‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 71 sur 114 · INS. DRSTR. DE BOIS RÉS, BB HAUTE FUT · texte numérisé non relu

INS. DRSTR. DE BOIS RÉS, BB HAUTE FUT

pour la plupart, poses à hauteur d'homme et souvent même tout en bas du tronc (voy. paff. 80 — 89). L'écorce n'est pas non plus d'ordinaire aussi difÛcile à enlever que celle du pin. Si 1 on ne veut rassembler que des chenilles parvenues à leur entier développement et des chrvsalides , le bois , où elles ont mangé , n'en est pas moins perdu et l'on ne s'oppose pas f par là , à l'envahissement des papillons , puisque ceuxci se réunissent de plusieurs points oiflérents , pour s'abattre ensuite sur un nouveau district.

Ceci ne veut pas dire toute^is que la recherche des chenilles , des chrysalides et des papillons soit superflue. Seulement l'on ne doit pas se borner à cela , et il est bon d'enw S>yer ce moyen conjointement à ceux que nous avons d'ard indiqnés. Si l'on peut détruire , en été , mille chenilles, chrysalides ou papillons, — et j'ai décrit le mode à suivre à la page S7 et suiv. — l'on aura de moins, l'anniéé suivante, un denii-million d'insectes mal-faisants à craindre.

En résumé^ il faudra donc mettre en pratique les moyens de destruction, de la manière et selon l'ordre qui va suivre. Dans la première année ( année qui suit celle où le vol des papillons a été remarqué] l'on commence par l'extermination des placards de cneniUettes. Si cette opération ne réussit pas à souhait , soit par suite de la petite quantité existante , soit par suite de la dispersion des disques , alors on poursuit , autant que faire se peut , les chenilles en été , et si cela n'a pas plus de succès , on cherche à tuer les chrysalides et les papillons. Pendant l'automne et Thiver subséquents , l'on entreprend la cueillette des œufs. Dans l'année suivante (c'est-à-dire la deuxième après l'apparition première ) l'on procède de même , et dans celle qui se montre immédiatement après (ou la troisième) l'on commence par la cueillette des œufs et la guerre aux placards. Il s'agit maintenant de savoir si cette troisième année est la dernière de l'invasion de l'insecte , on bien si la plaie continue encore par exception. Dans ce dernier cas , l'on sait le même plan de conduite , adopté pour les années précédentes , mais Von

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s'abstieiit de toute dépense pendant la première ; car les chenilles qui restent encore ne peuvent pas entièrement détruire les arbres, si Ton a suivi les préceptes donnés, puis d^ailleurs celles-ci meurent pour la plupart dans le courant de Tété , comme nous l'avons démontré page 83 et suivantes.

Si l'insecte est si nombreux et si universellement répandu que les forces dont on peut disposer ne suffisent plus pour le combattre partout, il £aut alors se borner aux parties de la forêt dont la conservation est le plus désirable, (^e sont principalement les perchis en croissance. S'il advient que ceux-ci soient déjà fortement attaqués et que Ton conçoive, en automne , à caus^ de la masse d'œufs déposés sur eux , quelques nouvelles craintes à leur sujet , c est un double motif d'agir en conèéquence. Il faut surtout attacher un re-' gard scrutateur sur les bois qui sont fortement éclaircis , parce que les chenilles sont là également répandues, et qu'il y. a dai^er pour toiUes les tiges. Dans les districts compactes et là où il y a beaucoup de broussailles , l'on a moins à r^ douter pour les arbres de haute futaie ainsi que pour ceux 4ont la tête domine , parce que ceta qui sont étouffés, ainsi

ri les tiges inférieures , sont principalement chargés de nilles et détournent ainsi le péril (voy. pag. 96 ). L'on Eeut également encore abandonner plutôt à eux-mêmes les ois prêts à être mis en coupe. Il est en effet moins possible de faire quelque chose pour ceux-ci , puisque les groupes et les œufs se trouvent à une trop grande élévation , et d'ailleurs , quand même ils succomberaient aux attaques de l'insecte , le dommage n'est pas aussi inquiétant, puisque l'abattage doit avoir lieu bientôt.

Les signes d'une mort imminente ou accomplie, par rapport aux arbres tarés , sont déjà décrits au cinquième clûipitre; toutefois il va encore, cuégaird à la Nonne, queloues particularités à faire conndtre. 11 a été antérieurement ait que l'épicéa succombe beaucoup plus facilement que le pin et le mélèze. Nous ne saurions pour cela donnei* d'autre raison que la grande sensibilité de cet arbre, laquelle a déjà été reconnue à l'attaque des bostriches ; cette sensibilité provient probablement de la position à flepr de terre de

