‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 54 sur 114 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LES mSEGTES UTILES AUX FORÊTS.

-^11 est très-difficile en général , au moyen d^une description quelque minutieuse qU^elle soit , de réunir des données assez exactes ponr qu^on puisse parfaitement reconnidtre les insectes utiles de ceux qui sont nuisibles aux forêts. L^on ne peut* guères ayancer que celui-ci ou celui-là est véritablement propice , à moins qu'on ne Tait vu mettre à mort un in^^cte pernicieux. Du re^e ceci n'est pas mal-^aisé , quand il importe d'en faire la reconnaissance , puisque cela n'advient que lorsque les insectes se montrent en nombre extraordinaire. Dans des cas isolés , on pourrait risquer de les

LKS INSECTES

confondre entr'eûx et de commeltre une erreur. Toutefois ^ comme ces circonstances sont complètement indifférentes ^ il n*en sera point fait mention ici. Supposons par exemple que quelqu*un , prenant pour une tentnrède un ichneumon à ^wste alîdomen , se mit soudain à le poursuivre , cèk d^ lK>rd hà deviendrait fort pén3)le , puis sa chasse , vouldt-H même la continuer pendant tout un jour, serait à la fin dW produit toès-peu avantageux. Nous pouvons encore avancer avec certitude , qu'ils sont passés depuis bien des jours , ces temps , où Ton preni^t pouf des oeufs dé chenilles et où , par suite , on écrasait: ces petits cocons blancs ( voy. pi. III. Fig. S'"), qui reposent sm: les c)ieniUe» eUes-mêmes. Chacun sait maintenant que fous les animaux qui nivent dans les chenilles , ou qui en sortent , ou bien qui filent leurs cocons sur elles » sont leurs eûnemis déclarée , et que les vers ou les nymphes, les ichneumons ou lesmouches qui résident dans les chrysalides , ont déjà dévoré ces dernières. Même ces Golé4»tèrei qui vont et viennent auprès dW endroit infnté de cnenilles , ne sauraient être tenus pour nuisibles , par cette seule raison qu'on ne leur verrait pas une chenille ou une nymphe dans la bouche. SLdonc quelquW pouvait être assez peu sage pour vouloir les saisir, leurs pinces ou mandibules le remettraient bientôt à la raison. Afin que chacun puisse emporter avec lui dans les forêts un portrait fidèle de ces utiles insectes , et quMl se trouve à même de les éparjgner autant que possible , dans le cas par exemple où ils seraient tombés avec des chenilles dans quelque fosse d'appât , j'en ai réuni les espèces et les formes les plus variées sur une planche (voy. pi. I) ^. Quant aux fourmis, araignées

la 1 et Carabus horleitsis), ainsi que les Bt»cbil>tte^(Sta^i»rUfM* olens *) laaeQtopwMke, le miUe'pftcds * powr*

Miiveni sajM ceiM et détruiawii, pvtout oii ils les rencontrent, chenuJe*, ctnrywli<ks et papillons , surtout «lite ïtiê fosses cTappât. Le clairon des fo«r-

' y<qr. pi. I^ fig. 4 F^ jmn* IMusede parfkit , puis fig. 4 L pour la larve ~~""""'S à son pokitde développement èft et rassasiée de aourntmv.

à réut parfait , puis iig. i L» pour sa larve.

» Voy. pi. I, fig. a.

imLEft JMJX FOftàTS.

et pûaai^és , qui se rendent égdèmeMt probicé^ efi ptfuf^i- Tttit et en tnaftt des iâsectes nuisâsies , celles-ci sont si nitî-

minières {Clemt formiem-iM *) W»

la ebane aax bo»lrtcbes peor les nuniger, et sa larve se trouve sous Técorce ^s arbres- Ce soat des brigttnH* *.

Les icboeankeiv, qui an costrairet de même qae ies moucbcs tacbines, cberdient scolement les chenilles pour les percer de leur dard etdt-poMr ensuite leurs oenfs «nr elles, sottf appelés parasilet pour les distinguer des insecCorides. Des espèces de la ptys ■MBime grosseur percckit même de»

oeufs pour j déposer les leurs propres. Les mœurs et les babitudes des parisites dans les animauX^, quHls ont élus pour leur demeure . sont à peu de cbose près comme il suit. Les larges on le» vers édos {joj, piv I. Fig, &Let i«L^roo({entpen»|»en lescbenilles intérieniement ou Lien les sucent, 5ans qu^on remarque une destslietion visible de leurs organes internes ( par exemple ricboeumon recourbé, Ichn. circumfiextu\ après quoi ils se cbangent en nymphes. Les vcfaneumoBS se filent, pour cette phase df* leur métamorplsBse,,u9 cocon très fin. Les larves dc^ 1* mooebe tachine ne ebaagent pas de peau : celle qn^elkss ont dès leur naissance , devient, eit se t9tki^^0n!t, une aoile de cocon bmnrtre, st^îde et uni (voy. pL L Fil xoC). Ce» larves, avant dépasser h Veut de nymphe , se frayent un dMmin hors de la cfaeaiU» ou de la nympbe qu'elle» occupent, et entrent ensuite dtons la terre. Le» icbneu- ■non» au contraire »»' changent en cbrysalide» d»n» l'intàpienr même d* rinsecte qu'ils ont détruit , on bien' tout k c6té de leur victime. Celle-là meurt après t^ ou tard. Ainsi p«r exemple on voit de» larves de la nonne [Sfonacha) qui, bien que toutes chétivcs encore, portant un petit cocon filé lequel à la plus grande ressem-

