GRILLAGE ET FLAMBAGE
La flamme b, b se précipite dans les tuyaux D, D, à travers une fente pratiquée, dans toute leur longueur, à la partie inférieure.
Le grand tuyau horizontal E correspond au milieu de l'appareil dans la partie supérieure. Sur le milieu de oc tuyau en est ajusté un autre qui va aboutir à une espèce de machine pneumatique, au moyen de laquelle on aspire fortement l’air contenu dans tout le système de tuyaux E, D, D, et dans tous les tuyaux F, F, qui établissent la communication entre eux ; ces tuyaux F, F, garnis en c, c, de robinets, sont au nombre de dix, cinq de chaque côté.
Deux paires de cylindres G, G, en bois, revêtus de futaine, sont disposés en laminoirs ; ils tournent sur leurs axes dans le sens des flèches, et entraînent dans leur mouvement la pièce d'étoffe d , d, avec une vitesse d'environ 1 mètre (3 pieds) par seconde. La paire de cylindres G, à droite, est la seule commandée par des engrenages; l’autre paire G, à gauche, est libre sur les tourillons, et ne fait qu’obéir au mouvement que lui imprime la pièce d’étoffe tirée par le laminoir de l’autre côté. Il convient de remarquer ici que les cylindres inférieurs, dans chaque paire, sont embrassés, de décimètre en décimètre (3 pouces en 3 pouces) au plus, par des fils de lin de couleur, qui circulent avec eux; l'objet de ces fils estide servir de guide au chef de la pièce quand on commence le travail.
Des brosses sont placées par paires aux points H, H, en avant des flammes b, ï>, pour relever le duvet, afin que le grillage s’en opère mieux et plus complètement : les brosses supérieures se déplacent pour avoir la facilité de passer le bout de la première pièce; on les remplace et on les fixe après que cette opération est faite.
Les frottoirs I, I, en bois, garnis de futaine, sont placés en arrière du passage des flammes, pour éteindre les étincelles que la toile pourrait entraîner avec elle; le dessus de ces frottoirs s’enlève pour passer la pièce, se replace et se fixe ensuite.
Î8 tàEühfeRÊ PARTIE. •
Actuellement, supposons (jue l’appareil est en activité ; que le gazomètre fournit le gaz avec la pression convenable : que la machine pneumatique fait une espèce de Vide dans le système des tuyaux qui lui correspondent; que tous les robinets, ou dii moins ceux qui correspondent à la largeur de la pièce, sont ouverts ; qu’on a mis la toile en circulation : alors oh allume le gaz sur les deux rangées, dont la flamme, entraînée par l'air qui se précipite dans les tuyaux D, D, traverse la toile sans lui causer aucun dommage, à cause de la rapidité avec laquelle cette toile circule. Le flambage est quelquefois terminé en un seul voyage, quand l’étoffe a été bien dégorgée et bien séchée ; mais ordinairement on passe les Calicots deux fois, en changeant les côtés, c’est-à-dire éfc mettant dessus, dans le second voyage, la face qui est dessous dans le premier. Les toiles fines, les mousselines, les tulles ou bobinets passent quatre fois, mais avec une vitesse double ; car le mécanisme qui les fait circuler est susceptible de prendre toutes les vitesses qu’on veut, par un changement d’engrenages.
Indépendamment des deux manœuvres occupés à faire jouer la machine pneumatique et tourner la mécanique de l’appareil, quand il n’y a pas de moteur mécanique, il faiit deux personnes très-sôigrieuses pour diriger le travail : l’une placée du côté de G , à gauche, pour étendre l’étoffe à sdn entrée dans les cylindres, et l’autre en face, adroite, pour la foire plier régulièrement à sa sortie. Ori coud toujours î’étôtfe, par son chef; et c’est, par les chefs, comme nous l’avons dit, que l’on réunit plusieurs pièces ensemble. On fie doit jamais arrêter la fifachirie que lorsque tout le rouleau d’étoffe est passé, parce que le moindre repos, la moindre intermittence dans le grillage, enflammerait l'étoffe et que le feù la consumerait.
