GRILLAGE ET FLAMBAGE, 00 ROUSSI DES TOILES
Les calicots, et même les étoffes de laine et de lin, sont, après le dégraissage, couvertes d'une espèce de duvet qui hérisse leur surface d'aspérités qui s’opposeraient à ce que les traits de l'impression fussent bien nets ; on est obligé de les détruire par le feu, par un grillage ou flambage , et c’est là ce qu’on appelle donner le roussi. Pour cette opération, on coud ordinairement dix pièces les unes à la suite des autres ; autrefois on les faisait passer d’abord sur un demicylindre en fer, tenu toujours au rouge presque blanc par la chaleur. Ce mode a été abandonné, et l’on y a substitué les procédés que nous allons décrire, et que nous empruntons à feu M. Molard jeune, qui les a publiés dans le Dictionnaire technologique , au mot Grillage des étoffes.
Deux procédés sont en usage pour obtenir le roussi, ou le grillage ou flambage des calicots; l’esprit-de-vin et le gaz hydrogène carboné ; de là les expressions flamber une étoffe au gaz, à l’alcool, etc. , etc.
Machine à opérer le grillage par l’esprit-de-vin, pl. 1, fig. 4. — L'appareil adopté pour cet effet est assez simple. La condition essentielle consiste à maintenir l'esprit-de-vin à une très-basse température jusqu'à son arrivée dans- le tuyau où la combustion a lieu : ainsi, il est mis dans un réservoir Â, A’, placé dans l’intérieur d’un réfrigérant C, dans lequel on renouvelle fréquemment l'eau.
On introduit lfesprit-de-vin par l'entonnoir a, on le retire
par le robinet b. De petits tuyaux c, implantés verticalement sur la branche A’, lesquels sont garnis de robinets* portent l'esprit-de-vin dans le tuyau brûleur B. Lo réfrigérant enveloppe le réservoir d'esprit-dc-vin ; on l’entretient plein d'eau froide* au moyen d'un réservoir supérieur qui coule continuellement par un petit orifice, et l’eau chaud® sort aussi continuellement par un tuyau de trop-plein d, puis elle s’écoule pour être reçue dans un récipient inférieur.
Les mèches, placées dans toute la longueur du tuyau brûleur B, sont d’amiante; elles sont contenues dans une mince feuille d'urgent repliée sur elle-mèine, ayant 25 mUliw, (1 pouce ) de large : cette feuille d’argent est percée d’una multitude de trous , par lesquels l’esprit-de-vin arrive à 1$ mèche.
Tout le reste de cet appareil est comme dans çolui au ga>, que nous allons décrire, et son travail est aussi satisfaisant. On ne pourrait pas cependant, avec l'alcool, brûler à flamme renversée, comme on lo fait avec le gaa.
Appareil pour le grillage par le gaz hydrogène, pl. \ , fig. 5- — La figure 5 représente une section verticale de ont appareil. Sa dimension est toile, dans le sons perpendiculaire à la section, qu’elle admet les tissus les plus largos.
Le tuyau A, horizontal, en cuivre, est étaipéj il occupe le bas de l'appareil. Dans ce tuyau arrive le gaz hydrogène produit par la distillation de l'huile ou d’autres corps gras, que les Anglais préfèrent, parce que sa puissance lumineuse e§t trois fois plus forte que celle du charbon de terre.
Les tuyau* B, B sont également en cuivre; ils sont adaptés latéralement au tuyau A, et par-dessous les tuyau* (lamr beurs C, C, qui sont, de chaque côté, au nombre de cinq, tous munis d’un robinet a, a. Nous nommons les tqyau* Ç, C, flambeurs , parce que c’est de ces tuyaqx que part la flamme conique o, b, à travers une multitude de petits trou? perçés $n ligne droite dans, la parti® supérieure de QéS tuyaux.