‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 48 sur 85 · FABRICATION DE DIVERS ARTICLES DE G UTT A-PERCH A · texte numérisé non relu

FABRICATION DE DIVERS ARTICLES DE G UTT A-PERCH A

bien l'isolement d'une substance avec une autre, on prend du gutta-percha encore chaud et sortant du pétrisseur, en donnant la préférence, comme on l'a dit ci-dessus, à celui qui a bouilli dans un bain de muriate de chaux; on le roula entre des cylindres chauffés, et, pondant cette opération, on tamise dessus de la résine ordinaire réduite en poudre, de manière à la mélanger intimement avec cette substance ; ou bien, on dissout, parties égales de gutta-percha et de résine ordinaire dans du naphte de houille ou autre dissolvant convenable, ou bien enfin, on dissout séparément le gutta- percha et la résine et on mélange les deux solutions. Le produit qui résulte de l'un quelconque de ces mélanges est maintenu chaud dans des bouilloirs chauffés a la vapeur, et on peut l'appliquer aux objets qu'on veut protéger à la brosse ou avec une spatule; ou bien on peut y plonger l'article ou l'y faire passer en le déroulant sur des dévidoirs.

Pour faire un composé préférable û tous ceux en usage pour le moulage, ainsi que préparer les tissus, les cuirs ou autres objets imperméables, pour doubler les navires, garnir les parois et les fonds des réservoirs et des citernes, etc., on mélange le gutta-percha qui a bouilli daus le bain de muriate de chaux, et pendant qu'il subit l'opération du pétrissage avec un composé de gomme-laque et do borax qu'on y ajoute peu à peu, a mesure que le travail avance, en faisant varier les proportions suivant qu'on veut produire un composé plus ou moins tenace.

Le composé de gomme-laque et de borax se prépare ea faisant bouillir dans une bouilloire à vapeur posée sur un feu ordinaire, cinq parties de gomme-laque en bâton ou en grains avec une partie de borax dans une quantité d'eau suffisante pour recouvrir les matériaux, et évaporant l'eau suivant l'épaiBseur qu'on veut donner au composé. On peut ajouter une couleur quelconque à ce mélange de gutta-perelia, gomme-laque et borax, en combinant la matière colorante avec le composé de ces deux dernières substances.

Pour faire des feuilles de gutta-percha clouées ou chevillées en métal, dans lesquelles on découpe les talons et les semelles de chaussures ou autres articles, on prend un morceau plat de bois dur et on pose de fiche, sur sa face supérieure, un certain nombre de clous où de chevilles de forme pyramidale ou à double tête; c'est-à-dire avec deux têtes l'une uu-dessous de l'autre, séparées entre elles par un espace. On pose alors ce morceau de bois, les clous en dessus , dans un cadre ou châssis en bois, et on comprime sur les clous du gutta-percha à l'état plastique ou chaud, jusqu'à ce.

que ces clous y soient complètement noyés, en ayant soin de procéder graduellement et d'exercer la pression bien perpendiculairement, afin de ne pas déranger les clous de leur position verticale. On tient alors lu masse sous une pression considérable jusqu'à ce qu'elle soit refroidie; après quoi on enlève la base en bois. Les fouilles ainsi produites sont en- «uitc découpées suivant les formes et dimensions propres aux usages auxquels on les destine, et pouvant être attachées, par leur surface en gutta-percha a d'autres surfaces quelconques par la simple pression et la chaleur, comme dans les autres cas spécifiés ci-dessus.

Emploi du gutta-percha "pour la garniture des pistons des fosses d'épuisement, par M. A. Fr. Lingke, de Freiherg.

29. L'application du gutta-percha à la fabricationdes courroies, des tuyaux de conduite d'eau et autres objets, m'a déterminé a tenter quelques expériences sur l'emploi de cette substance pour la garniture des pistons des pompes à élever l'eau. Le succès des premières épreuves qui, toutefois, n'ont pu être entreprises que sur une échelle bornée, m'a tait aussi espérer qu'on pourrait aussi l'appliquer avee avantage à garnir les pistons des fosses d'épuisement dans les mines.

Après en avoir obtenu la permission de l'administrateur des mines de Freiberg, j'ai entrepris mes expériences au commencement de février 1848, au puits au jour n° 7 de la galerie de Rolhschœnberger, et je lésai poursuivies sans interruption.

Je me suis déterminé d'autant plus volontiers a donner de la publicité au résultat, que le bénéfice qu'on a réalisé jusqu'à présent n'est nullement à dédaigner.

