LA MUSARAIGNE D'EAU
C'est le sorew fodiens de Gmelin. Elle se distingue de la précédente par sa taille plus considérable , et par son pelage noirâtre en dessus , blanc roussâtre en dessous. Son oreille est fort remarquable : au moyen de trois valvules , elle se ferme quand l'animal plonge. Daubenton est le premier qui ail fait connaître celte espèce aux naturalistes -, mais depuis
LA TADPE. i 1
fort loDg-temps les cuhivatears la redoutaient sous le nom de musette d'eau , et Taccusaient d'être eacoi% plus venimeuse que la- première.
Depuii» que Tagriculture est devenue en France* une science à laquelle des gens instruits se sont voués , les contes débités «ur cette musaraign» sont tombés en désuétude. Elle habite le bord^lks fontaines et des ruisseaux , où-elle peut4iétruire tout aa plus quelques petites écrevisses.
Ce pernicieux animal n'est que trop connit des cultivar leurs ; c'est-Je talpa europœa de Linnée : il appartient à il division des mamipifères carnassiers , section des insectivores. Voici ce qu'en dit Guvier :
« Les taupes sont cornues de tout le monde , par lêi^* K» vie souterraine , et par leur forme éminemmeil appro- » priée à ce genre de vie. Un bras très court, attaché par » une longue omoplate , soutenu par une clavicule vigou- >î reuse , muni de muscles énormes , porte une main extrê- » moment large , dont la paume est toujours .tournée eu • » avant ou en arrière ; cette main est tranchante à son » bord inférieur; on y distingue à peine les d^gts> mai? 3 les ongles oui les terminent sont longs , forts,^-nts.ct » tranchans. Tel est rinstrumentquela taupe empi<Mo pour » déchirer la terre , et pour la pousser en arrière. Sou )) sternum a , comme celui des oiseaux et des chauve-scftiy> ris , une ai4te qui donne aux muscles pectoraux k gran- » deur nécessaire à leurs lonc^ns. Pour nercer la terre «t n la soulever , la taupe se sert àe sa tét^ alongée , pointue , » dont le museau est armé au bout d'un osselet particulier, » et dont les- muscles^ e^^vicaux sont extrêmement vigou- » reux. Le ligament cernfcal s'ossifie mêmejîntièremenl. » Le train de derrière est faible , et Fanimap, sur Ja terre > » se meut aussi péniblement qu'il le fait avec vitesse des- » sous. 11 a l'ouïe très fine et le tympan très-large , quoique » Toreille externe lui manque; wkïs son œil est si petit et w tellement caché par le poil , qu'ion #u a nié long-tei^ps » TexistMice ; ses mâchoires sont faibles, et sa nourriture
12 MiUlMIFÈRES NUISIBLES , CÀQIIASSIERS.
^^ consiste en insectes, en Ters, et en quelques racuie^ » tendres. )> r *
La taupe commune a le museau pointu , le poil noir et fin. On en trouve de blanches , de pies et de fauves ; mais ces variétés sont rares , et ne paraissent qu'accidentelles. 01e habite les prés, les tehres et les jardins , qu'elle fouille dans tous les sens , et auxquels elle fait beau(;pup de tort, soit en coupant les racines des plantes , soit en élevant ses taupinièreâ, Jf&m les prés , elle nuit beaucoup à la régularité dés irrigations , en perçant les chaussées., les digues , et en livrant ainsi passage aux eaux.
On a trois mojens.de détHiire les taupes : la* chasse , les pièges et l'empoisonnement. Pour faire mieux comprendre les différentes pratiques que nécessitent ces trois méthodes, il faut que nous entrions dans quelques détails relativement aux lialiitudeside ces animaux. La taupe habite de préférence les terres douces , faciles à percer , non pierreuses ,un peu fraîches en été , sèches et élevées en hiver. Elle se
5 répare un gîte au pied d'unç muraille , d'un arbre , ou 'une lipiie , et ce gîte est fait avec beaucoup d'art. H consiste en un trou de dix-huit pouces de profondeur , assez large , recouvert d'une ou môme de plusieurs voûtes les ^nes sur le» autres , en terre battue, et assez solides pour résister aux eaux de pluie. C'est là que , de mars en mai , elle fait et allaite ses petits , ordinairement au nombre de quatre ou cinq. De ce nid part un boyau , quelquefois long de soixante à quatre-vingt pas , se 'prolongeant dans une direction à peu près rectiligne : h gauche et à droite elle jette çà et là d'autres boyaux qui sien écartent plus ou moins perpendiculairement.
La tatipe ne vivant qne de vers de terre et de racines , est obligée de fouiller continuellement pour trouver sa nourriture et celle de sa jeune funille; aussi s'en occupe-t-cllo rllfulièrement 'quatre fois par jour , au lever jdu soleil, à neuf heures du matin , à midi , à trois heures, et aij ctfucàer du soleil. C'est dans ce dernier instant qu'elle travaille fivec le plus d'aiâiur ; elle passe les autres heures du J9ur„, et la nuit ^ans son gite.
