RAPPORT SUR LES PRODUITS EN CAOUTCHOUC.' Ï
a recouvrant l’une des surfaces ou toutes deux avec du caoutrouc vulcanisé , combinant avec des matières colorantes issant les libres des tissus ou des matières filamenteuses i j, etc.
xpport fait par M. Jacûuelain, à la Société d’ Encouragerhent, au nom des comités des arts chimiques et des arts • économiques réunis, sur la fabrication des produits en \ caoutchouc de M. Fritz-Sollier.
48. § 1. La Société se rappelle que, en 1830 et 1834, les mités des arts chimiques et mécaniques lui ont présenté ux rapports sur l’industrie du caoutchouc. Le premier a ; rédigé par Labarraque, pharmacien distingué , lauréat votre Société, avant d’appartenir à son conseil, et pratin habile dans la science de l’hygiène. Ce travail rendait npte, avec une discrétion honorablement motivée, de la facation des étoffes doubles, maintenues adhérentes entre 3S et devenues imperméables à la faveur d’une dissolution caoutchouc. Ces étoffes avaient été présentées par MM. ibal etRattier, auxquels on doit l’importation de cette initrie.
.e deuxième rapport, relatif aux tissus élastiques de MM. ibal et Rattier, faisait connaître les manipulations par lesfelles devait .passer le fil du caoutchouc pour être revêtu coton, de laine ou de soie, et être ensuite livré au métier sser, afin d’en former divers objets , tels que sangles, itures, bretelles et jarretières. Ce deuxième rapport a été senté par Louis-Benjamin Francœur, homme dont le ta- £. élevé fut toujours empreint de bienfaisance et d’équité, ix-neuf années se sont à peine écoulées depuis cette der- ’e époque, et déjà on a vu surgir, principalement en Améle, en Angleterre et en France, de nombreux inventeurs t les recherches persévérantes ont fait du caoutchouc, (rsement préparé, une des plus intéressantes et des plus ieures matières que le règne végétal nous ait produites, les applications du caoutchouc s’étant donc multipliées B rapidité, votre rapporteur a dû parcourir tous les bre- ] anglais et français délivrés jusqu’en 1852, afin de met- ■yotre comité en mesure de formuler une opinion inconxble sur les procédés de fabrication et les produits que Sollier a soumis au jugement de votre Société, n conséquence, nous aurons donc l’honneur de vous déi|e cette industrie telle que M. Sollier la pratiquait à son p e deSurènes, près Paris, vendue en 1852- à MM, Guihal,
rue Vivienne, puis nous essaierons de mettre en relief le points de cette fabrication qui méritent, par leur importance d’être signalés à votre attention.
§ 2. Le travail générai du caoutchouc, auquel ont assist les membres des comités des arts économiques et des arl chimiques réunis, comprend quatre fabrications principale autour desquelles viennent se grouper tous les produits v£ riés, livrés actuellement au commerce.
Nous avons donc à vous entretenir successivement : 1° d la fabrication des étoffes rendues imperméables à l’aide d caoutchouc. * ,
2° De la fabrication des feuilles de caoutchouc pur volet nisées (1) au bain de soufre. ,§
3° De la fabrication des feuilles de caoutchouc sulfuré' par incorporation et volcanisées en vase clos.
4° De la production du caoutchouc en feuilles à la fois su furées et colorées par incorporation ; puis volcanisées en va clos.
5° Enfin, de la composition du vernis au caoutchouc.
Pâte de caoutchouc épurée. — Examinons d’abord la pr paration de la matière épurée, désignée sous le nom de pt de caoutchouc, et de laquelle dérivent tous les autres pi duits.
§ 3. Que le caoutchouc nous arrive des Indes , de Guyane ou du Brésil, il est indispensable de lui faire su! les opérations du découpage et du laminage en préser d’un fdet d’eau, afin de le débarrasser de la majeure par des corps étrangers de nature minérale ou végétale qui s’ tachent au suc récolté pendant son exposition à l’air .