L'appareil hydraulique du puits en question a possédé jusqu'à présent onze relais de tuyaux d'nspiration de 80 mètres de hauteur totale, et 30 centim. de diamètre des corps de pompes non alisés et j usqu'alors pourvus de pistons à garniture de cuir.

J'ai tenté jusqu'à présent de fabriquer les nouvelles, garnitures en gutta-percha, soit à l'aide d'un nouveau moyeu qui consiste à en former des courroies ayant une largeur convenable et l'épaisseur suffisante, ou bien en plaquant entièrement ces garnitures par la voie de la soudure.

§ 1. Après m'être assuré d'abord par des expériences de la forme la plus convenable de la garniture, c'est-àrdire de l'épaisseur et du recouvrement qu'il fallait lui donner, ainsi que de sa largeur, j'ai, pour opérer la coupe de h

G CTT A-PERCH A POUR LA GARNITURE DES PISTOUS. 257 courroie qui, par la soudure des deux, extrémités, devait donner le manchon, fait préparer un calibre au moyen duquel et d'un cylindre de fer chargé de poids et enfermé d'une futaille ainsi que de barres de guido, j'ai pu amener par le laminage, non-seulement à l'épaisseur requise; mais encore à la ligure correcte. Quand on chaulfe ce calihre ainsi que le cylindre jusqu'à une température d'environ 50° C, et lorsque la masse de gutta-percha a été suffisamment ramollie dans l'eau bouillante et qu'on lamine encore humide, on parvient en peu de temps à préparer ces bandes pour garnitures.

La soudure s'opère parle rapprochement des extrémités, tranchées nettement, après les avoir ramollies autant qu'il est possible par la chaleur rayonnauto d'un fer chauffé au rouge sombre.

§ 2. Pour fixer le manchon de gutta-percha sur le bloc eu corps du piston, on l'insère sur celui-ci, on l'ajuste et on l'y assujettit exactement de même que pour les garnitures en cuir; seulement, relativement à cette lixation, les manchons en gutta-percha présentent sur ceux en cuir l'avantage suivant :

Quand on insère le manchon en gutta-porcha, comme un cylindre déjà tout formé, sur le corps du piston avant qu'il soit entièrement refroidi, d'un côté, ce travail est extrêmement facile, et de l'autre, ce manchon, après qu'il est complètement froid, s'adapte si exactement et si fortement sur ce corps que, pour l'assujettir parfaitement, il faut à peino la moitié des clous qui seraient nécessaires pour un manchon en cuir.

Pour mieux assurer les lignes de jonction du manchon, j'ai trouvé qu'il était avantageux de souder sur sa face interne une petite bande de gutta-percha; mais de façon, toutefois, à ne pas altérer la forme régulière de cette pièce.

g 3. Les garnitures hors de service, c'est-à-dire celles qui par un long service sont devenues minces sur le bord supérieur, ou trop petites par rapport au corps de pompe, peuvent être très-promptement rétablies en y soudant une courroie de 5 millim. d'épaisseur et do 0 m .04ï> à O m .0D de largeur, sans qu'il soit nécessaire d'enlever la garniture du corps du piston.

La soudure s'exécute d'une manière parfaite au moyen d'un fer porté à une chaleur peu intense, qu'on tient dans le voisinage de la garniture et de la petite courroie, qu'on applique jusqu'à ce qu'on ait obtenu le ramollissement désiré. A l'aide d'une pression peu forte des deux pièces l'une

258 deuxième partie.

sur l'autre dans les points échauffés, on réussit complètement à les unir entre elles..

. Du reste, la clialeur nécessaire dans ce travail ne devant s'étendre au plus que sur une longueur de quinze à vingt centimètres, il faut avoir scin de ne soumettre à la pression aucun point avant qu'il ait été suffisamment ramolli, et d'éviter tout surchanR'age ou excès de température. -

Comme pour rétablir ces manchons, il il 'est pas nécessaire de les enlever de dessus le corps du piston, on conçoit qu'on obtient ainsi une économie sur les bois du corps des pistons, parce que l'enlèvement et l'application fréquente des garnitures font souvent éclater le bois qui forme ce corps.