blance ^ee ceux «t

sentes sur la phndie UI, Fif S''*, et

duquel sort un icbneumon pysmée presmiVntièrement pareil à eues, tm, cbeodle, percée par Tinsccte, vit même quel<{uerois plus long-tenms et est tuce ebsuite par les parasites (voy. par exemf^e pi. 111 fig. S' ]. 11 Siriva aussi de temps à antre que 1» chenille conserve assez de force pour filer s6a cocon , et alors elle meurt. Dans ée dernier eaé , l*on trouve des ichnea* mons , entourés de leur coque filée , daiis le cocon même et à c6té de la chenHle défunte <voy. pi III, fie.

S'). Enfin il advient parfois que la chenille e»t douée encore d'assez de vie pour passer k l'état de chrysalide, état dans lequd elle cesse de vivre.

Dans ce cas il sort plus tard de Tenveloppè delà nymphe un ichneumon au lieu d'un papillon, ainsi au'on peut le voir sur la planche III, (Sg. S". Contme \e» icbneumons sont nonr la plupart très tianccs, ils n'ont besoin qne de se percer un tout petit trou pomsortir de la iiymuhe on au cocon étranger dans le.inu ils se sont enfermés fvoy. pi. VI, Cç. 3 C*). L'on peut donc aisément distinguer ces objets d'autres semblables, lesquels, loi^ qu'ils ont dû livrer pas; âge à un lar^ papillota on à une corpnbnte tentbrède, sont alors ouverts dans touteleur largeur (voy. fig. 3 C). Pour réprésentant des ichneumon» , dont le»

espèces sont si nombreuses et si varices, j'ai fait choix du granJ ichnemmon on ichneumon recourh^^ le pli»

cdmaina de tous, sortant d« la nyi«phe. d» U fileuse (voy. pi. I, fig- 6F, Ichn. circum/lexus) ; il se distingue par l'extrême finesse de sa Uille , par son corps arrondi en forme de faucille et par son abdomen fortement comprimé sur les cétés. J*ai pris encore

1 VoT. pi. I, fig. 3 F, pour l'in- | » secte à T^t parfait et la fig. 3 L ponrj //#«»

On le» nortime encore inséttori-

ï LCSlMSECm

TerseUement connues 4pie je ne leur ai pas donné place dans mon recueil. Un autre insecte a encore été mis de côté, c^est la raphidie ou mouche à faux (RAPHiDiA)f qai appartient à la fainille des Névroptères et que j^ai tout récemment réconnue pour âtre destructrice d'œufs de nonne. La larve , oue je trouvai très-souvent, pendant l'hiver de 1840 à 1841 , mangeant des œufs de nonne , ressemble beaucoup an mille-pieds (voy. pi. I. Fig. 2.), avec cette seule difTérence qu'elle n'a que six pattes et que son corps est si aplati, qu'elle peut circuler dans les crevasses les plus étroites des écorcès. L'on pourrait dû reste écrire un gros livre tout spécial sur les mœurs de ces anin^aux et sur leurs rapports avee les insectes nuisibles. Ce qu'il y a de plus important à dire peut cependant se resserrer en peu de lignes. Voici au fond ce que m'a appris une expérience de nombreuses années, e( ce que d'ailleurs j'ai déjà consignée en grande partie dans le deuxième volume de mes Inêeetet /bref(ter«^Forstinsecten^ aux chapitres IV, V et XIII.

pour exemple nn ichnetunon noir dît ichntumon torlurant, lequel sort frc« quemment aussi de la nymphe de la fileuse ^t de la chrysalide de la nonne (voy. pi. I, fig. 7 F, /cAneum. insligalor) \ celui-ci se fait remarquer par un alMomen plus épais, moins élancé à Torigine , et aussi par un très-petit filet ou pédicule ; il est en même temps moins courbé et porte une tarière composée de trois filets. Enfin j'ai jugé à propos de cite» nn autr* insecte du mâme nom , l'ichneumon noir, lequel est pourvu d'un pédicule très long , n'a pas de tarière et n'est pas du tout recourbé ; son corps est

très alongé et de couleur noire. Ce dernier se montre très souvent dans les nymphe des noctuelles (voy. fig.

8 F, Icnnewn. ni^riiarius). I^a petila tachine ou tachine luitmnte (vov* fig. 9,r, Tachina lavigatd^ est trts commune dans les chrysalides des noctuelles , et la grande tuehine ou iachin» Jéroce (yoj. fig lo F, Tmchina ffra) dans celles de in nonac.

Ces tachîtoes se reconnaissent à leav* poils plu» forts et plus raides, les* quels sont à peu près comme ceux oue l'on peut distinguer bur le cocfs 4ie nos mouches domestiques.