Si l’on opère sur des blocs de caoutchouc, on comme) à les débiter en plaques de 5 millim. d’épaisseur environ, présentant cette masse perpendiculairement au bord mi) et tranchant d’un disque en acier, mû eirculairement a une grande vitesse autour d’un arbre horizontal en for Le filet d'eau qui tombe sur ce disque n’a d’autre effet « que celui de refroidir constamment le disque, le caoutch et de faciliter l’action du tranchant.
Si le caoutchouc se trouve au contraire, en morceaux an J cis déjà comme du gros cuir, on se contente de le lami • plusieurs fois entre des cylindres horizontaux, animés c t mouvement de rotation égal et constamment arrosés d' froide qui détache et entraîne les matières terreuses.
(i) Le rapporteur emploie le mot volcnnisé pour vulcanisé , et il eu donne le? V sons dans une note. Une autre note fait ressortir, par d'autres motifs, le danger y a d'altérer ainsi les mots 6aus uécessité absolue- (Voyez plus bas.)
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Le caoutchouc présente alors l’aspect d’une feuille de pa- ,er lacérée ou criblée de trous irréguliers. Cette division :célère l’action des dissolvants sur le caoutchouc, toutefois, irès qu’il a subi une dessiccation spontanée à l’air.
§ 4. L’épuration mécanique étant terminée, on introduit K) kilogram. de caoutchouc et 400 d’essence de térébenline rectifiée dans des caisses carrées, ayant 80 centim. de dé et faites en bois doublé de tôle fortement étamée. On *osse de temps en temps. Vingt-quatre heures suffisent ornairement pour que l’essence, en pénétrant le caoutchouc, désagrège, le gonfle et l’amène à l’état de gelée très-con- ;tante.
Cette masse pâteuse est alors placée dans les divers comrtiments de paniers en tôle étamée, mais dont le pourtour lindrique, les bases ainsi que les diaphragmes sont criblés trous. On superpose ensuite ces paniers au nombre de it, dans une colonne en cuivre, laquelle communique, par bas, avec le col d’une chaudière, et, par le haut, avec un îpiteau suivi de son serpentin.
deux réservoirs, l’un rempli d’eau et l’autre d’essence, nentcnt la chaudière à mesure que les deux liquides dont b est chargée d’abord se réduisent en vapeur, et que cel- -ci se condensent dans le serpentin, après avoir passé et ;ulé à travers tous les paniers en caoutchouc, eu bout de deux heures, l’équilibre de température s’est bli dans toute la masse de caoutchouc pâteuse ; par suite, fluidité a augmenté, mais pas assez pour que la matière sse s’écouler à travers les trous du diaphragme, rrivé à ce point, il faut transporter aussitôt la matière s la boite d’une presse à vermicelle; au fond de cette e, on place d’avance quatre à cinq toiles métalliques, it quelquefois la finesse du n° 100 ; et là, sous l’effort piston, la pâte de caoutchouc, encore chaude, s’écoule (tiée de tous les corps étrangers qui ont été retenus par oiles métalliques. Les caisses destinées à l’entrepôt de î pâte sont carrées, construites en bois, doublées de ferle, et présentent une capacité d’environ 80 centimètres 1s.
5. Etoffes imperméables. — Lorsqu’on se propose d’im- ! îéabiliser un tissu avec cette pâte de caoutchouc, il subie tendre une longueur d'étoffe de 33 mètres sur deux a jours en bois, mus par une manivelle; de proportionner é tisseur de chaque couche à donner, d’après l’intervalle qu sépare l’étoffe d’une règle transversale en fer que l’on
peut maintenir fixe à toutes les distances et toujours parai lèle à l’étoffe.
