‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en gutta-percha, et en gomme facticeChapitre 72 sur 109 · DU GUTTA-PERCHA ET DE SES COMBINAISONS · texte numérisé non relu

DU GUTTA-PERCHA ET DE SES COMBINAISONS

tières sur lesquelles on opère, et lorsque la température a été élevée en deçà de 150° centig. environ, on immerge le guttapercha ou le composé dans le bain, et on l’y maintient plongé jusqu’à ce que toute la masse soit entièrement chauffée et amenée à un certain état de mollesse, de plasticité, ou d’état à demi fluide, le degré de température auquel la matière est chauffée étant plus ou moins élevé, suivant les applications qu’on veut en faire.

Lorsque la température du bain dont on se sert est portée à un degré tel, ou que la matière dont le vase du bain est rempli est de nature à réagir d’une manière nuisible sur le gutta-percha seul ou ses composés ; on enferme celui-ci dans une boite, une enveloppe, ou dans un vase propre à le garantir de toute atteinte; cette enveloppe peut être faite avec du plâtre, ou bien être en verre, en métal ou toute autre substance propre à protéger la matière sur laquelle on opère.

Le vaisseau employé pour préparer les bains peut être ouvert ou fermé, et la substance qu’il renferme soumise au besoin à la pression pendant qu’on le chauffe. La forme ou les dimensions du vaisseau peuvent être arbitraires; mais il convient de les adapter le mieux qu’il est possible aux applications.

La matière ou l’article sur lequel on opère, soit en guttapercha, soit en ses composés, qu’elle soit protégée ou non par une boite ou une enveloppe, est maintenue dans le bain où elle a été mise, pendant le temps nécessaire pour produire l’effet désiré.

Dans quelques cas, qn choisit pour la matière du bain une substance de nature à produire une action chimique sur le gutta-perclia ou ses composés, tels que les composés caustiques, des sulfures alcalins ou tous autres sulfures ; et la température à laquelle les bains élèvent ces matières permet à ces agents chimiques d’opérer plus efficacement, ou avec une plus grande énergie.

Quand on veut débarrasser le gutta-percha ou ses composés d’un acide auquel il pourrait être mêlé, on le fait bouillir dans un bain d’eau contenant de la potasse et de la soude caustique en solution et au poids spécitique de 1.010 à 1.020 à l’état de saturation ou à peu près de l’alcali. La température de ce bain, à son point d’ébullition étant plus élevée que celle de l’eau, l’acide est promptement et efficacement enlevé à la matière.

L’action du bain sur la matière peut être accrue ou facilitée par l'agitation, le pétrissage ou toute autre manipulation, pendant la marche de l’opération.

§ 2. Le second point consiste en une méthods pour fabriquer avec le gutta-percha des vases ou objets creux, ou des articles de forme variée, en dilatant ou étendant la matière lorsqu’elle est encore à l’état de mollesse ou de plasticité, en insufflant ou comprimant l’air ou autre fluide dans un sac de caoutchouc placé à l’intérieur de la pièce avec laquelle on se propose de faire un vase ou autre article ; eu soumettant en même temps, lorsque cela est nécessaire, les parties, extérieures de la matière à la pression, à l’action, ou à l’effet de moules ou autres appareils et instruments propres à leur donner la forme, les dimensions et le profil que doit avoir l’article manufacturé.

Pour réussir à fabriquer des articles par cette voie, on prend une bouteille ou pièce creuse en caoutchouc, en donnant la préférence au caoutchouc qui a été rendu élastique d’une \ manière permanente, et ayant les dimensions, ou à peu près la forme qui se prêtera mieux à la distension qu’on veut lui faire éprouver. Cette pièce en caoutchouc est recouverte en gutta-percha ou de ses composés en quantité suffisante pour faire l’article en question. La surface extérieure de la pièce en caoutchouc étant préalablement enduite avec un peu de matière grasse, de savon ou d’autre substance qui permettra de la détacher aisément à l’intérieur après la fabrication de l’article qu’on se propose défaire. La pièce en gutta-percha ou ses composés, qu’on emploie dans ce cas, peut avoir été préalablement façonnée en cylindre, en sac ou toute autre forme convenable, et tirée, ou placée sur la face extérieure de la pièce en caoutchouc ; ou bien encore, cette pièce de caoutchouc peut être recouverte de la quantité nécessaire de gutta-percha, amené à l’état de plasticité ou de feuille de la manière qui paraîtra la mieux appropriée au travail.

La pièce de caoutchouc ayant été recouverte avec celle de gutta-percha ou de ses composés, comme on vient de l’expliquer, l’orifice que présente la première est attaché par une ligature, ou tout autre moyen, à l’extrémité d’un tube par lequel on fait arriver de l’air qu’on refoule ainsi à l’intérieur du caoutchouc. La pièce de gutta-percha est alors introduite et chauffée dans un bain d’eau alcaline, à la vapeur ou par toute autre moyen, jusqu’à ce qu’elle soit amenée à l’état de mollesse et de plasticité, et alors on injecte avec pression à l’intérieur de la pièce de caoutchouc de l’air, de l’eau ou autre liquide approprié à cet effet, jusqu’à ce que le caoutchouc et son enveloppe extérieure soient dilatés ou distendus au point requis.

Dans le cas où on se propose de faire des articles sphéri-

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