‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 22 sur 156 · DE L’ATELIER ET DES AUTRES OUTILS · texte numérisé non relu

DE L’ATELIER ET DES AUTRES OUTILS

tures solides, une très-forte traverse en bois, qui sert de point d’appui au levier dont nous allons parler, et dont l'ouvrier fait continuellement usage pour imprimer. Ce levier , qui a ordinairement 2 mètres 1/2 (environ 8 pieds) de long, sert à comprimer plus ou moins fortement la planche, ce qui est préférable au maillet qu’on employait autrefois, et qu’on emploie encore dans quelques fabriques , et qui a de grands inconvénients, que nous détaillerons dans l’art de fabriquer le papier peint , qui se trouve à la suite de ce Manuel. Il a aussi à. côté de lui un tasseau qu’il pose sur la planche, au-dessous du levier, et qui lui donne le moyen de la faire appliquer partout également sur la toile. (Voyez Tasseau an Vocabulaire.)

Des tablettes sont disposées auprès de l'ouvrier, sur lesquelles il place les tamis , les planches et les autres outils dont il peut avoir besoin.

Indépendamment de cet atelier, il y en a plusieurs autres : i° celui du dessinateur ; 2° celui des graveurs ; 3° celui de l’impression au rouleau ; 4° celui des cuves et des fourneaux, etc. Il faut encore qu’ou y trouve un laboratoire convenablement disposé , où le chef qui dirige les travaux puisse exécuter la plupart des opérations chimiques, et toutes les épreuves sur les mordants et les teintures. C'est de ces recherches que sortiront tous les procédés qu’il pourra faire exécuter en grand, lorsqu’il eu aura constaté en petit la bonté et la solidité. À l’aide de ce laboratoire, un bon fabricant, qui s’est adjoint un habile chimiste, peut, sans danger pour sa fortune, se livrer à des recherches utiles, puisqu’il n’opère que sur des quantités très-petites; tandis que, quelles que fussent ses connaissances, s’il commençait par exécuter en grand les innovations que le raisonnement et la réflexion lui auraient suggérées, il courrait risque de se ruiner entièrement.

Observations sur les ateliers d'impression. — Les dimen- Mtoffes imprimées. 5

sions de cet atelier sont en rapport avec le nombre des machines consacrées à l’impression , et leur emplacement est quelquefois déterminé par le moteur affecté à la marche de ces dernières. Des fabricants ont pensé qu’il importait que ! ces ateliers fussent situés sur un point isolé de l’établissement, et bien éclairés ; mais, dans ces conditions, leurs ma^ chines ont toujours moins bien fonctionné que celles qui se trouvent dans le voisinage des ateliers de teinture, et dans les lieux humides. Sans doute, il faut de la lumière; mais il faut, avant tout, se garantir autant que possible, de l’influence des variations atmosphériques, et pouvoir à volonté saturer l’air d'humidité, tout en maintenant la température à un degré constaut.

C’est au fabricant intelligent de préciser le degré de chaleur et d’humidité qu’il convient de donner à l’air de l’atelier pour l’impression de telle ou telle couleur, sur tel ou tel tissu. Ou règle la température à l’aide de thermomètres qu’on place à la partie supérieure et à la partie inférieure de la salle, et qui en fout connaître la moyenne. Quant à l’humidité, on se sert, pour la déterminer, d'un hygromètre à corde, en coton, qui traverse tout l’atelier, et qui est doué de toute la sensibilité désirable. Au milieu de la corde est suspendu un indicateur en fer, de la forme d’une aiguille, et assez lourd, qui s’élève et s’abaisse selon le degré de tension que fait éprouver à cette corde le milieu humide dans lequel elle est placée. Il y a des fabricants qui, pour maintenir l’air constamment sur-saturé d’humidité, ou répandent de l’eau à la surface du sol , ou tendent des toiles d’emballage mouillées à la partie supérieure de l’atelier, ou bien, plaçant une chaudière au milieu de la salle, y font bouillir de l’eau qui se réduit en vapeur. De tous ces moyens, le plus avantageux est sans contredit celui qui consiste à tendre des toiles humides, auxquelles l’air ne prend que la quantité d'eau (jui lui est nécessaire; car l’emploi de la vapeur donne lien

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