‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 141 sur 156 · IMPRESSION MÉCANIQUE DES PAPIERS PEINTS · texte numérisé non relu

IMPRESSION MÉCANIQUE DES PAPIERS PEINTS

Dès 1840, M. Leroy, fabricant de papiers peints, à Paris, prit un brevet pour l'emploi de machines servant à imprimer les papiers à l’aide d’un ou deux rouleaux gravés en relief, et, par suite, fournissant des impressions à une ou deux couleurs. Le principe de ces machines est le même que celui des métiers à surfaces les plus perfectionnés, que les Anglais emploient fréquemment pour l’impression sur étoffes, et dont il a trouvé, par ses recherches, les meilleures dispositions.

C'est à l’aide d’un drap sans fin, suffisamment tendu et en partie plongé -dans la couleur, qu’il parvint à la répartir convenablement sur les cylindres ; le mouvement est imprimé par une manivelle; les rouleaux et les. distributeurs de couleurs sont rendus solidaires entre eux par des engrenages. Enfin , un cylindre garni de molleton et d’un poids convenable vient presser le papier et l’appliquer sur le rouleau gravé, qui l’entraine dans son mouvement de rotation.

Vos deux Comités ont visité avec un grand intérêt les ateliers de M. Leroy, et ont pu se convaincre que la machine de son invention permet d’exécuter parfaitement, et avec une grande économie, des rayures de tout genre. Les rouleauxsoht obtenus avec une grande facilité, dans ce cas, à l’aide du tour. Disons, toutefois, que pdur les rayures à larges surfaces, cette application de la couleur serait défectueuse, la teinte ne serait pas uniforme, il s’y rencontrerait des marbrures. L’inventeur, par un perfectionnement consigné dans un brevet récent, a parfaitement remédié à cet inconvénient par l’addition d’un châssis portant de petites brosses qui correspondent aux parties saillantes du rouleau, et qui, rencontrant le papier après l’action de celui-ci, égalisent la couleur. Dans le procédé Bissonnet, le même effet a été obtenu, mais d’une manière moins satisfaisante, en donnant au rouleau plus de vitesse qu’au papier : d’où il résulte que la couleur est étalée presque en même temps que déposée sur le papier.

La régularité de largeur du papier mécanique (iris de lar-j

APPENDICE

geur sur la machine à papier par des cisailles circulaires), a permis à M. Leroy d’obtenir des papiers portant des raies d’un grand nombre de couleurs, en faisant précéder la machine d’une cylindrique à rebords, sur laquelle glisse le papier qui arrive au rouleau; il se trouve ainsi très-suffisamment guidé dans le sens transversal, pourvu que l’ouvrier y apporte quelque attention. On peut donc le faire passer plusieurs fois sous la machine, sans crainte de déviation, c’est-àdire obtenir des rayures à quatre ou six couleurs.

Comme on le verra facilement par les échantillons soumis à la Société, M. Leroy n’exécute pas seulement avec ses machines des rayures d’une grande perfection, il obtient également des dessins très-satisfaisants, surtout ceux donnant des effets de demi-teintes par de petites lignes parallèles pour lesquelles la distribution mécanique de la couleur parfaite^ment régulière permet d’obtenir des résultats supérieurs à ceux qu’on pourrait obtenir à la main. C'est ainsi que l’inventeur imprime des papiers à quatre ou cinq couleurs (deux ou trois couleurs pour le fond rayé, et deux pour le dessin) qui, se vendant à des prix excessivement modérés, trouvent un grand débit.

On voit que le problème de l’impression mécanique du pa- * pier peint serait entièrement résolu (sauf pour les dessins représentant de larges surfaces continues), si l’on pouvait repérer les dessins dans le sens de la longueur du papier, comme le fait M. Leroy, dans le sens de la largeur, afin que les rentrures ne laissassent rien à désirer. On pourrait alors combiner une machine pour im'primer à la fois un grand nombre de couleurs, car le retrait considérable du papier mouillé, suivant sa longueur, permettrait toujours difficilement de s’y reprendre à plusieurs fois par un procédé où l’adresse de l’ouvrier ne peut guère tenir compte de cet effet.

C’est ici qu'est la limite du procédé : les rouleaux exécutés en bois de poirier, gravés à la main ou, mieux, garnis de

Page 1