■ Voici le titre entier de ce bel ouvrage que je ne saurais trop recommandet à tous ceux qui s'occupent de science forestière ;

^ Die Forst-Insecten , od«r Abbildung und Beschreibung der in ^en Waeldern Preu&sens und der Nach«

barstaaten aïs schaedlich oder i lich bekannt gewordenen Insectes; in systematischer Folge nnd mit besonderer Rnecksicht auf die Vettil»

cung der schaedlichen. Im Auhnff des Chefs der sweiten Ahthdlmg de»

Konûgl. Prtnss. Han»«]limst»rtBH%

CTlLIfl AUX roiiTs. K

n n3y a pas d'insectes utiles-* soit le Coléoptère hri^amd, soit la mouche et richaeilmon parasites*— qui puissent être propagés et accrus artificiellement, bien quon n'ait pas cramt de le prétendre. Pour qu'il y ait une grande foule de ces animaux , il faut qu'une grande quantité de chenilles se trouve non loin d'eux , et là oii celles-ci ne se rencontrent point, là, non plus, il n'est en aucune façon possible de faire naître assez d'ichneumons et de mouches pour obyier à la multiplication probable des chenilles. Ce que l'on nomme cheniU&rie (lieu ou l'on conserve et élève des chenilles — en allemana Raupenzwînger), n'offre donc point l'avantage que beaucoup de forestiers lui ont attribué [voy. le tome II. pag. 15 et 55 des Insectes forest.]. Il faudra dès lors les éviter, parce qu'ils sont à la fois et coûteux et inefficaces , à moins qu'on ne veuille les établir sur une petite échelle et comme moyen instructif. (Sur la méthode de les établii*, voy. l'ouvrage précité pag. 55. ) L'on ne saurait non plus' recommander la conservation d'œufs de chenilles et celle des nymphes que des journaliers rassembleraient en masse dans des lieux infestés. Quand bien même en effet la plus grande partie de cette récolte serait saine, les parasites , sortant des exemplaires déjà malades , se jetteraient d'abord sur les inattaqués , de sorte qu'ils am'aient ainsi assez à faire. Si nous admettons contrairement que la plus grande pari de cette récelte se tr<mve attaquée , alors les malades , qui seraient probablement demeurés encore en nombre supérieur dans les bois , sufRraient bien sans doute pour Attenter aux chenilles restées intactes. La meilleure preuve au surplus que l'on puisse donner de l'inefficacité de ce moyen , c'est

Rei*m GelMitnen StaaU-l^Iinistcn co»' Ladtnherg Excelleni herau4gtgeben von J. T. C Baizfhure. Gr. 4. B«ilin , ^icolaÏBclie Buchhandlung. "Ve- \êÊfty. cari.

y.rUev Thcil : Die Kaefer. Mit aa theils in Knpfcr gestocbenen , tfaeilt lithographirten Tafeln (grorsentheils illum.) und vielen Holzichnittcii.

Zweitc, naif Zusaeken und Berichti guog4>n vermehrte Anflage. i83<). (HH

fiog. und 3 Tabellen aaf 3 Bog. in gr. Fol.) n. (î * Rthlr.

Zweiter Theil : Die Faller. Mit 17* tlirils in Knpfer gestocbenen , tbeilf lilljograpbtrten Tafeln (unler XVI Nummem, wovon i3 illum.) nnd.

famereren Holzicf^nittcn. 1840. (3a 1.

Fog. und 3Bog.TaLellen.)iK7 Bthlt.

[ Nom du traducteur.]

IS LSSIFtSfiCTSB

fÊé cliaqtte (w qu^oii a établi , a?ec de grands saéfifiees, 4le sen^lM>les chenHleries, jamaiêtmnei^têt aperçu qu'aies ftMeni eu moindre avcu^fa^ cûfUre les couvaine, ( Visj, le tome II. des Insectes forest. au bas de la p^ge 54 b. et p.g.57).

Je ne connab qu'un seul cas , o^ la propagation artificielle des parasites ait eu un résultat propice , et je le citerai ici parce qu'il pourrait peut-être conduire par la suite a la découverte d'une méthode utile. L'on a observé que les ichneumons sont inégalement répandus dans les forêts. Dans quelques endroits toutes les chenilles en sont couvertes , et dans d'autres au contraire l'on n'en remarque pas une seule qui ait subi leur influence. L'on reconnut les chenilles déjà piquées (en supposant que les vers parasites, déjà sortb, n'aient pas filé leurs cocons sur elles) à cela qu'elles sont beaucoup plus paresseuses que les saines et qu'elles ne font

r, quand on les touche, les mêmes mouvements que celles- Si on les enferme avec des chenilles bien portantes , on s'aperçoit qu'elles mangent beaucoup moins que ces der^ iiières« Les nymphes contenant des parasites ne remuent pas au toucher, tandis que les autres agitent vivement leurs queues. Les œufs attaqués n'ont plus leur couleur normale. Toutefois l'on s'assurera principalement du fait par la dissection. Après qu'on a fait mourir les chenilles ou lesirnnphes qu'on veut inciser, en les laissant pendant une demi-heure dans un gobelet plein d'alkool , ou bien dans une bouteille avec dix à vingt ffouttes d'éther, on les ouvre au moyen d'un bistouri ou oe ciseaux , de façon que la peau soit seulement coupée dans toute sa longueur, mais que les viscères restent autant que possible non lésés. Si ensmte on les jette dons une soucoupe remplie d'eau , il est facile de voir l'intérieur à l'aide d'épingles ou de deux lames de canifs, et l'on distinguera ainsi fort abément s'il s'y trouve des vers ou des nymphes d'insectes parasites. Ces derniers , lorsqu'on agite l'eau , se séparent sans peine des parties affectées •( gonflées auxquelles ils adhèrent.