Ensuite un ouvrier verse directement, ou par une trémfi sa pâte le long de la règle sur l’étoffe, tandis qu’un auti homme, au moyen de la manivelle, déplace l’étoffe en la fa sant glisser sous la pâte et la règle dont le bord inférieu légèrement arrondi et bien droit, étale la matière en coi che uniforme et aussi mince qu’il est nécessaire. Une étof peu chargée reçoit ordinairement cinq à huit couches; cel qui doit l’étre davantage en reçoit jusqu’à quinze.
Pour réaliser une adhérence parfaite de toutes les couche pour éviter, en outre, le toucher poisseux et les petites son tlures dues quelquefois à l’air'emprisonné ; enlin pour q le tissu perde le plus promptement possible l’odeur de l’< sence, il est indispensable d’attendre l’entière dessiccati de chacune des couches avant d’appliquer la suivante. Ha) luellement, il faut dix minutes pour étendre une couct et dix à quinze minutes pour la sécher.
Si l'on voulait enduire de caoutchouc l’endroit et l’env d’une étoffe, il faudrait abondamment saupoudrer avec talc tout le coté de l’étoffe qui a reçu l’enduit, la retour) sur les tambours et recommencer sur l’envers la même apj cation de caoutchouc.
Souvent, on doit préparer deux étoffes réunies et soud par du caoutchouc. Dans ce'cas, il faut appliquer seulem une ou deux couches sur l’une des étoffes; quand la des; cation est achevée, on la transporte sur un rouleau, on p l’autre étoffé sur les tambours afin delà recouvrir de si I huit couches, et l’on rapproche les surfaces passées au ca< I chouc en appliquant l’extrémité de la première pièce su) seconde.
A mesure que l’on fait tourner ensuite la manivelle, J toffe à huit couches se déplace, entraîne la première et S termine ainsi la superposition avec un commencement dl hérence. Afin de rendre cette réunion stable et parfaite I se contente de passer enfin l’étoffe entre les cylindres <lj laminoir.
§ 6. Feuilles de caoutchouc pur. — Nous venons de II que la fabrication des étoffes imperméables est mie opér;ï calquée, sauf de légères modifications, sur la préparatioi fi toiles adhésives de diapalrne et de diachijlum exécré depuis longtemps en pharmacie. Supposez maintenant, c M lieu de faire adhérer du caoutchouc à une étoffé, on se pose d’obtenir une feuille de caoutchouc de 30 mètre d0 long, sur lm.30 de largeur et 1 millim. d’épaisseur; l’<û'J
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ors est remplacée par une toile à tendre, sur laquelle on ipose une ou deux couches de pâte de farine; dès que l'endt est sec, on procède comme par les étoffes imperméaes, en observant toutes les précautions déjà mentionnées. Le nombre des couches de caoutchouc s'élève ordinaire- 3nt à 40 par millim. d’épaisseur. Une couche s’applique en X minutes, et demande à peu près vingt-cinq minutes pour dessiccation. La nappe de 30 mètres exigerait donc 24 ures pour se terminer; mais comme la dessiccation des iches se ralentit un peu à mesure que la nappe augmente épaisseur, on compte sur 48 heures pour obtenir une feuille | caoutchouc compacte et bien homogène. Observons toul'ois, que l’adhérence de la première couche de caoutchouc jur la colle de pâte étant moindre que celle du caoutchouc |ur lui-même, il en résulte que la feuille- peut se détacher fond qui la supporte sans la moindre déchirure, surtout |ind on humecte légèrement le dessous de la toile sans
|LTn seul inconvénient se présente, et M. Sollier a su le Ire disparaître avec succès. En effet, quelque soin que l’on 5 tte à préparer et à étendre la colle de farine , la surface de jjtoile ainsi collée présentait des sillons et des aspérités dont caoutchouc recevait l’empreinte par sa surface inférieure, ||par suite, la feuille n’était lisse que d’un seul côté. Mais si ji i étend d’abord sur la toile de fond, un mélange de colle, (farine et de mélasse, et que l'on le recouvre ensuite de 1! sieurs couches avec un mélange de colle-forte et de méijse, on possède alors un lit toujours souple et d’un beau tcé qui permet d’obtenir des feuilles parfaitement lisses j deux côtés.