§ 4. La fermeture étanche du piston est plus complète avec les garnitures faites en gulta-percba qu'avec celles en cuir. La propriété connue du cuir de se ramollir dans l'eau fait qu'une -garniture en cette matière perd, au bout d'un certain temps, la forme et la tension qu'elle doit avoir. Il en résulte que l'application sur les parois, la fermeture du corps de pompe, ne sont pas aussi parfaites qu'avec les parnitures eu gutta-pereba, qui, même dans l'eau portée à 30 degrés, et quand, après un long service, elles sont devenues très-minces, conservent constamment une élasticité suffisante et la forme convenable.

g 5. Pour accroître encore leur élasticité, et, par là., assurer une fermeture plus complète avec le piston, j'ai modifié la forme anciennement adoptée pour le manchon , eu ce sens, qu'environ la moitié inférieure de sa hauteur est au plus moitié de l'épaisseur de celle supérieure, de manière toutefois que ces deux épaisseurs passent insensiblement de l'une à l'autre. La section d'un manchon établi de cette manière, et représentée iîg. 140, pl. 4, donnera une idée de ce mode de structure.

Pour les corps de pompe de 301 millim. de diamètre, j'ai adopté jusqu'à présent des manchons de 107 millim. de hauteur, 7 millim. d'épaisseur par le haut et 3 par le bas, et obtenu ainsi le résultat désiré.

Pour donner à. ces manchons la figure requise, j'ai fait usage du patron et du cylindre en fer dont j'ai parlé plus haut, et qui sont représentés, en plan et en coupe, par les figures 141, 142.

Par suite de la plus grande élasticité de ce piston, on jouit encore de cet avantage que, dans son abaissement, l'eau, non-seulement s'élève à travers l'ouverture de la soupape, mais encore à travers le corps de pompe et le piston, de fa-

GL'TTA-PEKCBA POUIl LA CARXITCBE DES PISTONS. 259

çon que la résistance que l'eau oppose à la descente du piston décroît d'une manière assez notable.

§ 6. Un autre avantage important qui résulte de l'emploi dés manchons en gutta-pe relia, c'est la diminution très-considérable de frottement du piston. En effet, d'un côté, il est facile de prévoir que, par suite de la nature élastique et du toucher gras du gutta-pereba, le coefficient du frottement dans l'eau de cette substance sur le fer est de beaucoup inférieur à celui du cuir humide sur ce métal ; et, d'un autre coté, ainsi qu'on peut aisément le concevoir d'après la foreo donnée aux mandions et décrite ci-dessus, mie la surface de contact du gutta-pereba sur les corps de pompe, et, par suite, la pression que ces mandions exercent sur les corps, estplus petite qu'avec les mandions en cuir, et par conséquent que le frottement du piston doit être moindre, comparativement au cuir."

Avec les mandions en cuir qui, après quelque temps de service, se ramollissent dans l'eau, la surface de contact, et, par suite, le frottement du piston, dévient de plus en plus considérable, tandis qu'avec les manchons en gutta-perclia qui conservent leur forme primitive, même dans l'eau, le frottement du piston reste aussi petit, après un long service, qu'il était à l'origine.

Enfin, un manchon en gutla-percha, en raison de sa plus grande fermeté, n'est pas exposé, comme il arrive parfois à ceux en cuir, à se renverser ou se rabattre, et à se loger entre le piston et le corps de pompe.

Pour démontrer qu'un piston en gutta-perclia fonctionne avec moins de frottement et qu'il procure en même temps une fermeture plus parfaite que ceux en cuir, je me bornerai à rapporter le fait suivant :

D'après une observation faite à l'époque où toutes les garnitures de piston étant en cuir, l'appareil hydraulique, lorsque les eaux sont basses, frappait quatre coups et demi par minute; après avoir remplacé quatre de ces pistons par quatre autres garnis en gutta-perclia, ilapu,avec la môme dépense d'eau motrice, frapper cinq coups et demi par minute; co qui a produit un épuisement beaucoup plus considérable qu'auparavant. Depuis que tous les pistons ont reçu des garnitures en gutta-perclia, deux coups et demi par minute suffisent pou* contenir les eaux.

Une fermeture plus parfaite, combinée avec un frottement moindre des pistons ainsi garnis, procure une augmentation importante de travail de l'appareil hydraulique.

g 7. La durée de ces garnitures de pistons, qui jouissent

d'une élasticité bien plus considérable, est au moins, en moyenne, douze fois plus longue que celles en cuir ; ainsi, par exemple, tandis que les garnitures en cuir n'ont presque jamais duré, en moyenne, plus de vingt-quatre heures dans le clayonnagc; celles en gutta-pcrcha ont eu une durée de cent treize, cent quatre-vingt-seize, deux cent cinquante et une heures et plus; et, même, il y en a deux qui ont été audelà de six cents heures sans exiger de réparations. De plus, du 8 au 13 mai, on a établi sur les puits d'épuisement, a DS 3, 4. 6, 7 et 8, de nouveaux pistons d'essai qui, de même que ceux dont les garnitures ont été réparées au 9 février, en y soudant une petite bande de courroie, étaient encore tons en activité au 20 juillet.

