principalement les mammifères et les oiseaux , lesquels ont une influence hemucoupplus grande qm les amphibies, Cest aussi pourquoi nous leur avons destiné deux chapitres à part, le second et le quatexcme.
Les plus importants de tous sont incontestablement comme on Va déjà observé, les ÎDieetes, et éâux-cî étant moins connus, par suite de leur plus petite taille, il lettr sera 'voué ici, sommairement, quelques mets encore. Un insecte forestier en général nest pas difficile à reconnaître pour tel,car il n'y a rien, parmi les animaux plus petits qui mvent ' dans les forêts ou leur voisinage*, que Von puièse confondre avec lui. Nous noyons donc d'autre question préliminaire à résoudre, liornùs la suivante: Comment divise-t-on les insectes forestiers ? De ta différentes manières,
pBEMiiaiMBzrT : en ouisibles e/ en utiles, (^of. pour cet derniers le chapitre /. )
IimODDCTIOlf . JXl
Skcohd^biciiit, les nuisibles se subdivisent : en très-nuisiblef, en distinctement nuisibles et en indistinct goMit Qiiisibler.
tes très-nuisibles font périr et estropient une grande fùule d*arhres. Les distinctement nuisibles tuent et rabougrissent bien aussi çà et là quelques arbres, mais, pour l'ordinaire, ils ne/oni que les arrêter d^une manière évidente dans leur croissance. Enfin les indistinctement nuisibles sont, ou trop rares pour pouvoir positivement nuire, ou bien, lorsqu'ils sont nombreux , ils ne se nourrissent guères que des parties les moins importantes des arbres. Ceux-ci n'appartiennent lÊonc pas au 'véritable but de notre travail. Parmi ces irisect$s même, auxquels nous avons donné le nùm de distinctement nuisibles, nous laisserons encore de côté, sans en ritn dire ceux , qui , eu égard à leurs mœurs et aux moyens de destruction égale* ment convenables pour d'autres, rentrent ainsi dans une caté^ gorie génért^,
TAOi»dbcuiurT, les nuisibles eondttent en destructeurs -de bois résiiMitt etdehois léiiiHus. Ces plus remarquables vivent complètement s^rés , et quelques-uns seulement ,^^ tels que la nonne^ les chenilles de Dbpar et les hannetons , s'attaquent à la fois aux bois résineux et auaç bois femllus. En conséquence, pourvu surtout que Fon 'veuille avoir égard à In rubrique suivante , ton pourra, avec assez de certitude, destin* guer, par la nature de Varbre rongé, quel a été le rongeur, et cette observation est bien certainement l'une des plus déci» sives pour guider dems la reconnaissance des insectes forestiers,
• QtTATKiàMCiinT, Us insectes nuisibles aus bois résineux H
itH iirriiOBUcrioif.
mu» éois fêttilltts se partûgmten ilMtrtieteiirs àê feoiOes et en dettructeon de lto?s méoie. Presque tous les Lépidoptères et les Hyménoptères appartiennent à Iq famille des destructeurs de feuilles, cest^nlire à celle des imsectes f)ÙHMt esBclusîve-' ment de feuilles plates ou adculaires. Quant aux destructeurs de bois proprement dits, cest-à^dire ceux qui se nourrisseiU de hois , d^écorce ou de moelle , voire même de ees trois suk* stances réunies ^ ce, sont plutôt des Coléoptères, Il est utile , d'après eela, de remarquer ici^ que Us insectes forestiers num* trtnt en général encore plus de constance à ronger le tàssm li^ gneuK ou les feuilles, qu'ils nen mettent à attaquer des artres feuillus ou à aiguilles (voy, P alinéa précédent , 3<*«). Si dame Von envisage et rapproche Vune de Vautre ces deux particularités distinctes, Von sera naturellement conduit à fixer urne division très-pratique parmi les insectes nuisibles^ aux forets*
CiifQUiBMiMiMT, ils sc Subdivisent cu existences de trois mois» d*0De année, et de plusieurs années. Cette classification se fonds sur h propriété par^kuUèt^ qu'ont tous, les inseetee de mettre un certuèn temps plus ou moins hug à letir mêtÊmorpkose, savoir : i\ pour le pmssmge de l'êtmt de Vsettfk celui de tsm^e, shi/erou de ckeuitie {sans Hullt exception tinst»idu memge tot^amrs sous cette forme, et ce n'est qu'à cette époque qu'H preitd de l'aeeroissemeut) ; a*» pour le passage de VAut ék larre, de nter «k de ehemHe à celui de nyn^he ak de chrysabde (H faut noter que l'insecte, du mcms pour ce qui est des plus importunts , cette en général de manger et tou/ours de croître dès qu'H est arrivé à ettt» tfoisièm» phase) ; 3°. enfin pour le passage de l'état de nymphe ou de chrysalide à eeUi d'insecte parfait (iMâC*), dernière pé-