Quand elle fouille , elle perce avec le nez , comprime la
terre sur les cotés avec ses maias , et eu pousse une partie en avaut : jaiissi est-elte obligée de temps à autre de s'en débarrasser , en )a repoussant à la surfiace , et formant ce qu'on appelle une taupinière. Nous remarquerons que tous les boyaux qui vont 'd une taupinière à une autre , sont en ligne à peu pr«8 dirâcte , et aue ce n^est que dans ces espèces de points d'arrêts , que la tavpe se détourne à gauche ou à droite pour chercher sa nourriture et ' former de nouveaux souterrains. ( Voyez la PL fl, fig, iO ). La galerie principale part de la taupinière a, iBt aboutit à la taupinière «. Nous remarquerons que la taupe ouvre toujours ses boyaux parallèlement à la surface du sol , à moins qu^elle ne trouve^ un obstacle : ^lors elle s'enfonce et passe pardessous, à plusieurs pieds de profondeur , s'il est nécessaire. Il n'est^ pas rare de trouver ie ces boyaux creusés sous des fondicitions de ci^ à six pieds , et même sous le lit des ruisseaux. Dans les cas ordinaires , le boyau n^est jumais à plus de six j^ouces au-dessous de Is. surface du sol.
« La destruction d^s taupes , a dit Cadet de Vaux , serait le plus grand bienfait pour Tagriculture. On peut évaluer au vingtième du produit la dévastation* qu'elles occasionnent. Quel surcroît d'imposition que cette dévastation! L'impôt est lourd , et on ne le paie pas sans queljuesinurniures ; mais celui-là n'est-il pas bien fait pour en exciter ,
Suisqu'on peut s'en délivrer? Nous sommes afiranchis de la îme; affranchissons-nous de celle que prélève la taupe. »
On -nf»' sera donc pas étoimé que , en iSOi, une école ait été établie par le gouiiemem^t à Pontoise, à Gaen , etc , dans le but spécial de détruire les taupes , qui alors , comme aujourd'hui , exerçaient de grands rayages aux environs de ces villes. Des élèves nombreux furent formés par un maître habile autant que modeste, dont le tfom est digne de passer à la postérité. Cet utile institutCAir s'appelait henbi LECOUBT. Nous voudrious pouvoir citer ici tous les renseigncmenteyque nous devons à cet habile taupier. Des exigences typographiques nous obligent à renvoyer ceux qui voudraient connaître ses procédés de destruction à l'ouvrage que nous citions iout-à-rheure , et qui ne mérite pas l'oubli dans lequel il semble êtr^ tombé.
uigitizea oy >^ w v^^ i\^
i4 MAMMIFëRES nuisibles , CARNASSIERS.
Les indications <jui suivent suffiront d^aiUeurs pour guider les agronomes intelligents et soucieux de leurs intérêts.
Supposons que Ton ait à pnendre une taupe ^ms les boyaux figurés PL IL fig. 10, et que Ton ait t'a connaissance des babitudos de cet fftiimal. Nous avons ici un exemple des nlus difficiles , car nous avons figliré treize^ taupinières , et 1 on n'<en trouve presque jamais que de trois à neuf. Nous avobs été «obligé de négliger Tes proportions ordinaires , car les boyaux a et 6, 5 et c, c et â, d et c, c'està-dire ceux qui forment'la galerie.principale , ont ordinairement de vingt à trente pied» de longueur chacun, tandis que les boyaux latéraux^sont d'une longueur bien moins considérable.
Oh cberche d'abord à reconnaître le boyau prii^pal , ^t Fon y parvient en examinant la direction et la distance des taupinière^; ptrtise cda , il est rare que dés herbes jaunâtres et mourantes ne Find^uent pas à la sur%ce. On examine ensuite quelles sont les taupinières nouve^^, ee qui se reconnaît à la fraîcheur delà terriç réeenlment remuée par Fanimal. Alors on ouvre deux trVnchées ; une en n o , l^autre en p q. Cet tranchées doivent avoir un pied de longttêm* sçir six pouces de largeur, et une profondeur suffisante pour découvrir le boyaii dans cette longuei^r d'un pied. Un bouche les ouvertures des trous avec- un peu de tcsrre comprimée , et Fon attend que la taupe vienne se présenter à Fune dès ouvertures , ce qu'elle ne manque jamais de faire dans Feq^ace d'un quart-d'heure au {)lus. Comme on est aux aguets ; on la voit pousser la partie de terre qu^on a placée à l'entrée des quatre trous, m, a^ p, q\
Si elle pjiusse en n, on a la certitude qu'elle e^st dans- un des boyaux a, h,fi g, et il s'agit de FJ^cljMîrche^ -.'pour cela, on recommence l'opération , et Fon ouvre de la même ma- " nière trois nouvdles tranchées, en rs, t u^ v x, dt Fon bouche parfaitement celle n o, pour t'empêcher d'y repas^ ser. On attend , et Fon remarque l'endroit oxx elle travaille; si c'est en r, on est certain qu'elle est dans la partie de la galerie r, a; on découvre cette galerie dans toute sa longueur , on y trouve nécessairement Fanimal , on Fenlève , et on le tue. Il arrive fort souvent que«ia taupe,, effrayée par le bruit, creuse un boyau perpendiculaire d'un pietl*
uo pied et demi de profondeur , dans leqiuel elle s'enfoace etciier(^àse cacher: on Ten fait sortir aisément , et à rinstant même , en ^ versant un pot plein d^eau.
