‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 27 sur 156 · IMPRESSION A L'AIRE RES PLANCHES · texte numérisé non relu

IMPRESSION A L'AIRE RES PLANCHES

conde bobine G, semblable à la première, qu’on place sur le cylindre supérieur même. Cette bobine G porte une manivelle placée à l’extrémité de son axe ; un ouvrier la met en mouvement, et attire ainsi à lui la pièce au fur et à mesure qu’elle se déroule de dessus la bobine E.

» Nous avons déjà dit qu’on ne fait subir cette opération qu aux toiles dont le fond doit recevoir une teinte générale. Nous expliquerons plus tard comment on l’enlève dans les endroits qu’on veut faire revenir blancs, ou d’une autre couleur , pour former des dessins; mais ces toiles, ainsi que celles qu’on imprime sans cet apprêt, sont soigneusement épluchées, épincetées, brossées et grillées d’un seul côté, avant d’être livrées à l’impression. »

§ 3. re l’impression a l’aide des planches. •

L’ouvrier, aidé de l’enfant qui le sert, et qu’on nomme tireur, place la pièce de calicot sur un banc disposé au bout de la table que nous avons décrite. Chapitre II , § 5, ils en étendent le bout sur cette table, et se disposent au travail. Le tireur, après avoir bien tendu le bout de la pièce sur toute la longueur de la table, passe à côté du baquet; il prend, avec une brosse, dans le vase qui est sur sa droite, un peu de mordant suffisamment épaissi; ill’étend sur le fond du tamis , aussi uniformément qu’il lui est possible. Il a même pris la précaution, avant de commencer l’impression, de bien imbiber de mordant toute l’étendue du tamis.

L’ouvrier prend alors d’une main la planche gravée, et l’appuie légèrement sur la surface du tamis, de manière à ce que les traits du dessin prennent une suffisante quantité de mordant. Lorsqu’il juge que la planche en est convenablement chargée, il l’applique sur la toile, et frappe sur la planche avec un maillet, un ou plusieurs coups, plus ou moins forts, suivant que le dessin l’exige. Il se sert aveo

plus davantage du levier , comme nous le démontrerons dans l’art d’imprimer les papiers peints. Comme la planche n’a pas assez d’étendue pour couvrir en une seule fois toute la largeur de l'étoffe, il a soin de la poser la première fois de manière que les deux repères du côté soient dans une ligne parallèle à là lisière ; et par ce moyen les deux du bout se trouvent parallèles au chef de la pièce ; alors à la seconde pose, en allant d’une lisière à l’autre, il place les deux repères qui étaient du côté de la lisière, c’est-à-dire à gauche, sur les deux repères à droite, et il continue de môme jusqti’à ce qu’il soit arrivé au bord de l’autre lisière.

Aussitôt que le tireur s’aperçoit que l’ouvrier a terminé eette rangée, il tire la pièce en dehors, afin de présenter à l’imprimeur la toile à imprimer, en place de celle qu’il vient d’imprimer. Cette môme manipulation a lieu jusqu’à ce que la pièce soit totalement imprimée. Le tireur a sojn de ne pas laisser traîner la pièce par terre , et de ne pas la plier l’une sur l’autre que le mordant ne soit entièrement sec* Pour cela, il la pose au fur et à mesure sur des bancs ou tréteaux qui la supportent en l’air. Il la porte ensuite sur l’étendoir, de la même manière qu’on le verra pour le papier peint, jusqu’à ce que l’impression soit parfaitement sèche. Il est important que la dessiccation soit parfaite avant de faire une autre opération sur la même toile.

§ 4 . DE L’OPÉRATION Dit RENTRAGE.

