‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 28 sur 156 · DO SÉCHAGE · texte numérisé non relu

DO SÉCHAGE

§ 6. DD SÉCHAGE, pl. 2, fig. 10.

Nous avons dit qu’au fur et à mesure que l’imprimeur a appliqué le mordant sur la pièce de calicot, il doit la laisser sécher dans l’atelier d’impression avant d’y appliquer successivement tous ceux qui doivent suivre, afin que ces mordants ne se combinent pas entre eux, et ne se mêlent pas de manière à donner dans le bain des couleurs différentes de celles qu’on veut obtenir. Ce séchage lent présentait souvent des inconvénients et des difficultés pour achever les pièces qui sont obligées de recevoir l’application de plusieurs mordants successifs.

Depuis quelques années, on a imaginé un séchoir à la vapeur, qui opère en même temps qu'on imprime le mordant. Ce séchoir, qui fut admis à l’exposition, au Louvre, en 1827, est représenté par la fig. 10; il est dû au génie inventif des Anglais. Nous en transcrivons la description donnée par feu M. Molard.

« Cet appareil est composé de treize cylindres creux, placés Sur deux rangs l'un au-dessus de l’autre. Ces cylindres ont chacun 325 à 369 millim. (12 à 14 pouces) de diamètre, et environ l m .50 (4 à 5 pieds) de long , dans chacun desquels la Vapeür arrive d’une chaudière par un tube ajusté au centre de l’un des fonds des cylindres, portant une douille qui lui Sert d’axe ; ce tube et cette douille sont réunis par nne boîte â étoupe, qui, tout eh fermaht hermétiquement le joint, permet cependant aux cylindres de tourner sur eux-mêmes.

» Chacuh des 13 cylindres, dont 6 Forment la rangée inférieure , et 7 la rangée supérieure , porte , contre le fond opposé à celui par où l’on admet la vapeur, des roues d’engrenage placées dans le même plaû vertical, et qui, engrenant l’uhfe dans l’autre , se transmettent successivement le thouvement que le cylindre reçoit du moteur même qui fait

mouvoir les cylindres d’impression, par le moyen d’un arbre vertical et de roues d’engrenage d’angle. Les fonds des cylindres à vapeur, du côté par où elle est admise, sont munis de petites soupapes c , qu’on nomme reniflards , tenues légèrement appliquées en dedans de ces fonds par un ressort à boudin. L’objet de ces soupapes est de prévenir les accidents qui pourraient résulter du vide formé dans l’intérieur des cylindres par la condensation de la vapeur, en y admettant l’air atmosphérique aussitôt que la pression extérieure est plus forte que la pression intérieure.

» Sur le fond opposé , et en dedans du cylindre , est appliquée de champ une bande de cuivre façonnée en S, égale au diamètre du cylindre, et ayant 27 millim. (1 pouce) de large ; elle recueille, en tournant avec le cylindre, l’eau de condensation qui se forme, vers ce bout, par une pente presque insensible, et qu’elle jetfe par le centre à travers l’axe percé du cylindre, aboutissant à un tube qui la porte à un réservoir commun.

» La rangée inférieure de ces cylindres est tenue par deux supports en fer, maintenus à distauce par des entretoises en fer, et la rangée supérieure, par des poupées fixées sous ces mêmes supports. La toile, sortant d’être imprimée, vient passer sous le premier cylindre de l’appareil dont elle embrasse le contour supérieur; elle redescend ensuite pour embrasser de même le contour inférieur du premier cylindre de la rangée de dessous, ainsi de suite jusqu’au dernier de la rangée supérieure, où elle s'enveloppe sur un rouleau P, placé et maintenu au-dessus de ce cyfindre par des fourchettes en fer, dans l’intérieur desquelles ses tourillons peuvent s'élever au fur et à mesure que la toile, en s’enroulant, augmente son diamètre.

» Nous ferons remarquer ici que pour tendre la toile sur tous ces cylindres, et l’y faire appliquer avec force, on fait le dernier cylindre un peu plus gros que les autres ; alors

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Pexcès de son diamètre, et par conséquent du développement de sa circonférence, exercera le tirage dont nous parlons. On conçoit, du reste, que la machine ne doit pas s’arrêter tant que la toile y est engagée, parce que celle-ci se trouverait plus séchée dans des endroits que dans d’autres; on conçoit encore qu’à la dernière pièce qu'on passe doit être attachée une pièce d’amorce, en vieille toile, dont la longueur est suffisante pour aller depuis la machine à imprimer jusqu’au rouleau P de l’appareil, de môme qu’on en doit coudre une semblable et d'égale longueur au commencement des pièces, et avant de les faire passer sous le cylindre gravé A (fig. 7), avant de commencer l’impression. »

Les pièces sont assez sèches alors pour recevoir sans danger les autres mordants qu’on doit leur appliquer par l’opération du rentrage, que nous allons décrire ; mais elles ne le sont pas assez pour les disposer pour les bains , c’estrà-dîre pour le garançage et lé gaudage, etc. On doit les laisser sécher à l’air, pendant plusieurs jours, avant de les porter à l’étuve, parce qu’il est reconnu : 1° que lorsqu’on a employé l’acétate d’alumine pour mordant, une haute température précipite l’alumine dans une solution de ce sel, ce qfui est la cause de tous les inconvénients qui arrivent souvent/ èt ce qui produit ces diverses nuances dans les jaunes et les rouges garancés; 2° que le fer est à l’état d'oxyde noir dans une solution acide, mais qu’en la laissant exposée à l’âir, elle en absorbe l’oxygène, et qu’il arrive par degré à l’état d’oxyde rouge ou peroxyde, état le plus propice quand on l'emploiè comme mordant en teinture.

Iî ést donc indispensable de laisser parfaitement sécher én plein air les toiles imprégnées de mordant, avant de les ëxposér dans l’étuve; on sera sûr alors d’obtenir des couleurs plus belles et plus solides. L’expérience a prouvé {Essais chirhiques , tom. 2, 12 e essai } que pour l’emploi d'acêtatè d'alumine / il faut laisser sécher à l’air, pendant

48 heures, et laisser ensuite le calicot dans l’étuve pendant au moins 24 heures ; et pour l’emploi de l’acétate de fer, les laisser d’abord sécher à l’air pendant 5 ou 6 jours , au moins, puis les exposer dans l’étuve pendant plus ou moins longtemps, selon les circonstances, mais ne pas les y laisser plus de 24 heures. La température de l’étuve doit être de 32 à 33° centigrades. L’action de la chaleur, dans l'étuve, fait évaporer les acides employés dans la préparation des mordants qui pourraient altérer l'étolTe, et tend à fixer leur base dans toutes les fibres du tissu.

§ 7. du fumage ou bousage; théorie du fixage

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