§8. Relativement aux frais de ces deux modes de garnissage, je crois devoir donner les renseignements suivants :

D'après les tableaux qui ont été mis sous mes yeux, j'ai pu mesurer que pour dix puits, on a, en treize semaines, dépensé 37 kilog. de cuir qui ont servi à. garnira neuf 26 pistons et il en réparer quarante-cinq.

Ces soixante et onze garnitures de piston en cuir ont coûté, sans l'ajustage, et y compris le salaire des ouvriers, 136 fr.

11 en résulte, en conséquence, que les dépenses pour garnitures pour une demi-année et pour dix puits, ont été d'environ 272 fr.

D'un autre côté, le tableau des expériences pour la même période de temps, et le même nombre de puits fait voir que pour garnir les pistons en gutta-percha, ou n'a dépensé que 75 à 90 fr., en calculant le prix du gutta-percha, à raison de 7 fr. le kilog. (prix du commerce).

Le cliili're du bénéfice sera établi, sans nul doute, beaucoup plus considérable, dès que la matière de ces garnitures sera £tréc directement et en plus grande quantité, et, surtout, lorsque la fabrication pour ces sortes de garnitures, pourra être établie d'une manière plus avantageuse et plus économique qu'elle n'a pu l'être dans les expériences.

§ 9. Il faut faire remarquer aussi que la faible usure des .corps de pompe est aussi au nombre des avantages trèsimportants que procurent les garnitures en gutta-percha.

Si 'on examine une garniture de piston en cuir, après .qu'elle a été introduite ou descendue depuis six heures seulement dans le clayonnagc, au fond d'un puits qu'où a foncé pour les épuisements, on peut aisément se convaincre que les graiusgrys et lins de sable, qui se sont euchatounés dans le cuir, doivent fortement attaquer le corps de pompe, Or, comme le sable ne pénètre pas dans le gutta-percha et no

GCTTÀ-PERCHA POUR LA GARNITURE DES PISTONS. 261 s'y enchatonne pas, il est évident que ce corps est bien moins exposé" dans ce cas, à être entamé et usé : et quand même, les grains de sable se logeraient encore entre la garniture et le corps de pompe, comme c'est surtout le cas dans les clayonnages, ces grains, à chaque abaissement du piston garni en gutta-perclia, seraient facilement entraînés par l'eau qui passe entre lui et le corps de pompe, comme on l'a expliqué cidessus.

§ 10. Les garnitures en cuir hors de service n'ont aucuns valeur. Celles en gutta-percha qui ne peuvent plus servir comme telles, peuvent facilement être utilisées par 1 la voie ■ de soudure, pour en fabriquer de nouvelles. Deux garnitures tout-à-fait usées, peuvent, on moins de trois heures, être travaillées pour en faire une neuve, y compris le temps nécessaire pour en habiller le corps du piston.

Un manchon neuf ou une garniture neuve en giitta-percha, pèse, d'après les documents ci-dessus. 0.84 à 0.94 livre. Une garniture en acier de même grandeur, 1.5 à 1.8 livre. Pour fabriquer la première, la dépense, eu égard au temps employé au travail, qui est de (taux heures et demie a deux heures quarante-cinq minutes, ne dépasse pas 36 centimes, tandis que celle pour une garniture en cuir, toujours d'après le mode d'évaluation, est de 50 centimes. La différence est encore plus sensible lorsqu'il s'agit des frais pour réparations à ces deux sortes de garnitures. Tandis qu'un manchon de cuir, lorsqu'il faut y appliquer une nouvelle ceinture, coûte 30 centimes, la réparation d'un manchon de gutta-percha coûte au plus quatorze centimes, attendu qu'il ne faut qu'une demi-heure pour ce travail, et pour souder une petite bande ou courroie de la même substance sur le manchon avarié (1).

En résumant les avantages que les garnitures en guttapercha présentent sur celles en cuir, on arrive aux conclusions suivantes :

1° Fabrication plus facile et réparation pins prompte des garnitures usées;

2° Fixation plus aisée de ces garnitures sur le corps en bois du piston, et durée plus prolongée de ce corps.

