‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 59 sur 114 · VIII. Les Tenthrèdes · texte numérisé non relu

VIII. Les Tenthrèdes

héê tcnthrèdes ne te montrent pas d'ordinaire sur les

jeunes pins , on du moins leurs ravages y sont rarement sensibles. Nous parlerons d'elles , alors qoe nous nous occuperons des destructeurs de bois de haute futaie, parmi lesquels un éTènement important les a placées.

IX. Le Rongeur ou Hylesin piniperde , autrement dit le Jardinier de la forêt ou le Scolyte mss pins {Hylesinus pirniperda).

Cet insecte se montre aussi sur les jeunes pins, dans les tuyaux médullaires desquels il vit. Toutefois comme il est beaucoup plus nuisible à ceux de haute futaie , il n'en sera lait mention que sous cette dernière rubrique.

DEUXIEie PARTIE.

INSECTES DSSTRUCtEUBS QEBOIS RÉSI* '^ WBXfK mS HàVTE FVTÂIE,

Les strobilifôres ae ImiUe -futaie ont, parmi. Ibs insectes, leurs eùnemb cBsthictifs de même que les cultures et les aménagements. Âidsi le grand rongeur du sàpiâ roiiye et le Anmd rongeur ^du pin ne se montrent que sur les épicéas et 1er pins de haute futaie , de même que le bombyx , la noctuelle et Tarpenteuse ne -viyent en foule que sur des arbres {^ »arTenùs à 1 état complet de croissance. Les tenthrèdes et é rongeur piniperde ou jardinier de la forêt sont les seuls gui fréquentent aussi les jeunes cantons. La nonne préfère bien à la vérité les arbres déjà plus développés , mais elle mançe du reste également volontiers les feuilles plates et les aiguilles.

ï. Le grand rongeur du sapin Rougè , aussi appelé BosTRicHE* typographe (JBos/richus typographus ).

Il appartient aux plus pands bostricbes et il est assez facile à reconnaître à ses ailes , dont les extrémités , a|ilaties et rentrantes , sont armées de huit dents. Sa couleur n'est pas toujours la même , comme on peut le voir aux 'trois fi- ,

* Voj. la note à la page xxiii.

LE GRAKB {10KGE13R BU SAPIN MOVGSV .43

gures représentées sur la planche II au signe 7 F, et Tarie entre le jaune , le brun et le noir. Sa larve (ûg. 7 L) est ^)ode, épaisse, d'un blanc sale, surtout par devant , et presque sans poils , avec la tête brune. La nymphe est également l)Ianchâtre. Cet insecte se reconnaît surtout facilement à ses habitudes. D'ordinaire il est à Tétat parfait , dans le courant d^avril ou vers le commencement de mai. Les bostriches ayant ITiabitude d'hiverner à l'état de larve ou de nymphe / ce n'est que dans le cas d'une féconde bropagation , que l'insecte voltige encore à la fin du mois ae mai et même en juin. L'époque à laauelle l'essaim principal ou unique perce les arbres , est celle de la pousse des hêtres , et généralement il s'attaque aux parties supérieures , là où de fortes branches se séparent du tronc. Quand ils se sont introduits dans l'arbre, \e mâle et la femelle se pratiquent ensemble une plus grande cavité , espèce de chambrette nuptiale [appelée en allemand Rammelkammer], à partir de laquelle ils tracent en général ,, en ligne ascendante et descendante, plusieurs galeries principales qui sont assez droites et ont depuis deux jusqu'à six pouces [oO à 160 millim. ] de longueur. Outre le trou qu'ils ont pratiqué pour entrer, ils ont encore coutume d'en percer deux ou quatre autres

{)bur le passage de l'air. Ces derniers sont autant de ventiateurs. La femelle se creuse à droite et à gauche , le long des canaux principaux, de petites excavations, dans chacune desquelles elle dépose un œuf. Avant que tous n'aient été pondus [ils sont d'ordinaire au nombre de trente à cinquante, et quelquefois même dtj cent] , déjà les larves sortent de ceux qui oui été les premiers procréés. Ces larves se frayent , latéralement aux galeries principales , de petits canaux ondoyants , lesquels vont on s'élargissant de plus en plus. A l'extrémité de ces canaux secondaires , la krve pénètre dans l'écorce , où elle passe à l'état de nymphe. (\oy, les plus grands canaux représentés sur la plauchc Vil. fig. 1 ; les plus petits appartiennent au petit rongeur ^u sapin ronge [Bostrièhus dialeographus], que quelques ^^tomologistes français nomment bostriche caico graphe. ) Les insectes arrivés à l'état parfait s'ouvrent, depuis leur obscur berceau jusqu'au jour, un passage à travers Técoree et Ifi^is-

PESTRUCTEUH, 2« PARTIE. ug',,zedbyGo7)gle

pf^A ^ ma. DESTR. DE BOIS RÉSIK. DB HAUTE FITT.