Si la taupe a poussé en s, ou en ty on a la l'ertitude qu'elle est dans la partie de boyau , 5, 6, ou 6, I; on i y cherche de la même manière ; si elle a poussé en u ou ^n t?, elle est dans une deS deux parties du boyau u, f, ou f, v; enfin , si elle a poussé en x, elle est dans le boyau x, g. Dans tous les cas , l'opération est la même que celle que nous venons d'indiquer. On conçoit que si la taupe a travaillé , lors des deux premières tranchées , en 0 ou en p, ou bien en g, on agit alors comme nous venons de rexpH* quer , et Ton ouvre les secondes tranchées d'après le procédé indiqué dans le dessin.
Si la galerie de la taupe ne s'annonce à la surface du sol que par une seule taupmière , on enlève celle-ci avec la lioue ,^t l'on s'assure si die n'a pas de communication avec des taupinières voisines , ce qui se reconnaît à la vue du trou qui, dadlftce cas, est à plusieurs issues. Lorsqu'il n'y a pas de communication, on découvre le boyau, comme nous avons dit, et l'on trouve la taupe à peu de distance. S'il y a communication , l'on agit comme dans le cas où il y a plusieurs taupinières , c'est-à-dire qu'on ouvre des tranchées.
S'il n'y a que deux taupinières, on n'ouvre qu'une tranchée entre deux *, s'il y en a trois , on ouvre deux tranchées; s'il y en a quatre , on en ouvre trois *, mais s'il y en a un plus grand nombre , afin de s'épargner du temps et de la
Seine , on revient à la première méthode , et l'on n'ouvre 'abord qu'une ou. deux tranchées , se réservant d'en ouvrir d'autres quand on aura découvert la partie des boyaux où la taupe se trouve.
On y parvient facilement en écrasant les taupinières avec le pied ; car alors l'animal ne manque pas de chercher à les rétablir. Ce moyen est encore exceHent pour s'assurer qu'une taupinière n'a pas été abandonnée par l'animal , qui souv^aL , soit qu'il ne trouve pas une nourriture assez abondan^tf soit qu'il ait été inquiété par les eaux , quitte sa galerie pour monto à la suilace de la terre, où il se twune jusqu'à ce qu'il ait trouvé un autre cautjç^ifieaqiiLiw^P^raisse
pins convenable pour v fixer son nonteau domicile. D'ailleurs , il est d^autres moyens tout aussi simples pour constater si une taupe a quitté sa demeure. Il suffit pour cela de regarder si la terre des tanpimères est toat-à-fait sèche, ou s'il y en a quelques-unes percées au dehors d^un trou donnant foor dnns le boyau; dans Tun ou l'autre cas, il est ioutile de fouiller , il est certain que Ton ne trouvera rien«
Quand on attend qu*une taupe vienne pousser à la tranchée ou à la taupinière , il faut éviter de faire le moindre bruit , et surtout d^ébranler la terre par le plus petit choc ; car ranimai se blottirait dans un com de sa galerie , et y resterait immobile assez long-temps pour lasser la patience du chasseur.
On peut faire cette chasse aux taupes pendant toute Tannée, excepté pendant les gelées; mais les saisAns les plus favorables sont le printemps et surtout Tautoipne. Le moment du jour doit être également choisi ; car , comme nous Tavons dit , les taupes ne travaillent qvCk des heures déterminées, et Ton ne réussit parfaitement à Ven emparer qu'aux heures de leur travail.
Cette chasse, telle que nous la décrivons ici, offre un très-grand avantage , en ce qu'un seul homme peut la faire en même temps sur toutes les taupinières d'un champ d'une assez vaste étendue. Lorsque le taupier a ouvert les tranchées sur un point , loin de rester en sentinelle pour attendre que la taupe y travaille , il passe à une seconde taupinière, puisa une troisième, etc., etc. Mais afin d'être averti du moment où chaque taupe poussera , il se munit , ayant de partir pour la chasse, d'uu paquet de petites pailles roiaes, ayant chacune à peu près un pied de longueur. Lorsqu'il a ouvert une tranchée , il plante dans la terre dont il bouche les boyaux , une des pailles au bout de laquelle il a préalablement placé un morceau de papier blanc, ne manière à représenter en petit un de ces jalons dont se servent les géomètres. Tandis qu'il travaille , ses yeux doi-
Kèse diriger le plus souvent possible sur les morceaux de ier ; s'il en voit un qui soit tombé , il se porte à l'instant sur ce point , et tâche d'y prendre Tcnnemi.
