‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 6 sur 85 · GAZOMÈTRE · texte numérisé non relu

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que la chaleur et la pression poussaient ensuite jusque dans les parties les plus délicates ; c'est ainsi que je fais des vases et ustensiles creux, en ayant soin seulement d'avoir des moules d'une force suffisante pour résister à la pression intérieure.

§ 5. Le moulage sur planches plates, comme bas-reliefs et gravures, s'exécute également en feuilles de composé qu'on fait entrer dans les détails du moule par la chaleur et la pression, et qu'on volcanise ensuite. Ce mode est, entre autres, particulièrement applicable à la production de surfaces imprimées. Je comprime les matières dans les moules, dans des étaux, deîrpresses ou à l'aide de tout autre moyen mécanique ; et je cite ces exemples pour faire voir comment on met mes procédés en pratique.

On produit des figures, des mouluresou autres formes analogues en employant des moules cylindriques gravés en creux ou en relief sur leur surface convexe : alors, on façonne des cylindres ou des tubes avec des feuilles de composé de dimensions propres à s'appliquer exactement sur le moule, et on enroule fortement autour une bande de toile de manière à produire une pression suffisante pour obtenir l'impression; puis on volcanise, et en retirant l'article de dessus le moule on le retourne : ce qui présente la face modelée à l'intérieur.

J 'ai trouvé aussi qu'on pouvait obtenir des impressions assez parfaites pour quelques destinations et suffisamment préparées pour la voîcanisation. au moyen de rouleaux gravés, chauffés à 115 ou 120 degrés. La pression doit être aussi légère que le permet la nature de l'article, et le mouvement des rouleaux assez lent : il vaut mieux aussi leur donner un grand diamètre.

g 6. Quand ou veut prévenir l'extension de ces sortes d'articles, on mélange des matières filamenteuses au composé, et on y colle an moyen de la solution sulfurée ci-dessus indiquée et avant la voîcanisation, un tissu convenable, principalement en toile ou en coton..

§ 7. 11 est parfois à désirer, dans quelques applications du composé, que les articles qu'on fabrique soient perméablesà l'air et à la transpiration. Pour obtenir ce but avec les feuilles on les articles fabriqués avec le composé, et qui ne sont pas d'une forte épaisseur, on enlève au moyen d'emporte-pièces, d'une forme appropriée, la quantité de substance que l'on juge nécessaire, et l'opération se fait soit avant, soit après la voîcanisation ; mais mieux avant celle-ci.

Au lieu de percer à remporte-pièce, on peut pratiquer des incisions dans les objets et maintenir ces incisions un peu

béantes ou ouvertes dans la direction requise, pendant la volcanisation. Ou bien on acupuncture la planche ou l'article et on suit le même traitement. Du reste, le percement des incisions ou l'acupuncture peuvent se faire à la main ou par machine, le principal étant qu'il n'y ait pas oblitération des ouvertures pendant la volcanisation.

Si les articles sont décorés d'ornements en relief et qu'il faille dissimuler ou faire disparaître les perforations, on dispose le dessin de ces ornements de manière que les perforations fassent partie du dessin. Si on désire rendre l'objet plus faible en certains points que dans d'autres, la perforation ou le perçage de la matière est un moyen très-commode pour atteindre ce but à tel degré qu'on désire; les partiw ainsi affaiblies sont moins sujettes à se déchirer si les perforations sont exécutées avant la volcanisation ; enfin, si dans un but quelconque, il est nécessaire que les feuilles ou articles soient acupunclurés à une certaine profondeur, mais non pas de part en part, on prend deux feuilles, l'une acupuncturée et l'autre unie qu'on assemble face sur faee avant la volcanisation.

Quand, pour certains objets, il est nécessaire que les articles soient cousus ensemble ou avec une autre matière, on rend le composé plus épais dans les parties que doit traverser l'aiguille, ou bien, avant de volcaniser on insère une bande de toile en lin, chanvre ou coton couverte de solution sur ou entre elles.

§ 8. Pour les articles à bon marché, on combine souvent le caoutchouc et le soufre avec du goudron de Stockholm, et après avoir étendu en feuilles ou modelé suivant toute autre forme, on voleanisc le composé. Les proportions doivent être très-variables, ainsi que la température à laquelle on volcanisc ; mais celles ci-après réussissent généralement bien, savoir : 8 parties de caoutchouc, 2 de soufre, 3 de goudron ; ou bien 8 parties de caoutchouc, 2 de soufre, 1 de goudron,

Îu'on soumet pendant une heure à une température de 140 it 45 degrés. AJin de prévenir la formation de bulles ou vessies àlasmface et la porosité, on emploie, si cela est nécessaire, la pression au moyen de petites presses à vis, de plaques, etc., pendant la volcanisation. Cet article estapplirable à la constructien des chemins de fer et à des emplois grossiers.