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SCS ra(^es , et peat-être aussi de la natare^de ses aiguilles^ qui sont courtes, isolées, eu comparaison des feuilles aciculaires touffues et longues du pin ef du mélèze. Gela ne peut dépendre de la quantité aaiguîlfes dévorées, car le sapin rouge y sauf quelques exceptions résultant de la température et du lieu où il se trouve , meurt sans rémission , bien que conservant la inoitié , le tiers ou le quart de son. feuillage , tandis que le pin, sous de semblables conditions,^ continue à vivce et se rétablit même entièrement. Quand le pin est rongé au point qu'il ne Ini reste que quelques touffes isolées de feuilles aciculaii^s , c'est alors seulement qu'on ne doit pas tarder à l'abattre. Toutefois il se soutient encore en C€t état pendant environ un an ,^. et même plusieurs an-nées , s'il a conservé d'avantage d'aiguilles. Lors dîe la décortication en été , l'on n'est pas sans découvrir de la sève^ sur Taubief, mais celle-^ci existe- en bien moindre quaiitité que sur le bois vif et peu attaqué , c'est à. peine si aie hu-mecte le doigt quand on l'y appuie. La pellicule du liber ne se détache pas y. sous l^eorce ,. aussi faôlement ^e eelle des aii>res bieta portailts. Enfin la conséquetlce de tout, ceci est que les individus mdades, tandis qiie les antres conmieac^Dt à pousser dehot*s , ne peuvejit plus développer leurs bour-geons. Les signes d'im trépas prochain > signes que nous avons décrits au chapitre Y, se montreni alors d'œie manièrer impossîble à méconnaître.

Le saçin roug» ne peut , à beaucoup près , Désister autantque le pii^. Des tiges. 4'épicéas en efiet^ qui auraient con-serve le quart , le tiers , ou mêpie la moitié de leur feuillage, qui, pendant Tannée outils ont été attaqués par Tin-^ secte ^. étaleraient cependant de beaux et verte bourgeons , puis témoigneraient de l'apparence la plus saine du tissu ligneux et de la> pellicule du liber, ne donnent souvent par là que de trompeuses espérances , et meurent soudain au retour du printemps. Le bois se comporte alors de la façon la jjlus étonnamment différente. La raison nous en est encore cachée. Dans le pays de Rudolstadt on fit fe remarque qu'iltomba ^udàinement en pourriture. Une teinte terne et ip\ùs Sombre avait remplacé la couleur saine et fraîche de l'aubier, et l'es parties y 4 ordinaire recouVerifs d'un suc résineux,

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étaient détenues tout-à-fait aqueuses. Plus tard après l'ascension du suc nourricier et après l'entier dépérissement de la pellièéle de Técorce qui ne s'effeuillait plus , la désorganisation intérieure de l'arbre devint facile à reconnaître , même d'assez loin. De semblables troncs af^paraissaient alors, comme s'Qs eussent été , jusques à vingt pieds de haut , bien mouillés, et comme si l'eau leur eût donné à certaines grandes places sur t'écorce, une couleur plus foncée. Lorsqu on faisait une entaille à ces endroits, Ton troumt là sève en complète dissolution. Ces places devenaient noires les premières, et commimiquaient la ^nnitttre à l'arbre tout entier. Ces isêmes taches se montraient même sur le bois coupé comme autant de plaies cancéreuses , qui reparaissaient bientôt si on les avait enlevées lors de l'alMittage , et donnaient ainsi une preuve irréfragable de la présence derla nudadie. La pourriture gagnait de bas en haut , «t cela d'une façon si sensible , qae pendant qiie k tête s& kiissatt écorcer comme celle d'un arbre sain , le pied était déjà devenu tout noir, et l'écorce se trouvait adhérente comme si elle eût été soumise à l'ac^ tion dn feu. En aùtoome, aprèi la chute complète des feuil^ les aei«»ilaires^, il se^ formait des galles résmeuses ou des Bustulea, telles que ceHes qu'on voit souvent «sur les sapins blancs à'.rètat normal , et cektpeiit démontrer que la circulation de la sève avait certes été avec violence et intempes- ' ti^ement interrompue.

, Il en fut tout autrement des épicéas morts dans les contrées marécageusefe de la Silésie supérieure , par suite des dévastations causées par la nonne. J'observai moi-même ce (ait en ISJO. Ces arbres avaient trèà peu perdu de leur blancheur , et donnèrent même de très belles poutres et xle bonnes échàndoles pour les couvreurs. Les charpentiers les tt*ouvèi^ent très propres à être employées , et n'eurent besoin que d'enlever fort peu de l'aubier. Cfes sapins rouges étaient néanmoins restés pendant neuf mois dépourvus de leur feuillage , parce que 1 on avaîtvouîu attendre chez eux un dernier effort de végétation , qu'on était aussi assez en droit d'espérer. 8n effet J'écfèrce inférieure se trouvait encore dbns un état sain en JJÇparence -, l^ôn ne remarquait ni qu'elle tt>iùi)ât, ni (Jii'èfle fût bi^ûlante ou même perforée par les.

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insectes. Néanmoins le dé{)érissement avait commencé en ffrande partie par le bas , bien que çà et là aussi , surtout dans les jeunes percbes, la cime se fût d'abord desséchée.

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