Nous venons de décrire la méthode employée d'abord dans les en virons d'Auch , f^t maintenant dans la plus grande
partie de la France , grâce à M. Dratet , qui l'a puUtée par ordre du Goayemeinent. Noos la regardons comme eicellente *, cependant nous lui trounms un inconténient grave : c'est^u^elle est fort pénible» et qu'elle demande une certaine hanitude de la part de ceux qui la mettent en usage ; aussi n'est-elle guère suivie que par les taopiers de profession. D en résulte que sur les petites priMpriétés , où les taupes no sont pas assez nombreuses pour omir un salaire suffisant à Fouvrier employé à les détrmre , on les néglige, et Ton souffre de leurs dégâts, fante de pouvoir recourir à un moyen économique pour arriver va but.
Ce moyen économique , aussi smiple que hcile à mettre en oeuvre , nous Tavoi^ vu employer par des taupiers dauphinois , avec un sucées plus grand que celui vanté par ,■ M. Draiet. En effet, cet auteur dit qu'un homme peut' prendre quinze à vingt taupes dans sa journée , et nous ponvoiff affirmer en avoir vu détruire en Danphiné trois à quatre cents àam Tespace d'une semaine.
Les taupiers de cette ancienne province se servent d'un piège , (PL % fig. iij que nons allons décrire avant d'enseigner la manière dont il faut s'en servir. On prend un morceau de bois d'aune , de bétre , de saule on même de peuplier , ayant netif pouces de longueur , et vingt lignes de dépêtre. On lui donne la forme cylindrique que l'on voit dans #»tre dessin, puis on le p^ce dans sa longueur d'un trou de huit pouces sur dix-sept lignes de diamètre; on se sert pour cela d'un perçoir ou d'un gouge de sabotief.* Il reste au fond du tube un ponce d'épaisseur de bois , dans lequel on pratique , en a, un trou environ de six lignes : à la |>artîe supérieure de l'ouverture b, on pratique une petite «ntaille e, pour y placer le sommet de m petite fourche de èois dy que nous avons figurée séparément en D. Cette fourche , que l'on fait en bois dur , est attachée .au point c, par «me petite cheville en fil de fer, e e, de manière à ce qu'elle puisse se lever et se baisser fecileâient. On observera que la fourche doit être un peu plus longue que le diamètre du 4ube , afin qu'elle puisse se mouvoir avec facilité de dehors «n dedans , c'est-à-dire , dans le sens que nous avons marqué par des poîè^s , en o o, mais qn'elle ne le puisse pas de dedans en d^ors. Il en résulte que îa taupe*, en s'intro-
DESTBDCTEUR , 1^* PARTIE. 2
iS MAMMIFÈRES NUISIBLES , CASNASSIEftS.
duisant dans le tabe , soulève la fourche dans la direction o 0/ mais lorsqu'elle veut en sortir, les dfi^x branches delà fourche sont retombées derrière elle, coinme on le voitdans la figure , et elle se trouve prise.
Un piège ( voyez PL II, /Igr. 12 «t 43 ), un peu plus compliqué, mais tout aussi bon que le précédent, se construit de la manière suivante : On fait un tube absolument semblable à celui qui vient d'être décrit , mats on s'abstient de le percei'd'Un trou dans le fond ; où le scie par le milieu dans le sens de sa longueur , de manière à le partager en deux parties égades qui puissent se rajuster Tune sur l'autre. On prend une des moitiés , et Ton^ adapte une petite porte ou maichette, a, /l^. 12, qui , au miqfend'u^e charnièi^e &, ^se hausse et se baisse à volonté. Sous cette marchette est un ressort en fér , figuré par des points dans notre dessin , qui la fotce à se lever et à fermer l'entrée du tube lorsqu'elle n'est pas maintenue. Il est clair que la hai4^ur de cette porte doit être un peu pins considérable que le petit diamètre du tube, afin qn'elle reste fixée dedans lorsqu^Ue est relevé^. Au devant de la marchette est une petite traverse en fil de fer , e, qui ne doit pas être plus élevée que ne l'est la marchette lorsque le piège est tendu. On a un fil de fer, fig, 14, teiminé d'un côté par une pointe , et de l'autre par un anneau relevé, d'un pouce de diamètre. Voici comment on tend le piège : On couche la marchette en faisant effort sur le ressort qui, par ce moyen, se trouve étendu dessous , comme on le voit en a, fig. 12. On prend le fil de fer de détente ; on en passe la pointe sous la traverse Cy et on la pose sur le bout de la marchette , en d, de manière à la maintenir couchée; l'anneau e se trouve placé au milieu du diamètre du tube , dans une position verticale. Gela fait, on prend l'autre moitié du tube , on l'ajuste sur la première , et on les maintient ensemble au moyen d'un lien d'osier, que nous avons fait représenter, fig, 15. Ce lien doit être un peu étroit , afin de n'être placé qu'avec un peu d'effort et de maintenir les deux moitiés du tube ^vec solidité. G'ost même pour cette raison que l'on donne au piège un peu moins de diamètre vers le fond que vers l'ouverture. La taiipe entre par l'orifice f; elle passe sur la marchette , S'enfonce dans le tube ^ et rencontre avec le nez
i'anneatt e, qu'elle pousse Ters le fond ; la pointe de la détente abandonne en d la marchette , celle-ci se relève , et ranimai se trouve pris. Dans la fig. 15, nous avons supposé le côté du piéçô enlevé , depuis g jusqu^en h , pour montrer comment le ressort i agit sur la marchcîtte k , au'il maintient relevée. La taupe se trouve prisonnière dans 1 espace vide m.