On combine et on vokanise aussi de la même manière le caoutchouc, le soufre et les résines, en donnant, à causu de son prix peu élevé, la préférence à la résine ordinaire du commerce. Les proportions et la température varieuteomme dans

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le cas du goudron; mais les suivantes sont avantageuses dans un grand nombre de cas, savoir : 16 parties de caoutchouc, 2 de soufre et 6 de résine ; on bien, 16 parties de caoutchouc, 4 de soufre et 2de résine. Ces composés peuvent être soumis au môme traitement que ceux au goudron, et sont applicables aux mêmes usages.

Pour quelques applications, je combine aussi le caoutchouc et le soufre avec la sciure de bois ou le liège en poudre, ou bien avec des matières filamenteuses telles que le chanvre, le lin et autres coupés en petits morceaux, et je volcanise ces composés soiten bloc, soit étendu en feuilles, planches, etc., soit modelés, soit, enfin, décorés d'ornements en creux ou en relief, ainsi qu'il a été expliqué plus haut.

g 9. Quand on désire obtenir avec le caoutchouc un haut degré d'élasticité pour amortir le choc de forces considérables ou de corps très-pesants, comme dans le cas de ressorts de voiture, tampons de véhicules sur chemins de fer ou autres objets analogues, on prépare la matière de manière a obtenir un grand nombre de divisions, vides ou solutions de continuité, afin d'exposer et démettre en action une grande étendue de surface motrice ou mobile ; et ou y parvient soit en découpant ou profilant une quantité donnée de ces matériaux, suivant des formes parallèles ou autres, soit carrées, hexagones, octogones, soiten cylindres pleins ou creux, soit en feuilles cannelées ou autre forme ouverte, et en les assemblant avant la volcanisation et les cimentant ensemble croisées les unes sur les autres à angles droits, diagonalement ou autrement, et laissant toujours assez d'espace entre les pièces d'assemblage pour l'action libre des surfaces lors de la compression. On colle parfois les cylindres creux ou autres formes creuses, en les disposantlongitndinalementles uns à côté des autres, et, dans tous les cas, ou continue à élever et à coustruire ainsi jusqu'à ce qu'on atteigne l'es dimensions néces- ' saires pour produire le degré désiré d'élasticité. Des formes à structure analogue peuvent être appliquées avantageusement à d'autres usages, et quand on veut qu'il n'y ait pas d'extension suivant une direction quelconque, on applique, par le collage, sur et entre quelques-unes des couches successives, pendant qu'on les monte, de la toile de force suffisante recouverte de la solution, ainsi qu'on l'a expliqué précédemment.

§ 10. J'ai décrit plus haut un mode de fabrication de figures dans desmoulcsd'un grand creux, et j 'emploie lesmèmes méthodes pour former des chambres propres à contenir de J'air, afin de résister à des pressions ou à des chocs quand on

s'en sert pour ressorts de voitures, tampons et autres surfaces élastiques pour chemins de fer ; pour rembourrer des lits, des sièges, des coussins ou autres objets ayant besoin d'élasticité. Dans linéiques cas, comme celui de tampons pour chemins de fer, il est indispensable de se mettre en garde contre les chances de rupture accidentelle des chambres, ce. qui peut s'effectuer en lus renfermant plusieurs les unes dans les autres. C'est a quoi on parvient en les faisant par partie avec collets sur les bords ou joints, et après la vulcanisation; en rivant, boulonnant ensemble les parties, ou par tout autre moyen; les dimensions de ces sortes de chambres étant toujours réglées de manière à, laisser un espace suffisant pour loger les collets.

§ 11. Quand on le juge utile, on réserve des ouvertures dans ces chambres pour les gonfler d'air à tel degré requis, ainsi que cela est bien connu dans ce genre de fabrication. On peut coller ensemble une série de formes cylindriques propres à contenir de l'air, puis volcaniser en laissant béantes, pendant la volcanisation, les ouvertures par lesquelles on insufflera l'air. Pour les matelas, les lits, les scaphandres, les coussins, les bourrelets, les garnitures d'intérieur des voitures, parties des selles et colliers de chevaux, ou autre usage; on peut appliquer ces chambres à air cylindriques, en les renfermant dans dés sacs de toiles ou de cuir," divisés en compartiments pour les recevoir, ou dans des boites ou sacs de matière volcacisée, soit unis, soit décorés d'ornements.

J'ai dit précédemment que je combinais le goudron et différentes autres substances avec le caoutchouc avant sa volcanisation, cette combinaison s'opère comme je l'ai dit plus haut, seulement, j'ajouterai que dans la combinaison du goudron et de la résine avec le caoutchouc, par voie mécanique, il est utile d'introduire de l'eau dans la machine pendant l'opération.

Les moules dont je me sers sont en verre, quand il est possible de l'appliquer, en étain ou en métal d'imprimerie, eu porcelaine et en caoutchouc fortement volcanisé. On peut en faire aussi avec d'autres matériaux, mais ceux indiqués sont préférables. S'il s'agit de surfaces unies et polies, je me sers de verre à vitres; si c'est pour des objets ornés, de moules en verre coulé ou soufflé que je fais profiler suivant les formes voulues.

Je viens de faire connaître la manière dont on fabrique des articles de caoutchouc, soit seul, soit combiné avec d'autres substances, et les moyens à l'aide desquels je donne a ces articles de la permanence dans les formes et de la fixité dans

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