sent, dans celle-ci de petits trous , à peu près tels que ceux "u'on pourrait faire avec un fusil chargé de plomb du N°. ou 8. L'on pourra très-aisément reconnaître le pionnier à la dimension ae ses canaux d'abord et ensuite à ses trous de sortie , même quand il aurait déjà pris son vol. — Le petit

. rongeur de Fépicéa , aussi dit le graveur ( Bostrichus tJiahcographm), lequel se montre souvent dans l'épicéa avec le

;^rand rongeur du sapin rouge , trace des galeries beaucoup plus petites et en forme de rayons, c'est-à-dire qu'elles partent toutes d'un point central et s'éloignent Àe plus en plus les unes des autres (voy. pi. VIL fig. i ). La durée de leur métamorphose est d'ordinaire de huit à dix semainesi , cpiel-

?uefois même de plus de trois mois, suivant le temps et exposition du lieu. îl arrive souvent que la génération est déjà terminée en juillet , et alors celle - ci peut encore , quand la température est favorable, travailkv à une seconde. Celle-ci toutefois ne peut en général arriver à terme dans la même année. De là vi^nt que l'hivernation a lieu à des états si différents les uns des autres.

Cet insecte est le plus dangereux de tous dans les forêts ,d'épicéas , et souvent il les ravage de telle sorte que pas un arbre n'échappe à ses atteintes. On doit bien se garder de partir de ce faux principe , admis par quelques-uns , qu'il ne faut rien faire contre lui , soit disant parce qu'il n'attaquerait que des arbres déjà maladifs , et que ceux-ci n'ont pas assez de valeur pour qu'on doive prendre la peine de les protéger. Il est très-vrai sans doute qu'il préféré au bois vif les bois tarés et abattus. Néanmoins ce n est pas une raison pour négliger de prendre des précautions utiles. Il sera donc avanfeigeux détenir les yeux ouverts sur les arbres sains, puis surtout d'enlever des forêts ceux qui souffrent, et cela le plus promptement possible après Vahattage, car tout l'art d'exterminer les rongeurs réside, sans contredit, dans cette deruièrq mesure.

Afin de coordonner, selon une marche réellement adoptée et suivie dans la pratique, les nombreuses considérations qu'il est avflaitaç^ux d'observer ici , nous distinguerons les moyens pr4$ervatifs des moyem de desirMCtûm.

LB GIAIfD SONGEUR Dt 9AFm ROCGE. 45

A ) Les moyms pré^ervatift eoiuisteiit à ©ter à llnsecte toute occasion de se multiplier d'une manière considérable. Pour cela Ton devra diriger les coupes de façon à ce^ue les yents ne puissent pas s'engouifrer liorement dans les forêts. A la vérité, en dépit de la plus grande M^icitude , Ton n'est pas toujours à même d^obvicr aux chablis , dans lescpickce fcoléoptère aime tant à établir sa couvée. Or donc, dès qu'its sont à bas , les arbres devront être le plus rapidement possS>le placés sur des charrtots et emmenés. Dans le cas où, par exemple , la trop grande quantité de bois ne permettrait pas qu'on en finit assez vite , alors Técorcement 'suffît pour tenir les insectes- éloignés. La décortication par bandes iso^ lées , puis le soin de fendre les troncs en bûches , est bien encore de quelque utilité , mois néanmoins Ton ne saurait être tout-à-fait sûr que Finsecte n'attaquera pas les surfacef encore couvertes d écorce ; c'est pourquoi , si l'on n'avait pu «nlever le bois renversé avant le temps où. le CSoléoptère

5 rend son essor ( ce temps correspond à peu près à l'époqua e la pousse des hêtres), il-«era nécessaire deVéloignerpour le moins dms le eourani de juin. Les %ois, alors remplis de couvains, éloignent ceux-ci de la forêt en disparaissant euxmêmes. Quant aux employés forestiers , il est de leur devoir d'avertir les Acheteurs du risque qu'ils ont à courir s'ils laissent longtemps lé bois dans cet état , et ils auronjt donc à les eng^er fortement, — afm de prévenir le dommage qui pourrait résulter de leur retard , — à écorcer de suite les ar- I>re«-aux lieux de construction ou de dépôt où ils auvont été conduits , puis à brûler l'écorce aussitôt après.

Quand bien même il n'y aurait pas de chablis dans la forêt, il faut néanmoins accélérer les coupes et l'enlèvement du matériel ; car même , lors d'un abattage ordinaire , une pe- ' tite quantité de bostriches , pi*otégés par le temps , suffirait pour deyenir dévastatrice. — Ce que nous venons de dire ne conduit cependant pas toujours au but désiré. Il y a, par exemple , dans tous bois , une foule d'arbres ébranlés dans leurs racines , ou soulevés , ou écrasés. L'on trouve encore fréquemment beaucoup de souches non défrichées avec un tronc assez élevé , ou bien aussi quelques arbres tarés par' suite de la présence antérieure et hostile de chenilles éXc.

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