Ces deux.]^éges ne sont pas coûteux , comme quelques
Î>ersonnes pourraient le crbire. Un sabotier , en fournissant ni-même le bois , peut livrer le premie» à quatre francs la douzaine; le second reviendra à peu^ès au double de ee prix , s'il estierré avec soin. Un taupier peut donc parfaitement se monter, des premiers avec douze francs, et des seconds avec vingt-quatre; nous supposons qu'il opérera avec trois douzaines de pièges , quantité plus ^ue suffisante poar prendre cinquante à soixante taupes par jour , s'il sait les placer convenablement , et c'est ce que nous alloq^ lui «porendre.
r^ous avons déjà décrit les habitudes de la taupe ; nous croyons devoir revenir ici sur celles qui ont rapport à notre chasse au piège , car nous aimons mieux risquer de nous répéter que de manquer de clarté. Le taupier se munira d^une houe , de ses pièges, qu'il portera dans un sac àr bretelles , et il partira assez matin pour se trouver à quatre heures dans le champ où il doit opérer. Si par hasard il arrivait une heure ou deux avant la nuit , dans la maison où on l'aurait fait appeler , en se mettant à la besogne à rinstant même il gagnerait un jour entier.
La première chose à faire c'est de reconnaître les taupinières fraîches , c'est-à-dire celles où la terre nouvellement remuée indiquera que l'animal a poussé depuis peu. Gomme le piège ne présente qu'une face par où la taupe puisse entrer, tout l'art selldme à reconnaître de quel côté du boyau l'animaf^peut être placé, afin de lui présenter toujours l'ouverture du piège et jamais le fond. Nous avons dit (fa^ la
taupe travaille à des heures fixes, à six heures du ma^in , à neuf heures , à midi , à trois heures et à six heures du soif : pendant les autres heures de la journée , elle est reti«rée dans son gîté pour dormir , se reposer , ou allaiter ses
petits. Selon notre première méthode » c'est pendant les»
uignizeciDy x iv^v7-j;
20 MAMMIFÈRES NUISIBLES , CÀRNASSnBS.
heures du travail delà taupe que le taupier est eo opération. Selon cette seconde méthode, c'est positivement le contraire , c'est-à-dire que le taupier doit travailler pendant que kt taupe se repose , et se reposer quand elle travaille. Ainsi donc , il doit s'occuper de relever et placer ses pièges depuis quatre heures du matin jusqu'à cinq ; depuis six heures et demie jusqu'à huit et demie ; depuis neuf et demie jua-
3u'à onxe et demie; depuis midi et demi jusqu'à deux et emie : depuis trois et demie jusqu'à cinq ; c est dans les intervalles de repos qu'il doit nxer les heures de ses repas , afin qu'il n'y ait pas de temps de perdu.
Le gîte de la taupe se reconnaît à la grosseur du tas de terre qui recouvre la voûte. Assez souvent ce monticule a une forme alongée : toujours il est accompagné de trois ou quatre autres monticules moins volumineux que lui ^ mais
glus gros que les autres , et placés à une petite distance, lutr^ cela , op retrouve assez aisément les traces du boyau pHncipal , si l'on remarque l'aOaissement de la terre et la pâleur des herbes sous les racines desquelles il passe. Il arrive quelquefois ({ue le gîte est à plus de cinquante pas des dernières taupinières, et même on en trouve qui en sont éloignées de deux ou trois cents pas ; mais ces cas sont assez rares , et ils n'offrent pas plus de diCficultés (|ue les cas ordinaires , parce que le boyau principal étant toujours daus une direction à peu près droite , les taupinières fUi y sont pratiquées de distance en distance servent comme de jalons ; elles sont éloignées les unes des autres de vingts cinq à trente pieds,
Dans les Cerrains qui ne sont pas absolument plats , on a encore quelques données qui facilitent beaucoup (arecher" che du gîte. A la fin de l'automne , en hiver et au commencerae]^ du printemps , la taupe l'établit dans les lieux élevés, àr^ l'abri de l'humidité et des inondations. Quand le temps des pluies est passé , elle le place dans les vallées , et pendant les grandes sécheresses, sous les haies qui longent les ruisseaux ou les fossés humidçs.
