CYLINDRES GRAVÉS EN CREUX
dans le sens du contour : on sent qu'alors il doit y avoir entre le rayon du cylindre et la longueur du poinçon, prise depuis le centre de Taxe, qui le porto jusqu'à l’extrémité gravée, le môme rapport qu’entre les roues d’engrenage, sans quoi il en résulterait un glissement du poinçon contre la surface du cylindre, qui ne permettrait pas d’avoir une empreinte nette.
» Le cylindre ayant achevé une révolution, l’outil se porte de lui-même vis-à-vis une autre rangée qu’il exécute de même , et ainsi de suite jusqu’à l’autre bout. Pour qu’il y ait exactitude dans l’espacement des coups de poinçon , il faut que la denture des roues d’engrenage ne permette aucun jeu : Wliite y a employé sa denture en hélice. On aura remarqué que le bout du poinçon destiné à être gravé doit être de forme cylindrique concave, afin de s’appliquer exactement, dans tous ses points, sur la surface du cylindre.
Quand le dessin le comporte, on grave plusieurs poinçons à l’aide desquels on fait des rentrures; il y en a jusqu’à vingt dans certaines gravures, dit M. Persoz, et alors, quand le rouleau a été poinçonné, on le polit à la pierre ponce d’abord, pour faire disparaître la refoulure du métal, et ensuite à la pierre d’ Orient , pour enlever le» dernières aspérités. Les frais de gravure de ces rouleaux vont à plus de mille francs.
» 2° Gravure à la molette. — C’est aux graveurs anglais Perkins, Fairman, Heath, Loquet, qu’est due la découverte de la gravure à la molette, qui jie fut connue et adoptée en France que beaucoup plus tard. M. Haussmann , dès 1822, avait tous les rouleaux de son établissement de Logelbach gravés à la molette; cette même année, MM. Kœklin frères importèrent d’Angleterre ce procédé, que chacun s’empressa d’adopter.
Cette gravure, qui s’exécute maintenant avec une grande perfection, sans faire abandonner complètement la gravure au poinçon, la remplacera généralement pour les dessins con-
tinus, à points groupés, à palmes larges; elle sera encore adoptée par raison d'économie, car ce mode, extrêmement prompt, permet d'avoir la gravure d’un cylindre pour 300 à 400 fr., tandis que la même gravure, exécutée au poinçon , coûte de 500 à 700 fr.
» Nous n’expliquerons pas ici complètement le procédé de graver sur la molette, et d’en tirer des empreintes : nous le donnerons au Vocabulaire. Ce procédé, d’ailleurs, ne diffère pas essentiellement de celui de la gravure dés poinçons, des coins à frapper la monnaie, les médailles; il consiste à graver en creux un petit cylindre miniature , qui prend le nom de molette , dont le dessin est transporté en relief sur une autre molette, et de cette dernière sur le rouleau, au moyen du tour à graver. Disons seulement ici que la molette matrice, ainsi que celle destinée à graver le cylindre, doivent être d'acier fondu de première qualité, et avoir un diamètre dans un rapport exact avec celui du cylindre.
» Pour exécuter la gravure d’un cylindre à la molette, on a une machine analogue à celle dont on se sert pour graver au poinçon : celui-ci est remplacé par la molette, qu’on presse fortement contre le cylindre, à l’aide de deux leviers tellement combinés, qu’on puisse, avec un poids de 8 à 10 kilog., exercer une pression de 12 h 15000 kilog., suivant la dimension de la molette, la profondeur de la gravure et la dureté du métal. Cette molette est disposée de manière à ce que son axe prenne, au besoin, üne position parallèle, oblique ou perpendiculaire à celui du cylindre, pour pouvoir graver annulairement en hélice ou dans le Sehs longitudinal. Pour conserver h la molette et au cylindre le mouvement simultané, leurs axes portent des roues d’engrenage qui les y assujettissent.
» 3° Gravure à Veaiir-forte. — Cetto gravure s’exécute comme celle en taille-douce. Le cylindre étant entièrement recouvert d’une couche de vernis gras et opaque , est plàeé