H faut alors , dans les lieux habités par une foule d'individus malades , ou ne pas les rassembler du tout, de peur qu'ils ne soient tués ainsi que les chenilles saines qu'on aH-

UTILES AUX VORfrn. 7

rait récoltées antre part, ou bien il est nécessaire de les réunir avec précaution , soit dans des paniers , soit dans des boites , afin.de, les transporàir e&sttile là c^ le» chenilles intactes sont prédominantes. Par ce moyen, celles-ci seront piquées par les parasites, aussitôt que ces derniers sortiront de leurs* demeures animales , qu'on aura fait voyaser. Naturellement ce mode de procéder exige autant d nabileté que de paliei||^ ; ndais il doit atnener ii^W)lânent dlieureux résultais, surtout par rapport à la fileuse du pin [Bombyx Pini), Si Ton peut trtinsférer de cette mamère des œufs déjà piqués , ceux-ci seront de beaucoup préférables ,

Suisqu'ib n'ont pas besoin d'être nourris. Ces œufs une fois éposés sur la place isolée qu'on aura choisie , il sera bon d'entourer celle-ci de fessés et même de planches enduites de goudron , afin que les petites chenilles , qui Tiendraient encore à éclore , ne puissent causer aucun dé^t. H y a donc une grande différence entre cette translation de chenilles et les chenffieries. Dans un ëtablissèàient de cette natwe Ton a|i|>0He à ta fois des chenilles malades et des saines , d'ordinaire en proportion plus de saines que A^atUtre», Par le rttojeti du transport dont il s'agit ici , yi ne rass^libfe que des chênaies attaquées et on lés jpot«e attx lieux oè les saines sont encore en notitibre prédonunant. H est seulement bieti fftcheuk (pie ce moyen ne puisse être «pte rafemeat em- ^jfé. En éflbt il y a peu de foÉ<éstiéM ^ possèdent assez. d^Miîtude et de pratitfne pCfiir {KMlYt^ di^^guet s^à^eiiftent les chenilles nudindes de cefles q;^ sont bien portantes.

DXSTRUeflUB y. 2« PAKTIX, rr^nJo

CHAPITRU II.

LES MAMMIFÈRES, l^$ OISEAUX ET LES AMPHI- BIES UTILES,

Les animaux d'iule taille plus considérable sont, ilest vrai , plus connus que les petits insectes ; néanmoins il ne seï^ pas superflu d'attirer l^ttention sur leur importance respective^ eu égard au' but de -nêtre travail, H y en a par exemple, un grand nombre qai, tels que les oisea«x de proie , les chats-huants , les chouettes , les corneilles , les moineaux , les renards ete. > sont regardés d'ordinaire comme entièrement nuisibles, et nous poursuivons sans pitié. Quoique quelques-uns d'entr'eux se nourrissent principalement d'msectes, de rats et de mulots, ils nesont pourtant pas tous également propices, car les premiers cités mangent encore , en outre , des fruits et des semences , puis les seconds ne méprisent point à leur tour un jeune lièvre on un petit oiseau. Il n''est donc pas hors de saison de les soumettre à un soigneux examen et de rechercher les résultats qu'ils amènent.

Il faut premièrement se demander si ces animaux , dont le nombre est si grand, sont d'une utilité aussi avérée que celle qu'on leur attribue , et s'il est 'exact qu'ils aient vraiment la faculté d'empêcher la propagation aes insectes destructeurs. Quant à moi , je pense qu'il n'est pas un seul individu , ayant coutume de vivre sous le ciel , pourvu toutefois

ANIMATJX VERTÉBRÉS UTILES. 9

qu*il possède le plus mince esprit d'observation , qui pût conserver la moindre incertitude à cet égard. Qui n'aut^it pas en effet vu fré<{uemment les moineaux, les mésanges , les pks , les hirondelles et tant d'autres encore faire la chasse aux insectes voltigeants , et rechercher, dans les creux d'arbres ou dans le feuillage , des œufs de chenilles et des chenilles elles-mêmes pour les manger? Sur les hautes tours ,. qu'habitent le faucon , la chouette , le hibou , Ton trouve parfois éparses des ailes de hannetons ea si prodigieuse, quantité que le pied peut à peine toucher le sol. Les corneilles qui s'abattent en bandes sur les champs , ne cher^ cbent là , dans la terre , que des insectes nuisinles , et l'on

