‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en gutta-percha, et en gomme facticeChapitre 5 sur 109 · EXPOSITION DE · texte numérisé non relu

EXPOSITION DE

Tissus imperméables . — Rappel de médaille d'or.

13. » MM. Rattier et Guibal, à Paris, rue des Fossés-Monttre, 4.

» L’importance des affaires de cette maison est à peu près la même qu’en 1839 ; ayant autorisé tous les passementiers le France à fabriquer le tissu élastique, elle s’est créée une immense concurrence; mais, en compensation, elle vend chaque année à ces mêmes passementiers une grande quantité le fil élastique pour la fabrication de leurs tissus, industrie qui a pris un immense développement, et dont les produits sont préférés sur tous les marchés étrangers.

» MM. Rattier et Guibal sont restés en première ligne dans ies belles qualités de tissus élastiques ; mais ils n’ont pu suivre la concurrence des fabricants de Rouen et de Saint-Cha- ,mond dans les qualités communes..

» Ils ont rapporté de grands perfectionnements dans la fabrication du fil élastique . Lors de la dernière exposition, dis avaient de la peine à obtenir une finesse de 8 à 10 mille mètres avbkilog. ; aujourd’hui, ils obtiennent 30 à 32 mille

mètres, et cela en gomme régénérée; ils ont été poussés à atteindre cette finesse par les fabricants de tulle qui aujourd'hui mêlent le caoutchouc à leurs produits.

» L’art de recomposer la gomme est parvenu entre leurs mains à une grandè perfection, puisque MM. Rattier et Guibal, peuvent en faire du fil qui, dans les numéros fins surtout, vaut le fil de gomme naturelle. A l’aide d’une nouvelle machine, ils peuvent fournir des bandes de gomme qui ont jusqu’à 150 mètres de long sur 33 centim. de large. Jusqu’à ce moment, on n’a obtenu des feuilles de gomme que de 40 centim. sur 30 centim.

n Les fabricants de papiers français étaient tributaires de l’Angleterre, pour les courroies des machines à papier qui exigent une grande force, qui ne doivent jamais s’étendre et qui doivent être sans point de jonction. MM. Rattier et Guibal, ont exposé des courroies qui sont de tout point comparables aux meilleures courroies anglaises.

» En mêlant le caoutchouc, à des substances blanchâtres, qui ont l’avantage de lui ôter son adhérence, ils sont parvenus à former une pâte qui a à peu près la couleur du papier de Chine et qu’ils appliquent sur un tissu. Cette toile ainsi préparée, reçoit les empreintes les plus fines, les plus délicates. Ces essais ont de l’intérêt; mais l’industrie n’a tiré encore aucun parti de ce produit. Il n’en est pas de même d’un cuir factice qui a un grand emploi chez les fabricants de çardes.

» MM. Rattier et Guibal, ont perfectionné' leurs produits et en ont diminué le prix depuis la dernière exposition. Leur vernis a toujours un peu d’odeur qui provient de l’huile essentielle qui sert à dissoudre le caoutchouc : toutes leurs tentatives pour détruire cette odeur après l’application, ont nui à l’imperméabilité des tissus et souvent en ont amené une prompte décomposition : ils persistent donc à faire usage d’un procédé dont un long usage leur garantit la bonté, tant qu’une expérience décisive n’aura pas prononcé en faveur des autres moyens de dissolution.

» Le jury central prenant en considération les services constants rendus à l’industrie des tissus imperméables, par MM. Rattier et Guibal, les juge toujours très-dignes de la médaille d’or qui leur fut décernée en 1833 (et même 1834).»

Médaille d’argent.

« MM. Guérin jeune et compagnie, à Paris, rue des Fossés- Montmartre, li.

» Le jury de 1839, en signalant les résultats intéressants btenus par l'emploi du caoutchouc dans diverses applications îdustrielles, se plaignait de ce que dans la fabrication des ssus rendus imperméables à l'aide du caoutchouc dissous ans les huiles essentielles, on n’était pas parvenu à supprimer l’odeur nauséabonde qui en limitait considérablement emploi. Les efforts de tous les fabricants ont donc tendu ers la solution de ce problème : s’ils n’ont pas complétaient atteint le but , ils en ont plus ou moins approché. IM. Guérin jeune et compagnie s’en sont particulièrement îcupés.