INTRODUCTlOlf. XXflt
riode, 0Ù Pommai ne mange pas toujours et ne çà^e pins rien £n grosseur. Cette quadruple transformation est de dherses durées. Elle est de trots mois par exemple { naturellement celm na jamais Heu qu'en été) pour les bostriokes * et la plupart des tenthrèdes, d'une année pour les papillons , ée deux pour *Jes buprestes, et enfin de quatre ans pour les hannetons. De là 'viennent les mots de génération jimple^ double et pluriennale, pour les insectes qui ont besoin d'un quart d'année, d'une demi-année ou de plusieurs années pour atteindre le dernier degré de perfection ; à ces diverses générations distinctives il faut encore ajouter celle de deux tiers d'année, savoir, celle qui s'accompRt trois* fois en deux ans. [ f'oy., pour plus amples détails , ht description du grand rongeur du sapin rouge (fips- TmiCBUS TTPOGRAPHTTS ), cclU des petits rongeurs du pin, et finalement celle de la petite tenthrède du pin , oîi Von a indiqué tous les changements remarquables qui ont lieu pendant la génération. ] // faut encore remarquer que l'on appelle complète une métamorphose, alors^ que la larve, la nrmphe et l'état parfait sont très-différents l'un de l'autre, et que la nymphe ne peut courir, c^pnne c'est le cas qhez les Diptères, les lépidoptère^, les Coléoptères et les hyménoptères. L'on nomme iocomplète au contraire la métamorphose, quand la. larve, la fijrmplie et l'état parfait marclient et mangent, comme cela se trouve chez les grillons, les pwuUses, les libellules et les j4ptèreê^
*• Lé mot die It^tènche n'a été coBitcrvé que pour désigner en général la fanfifle Aeé boâ^ricHeii. t>ii reste nous r^vofs toui-à-fait luinni de votre oom^uclatore , pour k renuplacer par 4^i de rongeu»^-^ raitoa en e«t
<{ne ce tonot en lui-m^e n'a ancna sen«. Il vient di» grec IWflTptÇ , et B<ioTpi^ ne signifie rien autre cbose qu'une bouclé tte cheveux.
HIV iNTiODucnoif.
SfXxiMimirr enjuif. Us insectes forestiers, mùsibùt et utiles tout à la fois, se divisent , suivant la classification systématique, en: Lépidoptères, Coléoptères, Hyménoptères, Diptères {les mouelies). Hémiptères (les punaises). Orthoptères {les grillons ), ^roptères ( les libellules ) et Aptères,
A. Pbincipwx.
i". Les Diptères onf, à r état parfait, toujours deux ai Us; leurs larves sont entièrement privéïs de pieds et de tête: c'est pourquoi on les nomme vers {en allettamd Miden). Ces vers sont tout blancs, mous, sans poflf, et ils se changent d'ordinaire, à l* intérieur d'un Cocon {espèce de petit baril brunâtre) , en une nymphe blatiche et mollasse, [Foy.pl.î. Fig. loL. «/loC]
4*. Les Lépidoptères ont quatre *ailes ainsi que tous ceux qui suivent. Chez les papillons, les ailes sont mouchetées et rendues OQpques par uitit innombrable quantité de petites écailles, qui produisent les mille couleurs diaprées dont elles chatoyent. Leurs larves {appelées chenilles ) se distinguent de toutes les autres, en ce qu'elles ont dix ou seize pattes, dont six plus pointues se trouvent attachées aux trois premiers anneaux du corps ; les dix autres, plus courtes et plus membraneuses, tiennent aux anneaux postérieurs. Leurs chrysalides sont assez dures, ^brunes ou noirâtres. En général elles sont encore entourées d*rme enveloppe diaphane où opaque, qu'allés filent elles-
'^ IMTRDIICTION. «t
mêmes, ^ tjn'on nomme cocon. Leurs cUtfs, plus gros que ceux de tous les insectes, sont ou nus ('Wtyf. pi. m. fig. E.) ou recouverts d*une espèce de soie {^y. pi» V. fy. lE). Les crottes des chenilles d'ordinedre assez grosse^ diffèrent par leur forme des crottes des autres insectes forestiers, {^oy, les pL m. — V.)