{)eut facilement se convaincre , de cette vérité, rien qu'à voir eurs becs usés et Isurs estomacs gonflés d'une pâtée animale. Les buses restent , ou le sait , souvent des heures entières à la même place pour attraper un mulot qu'elles ont flairé aux environs. Ce ne sont pas là les seuls exemples que L'on pourrait citer» Il n'y a c|#nc point de doute que toute cette engeance destructive , si nombreuse et si variée» ne dût s'accroître d'une façon prodigieuse et terrible , si les jriliés, que nous a donnés la nature, ne se chargeaient de la l^oorsuivre dans les retraites où nous autres hommes ne «aurions la relancer. Et maintenant mille circonstances ne peuvent-elles pas se présenter d'un moment à^ l'autre, où les insectes augmenteraient subitement et parteut ? Il suDit, pour les féconder, d'une révolution dans 1 atmosphère , qui . rende les arbres malades ou seulement plus impressionnables à leur contact. Alors certes l'on ne saurait plus espérer de leurs ennemis les mêmes services qu!ils rendent avant l'extension d'une colonie fatale-, une fois développée, celleci naturellement ne diminuerait plus qu'avec lenteur et ne disparaîtrait qu'avec beaucoup de temps et de peine. Aussi voit-on çàetlà, dans des contrées tout entières, les oiseaux disparaître totalement , alors que les insectes sont plus nombreux que Téquilibre général ne le demande ; comme si ces êtres emplumés désespéraient à l'envi de l'eflicacité des secours dpnt ils sont les dispensate^i*s.

Il est donc absolument nécessaire que nous respections ces secoul^ et que nous ménagions les animaux qiii ther-

40 HAjiWglBIW IÏTIW$.

c^cn^ 4 vmnUmx la l>al«iice naturelle 4aiis r^jpgapisaliQii terrestre. ?

Quant aux manimifères , eeux-ci coiapteut parmi eux , proportionnellement parlant, le moins d'espèces utile». En effet les deul grandes funiOes des rongeurs et des mmi^ nants sont , sous le point as Tue qui nous occupe , complètement mutiles. Parmi les cannro^ il en est quelques-uns, tels que la martre, le putois^ le renard, dont les senrices proYiennent de la guerre qu'is font aux rats et aux nmlots. I>'un autre cété , ils sont & la fois pernicieux en ce sens CRi'ils font plus ou moins de tort à la cnasse. Cette observation regarde prineipalement le renard, auquel nousYouercAis ici quelques lignes. Si Ton pèse ayec soin le mal et le bien qu^l fait , Fon sera forcé de feconnaitre qu'il est plutôt utile que nuisible , du moins dans les bois feuiUus. Que roproebe-t-on en général au renard? Cet animal détruit le gibier , dit-on ci et là. Il est pourtant aathentiqoe qu'il a peu d'influence sur la cbasse à la ^osse béte ; tl est e* effet impuissant contre les faons de bicbes et de «kines , puisque ceux-ci , pendant les deux ou trois premières semaines de leur vie , c'est-à-dire alors qu*ils ne peuvent en^ eore se défendre eux-mêmes , sont protégés efficaoeâfeoÉ par leurs mères ; pour ce qui est ensuite des chevrillards , il en attrape rarement un seul, si l'on s'en -rapporte aux chasseurs les plus expérimentés. Ainsi ddnc il ne resterait que le menu gibier, principalement le lièvre, à la poursuite ckimiel ce maître fripon s'adonne sans contrrak; nous ne chercherons pas nonphis à le disculper de ce méfait. Mftis la chasse aur lièvre pe^t-eDe bien être tolérée? dans les forêts de hêtres ? Certes la réponse sera négative. Ici le lièvre se ranffe, tout aussi bien que le rat des cnamps (voy. le cbap. IV.), mnai les animaux penûcieux. Il est d'ai^ursnne chose bien plus condamnable encore que de tuer de vienx renards , c est la manie ordinaire qu'on a de déterrer les petits , lesquels , pendant le premier été , voire même durant leur première année , ne s'attaquent point à des animaux plus mnds, et se contentent de souris, de mulots, d'insectes, de grenouilles etc. Pe plus, pendmit les quatre ou six semaines qui suivejiyt leur naissance , ils sont powrvu» p^

lau«iiiè»e^jnpa€ipale^ de mU dêm^mmUf qu'dlw kur appreanentà saisir. Ea eonséqueiK^doiie,.» Ton s^afartieiit oe déterrer les renards et d'ouYrir dés galeries pour les prendre , Toa s'^assurera la conservation de la cbasse de cette béte , chasse qui sans nul doute est bien Tune d^ plus agréables et tout à la fob Tune des plus koratÎTes , à cause des belles peaux d'hiver qu'elle i|ous livre* JEn plaçant en quelques endroits de la charogne Ae cheval , Ton peut réunir tous les renafds des environs, et ceux-ci n'en font pas moins la guerre aux souris^ bien qu'ils courent tous<ai«c empressement au festin délicat péparé f6ur eux.