Les cendres du duvet qué la flamme entraîne dans les tubes tr,D, finiraient par les ebstftfef, sr m Savait pis
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criuàgê zi ÊLAMCAGE. 19
Sdiif de foire agir, par un mouvement de va-et-vient, dans lë Sens dé là longueur de ces tubes, une brosse ou écou- Villon fait de fils de laiton.
L'éffet dü vidé, ajouté 5t. Molard, étant d'attirer vers lui la flamme avec beaucoup de force, on peut aussi bien la diriger en bas qü’en haut. Si l'on apportait cette disposition à uti dés tiibeê brûleurs, ce qui ne semble pas difficile,- On fie Serait plus tenu de tourner les toiles sens dessus dessous àü Second voyagé, puisque leS deux côtés auraient éprouvé lé ifiême flambage : il én résulterait que les toiles qui û'oflt besoin que d’ün seul flambage seraient grillées plus égale* inent.
Avant qu'on eût adapté à cet appareil une Inachine pneu- inâtlque, l'effet efi était peu satisfaisant; la flamfne, n’étant point attifée, né traversait point la toile quand celle-ci était un peu serrée; elle ne brûlait que le duvet qui Se trouvait dit côté par où elle arrivait, et encore très-imparfaitement. , C’est à Samuel Hall, chimiste anglais, qu'on doit le perfectionnement de cet appareil, qü'ûn a adopté à Paris, à Lille, à Roueri et généralement dans tous les grands cantons mâtftifocturiérS.
La machine pneumatique est trop connue pour que nduS fiôûs attachions à la décrire. On petit y suppléer par des * sôüffléts aspirateurs tels que ceux dottt Samuel Hall fait üèagè. Ce sont trois cüvës cylindriques en tôle, renversées chadunè dans une bâche pleine d'eau, placées en ligne droite. LeS dëüx cüvéS extrêmes portent à leurs fonds une soupape qui s’omvre dè bas èn haut ; elles sont suspendues et en équilibre, sur les extrémités d'ütt balancier entretenu dans un mouvement oscillatoire par une force motrice. Ëlles plongent librement dans l’eau contenue dans les bâches. Mous parlerons tout-à-l'heure de la troisième.
Les bâches sont presque pleines d’eau : Chacune est munie d'un tuyau vertical qui s’élève au niveau de ses parois, et
est muni à son orifice supérieur d'une soupape qui s’ouvre du dedans au dehors. Ce tuyau, après avoir traversé le fond de la bâche, va se réunir à un long tuyau horizontal , placé au-dessous des trois bâches, et se relève ensuite pour se réunir aux tuyaux X de la figure 5.
On conçoit le jeu de la machine : les deux cuves extrêmes, considérées comme les bassins d’une balance attachés au môme fléau, basculent continuellement; l'une s'élève lorsque l’autre s'abaisse. Celle qui s’élève aspire l’air; alors la soupape qui est au bout du tuyau s’élève pour le laisser passer, et il remplit la cuve. En s'abaissant, pendant que l'autre fonctionne pour l’aspiration, la première descend : la soupape, qui est sur son fond, s’ouvre, l’air sort. Mais l'aspiration ne serait pas continue par ce balancement alternatif, et il y aurait suspension au point de retour; voici comment l’auteur y a remédié :
Il a placé entre les deux cuves dont nous venons de parler, une cuve semblablement disposée, mais suspendue par un poids à une hauteur telle, qu’il y a équilibre entre le poids et le ressort de l'air, raréfié au degré convenable pour l’aspiration. Il s’ensuit que cette cuve monte et aspire l’air quand les cuves extrêmes cessent momentanément leur fonction, et qu’en définitive l’aspiration est sensiblement toujours la môme. Une petite soupape, placée sur son fond, fermée du haut en bas par l’action d’un poids déterminé, ' s’ouvre pour laisser échapper l’air qu’elle aurait aspiré en trop grande quantité, de sorte qu’il s'établit entre le poids et la réaction de l’air une espèce d’équilibre qui maintient la cuve à peu près à la môme hauteur.
Lorsqu’il se manifeste, après l’opération du flambage, quelques taches de graisse que la chaleur aurait fait paraître, on trempe de nouveau les toiles dans une faible lessive de potasse caustique, comme nous l'avons indiqué dans le § précédent ou bien l’on opère, au besoin , comme pour le dégraissage de la fibre ligneuse.