FABRICATION BU FIL DE GUTTA-PERCHA. Î
si on voulait donner au produit une élasticité plus permanente, on pourrait le sulfurer en le plongeant dans du soufre fondu, à une température de 150 degrés, ou en l’exposant à des vapeurs de soufre en fusion.
La plupart des produits décrits jusqu’ici, comme formés de gutta-percha, seul ou combiné avec d’autres substances, possèdent en commun cette propriété précieuse, savoir : qu'après avoir servi on peut en extraire le gutta-percha qu’ils renferment, avec une perte peu sensible, ou mèmè nulle, et rendre cette substance propre à entrer dans la fabrication des nouveaux produits de même genre (1) .
Fabrication du fil de gutta-percha et ses applications , par
Brooman.
23. § 1. Le gutta-percha, substance nouvelle qu’on a importée depuis quelque temps des Indes orientales en Europe, ayant été nettoyé, pétri à l’eau chaude, ou dans un des dissolvants du caoutchouc, et amené ainsi à. un état plastique, est ensuite converti en fil à l’aide de l’appareil que hous allons décrire.
Fig. 122, pl. 3, section verticale de l’appareil.
Fig. 123, plan du môme appareil.
Fig. 124, section horizontale, par la ligne AB,fig. 122 de la filière vue par-dessus.
a est une auge renfermant de l’eau froide, b un cylindre solidement établi sur la filière c à l’aide de boulons qui assujettissent en môme temps le cylindre et la filière à la partie supérieure de l’auge ; d un piston qui joue dans le cylindre b , et e une série de tubes disposés sur une seule file, suivant un des diamètres de la filière, et percés d’un trou circulaire, mais qu’on peut faire carré, triangulaire ou hexagone, suivant la forme qu’on veut donner au fil f’ un tuyau destiné à amener de la vapeur à une haute température (120 à 150° C.) dans la filière, afin de la chauffer; et g un tuyau de décharge pour cette même vapeur.
Voici maintenant comme on fabrique le fil de gutta-percha avec cette machine.
(i) Ce mémoire, qu'il sera boo pourtant de consulter, contient beaucoup de faits avances uu peu légèrement. Nous ne les avons pas relevés pour ne pas allonger inutilement cet ouvrage. Le lecteur saura bien distinguer les applications possibles à faire de celles qui ne sont pas praticables. Nous aurions p'eut-étre supprimé beaucoup de Choses si d’autres expérimentateurs ne l'avaient point cité, et si, alors, ne le trouvant pas reproduit en entier, nous n'eussions pu craindre d'étre accusés d’avoir négligé des document* utiles dans les suppressions que dous aurions pu faire.
DRUXIEMB PARTIE.
Le piston est d’abord enlevé du cylindre, et on introduit dans celui-ci une masse ou un rouleau de gutta-percha préparé : on replace le piston qu’on fait descendre avec force, soit à la main, soit par des moyens mécaniques sur le gutta-percha qui, se trouvant ramolli à l’extrémité inférieure par la chaleur de la filière, s’échappe par les tubes e en une série de lils : ceuy-ci, à mesure qu’ils sont refroidis par l’eau contenue dans l’auge, se durcissent, passent sous le rouleau h, et sont conduits de là sur un dévidoir i monté, sur les bords de l’auge, à l’autre extrémité, où ils s’enroulent. Ces lils ne sont que légèrement allongés pendant qu’ils s’enveloppent sur ce premier dévidoir ; mais on les fait passer ensuite sur un second dévidoir où, avant de s’y enrouler, on les étire à la main comme quand on lilele lin ou le chanvre, c’est-à-dire en travaillant le lit entre le pouce et les autres doigts, jusqu’à environ quatre fois leur longueur primitive. En cet état, on les enroule sur des bobines, et on les conserve pour en faire des applications.
Au lieu de procéder comme il vient d’ôtre dit, on peut employer le gutta-percha à l’état de feuilles, coloré ou incolore, sulfuré ou non sulfuré, et découpé en bandes ou en fds, au moyen des machines qui servent à cet usage pour le caoutchouc; mais comme de cette maniéré on ne produit que des lils plats ou carrés, on peut leur donner ensuite la forme ronde, si cela est nécessaire, en attachant chaque fil d'un bout à un carré semblable à ceux dont on se sert dans les corderies, et de l’autre à un crochet fixé en un point convenable, et en faisant tourner rapidement le fil sur son axe ; ce qui, en peu de temps, le rend sutlisamment rond. On bien on peut doubler deux, ou un plus grand nombre de ces fds, les retordre et les filer comme un seul fd rond au moyen d’un appareil semblable à celui employé dans la filature.
§ 2. Les fds ainsi produits s’emploient ensuite dans la fabrication de tissus, soit seuls, soit combinés avec les fds do soie, de coton, de laine ou de toute autre matière textile. ; et les combinaisons peuvent s’opérer, soit en couvrant les fds de gutta-percha de ces matières, ainsi que cela s’opère pour le caoutchouc dans la fabrication des bretelles et autres tissus élastiques, soit en les introduisant à l’état nu avec les autres fils lors du tissage.
On peut fabriquer un tissu fort et parfaitement imperméable en juxtaposant un certain nombre de fils de gutta-percha sur un fond de coton, de lin ou autre tissu, puis passant entre des rouleaux chauffés qui collent fermement les fds en-