MANIÈRE D’IMPRÉGNER LES ÉTOFFES DE MORDANTS
La nature des principaux mordants étant connue, est-il indifférent d’employer telle ou telle combinaison saline pour èn rendre la base adhérente aux tissus? Il y a dans cette question deux points a considérer, dit M. Persoz : le premier, c’est qué le fabricant ne doit jamais' perdre de vue , dans les opérations pour lesquelles il juxtapose un mordant sur une étoffe, le rôle chimique que ce mordant une fois fixé doit remplir en présence de la matière colorante. Supposons, par exemple, qu’au lieu d’avoir mis en liberté sur l’étoffe de l’alumine hydraté dans cet état où elle a toutes ses propriétés chimiques, on l’y ait par le fait déposée dans cette ihodilication isomérique ou elle a perdu momentanément toute aptitude à se combiner, on aura manqué son but, et une étoffe ainsi mordancée ne se teindra pas. Le second, c’est que l’éclat et l’intensité de la couleur qu’on obtient d’un mordant dépendent de la manière dont ce mordant est mis en liberté, et passe à l’état insoluble sur la fibre pour s’y juxtaposer. Ainsi, qu’on prépare de l’hydrate alumiuiquë avec toute précaution; qu’on en dessèche une partie lèntement et l’autre brusquement, on obtiendra dans le premier cas une masse cohérente d’aspect corné, dans le second cas, une masse terne, et ces deux résidus, plongés dans une solution de matière colorante de garance pure, se teindront : l'un en rouge presque brun, l'autre en rouge terne et pôle. Il importe donc de rechercher parmi les combinaisons > salines celle qui cède le plus facilement à une étofTe la base qu’elle renferme et qui est appelée à jouer le rôle de mordant, en conservant à cette base tout son pouvoir chimique et l’état physique le plus favorable à la réflexion des rayons lumiueurf.
S 2. DE LA MANIÈRE D’iMPRÉGNER LES ÉTOFFES DE MORDANTS.
Nous avons dit au commencement de ce paragraphe que les mordants doivent être épaissis, lorsqu’il s’agit de l'impression Etoffes imprimées. 6
62 première partie.
des toiles, afin que les planches ou les cylindres gravés qui doivent les fixer sur les places que les dessins déterminent, puissent les y déposer sans bavures. Mais on a fait de nos jours un emploi très-utile des mordants pour la teinture entière des pièces qui servent de fond à certaines toiles peintes; on verra plus bas comment on parvient à porter sur ces fonds des couleurs naturelles et variées : il ne s’agit ici quo de la préparation de ces toiles par l’application du mordant qui convient à la couleur uniforme que l’on veut obtenir.
C'est à l’aide d’une mécanique ingénieuse imaginée en Angleterre, et qui a été parfaitement décrite par feu M.Molard, qu'on passe les pièces, grillées d'un seul côté, lorsque la teinte doit être générale, dans un mordant qui les dispose à prendre le fond de couleur qu’on veut avoir. C'est cette description, traduite de l’anglais, que nous allons transcrire.
« Cette invention se fait, ditM. Molard, dans une auge en bois A, pl. I, fig. 9, au fond de laquelle se trouve un rouleau de renvoi B, et au moyen de deux cylindres C, D, en cuivre jaune, superposés comme dans un laminoir, trèspressés l’un contre l’autre, dont le supérieur D est enveloppé à plusieurs doubles d’une toile fine. Les pièces de toile à imprégner, à la suite l’une de l’autre, au nombre de 4, 5, 6, plus ou moins, sont roulées sur un treuil à rebords ou grande bobine E, qu’on place au-dessous de la machine à imprégner Le bout de la toile, après trois ou quatre enlacements h travers des barreaux de bois E, pour la faire tendre et étendre, va passer, sous le rouleau B du fond de l’auge A, où, après avoir été imbibée parle mordant liquide a, b , et l’avoir introduite entre les cylindres de cuivre C, D, on la fait circuler en tournant ceux-ci dans le sens convenable e* .lentement, afin de donner à la toile le temps de s'imbiber. La toile éprouve, entre les deux cylindres de cuivre, une pression qui, tout en l’égouttant, fait pénétrer le mordant dans les fils du tissu. La toile se roulé enfla sur une se»