3*. Le» Goléo||ères {par exemple les hannetons) ont quatre ailes, dont deux, appelées élytresou étuis, sot^t dures, opaques et souvent chagrinées ; celles-ci recouvrent en^ fièrement , à l'état de repos, les deux autres ailes, qui, membraneuses , transparentes et maillées ou à réseau « se plient^transversalement par le milieu. Leurs larves ont ou six pieds, attachés aux trois premiers armeaux seulement {vojr. pour exemple la pi. l.*et la pi. II. fig. 14L)* et s'appellent alors aussi \én blancs /wur/ef hannetons ; ou bien elles sont apodes et se distinguent de celles des Diptères ou de celles des Hyménoptères , qui n'ont ni tête ni pattes, par une tête fort distincte. On les nomme alors aussi vers {yoY, pi. H. fig. 5, •, xo, laj i3L). Leurs chrysalides sont molles et pour la plupart blanches {"voy. pL H. fig. 5, 6, la, 14P). la^ œufs, presque toujours très-petits et mous, ainsi ^e les crottes {exception faite toutefois de celles du hanneton, lesquelles ressemblent à des grains de poudre à canon) ne sauraient, en quoi que ce soit , nous gui* der pour les reconnaître.
i*. Les Hyménoptères (par exemple les tenthrèdes, les ichneumons et Us sirex) ont jjpmtre ailes, maii celles-ci
ISVI INflkOBUCtlOir.
S0nt iûiUes atusi tfOMSftarêHtêê que ttttêt deê Diptères-', et sedUtmguent seulemetU pm' def nervures o» maiUes^ moku nombreuses et moins rupproetUes {voy, pL "^I. j%. I — 4F)» des aile* à réseau plus serré des UBelbties. Les larves de ces insectes les plus i^portemts (les tenthrèdes) ont plus de seize pattes (prtfinai*ement 20 et 2^, vojr. pi. yi,fff. 3L), et cette différence avec les chenilles fait qu^om.lis nomme^ à cause de cela, fausset chenilles ; ou bien elles ri ont que huit pieds , dont deus: sont attachés à Vanus {yoy.pl, YI. 0g. 2IJ» et elles sont bariolées , témoin ces tenthrèdes qui se mé* tamorpbosent sans cocon ; ou bien encore eUes n'ont que six petits pieds aftaehés à la poitrine, comme Us sirej^ (doj[. pi. YI. Jîg. 4L) ; ou bien enfin elles sont, comme les larves des Diptères, privées de tête et de pattes; ainsi sont, par exemple, les ickneumons. Les nymphes sont presque toutes blanches et molles, et celles de tu plupart des tenthrèdes et des ichneumons ont un cocon de la forme d^un petit baril. Les œirfs sont petits et difficiUs à remarquer. Les crottes sont seulement ca- . ractérisëques c/iez les tenthrèdes {pioy. pip \l.fig. 3K).
, Lm Orthoplére* (\es griUdiis et les sauterelles) omt quatre ailes, dont les supérieures diffèrent de celles de tùus h9> autres imeetes , en ce qu'elles se reploient, comme un éventail, en plis longitudinaux. Les larves et les nymplies ont presque ^entièrement l'air de l'insecte à l'état parfait , parce que les premières portent déjà les rudiments des iùJlH, et que les secondes, au Heu d'être
^* nymphes immoles comme les frèeééentes , se meuvent et courent sans cesse cà et Ik (métAinorphose iocMiplèle). [roy.pL VI. /^. 5.]
B. MOIÎCS IMPORTANTS.
Les Hémiplères {tels que les puuaises) ont^quatre ailcs^ semblables à celles à^ Coléoptères, mais les supérieures ne sont pas tout-à-fait dures et ont l'extrémité molle et memhrcaieuse. Ils se distinguent encore outre cela par une trompe longue et grêle, qui, lorsqu'ils ne voient points est étendue à plat sur Icf poitrine. Les larves et les nymphes sont, comme celles de la catégorie qui précède , fort semblables à l'insecte parfait,
, Les Névroplèrés {tels que les libellules) ont quatre ailes, qui sont membraneuses et minces comme celles des Hyménoptères, mais qui offrent un réseau à mailles très'serrées. Les larves et les nymphes ont une grande ressemblance avec l'insecte parfait et vivent dans l'eau. Ils sont connus de tout le monde sous le nom de demoiselles , et nous ne les avons pas représentées sur les planches, parce qu'elles n'ont, ainsi que les sauterelles et les pOnaises , qu'un intérêt fort secondaire pour lefo^ restier.
, Les Aplères enfin ( comme les araignées , les mille- pieds ou SGolopeadres ,- ks cloportes, et les jules) se distia-
ixnu IMTBODUCTIOIC.
guent de tous les autres insectes par le manque total d'ailes. La scolopendre ^ insecte propice, se trouve det' sinée sur la planche I. fig, a» Chacun connaît les arai- . gnées , dont l'utilité n'a pas' besoin d'être ici mise tu ligne de compte.