3° Fermeture plus é tanche du piston;

4° Frottement moindre, et par suite,

5° Augmentation notable du travail de l'appareil d'épuisement;

(i) Cei ^mtoaitont de prit ne sont pat irèt-maaet, al taat mimei ojnlradldoîrei , malt lo prli de ta journée éinni ouiru en pruwp, nom ne nnrtni», igng ténu'riti*, cher, iher ù rectifier co qui bouc pmit «Km*.

6° Durée au moins douze fois plus considérable; 7° Usure et détérioration moindre du corps de pompe; enfin,

8° Emploi des vieilles garnitures pour en faire de nouvelles.

Ces avantages réunis doivent faire désirer que les garniturcs en gutta-pcrcha pour les pistons, s'introduisent désormais dans toutes les fosses d'épuisement des mines.

Brevet d'invention de 15 ans, en date du 28 juillet 1826, aux sieurs Cmiirol, Alexandre et Dcclos, à Paris, pour des applications du giilta-percha.

30. Les inventeurs, après avoir indiqué dans le brevet, et dans un certificat d'addition en date du 28 juilletl846, la confection des tuyaux, la complètent dans un certificat d'addition, en date du 26 décembre 1846.

Pl. l ro , fig. 28-32. A , presse dont la puissance de la vis est calculée sur une force de propulsion de 6,000 kilog.; elle est horizontalement placée sur une table A, A', de telle sorte que le gutta-percha, qui, par l'effet de la pression, devra sortir de l'orifice c c', sous la forme d'un tuyau, se prolongera dans le chenal L, qui sera rempli d'eau froide, dans le but de refroidir le tuyau en le tenant constamment dans l'eau, afin d'opérer au plus tôt le durcissement de la matière.

Pour procéder avec ordre à la confection des tuyaux en gutta-percha, nous prenons une partie de cotte matière, là quantité que pourra contenir le récipient ou cylindre C. Cette matière, qui devra être au préalable parfaitement nettoyée de toutes les saletés ou corps hétérogènes qu'on y rencontre dans l'état .où elle parvient en Europe, sera soumise alors, soit par l'eau bouillante, soit par la vapeur soit par une chaleur sèche, à une température de 100 à 120 degrés, afin de lui faire acquérir le plus de malléabilité possible.

Il suffit de tenir a cette température, pendant une heure, une quantité de 20 kilog. de gutta-percha pour le rendre très-malléable.

Lorsqu'il est à cet état, nous faisons manœuvrer la vis B de la presse, en agissant sur la manivelle Y, de manière à faire remonter la vis au point O, de sorte que le piston E sera entièrement dégagé de dedans le cylindre L et en laissera l'orifice supérieur entièrement libre. C'est alors qu'on introduit dans le cylindre, par cet orifice, la partie de guttapercha destinée à l'aire des tuyaux: puis, agissant sur la visB par la manivelle, on fait avancer £ dans le cylindre C, ce qui

APPLICATION DU GUTTA-PERCHA. 268 Opérera une pression sur la matière contenue dans ce cylindre; la pression augmentant au fur et à mesure que le piston avaucera, le gutta-percha passera du cylindre dans la chambre K, que nous nommons la filière d'étirage à chaud. Cette chambre K, ainsi qu'on le voit à là figure 31, estdc la forme d'un cône tronqué et renversé, à la hase duquel est placée rigidement, par une traverse g, une tige ou mandrin cylindrique k', qui traverse la chambre filière dans toute sa longueur.

Le diamètre de l'orifice inférieur c c' du cône K sera le diamètre extérieur du tuyau que l'on voudra fabriquer, de même que le diamètre du mandrin k' sera le diamètre intérieur du tuyau.

Il est essentiel de faire observer que la chambre K, dont nous venons de parler, est mobile daus.le cylindre C et peut se changer à volonté, scion que l'on désirerait changer la forme et le diamètre des tuyaux; de même, le mandrin A:', qui se monte à vis sur lui-même, peut se remplacer seul par différentes grosseurs, dans le but de varier les épaisseurs des parois des tuyaux à fabriquer.

Avant d'entrer plus avant dans l'explication de la fabrication, il est urgent de dire un mot sur la chambre e, fig. 29, chemise en tôle qui enveloppe le cylindre G pour recevoir ot conserver, autour de ce cylindre, une température d'au moins 150 degrés centig. ; celle température s'acquiert au moyen d'un tuyau en métal V, qui conduit de la vapeur dans l'enveloppe e.

