TADLE ET SES ACCESSOIRES
Baquets; appareil de suspension. — On imprime à la main, dit M, Persoz, à l'aide d'une planche gravée en relief, la couleur préalablement étendue sur un châssis, pour en recouvrir l'étoffe, qu’on suspend ensuite à l’air, dans le but
Molette roulante.
Le poinçon } avec lequel on< grave
1* A la main;
2° Mécaniquement (guilloché à l’acide).
Table et ses accessoires.
de laisser à la couleur le temps de se dessécher et ^d’éviter ainsi les rappliquages, qui occasionaient des taches ou maculations sur les parties blanches. Trois choses sont donc à examiner dans cette impression :
1° La table où elle s’exécute et tous les accessoires qui doivent en assurer la bonne exécution ;
2° Le réservoir ou baquet, dans lequel la couleur doit être étendue convenablement, pour être transmise à la planche;
3° Enfin , l'appareil de suspension qui doit assurer la prompte dessiccation des toiles.recouvertes de couleurs : audessous duquel on place le chevalet,, sur lequel l’étoffe est pliée après son entière dessiccation.
Table et ses accessoires. — La table à imprimer se compose ordinairement d’un madrier en bois de chêne ou de hêtre, de 2 à 2 m .50 (6 à 8 pieds) de longueur, sur 55 à 60 ccntim. (1 pied 8 à 1 pied 10 pouces) de largeur et 12 à 15 centim. (4 pouces 5 à 5 pouces 7 lignes) d'épaisseur. Ce madrier est monté à la hauteur d'environ 1 mètre (3 pieds), sur quatre ou six pieds de 10 centim. (3 pouces 8 lignes) d’équarrissage pour plus de solidité. La surface en est dressée au rabot avec une extrême exactitude, puis recouverte do deux tapis fins et bien unis, de drap ou de serge , que l’on tend avec soin^ en fixant leurs extrémités aux deux bouts de la table, de manière à pouvoir les citer sans peine, soit pour les nettoyer, quand ils sont chargés de couleur, soit pour placer la table quand le bois a travaillé.
Cette table porte, à l’une de ses extrémités, une bobine chargée de l’étoffe à imprimer, que l’ouvrier déroule, au fur et à mesure qu’il avance dans son travail, pour l’étaler sur les tapis et l’y recouvrir de couleur, par un nombre suffisant de coups de planche.
Mais lorsqu’on doit imprimer des dessins délicats sur des tissus sujets à se tirailler en divers sens, il faut que les pièces soient tendues, tantôt seulement dans le sens de leur lon-
gueur, tantôt dans les deux sens. Dans le premier cas, c’est un rouleau situé a l'extrémité* opposée de la table qui détermine la tension, ou bien un râteau ou 1 peigne fixé à chaque extrémité, et portant une rangée d’aiguilles qui entrent dans l’étoffe ; dans le second cas. ce sont des aiguilles placées le long de chacun des deux côtés de la table et sur lesquelles on fixe l'étoffe par ses lisières.
Quand il' s’agit d’imprimer des dessins d’une délicatesseextrême, comme certains dessins cachemire, sur des étoffes dfe laine et dfemi-làine surtout, on est contraint d’avoir recours à d’autres artifices. Sont-ce des châles, par exemple? on est obligé dè tendre lé tissu dans tous les sens; au moyen de cadres en bois, de la même manière qu’on tend une' étoffe sur un métier à broder à la main. Sont-ce des étoffes pour robes? On les étend dans leur largeur et dans leur Ion-' gueur , sur une table dé la longueur ordinaire d’une robe (12 à lt> mètres), et l’on y applique* consécutivement , sans en changer la position, toutes les couleurs dont se compose le dessin.
Baquet ou réservoir à couleurs. — Les baquets sont destinés à disposer les mordants ou les couleurs en couches minces, afin de n’en prendre que la quantité nécessaire avec la planche, pour qu’elle ne s’extravase pas, et qu’elle dépose sur l'étoffe la copie des dessins, sans dépasser les traits que le dessinateur cl‘ le graveur ont fixés.
En France, les baquets sont des caisses formées de cinq fortes planches, dont quatre pour les côtés et une pour le' fond, solidement liées ensemble. En Angleterre, les baquets sont tout simplement de vieux tonneaux sciés par la moitié et renversés' sur leur fond; ils sont plus économiques et moins sujets à se disjoindre que les caisses.