» Leurs tissus imperméables sont presque entièrement ïempts d’odeur : ce résultat est dû à la rectification parité des huiles essentielles qu’ils emploient pour dissoudre caoutchouc.

» MM. Guérin jeune et compagnie ont fait une nouvelle îplication du caoutchouc qui pourra être d’une grande imortance. C’est un cuir artificiel pour remplacer le cuir dans s usines, où la transmission de mouvement s’opère par es courroies. Le cuir artificiel est composé de plusieurs toiles chaîne très-forte réunies entre elles par le caoutchouc. Ce iir artificiel a été aussi employé avec succès pour la fabriition des rubans et plaques de cardes.

» Le jury considérant que les efforts de MM. Guérin et mipagnie, pour améliorer leur industrie et lui créer des ap- :ications nouvelles , sont dignes des plus grands éloges, ur décerne la médaille d’argent. »

Rappel de médaille de bronze.

« M. Meynadier (Hippolyte), à Montrouge (Seine) et à Paris, le Grange Batelière, 1.

» M. Meynadier applique sur les tissus de soie, et à plus rte raison sur d’autres tissus , une préparation qui les 1 nd imperméables, sans que cette préparation soit sensibleent visible sur l’étoffe apprêtée, à laquelle elle conserve jaucoup de souplesse. La souplesse et la légèreté de ces tissus îrmettent d’en faire des applications utiles, que les tissus i caoutchouc ne peuvent recevoir ; tels que manteaux présryatifs de la pluie, qui, pliés, sont si peu volumineux, u’ils peuvent se placer dans la poche ou dans le fond du îapeau.

» 11 ne manque à cet industriel qu’un développement plus msidérable de ses produits, pour se rendre digne d’une ré-

compense plus élevée. En l’état des choses, le jury doit sf borner à rappeler la médaille de bronze qu’il a reçue er 1839 (1). »

Nouvelle médaille de bronze.

« M. Gagin, à Clignancourt, commune de Montmartri (Seine). 1

» M. Gagin a fait de nombreuses applications du caout chouc fondu : pour la plupart, elles ont eu un succès complet. Ainsi, il a exposé des havre-sacs et manteaux pou; soldats en toile rendue imperméable par ce moyen , qui on parfaitement résisté aux variations de température de l’Algérie.

» La même matière appliquée sur les chaussures les renc imperméables et en prolonge presque indéfiniment la durée Employée dans la préparation des cuirs vernis, elle les renc souples, imperméables et empêche le vernis de s’écailler.

» Le jury déclare que M. Gagin est digne d’une nouvelli médaille de bronze.»

Médailles de bronze.

« M. Ledoux , à Bonny-sur-Loire (Loiret).

» M. Ledoux fabrique sur une grande échelle les diver objets dans lesquels entre le caoutchouc, tels qu’étolfes pou tabliers de nourrices et manteaux, clysoirs, coussins air, etc. Il fabrique également une grande quantité de buse d’acier, recouverts d’un tissu imperméable qui les préserv de la rouille.

» M. Ledoux a beaucoup perfectionné tous ses produits ce qui ne l’a pas empêché d’en diminuer le prix d’une ma nière très-sensible, et par ce moyen, d’en augmenter cor sidérablement l’écoulement.

(i) Cette décision n’est pas très-logique. Si le produit de l’exposant mérite u récompense plus élevée, pourquoi ne pas la lui décerner? Le développement pl considérable n'en aura lieu que plus promptement ; car le public, confiant dans le j gement d’un juge éclairé, voudra se procurer ce produit coté médaille d'or ou m daille d'argent. Le développement à donner à une industrie est très-souvent en délit delà puissance de l’industriel , et cette circonstance indépendante de sa volonté doit influer en rien sur la décision de celui qui est appelé à juger le mérite de l iDve tion. Imputer à l’industriel le manque de moyens de donner de l'extension à l’écc lement de ses produits, ce serait faire une part à la fortune, au hasard, dans la d îribution des récompenses# * P* D*

» Ses tissus sont parfaitement fabriqués et pour ainsi dire ins odeur.