Avec ces détails on comprend que la manœuvre nécessaire pour couler des tuyaux en gutta-percha, consiste à exercer une pression régulière sur la Tis B, pour faire avancer le pis- Ion E dans le cylindre G, où il ne pourra pénétrer qu'aux dépens du déplacement de la matière qui y est, renfermée, laquelle, à son tour, devant se déplacer et ne trouvant pas d'autre issue , pénétrera dans la chambre K en passant do .chaque côté de la traverse q, qui soutient le mandrin k'; les molécules de matière qui auront été séparées par la traverse g, viendront se rejoindre dans la chambre cône K et se relieront entre elles autour du mandrin k', qui servira de conducteur à la matière même au fur et a mesure que la matière se déplacera par le refoulement du pistou E, qui la rejettera en dehors de l'orifice ce' de la filière cône K, sous la forme d'un tuyau parfaitement établi.

Dès que le tuyau en gutta-percha se présentera à l'orifice çc'j comme il pourrait, dans son état de malléabilité, s'af- ! faisser sur lui-même, nous avons placé sur son passage, pré-

«ECXltME PARTIE.

cisément à sa "sortie, une tige m', demi-cylindrique, sur la-* quelle il vient s'appuyer; cette tige, qui le soutient dans toute sa longueur, se prolonge dans toute l'étendue du chenal L, qui sera rempli d'eau froide, pour mieux saisir et refroidir au plus vite le gutta-percha, à mesure qu'il se présente à l'orifice ce' sous la forme de tuyau.

Le chenal L et la tige m' devront toujours être de la longueur des tuyaux que l'on voudra étirer.

La tige d'appui m' est demi-circulaire, .parce que, comme le tuyau de gutta-percha, qui vient l'envelopper en sortant, a besoin d'être refroidi sur ses parois intérieures comme sur celles extérieures, la forme demi-ronde de cette tige permet à l'eau froide de s'introduire plus facilement et en plus grande abondance à l'intérieur de ce nouveau tuyau. Tel est le premier degré que l'on doit parcourir pour procéder à la fabrication des tuyaux en gutta-pereba.

Le second degré de fabrication des tuyaux, a pour effet de donner au gutta-percha la force, la ténacité, la compacité et la souplesse qu'il acquiert par un corroyageou laminage répété. Or, les tuyaux tels qu'ils sortent de la filière à chaud, bien qu'ils présentent de la régularité dans leur forme et dans leur épaisseur , laissent beaucoup à désirer quant à la souplesse de la matière par elle-même et à la solidité de ses parois, surtout lorsqu'il s'agit des tuyaux de conduite qui sont appelés à supporter de fortes pressions, soit par des fluides, soit par des liquides. - '.'

C'est donc pour atteindre ces qualités de souplesse et de solidité que nous leur faisons snbir un second degré de fabrication que nous nommons corroyage de la matière, à cause de son traitement par l'étirage à froid.

11 consiste, lorsque le tuyau est presque entièrement refroidi dans l'eau du chenal de la presse, à l'extraire et à le soumettre à l'action de l'instrument mécanique connu, dans l'industrie, sous le nom de banc à tirer, dont la construction et le service bien connu doivent nous dispenser de les décrire, puisque leur application actuelle au gutta-percha est la même que celle employée pour l'étirage des tuyaux métalliques avec mandrins creux ou pleins'.

Toutefois, nous devons faire icKohserver que, pour l'action de l'étirage au banc, on doit procéder à l'introduction dans le tuyau de gutta-percha d'un mandrin métallique, dont le diamètre extérieur répond au diamètre intérieur du tuyau. Ce mandrin est indispensable pour exercer une compression de la matière composant le tuyau au moment où elle passe dans le trou de la filière, de telle sorte que, dans l'action du

li OBI NETS EN GUTÏA-PERCHA.

-as

travail du banc, le gutta-percha dont est composé le tuyau Èc trouve resserré, comprimé, corroyé, et, si ou peut le dire, laminé entre les deux corps durs, mandrin et filière, et acquiert , par cette compression de ses molécules, la compacité, la ténacité, nécessaires pour opposer assez de puissance, de résistance, dans le service que ces mêmes tuyaux sont ap- .pelés à rendre aux différentes industries.

.L'action de l'étirage au banc a aussi l'avantage de donner un poli aux surfaces extérieures et intérieures du tuyau.