Pour ce qui est du hérissoit, c'est tout une autre affaire.. Loin de lui imputer quelque dommage , nous ne saurions émimérer que ses bons offices. li se met en campagne' contre les rats , les ivnlots, les hamsters , les insectes , les vers,, et dévore même , comme on s'en est assuré , jusques à la ehenitle du Bombyt du pin que très-peu d'autres animaux pourchassent. Pendant les mois de juillet et d'août la femelle met bas de quatre à six petits, souvent même encore d'avantage , et ceux-ci sont déji, vejps l'entrée 4e l'hiver, arrivés à la moitié de leur grosseur naturelle. Le blaireiuA iSIeles indgaris) est aussi un preneur de rats fort habile et evrait être plus épargné partout. Viennent ensuite , parmi les petits animaux carnassiers, les chauves-souris que chacun connaît ( Vesperti/io rkvrimu, Pipistrellus et autres ), qui, grâce a leur vol rapide et à leur voracité , détruisent une grande foule d'insectes nocturnes des plus nuinbles. Cellesti mettent bas deux ou trois petits en mai ou en juin. Finalement nous ferons encore mention i\in autre camivore que l'on poursuit le plus, et peut-être avec le moins de raison, €*est la taupe {Talpa êwropœa). Von croit généralement , mus à^tort , quVlle ronge tes plantes. Sans nul doute elle les endomniage beaucoup; mais c'est uniquement parce qn'elle creuse ses souterrains à côté de leurs racines. La nourriture qu'elle prend est exclusivem^it animale ; elle mange toutes sortes d'insectes , de larves , de vers , surtout les lombrics , les taupes-^llons , les vers blancs , puis encore des imiitiaux d'une dmiension plus grande , tels que des rats, des musaraignes, des grenouilles et même de petits

J2 oisBÀti miiMs.

serpents. ËUe est donc ainsi d'un avantage qtû remporte de beaucoup sur le tort qu'elle cause; Ton devrait, par suite de cela» ne lui tendre des piégés que là où se trouvent des plates-bandes chargfées de jeunes plantes , ou bien dan& les prairies et les digues qu'elle sillonne de ses canaux et qu'elle rend inégales par les collines qu'elle y élève. La taupe porte trois ou quatre petits , et met fcas , en mai , dans une cham^ brette souterraine bien tapissée. Le plus utile des mammH fères est sans contredit le doit [Sus Scrofa), quelque désordre et dommago^ qu'il puisseoccasioner dans les ctiamps.. Parmi les principaux insectes forestiers, il en est trois, savoir les vers blancs , l'arpenteuse dn pin et les noctuelles , qui ne peuvent guères être, détruits que par le sanglier, et comme nous avons été forcés de dimmuer la fréquence d«( cet animal à cause des plaintes renouvelées que l'on portait contre ses ravages , nous sommes aujourd'hm contrainte dV voir recours aux cochons domestiques. (Voy. pour plu» amples détails : vers blancs y à l'art, ^anketon orpikaihs >

ARP£NT£US£ et NOCJUELLE DU PIN. )

En attachant nos regards sur les oiseaux , nous devons d'abord songer à ceux de proie , lesquels sans contredit méritent le plus d'attention. En effpt,,bien qu'ils ne dédaiçnent pas absolument les insectes ,. cette nourriture est toutefois si insuffisante à ceux de la grande espèce , que ces derniers assouvissent plutôt leuî.* vorate appétit sur d'autres obiels de plus de consistance. Cest la raison pour laquelle ils doivent nécessairement nous devenii- nuisibles. Il en est dci même de la plupart de ceux de taille moyenne qui appar^ tiepnent à cette fEimille, de sorte que parmi ces oiseaux carnassiers qui , en s'attacbant exclusivement^ à la, pour-» suite des insectes et des rats , savent ainsi se rendi*e d'une utilité incontestable , l'on ne peut et ne doit citer que les buses {Falco BiUeo, Idgopus^t apivorus), \a.cressereU^ et l'émouchet {Falco Tirmunculus), les busards [Falco rth fus et Pygargus), qui voltigent seulement le soir, puis les hiboux, exception faite toutefois du grand-duc i^Strix Bubo) les choitêttes et les chatsrhuants. Ces divors oiseaux sont d'un avantujfe si positif qu'on ne saurait assez respecter leur existence..

OISEAUX UfILCS i5

La famille entière des corbeaux est encore plus utile , et Ton ne doit poursuivre que le grand corbeau ( Cormes Corax) à cause de ses déprédations continuelles. Les corneilles^ principalement les freux [Corvus frugUe^is), et les chou^ cas ou petites corneilles de clochers j Corvus Monedxjia ) détruisent une quantité d'insectes nuisibles qu'elles savent pour la plupart déterrer avec leurs becs. La pie (Cortm* Pica) doit être tenue, suivant de récentes observations,

{)our Tune des ennemies les plus acharnées des chenilles de a fîleus^ du pin. Ainsi donc elle compense amplement par là le tort qu'elle fait d'un autre côté aux couvées des petits oiseaux. Les ë^owrïiea^w? se rencontrent, en grandes bandes, dans les lieux infestés par les insectes. Le geai lui-même (Corvus glandarius) et le loriot (Oriolus Galbvla) appartiennent aux antafgonbtes peu nombreux des chenilles Je la (lieuse du pin (Bombyx pini).

Yient ensuite la grande et utile série des oiseaux chan^ tants , des hirondelles et des oiseaux grimpeurs. Les pr»' miers sont assez connus. Pamn les hirondelles , on coi^te encore^, outre les hirondelles proprement dites (Hirund»}, l'engoulevmt ou crapaUd^vfUant ou tette^ehévre (Caprin mvigus) et le martinet (Hirundo apus ou Cypselus), qm vivent en partie dans les boiâ ou du moins y viennent fré*

Juemment. Los grimpeurs sont : les pi C5 [le noir et le vert] Pictts ) et les épeiehes , le grimpereau ( Certhia), la siteile autrement dite le torchepot (Sitta), le torcol (Jynx), le coucou (Cuculus) et \ei huppe (Upupa). Tous sans «xcep* tion se nourrissent d'insectes , et bien que pour la plupaK ces oiseaux soient d'une taille au-dessous de la moyenne , ib compensent néanmoins par leur nombre ce que leur fai^ blesse laisse à désirer. Les granivores, tels que les pinsons^ tes evf^érises (aussi nommés àntants ou ortokms jaunes ou traquets blancs etc. ) et les alouettes recherchent aussi > quand ils ont des petits, toutes* sortes d'insectes. C'est poui^ quoi l'on voit souvent tes pinsons et tes passereaux volligcr rapidement de branche en branche pour attrapeS^quelqaet; petites bêtes.