Chaque , baquet est composé de trois 'pièces : 1° d’une caisse ronde ou carrée, sans couvercle, et dont les bords ont environ 16 centim. (6 pouces) dè profondeur, dont' lès
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joints sont bien mastiqués et capables de contenir l’eau : leur dimension doit être de 8 centim. (3 pouces) sur chaque face, plus grands que la plus grande planche qu’on puisse avoir. Cette caisse est pleine à moitié de la fausse couleur, qui n’est autre chose que de la gomme du pays dissoute dans l’eau, ou une décoction de farine de graine de lin, de manière qu’elle soit épaisse comme de la bouillie. On place dessus cette bouillie un châssis qui entre juste, avec trèspeu de jeu, dans la caisse dont nous venons de parler ; ses bords ont 8 centim. (3 pouces) de hauteur; son fond est en toile cirée; bien collée et clouée tout à l’entour des bords en dehors, de? manière que la gomme ne puisse pas passer au travers : ce châssis, rond et formé par des cerceaux, ou carré, suivant la nature des caisses , s’appelle étui. Dans cet étui, on place le tamis , qui n’est autre chose qu’un cadre en bois, dont les bords ont 5 centim. (2 pouces) de hauteur : il est foncé avec du drap fin bien tendu et solidement cloué sur les bords du cadre; c’est sur ce drap que l’aide de l’ouvrier étend la couleur bien mince avec une brosse ou avec un tampon ; il l’étend bien uniformément, chaque fois que l’ouvrier a relevé sa planche, en ayant soin de manœuvrer sa brosse, carrément ou circulairement dans tous les sens, suivant les parois des caisses.
On conçoit que la gomme, par son élasticité, facilite la couleur à s’attacher à toutes les parties en relief de la planche; c’est une sorte de matelas très-doux. Chaque imprimeur a, sur sa droite et à sa portée, un de ces baquets. Il faut autant de tamis différents qu'on a de mordants ou de couleurs à employer.
A ces dispositions fondamentales, on en ajoute d’autres qui ont été nécessitées : par la nature des couleurs, sujettes à s’altérer au contact de l’air, ou devant être imprimées à une certaine température; par l'impression simultanée de plusieurs couleurs avec la même planche.
fitoffes imprimât, $
PRBMIÈRK PARTIE.
Pour éviter les modifications de la couleur par son exposition à l’air, les Anglais ont adopté l’emploi de châssis dans lesquels la couleur môme à imprimer remplit le rôle de fausse couleur. La caisse, en communication par sa partie inférieure, à l’aide d’un tube muni d’un robinet, avec un réservoir à couleur bien fermé, est coupée en deux, dans le sens de sa hauteur, par une étamine. Quand on ouvre Je robinet, la couleur qui arrive sous le châssis presse contre le canevas et tend â le traverser avec d’autant plus de force que la colonne dans le réservoir est plus élevée; le robinet qu’on peut ouvrir et fermer à volonté, sert doue à régler l’écoulement de cette couleur, qui se trouve ainsi préservée du contact de l’air.
Lorsque des cpuleurs exigent, pour être imprimées convenablement, une chaleur supérieure à la température moyenne de l’air ambiant, comme certaines réserves grasses ou résineuses, certaines couleurs enlevages, les baquets doivent être disposés de telle sorte que les planches puissent en être chauffées, et le bain de fausse couleur et la couleur même, élevés au degré de chaleur nécessaire.
Les baquets à compartiments ont été inventés pour l’impression simultanée de couleurs diverses, quand les dessins se composent de formes espacées, et que les lignes au contours ne sont pas trop rapprochés. Quand les figures d’un dessin, au lieu d’être espacées, sont, au contraire, sous forme de rayons ou bandes rapportés parallèlement, on fournit la couleur à la planche avec moins de peine et plus d’économie. Si l’on veut, par exemple, imprimer six couleurs, on place chacune d’elles dans un des compartiments d’une petite caisse, où on les prend à l’aide d’un rouleau, sur lequel on a creusé des échancrures qui correspondent aux. cloisons de ces compartiments, et avec lequel on les transporte sur le châssis, revêtu de bandes de carton imperméable, d’une largeur égale à la distance qui doit séparer les