.Cette description est tout-à-fait incomplète, il est difficile de se faire une idée précise de l'exécution, et celui qui voudrait exécuter après l'expiration du brevet, ne pourrait y parvenir qu'en inventant lui-même. Ainsi le but de la loi n'est .pas rempli. Le privilège a eu lieu, et, à l'expiration du privilège, le public n'est point mis en possession du procédé. Il n'est fait mention que des figures 29 et 31; les figures 28, 30, 32, sont omises dans le texte. Nous n'avons pu rien changera la rédaction; n'ayant d'autres renseignement» que ceux imprimés, nous n'aurions pu faire que des suppopositions, et des suppositions peuvent induire le lecteur en erreur.

Brevet d'invention de 15 ans, en date du 8 décembre 1847, au sieur Bréet à Paris , pour des robinets en guttaferclia.

.31. § 1. On a essayé un grand nombre de moyens pour obteuir dans les robinets un ajustage parfait. Ainsi, on frottait la clef dans son manchon avec de Vémeri en poudre, et on tournait la clef jusqu'au moment où elle paraissait toucher partout. Pour obtenir un' bon rodago, il faut beaucoup de temps, beaucoup de soins, et, malgré toutes le6 attentions qife l'on prend, on ne parvient pas à avoir des robinets qui puissent supporter une forte pression. D'un autre côté, il ' faut continuellement les graisser, ou alors la clef devient tellement dure qu'on ne peut plus la faire mouvoir; çn résumé, un robinet est très-dilîicile à faire, -et, quand il est en usage, la moindre ordure entre la clef et son manchon le fait fuir.

On a faitbien des essais, employé bien des matières, bien des substances, du cuir, du liège, de la gomme, du caôttt* Caoutchow, 23

266 bBCXlÈME PARTIÉ.

chouc, ot rien n'a réussi. L'ancien système a prévalu ci, malgré leur mauvaise confection, on s'est toujours servi des mêmes robinets.

Si l'on emploie du cuir, du caoutchouc , du liège pour la clef l'atmosphère qui influe toujours sur ces matières, fera étendre ou diminuer la clef, et celle-ci n'opérera plus par conséquent, une fermeture exacte. L'ajustage parfait des métaux est impossible, et, si bien qu'il soit, il est encore susceptible de détérioration.

Il a fallu cheraher une matière sur laquelle 1 humidité et la sécheresse n'eussent aucune influence; il fallait aussi une matière qui fût dure et en même temps un peu élastique, c'est la qualité que j'ai trouvée dans le gutta-percha, qu'on n'a pas encore eu l'idée d'appliquer a des robinets.

Pour les clefs, on prépare un moule ayant la forme, et la crandeur exacte de l'intérieur du robinet. A l'extrémité supérieure doit entrer uno tige , et à l'extrémité inférieure est un chapeau brisé. On partage, par moitié, de manière a nouvoir retirer la clef. Ou fait ensuite chaulfer le guttauercha à 90 a 100 degrés dans l'eau bouillante, a la vapeui ou i l'étuvc, on l'introduit par l'extrémité supérieure du moule : on place ensuite la tige, et le tout est mis sous une presse ou levier, afin do refouler la matière de manière a lui faire prendre Informe intérieure du moule. On retire la clef moulée, et, quand elle ost bien refroidie, on la coupe a la hauteur du boisseau du robinet. *

On comprend que l'air, qui se trouve dans le moule quand on y introduit la substance, s'échappe par 1 assemblage du chapeau brisé, la clef vient aussi toute percée au moyen d une Bue, qui traverse le moule au moment où 1 on fait la clef. Si" on fait traverser cette clef d'une tige en métal , on fait sur celle-ci des entailles circulaires et verticales, et 1 on opere par le même moyeu. ■

Pour confectionner des corps de robinets, on a des moules séparés en deux, de manière a ce que la matière sorte bien - puis, au moyen d'une douille ménagée sur 1 un des cotés on introduit le gutta-percha à l'aide d'une tige qui refoule la substance sous une presse. On comprendra aussi que les broches formeront les trous et les épaisseurs.

Ce moule sera semblable à celui que l'on ferait pour fondre des pièces ou robinets en étain, à la seule différence qu'on coule l'étain par une ouverture, tandis que pour le gutta-percha, il faudra remplir les deux côtés du moule, et terminer en employant la tige qui appuiera de nouvelle manière, allu 4e bien presser celle qu'on aura mise préalable.;

ROBINETS EN CUTTl-PERCHA. 267

ment. Le gutta-percha, en se refroidissant, acquiert de la dureté, tout en conservant son élasticité ; il a l'avantage de conserver aussi «Bc-teraent le volumo et les dimensions qu'on lui donne.