» Le jury lui décerne la médaille de bronze. »

« MM. Blanchard et Cabirol, à Paris, rue des Fosséslontmartre, 7,

» Ont exposé des tissus et objets rendus imperméables par ! caoutchouc, dans lesquels ils ont cherché à faire perdre jx matières nécessaires à la dissolution du caoutchouc, l’oeur qu’elles portent avec elles. Ils ont en outre cherché à mdre au caoutchouc son élasticité première qu’il perd dans i dissolution.

» Leurs tissus réunissent à l’imperméabilité une grande mplesse.

» Ils ont exposé :

» 1° Un bateau de sauvetage en tissu caoutchouc à air, avec ms ses agrès, se montant et se démontant à volonté, et dont ! poids total n’est que >de 20 kilog.

» 2° Une baignoire flottante, avec tubes à air, ayant un let pour fond, avec ancre, rames, etc.

» 3° Un pantalon de pontonnier pour passer l’eau sans se touiller.

» 4° Une bouée de sauvetage.

» 5° Un manteau de bivouac, contenant un matelas, oreil- :r, etc., et pouvant au besoin servir de radeau.

» G0 Une feuille de caoutchouc laminé qu’ils peuvent faire à ■ente-cinq mètres de longueur.

» 7° Ils ont construit le ballon dont l’ascension a eu lieu le 3 juin : l’élasticité qu’ils conservent au caoutchouc est retarquable, puisque en déchirant le tissu, le caoutchouc s’é- ;nd sans se rompre.

» Les produits de ces exposants sont remarquables par la arfaite homogénéité du caoutchouc, sa faible odeur, son lasticité : à tous égards, leurs procédés semblent dignes des ^compenses du jury.

» Mais comme il s’agit d’une fabrication naissante, le jury raindrait de la classer dès à présent, et .il se borne à lui onner une médaille de bronze. »

Rappel de mention honorable.

« M. Belcer, à Paris, rue neuve Saint-Augustin, 4.

» M. Beker, l’un des premiers, s’est occupé avec succès de endre imperméables, par des agents chimiques, les draps t diverses étoffes, sans altérer leur couleur et sans leur ôter

toute leur perméabilité pour l’air. Ces applications n’ont pas encore pris une extension notable, quoique l’auteur ait depuis lors rendu ce procédé plus économique.

» Le jury le trouve toujours digne de la mention honorable obtenue en 1839, et la lui rappelle. »

Mentions honorables.

« M. Galibert , à Paris, rué J.-J. Rousseau, 20.

» S’applique spécialement à la fabrication des tubes en caoutchouc, pour conduire les liquides et les gaz. Il fournit aussi le moyen d’obtenir des niveaux d’eau d’une plus grande longueur, pour le tracé des routes et des chemins de fer.

» Il fournit à la chirurgie des instruments précieux qui paraissent généralement bien fabriqués, et qui ont été souvent mis à profit. Il fabrique aussi un assortiment complet d’instrument hygiéniques d’un usage très-sûr.

« MM. Brioude-Sanrefus et compagnie, à Paris, rue de i’Azile-Popincourt, 43,

» Ont exposé diverses applications du caoutchouc, à la papeterie, à la fabrication de balles, ballons, etc. »

» MM. Ch. Boulanger et compagnie, à Paris, rue Hauteville, 35.

» MM. Boulanger et compagnie sont parvenus à donnei à divers tissus employés pour vêtements extérieurs, depuis les blouses en toile jusqu’aux manteaux en drap, une imperméabilité suffisante pour prévenir l’infiltration de la pluie, lorsque la chute d’eau n’est pas pour ainsi dire torrentielle! Sans doute, ils obtiendraient une imperméabilité plus complète, s’ils ne trouvaient avec raison plus convenable d( laisser aux étoiles qu’ils préparent une certaine perméabilité qui permette un renouvellement d’air, salubre en ctfet.

» Le jury admettant l’utilité des résultats obtenus pat MM. Ch. Boulanger et compagnie, et dont quelques épreuve! ont constaté Lgfficacité, leur accorde une mention honorable.»

14. Arrêtons-nous ici. L’exposition de 1849 appartient i Père nouvelle du caoutchouc vulcanisé. Ce qu’il importi maintenant, c’est de bien constater quel était l’état de l’industrie avant l’importante découverte qui a été cause de chan gements radicaux, et dans la manière de manipule» la ma-

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