Le boyau principal reconnu , on placera le piégé dans te boyau latéral communiquant au principal d'un côté , et de Tautre à la première des taupinières fraîckement remuées, comme enXrV elzàe la ftg. 10, PI. IL On tournera l'ou-
lA TAUPE. Stt
irertureâtt |)iége da côté du boyaa principal, mais pour avoir ta certitude d\ prendre la taupe à sa preoiière sortie, il est indispensable de le placer entre * les heures de ses trayaux ; c^est-à-dire à sept heures et demie du matin , à- ^ix heures eMemie , k une heure et demie après midi , à ^witre heures et demie , et après le coucher du soleil.
Si par hasard on ne pouvait reconnaître aisément le gîte ^e la taupe , on en serait auitte pour placer deux pièges en sens opposé dans une galerie communiquant d^une taupinière fraîche à une autre également fraicne. On doit teuiours procéder ainsi quand on opère pendant les heures où 'aniniai lui-même se livre à son travail.
Quant à la manière de tendre le piège , voici comment on s*y prend. On ouvre avec la houe ou une petite bêche une tranchée de cinq à six pouces de largeur sur neuf ou dix de lon^étir , et Ton découvre le boyau. On nettoie le miei^i possible l'entrée du trou où Ton doit placer Touver- •ure du piège , et Ton y enfonce celui-ci de manière que le tubo 80 trouve dans la même direction que là partie du boyaa que Ton a détruite en offprant la tranchée. On a soin que rien ne gêne la communication et que l'ouverture du pitge scjt adaptée à Touvérture du boyau , assez juste pour ne laisser passer aucune lumière entre eux. Gela fait, on jette sur le piège une partie de la terre de la tranchée , et Ton plante à un pied ou deux, sur le côté, une petite baguette qui sert à rétrouver Tii^trument. On aplatit ensuite avec lepled les taupinières fraîches qui sont derrière le piège, comme , par exemple , celles f^r, j k î, h t, de la figure lO, à supposer que les pièges soient en x, z, y; mais cette supposition est gratuite , car on ne doit jamais poser plus d'un Siège pour un gUe ou un boyau principal , quel que soit 'ailleurs le nombre dft taupinières, à moins cependant qu'on ignore où sç trouve la taupe.
Si Ton a suivi de point en point les instructions que nous avons données , on est i peu près sûr de prendre l'animal q^i'on poursuit. Dans le cas où l'on trouve un piège vide , on regarde si la taupe a poussé aux taupinières que l'on a aplaties *, ^i elle l'a lait , on pcot être certain ou qu'elle a passé par nessons, ou que Ton amal placé l'instrument. Pour s'assurer du premier cas , on appuie le doigt sur la terre
au fond do la tranchée , et l^oii trouve aisémBot ia noaveUc galerie. On tend un autre piège dans une nouvelle tranchée» que Ton ouvre à trois ou quatre pieds en avant de la pre^mière. Alors on enlève le piège vide, et l'on en tend un autre. Dans le second cas , on agit de la diénie manière , mais on replace le tnême piège , et on lui donne nne direc^ iion opposée. Cependant , il peut arriver que dans lea àfinx. cas la taupe ait passé sous rmstrument ou soit Tenue aux taupinières par un autre boyau de communication; aussi fera-t-on bien de placer de^ix pièges en sens opposé. Dans tous les cas oii ro(i en place deux ensemble , on doit planter à côté deux baguettes , si Ton ne veut pas s'exposer à en perdre. ^
Si un piège est resté douze heures tendu dans un boyau sans prendre la taupe et sans que celle-ci ait poussé , on peut l'enlevej avec la certitude que TanimalS effrayé et inquiété dans sa demeure , a pris le parti d'en sortir pour aller habiter un autre canton; on peut s'en assurer en visit> tant toute* lés taupinières du boyau principal , et Ton en trouvera certainement une* percée d'un trou à la surface.
Une précaution essentielle que doit avoir le taupier , c'est de passer à nne flamme très vive tous les pièges qui^nt pris une taupe ; sans cela il les tendrait en vain : d autres taupes averties par la finesse de leur odorat sauraient les «viter.
Jusqu'à présent nous n'avons envisagé les taupes que sous le rapport du dommage qu'elles causent à la grande culture^ et nous avons enseigné les méthodes à mettre en œuvre pour en détruire un grand nombre à la fois. Voyons à présent comment le jardinier , sans avoir recours à l'art du taupier, viendra à bout de se débarrasser de quelquesuns de ces animaux (jui péné^rerilent dans son jardin.