Nous avons supposé jusqu’ici que l’étoffe ne devait avoir qu’une couleur, et que, par cette raison, on ne devait imprimer qu’un seul mordant; mais ce cas est très-rare : l’indienne a presque toujours plusieurs couleurs , ou plusieurs nuances de la même couleur : par exemple, du noir, plusieurs rouges, plusieurs jaunes, plusieurs violets, etc.; alors il faut donner autant de mordants qu’il y a dè couleurs diffé-

OPÉRATION DU RENTRAGE. Ô5

rentes qui doivent être rentrées dans la première planche appelée planche d’impression. Cette manipulation se nomme rentrage, et s’exécute au moyen de planches qu’on désigne sous le nom de rentrures. Ces planches sont gravées sur les mêmes dessins que les planches d’impression; mais la gravure ne porte en relief que les parties du dessin réservées par les premières planches. Il est par conséquent indispensable que ces planches aient entre elles des rapports trèsexacts, jjin que les couleurs que les mordants détermineront soient renfermées dans les limites que le dessin prescrit. Cette exactitude s’obtient à l'aide de repères que portent les planches appelées rentrures. Ces repères, au nombre de deux ou trois au moips, doivent être posés sur un bout de feuille, ou sur une tige , afin qu’ils ne paraissent pas lorsque l'ouvrage est terminé.

Le défaut que nous avons signalé plus haut se rencontre très-souvent dans les indiennes communes ; il est un témoin irrécusable de la vitesse avec laquelle ou travaille, et accuse sans cesse le manufacturier du peu de soin qu’il apporte à, sa fabrication.

L’on distingue plusieurs sortes de rentrages : 1° celui que nous venons de décrire pour les mordants; 2° celui pour les couleurs d'application; 3° celui pour l’application des rouges;- 4° celui pour l’application des réserves. Nous traiterons de chacun de ces rentrages dans les chapitres suivants.

§ 5. DE l’impression par le cylindre, pl. 2, fig. 7.

Nous avons décrit, Chap. 2, § 4, la machine qui, porte le cylindre gravé, et qui sert à. l’impression des toiles. La machine disposée comme nous l'avons dit, on remplit à moitié le réservoir ou auge B du mordant que l'on veut imprimer sur la toile qu'on a placée sur le rouleau ou bobine L, que

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Ton a suffisamment gênée par un frein, ou simplement par un poids suspendu à une corde pressant sur une poulie h gorge (pie porte son axe, et ipii rend cette bobine un peu dure à tourner. Le bout de cette pièce, qui est cousu à l'extrémité d’une toile grossière qui enveloppe les cylindres dii séchoir (fig. 10, pl. 2), et que nous décrirons dans le paragraphe suivant, s’enroule sur le cylindre F, mis en mouvement par un ouvrier, attire continuellement la pièce de calicot, qui se trouve suffisamment imprégnée du mordant qu'on a eu intention d’imprimer; elle est alors parfaitement séchée.

On ne saurait contester h l'impression par le cylindre l’avantage d’économiser beaucoup de temps et de travail, et do rendre les dessins bien plus corrects que par les moyens ordinaires. L’impression 4’une seule couleur sur calicot, dit Vitalis , exigeait trois heures pour une seule pièce , à un homme et à un enfant, et il en fallait au moins six pour imprimer deux couleurs, tandis (Ju'au moyen du cylindre gravé, l’opération s’exécute en trois ou quatre minutes, et beaucoup mieux que par les procédés anciennement connus.

Nous ne parlerons pas ici en détail de la planche plate dont on ne se sert presque plus depuis qu’on fait usage du cylindre gravé; nous dirons seulement qu’elle ne diffère du cylindre qu’en ce que le dessin, au lieu d’étre gravé sur ùnë surface convexe, est tracé sur une surface plane de cuivré rouge par le graveur en taille-douce. Du reste, l’impression s’exécute de la même manière quü la gravure ordinaire, à l’aide de la presse. Lâ planche pfaté ne sert, èomme le cylindre , que pour les fonds blancs et les camaieux ; mais l’impression au cylindre est plus expéditive et généralement préférée, quoiqu’elle exige des mises dé fonds plus considérables.

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