Les gallin^ées nuisent plutôt qu'ils ne sont «tilet? , pal" rapport à leur Nourriture végétale ; kniteloi* ils Tiiaageal

«ttssi des insectes, ^"oa a lait dernièrement , par exemple , rintéressante découverte que le faisan (Pheuianut co/cAtcu$) savoure avec délices les chenilles de la fileuse du pin. Pepnis long-temns Ton sait aussi que les poules domesiiquu aiment beaucoup les hannetons. Même parmi les oiseaux d eau

Eî, à cau^ de leur élément, sont trop souvent éloignés des 'cts , i\j en • certes de fort utiles. Ainsi les numettes s'attcnt pax-batides dans les champs pQur y chercher des Tcrs ordinaires et des vers blancs. Les gros pluviers ^ ou, pour en citer une espèce , les courlis de terre [Charadrius OEdicnemus) prennent un grand nombre de souris, puis les hémsses, les petits pluviers [Charadrius pluvialis, J^orinellm etc.), les courlis, les bécassines et bécasseaux et autres exterminent maints petits animaux quipourraifent, en se pjfopagcant , devenir nuisibles aux humains et aux vé^ gétaux.

^ lies mmphièies sont , à bien prendre , les insectivores les "'moins importants. Us ne sont cependant pas tout^à4ait indil- Htm^ et ne méritent point ,^ e« tous cas ,* la persécutioii irrefiéchtc dans humeUe crains isnorants enveloppent sans merci les gi-enontlks , les crapauds , les serpents et les léaards. L'on a en effet souvent trouvé dans Testomac des pre^ mières des chenilks de la fîleuse du piii. H n'existe dans toute rAllcmagne qu'un seul amphibie vraiment venimeux; fi'eàt la vipère ( Coltibêr ou Vipera Berus), Ce reptile porte sur ia tète un signe de couleur foncée en forme de croix (x^ «t son dos est d(m& toute sa longueur traversé par un iig-iaj| àoirâtre. Sa morsure est toujours dangereuse , quelquefois même noortelle pour le» hommes et les animaux. Nous devons donc malheureosement par cotte raison lui déclarer la guerre ; au fond , c'est une grande preneuse de rats et de nmlots. Au surplus elle ne «ejrencontre point dans beaucoup àt contrées, et déplus ell» n'est fréqnente nuUe part. Elfe habite seulement dans les endroits numides , pleins d'ar^ bustes et de racines , uapeu expesés aux rayons du soleil et où gisseni des souches et des troncs pourris , dans lesquels, elle passe l'hiver. Nous devons dire du reste à sa louange qne iamais elle n'attaqne d'elle-même et qu'elle ne mord que V^rs^u'clle est excitée ou foulée aux pieds, soit par des

ANIMAUX vnrrÉmit«iiLEs. ff

elMrefaenurfde fpaiie»oû «Bives, soiC par ées aaimiiix. Si Ton est à jfMlKlée de kver k pliôe à rkatanC même, et si on la &it saigner ea l^éraittuit àyee i^'irapot4e quoi , la mormre n^a d'ordinaire anenne suite fEU^eiise.

Lç forestier peut donc , comme on le voit, protéger lies forêts -d'une manière plus efficace contre les hylophthires ea usant de ménagements et de précautions , quV'n tuant ou ei^ capturant sans cesse. Il doit nulintenir de tout son pouvoir les lois et les règles qui prescrivent de respecter les animaux Btilês. ATaoi tout il €ftut défendre expressément toute cln»se au kcet ; ainsi les oiseleurs qui , par une sordide et ignare ^éculatïon , t^denl des lacs aux oiseaux propices et se seiv. vent de toutes sortes de moyens pour atteindre leur coupable but , doivent être sévèrement punis *. U n'y a guères que le rottge-f or^ et le hoclie-queue que l*on puisse abandonner as yilkgeoiskpour la destruction des mouches. Dans k chanbre , il nmm^conte^er d'avoir des serins , des cbardomie- Ksets, des taiins, des yerdiers , des Hnottes, etc. La chasse aux alouettes et aux grives qu'entretient la gourmandise , ne devrait être tolérée que tous les deux ans ou bien même être tout-4-iaiit interdite. Cette mesure n'amènerait certes point k disette et serait £ctée par une s^e prévoyance. Am Imk d'un tel acte de raison , l'on voit souvent corn-

^ Il f xiitèr M

I loi [▼•jr.

M iqist^nal - BUtt fiw die jfe|«gni inisere benraltuni^ in den Koeniglich JPreiiMi<cb«|fc StA^len, bcraasgegebepi ipa BnrwNp,dics'aupMtcriaw\iw IniKra. JUhrâj^. II. Berlin 1841. Kr. i5 Rnbr. Tlll. (RuIi^eiVerwaltung), p.