’outes les manipulations que nous venons d’énumérer revement à la préparation des feuilles de caoutchouc pur l tpliquent également soit à la fabrication des feuilles de ; utchouc sulfurées par incorporation, soit à celle des feuil—
, de caoutchouc à la fois sulfurées et colorées dans leur sse. •
: 7. Feuilles cle caoutchouc sulfurées et colorées par in- } poration . — On comprend qu’il faut dès lors pour les imières mélanger à la pâte simple de caoutchouc, une cert-ie proportion de soufre; et pour les secondes, y introlre en même temps le soufre et les matières colorantes.
.'état de division delà fleur de soufre sert merveilleusennt pour cette opération, lorsqu’on emploie ce corps bien e mpt d’acide sulfurique et bien desséché. Quant aux aut s matières pulvérulentes, l’absence d’humidité ainsi que
la ténuité de leurs molécules sont autant de conditions il dispensables au succès de la fabrication.
Ainsi donc, suivant que la pâte à caoutchouc devra êt grise, blanche, bleue ou rouge, on aura recours seuleme au soufre ; ou bien à l’outremer artificiel, au vermillon m langé de soufre et d’oxyde de zinc. Mais la consistance gél tineuse de la pâte épurée et sa viscosité n’admettaient p d’appareil plus efficace que la broyeuse à cylindres plei) mue par la vapeur pour effectuer le mélange parfait des m tières.
Ce dernier travail nécessite une première passe qui du une heure environ pour un volume de pâte de 60 centim. c bes, puis une dernière passe qui n’exige pas moins de f heures.
Comme ce broyage occasionne toujours une perte d’( sence qui tendu diminuer la fluidité de la pâte, comme l’a dition des corps pulvérulents agit dans le même sens, a de rendre le broyage plus facile et de diminuer aussi bêchai femcnt des cylindres, il importe d’augmenter un peu la pi portion d’essence.
En adoptant ces précautions, l’on se procure des pâtes < versement colorées, très-homogènes, d'une grande fines! à surfaces unies, avec lesquelles on confectionne ensuite c objets façonnés et gaufrés, de couleur, de formes et de sc plesse qui répondent à toutes les exigences que la fantai et l’utilité réclament du fabricant.
§ 8. Volcani scit ion. — Je passe maintenant à l’opérati désignée sous le nom de Volcanisation (1), et qui apour 1
(i) Par volcanisè , on entend désigner le caoutchouc dont la souplesse et la ten: se conservent dans des limites de température plus étendues que pour le caoutcl ordinaire. Nous rfvons préféré le mot volcanisè à celui de vulcanisé, parce que le ] mier rappelle l’origine volcanique du soufre, et désigne en même temps uneperman de propriété’, à laquelle on peut faire allusion, (d’après l'acception grammaticale du volcanisc) quand on compare l'élasticité passagère du cooutchoud simple à l’élasti beaucoup plus durable du caoutchouc volcan isc.
(Note du rapporteur , page 247} (î).
(0 Par vulcanisé on a toujours aussi entendu désigner un caoutchouc ayant toi les propriétés énoncées dans la note deM. le rapporteur, et d’autres encore qu'il f * sous silence. La préférence qu’il accorde au mot volcanisè est déterminée, dit-il, 1 une acception grammaticale qui est fort sujette à contestation, MM. les grainmaii * ne s’etont pas encore prononcés à cet égard: et comme ces messieurs sont ordinairet 1 d'avis très-divergents, il est fort à craindre que le public n'ait encore à attei * 1 longtemps avant d’avoir un arrêt réglementaire et définitif. M. le rapporteur a soi •]