Des robinets ainsi confectionnés auront l'avantage d'être toujours bien ajustés, sans nécessiter un travail bien grand, ïls remplaceront les robinets d'étain qui ne sont pas rodés, comme ceux en cuivre, en argent, les robinets d'étain sont faits dans des moules, comme pour le gutta-percha. Ceux de cette substance pourront aussi être, comme ceux d'étain, confectionnés en plusieurs morceaux que l'on soudera et réunira au moyen du caoutchouc liquide ou de gutta-percha ; en enduisant les deux côtés et les ajustant ensuite l'un sur l'autre, l'adhérence est parfaite, *n peut mémo seulement chauffer les extrémités des pièces que l'on veut ajuster.

Nous avons conservé, mot pour mot, la rédaction du breveté, persuadé que nous sommes que l'expression de l'auteur, qui est plus que personne pénétré de sou sujet, vaut toujours mieux que toutes les substitutions, arrangements, développements on analyses qu'on pourrait l'aire et qui, bien loin de servir a élucider la démonstration, ne feraient peutêtre, que l'embrouiller davantage. Nous devons dire que les robinets en gutta-percha sont sujets à gripper, et que , lorsque nous avons voulu employer un corps intermédiaire lubrifiant, nous nous sommes toujours très-mal trouvé de l'usage des huiles, même les plus pures, tandis que le suif ou le saindoux ( graisse blanche ) rendent un très-bon service.

Application du guita-fercha à l'art du moulage.

. 32. Voici le moyen qui a été proposé par M. Bush pour obtenir des moules avec cette substance.

On commence par réduire le gutta-percha en feuilles, en le roulant sur marbre ou autre substance polie, et ou donne à ces feuilles une épaisseur qui varie suivant la dimension des modèles. Pour les petits objets, il suffit que cette épaisseur soit de 2 a 2 millim. 1/2. Dans cet état, on prend une feuille qu'on plonge pendant quelques moments dans l'eau bouillante, et appliquée chaude sur le modèle, sur la surlace duquel on la presse et la plaque attentivement avec le bout des doigts ou des outils do modeleur, de manière qu'elle s'a»'

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dapto sur toutes les parties ou dans tous les points du profil de ce modèle. ^

Le gutta-percha néanmoins ne parattlpas propre à prendre le moule des corps très-fins et fragiles, parce qu'ils ne supporteraient pas l'enlèvement du moule quand il serait redevenu dur et rigide ; mais le moule une fois fait, on peut mouler les pièces les plus délicates en plâtre ou autre matière plastiquo, et obtenir avec facilité la dépouille en plongeant momentanément le moule dans l'eau chaude.

Mode d'assemblage en gutta-percha des boyaux des pompes à incendie et d'arrosage, par M. W. Bdrgess.

. 33. Parmi les applicatifs utiles qu'on a faites récemment du gutta-percha, nous signalerons le mode suivant d'assemblage pour les boyaux flexibles qui servent dans les pompes à incendie et dans celles destinées aux arrosages.

La figure 143, pl. 4, est une vue extérieure de cet assemblage.

La ligure 144, une section, par l'axe du boyau.

A est le bout mâle et B le bout femelle. Le premier porte, dans la portion çd, une gorge ou rainure angulaire, et le second une languette de môme forme qui s'y ajuste exactement. L'extrémité du bout B présente comme en e, quatre fentes êquidi&tantes qui lui permettent de se; dilater et de s'insérer sur l'extrémité cylindrique du bout A jusqu'à ce que la languette tombe dans la rainure de celui-ci. Alors, en faisant glisser jusqu'à l'extrémité de ce bout B, un anneau en métal FF, fig. 144, l'assemblage se trouve serré et complet. Quand on enlève cet anneau F F, le gutta-percha,, par son élasticité naturelle, fait ressort et s'ouvre de façon qu'il est facile de désunir l'assemblage.

Cet assemblage sera surtout utile en agriculture pour répandre les engrais liquides dont on commence a" faire des applications étendues, et pour assembler des boyaux en tissus qui sont bien moins dispendieux que ceux en cuir, et qui le deviendront moins encore par ce mode d'union d'un prix bien plus modique et aussi bien plus léger que celui à. vis en laiton ou en cuivre. Le gutta-percha tfétant pas sensiblement attaqué par les engrais liquides, ces assemblages auront une longue durée. Leur peu de valeur les mettra à l'abri des vols et des soustractions; eniln en cas de détérioration, les réparations pourront y être promptes et économiques;

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