Pour peu qu'il soit doué de quelque patience , il peut , armé d'une bêche, se mettre à l'afîût à l'heure du travail de la taupe , près ■ d'une taupinière fraîchement remuée ; s'il y reste sans faire le moindre mouvement des piçds , il verra bientôt l'animal opérer et il l'enlèvera d'un coup de bêche. Il vaut mieux encore l'attendre avec le maiUet à pointes que nous avons figuré PL II, figure 16. Ce naaillet consiste en un morceau de bois carré, «, long ^t large de
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huit pmiccs , épais de trais ; il porte un manche 6, de la grosseur et delà longueur de celui d'une bêche ; il est armé en dessous de dents aiguës, en fer, e, longues de quatre pouces , plantées en losange , et espacées de (fùnte lignes entre elles. Lorsque le jardinier à Taffàt Toit pousser la taupe à la taupinière qu'il a préalablement aplatie avec le
Eied , il donne un coup de maillet dans Tendroit où il Toit i terre remuer : les dents pénètrent dans le sol , percent la taupe et la tuent. On peut encore faire usage d'un fusil , si Ton n'a pas d'autre instrument : alors , on enlève la taupinière avec la houe , et Ton découvre de manière à reconnaître l'ouverture du boyau, que 4'on bouche légèrement avec un peu de terre ; on charge son fusil avec de grps nlomb de lièvre et Ton se poste à sis pas de dbtance. Si Ton prenait du plomb plus petit , il manquerait de force pour percer la couche de terre $ d'ailleurs , à six pas , un iusil , quelque mauvais qu'il soit, garnit toujours assez. Dès que l'on voit pousser la taupe , on tire , mais avec la précaution. d'ajuster V non pasoii la terre remue , mais bien où le bon sens indique que la taupe doit être. Il arrive souvent que , même en la manquant , on a le temps de la prendre avant qu'elle soit revenue de l'étourdissement que lui causent Texplosion et le bouleversement du sol où elle travaille.
On trouve encore quelques personnes* qui emploient centre les taupes un ancien piège d'une réussite assez sûre ( Voyez H, II, /îflf. 17, où nous l'avons supposé coupé en deux dans le sens de la longueur , pour laisser voir 1 intérieur ). Il consiste en un tube de terre cuite , de bois ou de têle , long de dix-huit pouces , et ayant vingt-deux lignes de diamètre à l'intérieur. Dans le milieu de la longueur , en a, est un petit grillage en 01 de fer , qui sépare le pié^e en deux parties égales. Aux extrémités 6, est une petite soupape en tôle ou en plomb c, attachée au tube par une cfaarmère d. Elle s'ouvre de dehors en dedans , et b$it contre un rebord extérieur ^ui ueiui.permet pas de s'ouvrir de dedans en dehors. Ce piège se tend dans les boyaux , avec la seule précaution de le placer de manière à ce que les charnièrjes se trouvent en haut. Les soupapes sont fermées par leur propre poids; mds qiu|ndta taupe pousse en avants
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elles se lèvent , la laissent entrer , retombent derrière elle , et ranimai est pris. Le piège que nous avons fait dessineiest double , et la taupe s*y prend de quelque côté qu'^elle ' arrive ; mais il y en a également de simples , c'est-à-dire , qui ont une soupape à un bout et sont fermés à Fautre.
Les pincer à taupes , pi. U, fig. 18 et 19, sont encore fort employées dans les jardins. Elles consistent en deux hntncfaes de fer a a, recourbées par le bout b 6, et se fermant avec violence aij moyen d'un ressort c c. I*a plaque de tôle d d, représentée seule, figure ÎO, sert de détente. Pour tendre le pié^e , on serre vigoureusement le ressort c, ce qui ^it ouvrir les branches a a. On maintient les branches ouvertes en plaçant entre elles la plaque, qu'elles saisissent aux échancturcs e e de la figure 20. Les branches doivent avoir huit à neuf pouces de longueur , et la détente doit se placer à deux pouces de son extrémité. On ouvre le boyau , et Fon y place les deux branches du piège , dans une position inclinée. H faut que les branches soient appliquées , de chaque côté , contre les parois dii ti*ou , de manière à ne gêner nullement la taupe, qui doit se glisser entre elles. L'ammal rencontre la plaque de détente qui lui barre le passage; il là pousse avec le nez, lui fait échapper les branches , qui se ferment et le saississent par \& milieu du corps. Nous avivons jpas besoin de dire qu'on doit tendre ce ptége du côté du boyau par on la taupe doit venir , et qu'il est nécessaire de le recouvrir d'un pe,u de terre , mais avec précaution , pour ne pas gêner le jeu de rinstrument. Chaque fois qu'on y a pris une taupe , il faut avoir la précantion de passer le piége au feu.
H existe encore plusieurs autres procédés pour s'emparer des taupes; mais comme ils sont beaucoup moins sûrs- <rac ceux c[ue nous venons de décrire, nous croyoïK inutilo» d'en grossir ce volume.