33iJ, diaprés laqaelle celai qui, de ■oa chef, prend un T08Mgn«l on trouble aa conrée , derient paMÎble loit 40 !• pràMi, coitd'iwt «monde de cinq on dix é«iu (18 franc* 75 cent, on 37 francs 5o cent.). Lorsque quelqu'un a kl fantaisie de retenir chc* Ini prisonnier r«B da ce« gf«f^« i^aolrc» , il est contraint d^en faire préitlablement la déclaration à Tautorité dn lien et dfi ]HQrer , €hmtp»Êamà« , «■• aMonm de cinq écos pour les panvro^. 11 serait a souhaiter que d'antres pays snirissentce iwB «xemple. Si nous n'avions

la crainte da derenir trop Terlleut, non* pourrions enoorc ciCerici d'an* très mesurai pareilles, établies dana la monarchie prussienne. CelleS'Ci défendant expressément d'ènleTer le»

fonnnilli^res , d'attra|>er dw merles , 4^s grives et autres oiseaux à becs ^(liffilés, par la raison qu'ils concourent à la destruction des chenilles. La France n*a rien de semblable en cç- ^sme. Ainrif par ekeasple , la loi da 9^ veot^ an III (iS mars v^ç/i) a«ir l'échenilla^e,. ne s'applique qu'aux jardins et ne concerne en aucune fafoo le doiPiwiM forestier. D« pW * cette loi , en dépit de son utiJljÀé reconnue, est si mal exécutée, qu'il est nupossilde d'e«. «tpcrer le OKnndiw résoUiJ., airanta|«nx.

[Nou da^trMfaictenr.]

Jle

i6 OISBAUl UTILES.

mettre un double- détii , d-abofd en arrachant les roesf-gnols à leur retraite , puis ensuite en troubhmt les fdujmi- Gères pour les nourrir. Mais à qi^oi mènerait tout ce que nous pourrions dire , si ces sages décrets , depuis si longtemps établis , ne cessent d'être l'objet d'un mépris général, — si' ces innombrables massacres d'oiseaux de proie ne* dis* continuent jamais, et si enfm personne ne veut songer que la moiiré de ceux qu'on extçrmine, sont du genre des buses» et que les buses sont toutes de l'utilité la plus positive ?

L'on peut même , et cela sans trop de peine, faire quelque chose pour la conservation et l'entretien des oiseaux propices, il s'agit seulement de laisser sur pied quelques arores noueux et pourvus de trous, de- respecter un petit nombre de souches de bois feuillu tombant en pourriture , et enfin de ne p^ attenter à maintes touffes d'un taillis épais , afia que les oiseaux y puissent pondre et couver sans être in-< quiétés. Il est bon encore de ne pas abattre les* buissons sur lesquels viennent des baies , tels cpie le genévrier, l'aubier ou boule de neige, le sureau,. le cornouiller, le troène,. Tépine-vinette, le nerprun, lebour^ène et quelques^ autres.. Là où ils manquent entièrement , il serait sage d'ea planter, afin que lea oiseaux, attirés de ces côtés, s'adoimassent à la recherche des œufs d'insectes , des larves et des nymphes. Sous ce point de vue , l'observation qui a été faite dans la contrée de Hanau , est fort remarquable. Les chenilles de la processionnaire du chêne [Bombyx processionea) firent soudain ici de grands ravages, et cela peu d'années après qu'on eût coupé plusieurs milliers de vieux chênes qui servaient d'asile aux chauves^souris pendant leur sommeil d'hiver.

L'on devrait encore , en s'occupant de la dessiccation des forêts, ne pas négliger de laisser quelques mares et quelques bourbiers; la plupart des oiseaux, surtout les chantants, aiment à y vemr boire et se baigner, et d'ailleurs ils y trouvent aussi ,de petits vermisseaux , dont ils font leur pâture. Outre cela ces places marécageuses et humides sont encore antipathiques au pins grand nombre des insectes nuisibles , par suite de la iraicheur qu'elles i*épandent dans Tatmosphère.

<1HAPITRE III.

BESCRIPTION DES INSECTES FORESTIERS LES PL13S NUISIBLES ET MOYENS BE DESTRUCTION A EMPLOYER CONTRE EUX,

Des expériences Fréquemment renouvelées nous ont déiQontré que les insectes forestiers Us plus importants ne nuisent qu'à de certaines espèces d'arbres , et qu'ils ne se montrent jamais , ou du moins fort rarement sur les autres. Comme , dans la plupart des forêts, le bois feuillu a coutump d'être séparé du bois résineux , la connaissance des insectes de bois à feuilles acicukires sera plus intéressante pour celuici, tandis que pour celui-là celle des insectes de bois à feuilles plates méritera 1}^ préférence. Dans les lieux même où leâ plantations sont de deux natures , c'est-à-dire où e|les se trouvent entremêlées, l'on distinguera bientôt si un insecte, qui se propagerait de manière à éveiller les inquiétudes , vit sur telle ou telle autre espèce de bois , ou^en même temps , ce qui est assez rare , sur toutes les deux.

Nous savons de plus que certains insectes ne font de tort

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