On a pro{)osé bien des méthodes pour empoisonner ranimai dont m>us nous occupons, et chacun a vanté son' moyen comme excellent. Notre bonne foi nous engage k dire que nous les avons tous essayés , et qu'un seul nous & réussi d'une manière satisfaisante; aussi est-ce par celui-là que BOUS allons commencer. On prend des vers tic terre , que l'on coupe par tronç^ms d'un pouce €t demi à^deu»'.
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pouees , et on les jette dans un pot où Ton a mis de la noix vomique en poudre ; on les y roule » on les en couvre , et on les y laiflBse sejoumçr pendant vingt-quatre heures. Au Wut de ce temps, on les en retire, on ouvre les boyaux de distance en distance , et on y met ces tronçons. Lorsquela taupe vient travailler , elle les rencontre, en mange et périt.
Quelques personnes jettent dans les trous habités par l^animal destructeur , des noix dépouillées de leurs coquilles , et bouillies dans une forte lessive , ou des blancs de jMirean saupoudrés d'arsenic , ou enfin de petits morceaux d^une composition que l\>n prépare ainsi qu'il suit : on prend une demi-once de racine d ellébore blanc et autant d^écorce d'apocyn , que Ton pile et tamise de manière & réduire Tnne et Vautre en une poudre fine ; puis on mêle cette poudre à une once de farine d'orge , que Ton détrempe avec du lait et du vin , afin d^en former une pâte 4usez ferme.
On dit que la racine du stramoine-pomme-épineuSe {datura stramonium deLinnée), est un violent poison pour les taupes , et qu^'elles fuient les lieux où Ton cultive cette plante originaire d'Amérique etna^ralîsée en Europe.
Monsieur le vicomte de Beaulinconrt nous a donné un piège ^Hl a employé avec beaucoup de succès dans ses »rppriété^. Tcn ai vu faire usage dans plusieurs locidttés le Ta Normandie , et les taupiers qui ont été à même de s'en servir lui accordent la préférence sur les pinces à taupes. En voici la description :
Voyez planche I, fig. 26, 27 ei 28. Il existe en imé planénette a, terminée par un manche 6, au bout duquel est fixé un ressort en spirale , Taît en fil de fer c. Sous la planchette , sont deux baguettes formant un demi-cercle e e, d'un diamètre égal à celui du trou d'une taupe ,. et fixées solidement dans la planchette, comme nous le faisons voir dans la fig. 28. Au bout du ressort,, en d, sont attachés une ficelle ff et un fil de laiton très fin g g. Ce fil passe par'les deux trous h /i, s'étend en demi-cercle sur les baguettes e e, comme on le voit fig. 28 en i t. puis chaque bout traverse une seconde fois la planchette par les petits trous kk^ civtL se fixer à un clou placé à côté de chaque^
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trouc Pour le maintenir ainsi , l'on fait passer le bout de la ficelle f, par le trou w, et on la fixe au moyen de la chevillette fourchue n N qui , légèrement enfoncée dans le trou , voyez 0 P, retient le nœud q q, et force ainsi le ressort cd, à rester baissé. Ainsi le piège se trouve tendu, comme dans les figures 20 et 28.
On ouvre la galerie d'une taupe et Ton y place le piège de manière que les deux demi-cercles c c se trouvent parfaitement en face du trou ; on recouvre légèrement, Josâs de manière à intercepter la lumière sans gêner le jeu du ressort. La taupe , en s^ivant son trou , entre tlaus un des démi-cercles « 6, et fait tomber la chevillette n. Le nœud de la corde f ne la retenant plus, puisqu'il passe par le trou m, le ressort joue, et tend avec force le fil de laiton. Celui-ci saisit par le cou Fanimal.qui se trouve placé u^ommer, de la fig. 27, et bientôt est étranglé.
Chaque fois que Ton aura pris une taupe , il faudra , comme nous FaVons souvent recommandé , passer le piège à la flamme , avant de le tendre de nouveau.
Le blaireau.
Il est connu dans plusieurs parties de la France sous le nom de tesson ; c'est Vursus mêles de Linnée. Il aspartient à la division des mammifères carnassiers, section des plaV tigrades, c'est-à-dire, des animaux marchant sur la fdante entière du ^ed. Il est de*la taille da l-enard, mais beaucoup plus bas sur janàbes, ce qui rend sa marche rampante. Son museau est gros et un peu allongé, ses yeux petits, sa queue cottfte et rudimentaire ; son poil rude, grisâtre dessus, noir dessous; il a une bande noirâtre de chaque côté de la tête, et près de l'anus une poche glanduleuse , d'oiî suinte. continuellement une humeur grasse et fétide. Ses pieds de devant sont munis d'ongles forts et très allongés, qui lui donnent une grande facilité pour creuser la terre, linfin , pour le peindre d'un seul trait , nous dirons qu'il ressembla à un ours réduit dans ses proportions.
Quoique rapproché des martes par son système d^e dentition, le blah*&u, dit F. Cuvier, est loin de ressembler à ces animaux si légers, si vifs, qu'il n'est peut-être aucune