CUIRS VERNIS
amalgame ensemble et dont on fait un mastic en les malaxant et pulrissant dans des corps gras servant à les lier ensemble.
Oc corps gras est le plus souvent l'iiuile de lin rendue siccative par les moyens connus : son mélange avec la lithargo ou d'autres oxydes métalliques est amenée à la consistance de sirop par une cuisson prolongée, par l'évaporation ; la dose ordinaire est pour 10 litres d'huile de lin, 1 kilog. de céruse et autant de litharge, Ou l'ait cuire jusqu'à réduction à l'état de Duidité pâteuse.
On distingue par des noms dilTércnts les deux côtés d'une peau : le côté extérieur est nommé la fleur, l'intérieur est nommé chair, l'apprêt peut être étendu sur l'un ou l'autre côté. Seulement, le côté de la chair étant le plus poreux a besoin de recevoir plus d'apprêt. Cet apprêt à l'état sirupeux s'étend au pinceau et est ensuite rendu ég;d d'épaisseur soit à l'aide de râcloirs, soit à l'aide d'un rouleau qui le comprime et le fait entrer dans les pores.
Dès qu'une couche est donnée, on larSso sécher pendant deux ou trois jours selon la température-, et lorsque l'apprêt est sec, on ponce afin d'unir parfaitement les surfaces enduites. La même opération se renouvelle quatre ou cinq fois, en laissant toujours bien sécber la nouvelle couche et la ponçant avant d'en étendre une autre . Le nombre do ces couches dépend beaucoup de la iinesse de la peau, et aussi du choix à faire entre les matières pulvérulentes, ocre,. craie, blanc d'Espagne, etc.
Cet apprêt, ce fond, doit être parfaitement lisse, également étendti, et ne doit pas être trop épais, car alors il deviendrait cassant et sujet] à s'écailler. On doit se bien figurer qu'il n'est mis que pour servir d'intermédiaire entre la peau et les vernis qu'on mettra dessus. Cet apprêt, c'est là le point essentiel, doit couvrir la peau, y être adhérent; mais ne doit point la pénétrer, afin qu'elle conserve toujours daDS son intérieur la porosité qui est cause de la souplesse. Si l'apprêt pénétrait, trop avant dans les pores de la peau, il les obstruerait, et lorsqu'il serait sec, il rendrait cette peau compacte et cassante, ce qui est un vice radical.
Les choses étant dans cet état, ou colore l'apprêt, avec du noir d'ivoire ou autre broyé très-fin, et délayé dans l'essence de térébenthine; et pour étendre cette couleur sur l'apprêt,, on se sert de ces pinceaux larges, dits blaireaux. Cette couleur doit être fluide, et ne doit cuntenir aucune mat ière pulvérulente ; mais seulement l'huile de lin, le blanc de plomb et la litharge, qui forment la base de l'apprêt. On donne ainsi cinq ou six couches de celte couleur; chacune fie ces couches étant très-légère et bien également appli-
quéc, est sêchéo à l'étuve, les peaux suspendues sur des l'itr"; ssis et ne pouvant-se toucher entre elles. Par ce moyen, le fond devient poli, brillant, glacé, d'un beau noir bien égal, et la peau conserve toute sasouplesse. Il ne reste plus, après parfaite dessiccation , et avant d'appliquer le vernis, qu'à lustrer avec la ponce broyée au numéro le plus fin, dont on saupoudre un tampon de vieux tricot de laine, et~ qu'on passe et repasse sur l'apprêt qui est alors terminé et prêt à recevoir le vernis.
Cette opération demande beaucoup de soin : avant d'en parler, nous devons dire quelle est la composition du vernis.
C'est encore l'huile de lin, le blanc de plomb et la litharge, qui forment l'huile d'apprêt, qui servent à faire le vernis : on y ajoute, dans les proportions ci-après, les substances qui le composent.
Par kilogramme d'huile d'apprêt, on met 5 décag. de noir d'ivoire, de bleu de Prusse, ou de bitume de Judée, 5 hectog. de vernis gras au copal et 1 kilog. d'essence de térébenthine.
On commence par faire chauffer l'huile d'apprêt avec la substance colorante; on agite et on mêle bien, puis on ajoute le vernis copal, et, en dernier heu, l'essence de térébenthine. On agite fortement et vivement pour que le tout soit bien mélangé. On laisse alors déposer dans un endroit chaud, pendant trois semaines environ, sans y toucher aucunement, et en le garantissant avec soin de la poussière.
Ces précautions prises et le vernis bien reposé , on peut l'étendre sur les peaux, ce qui .se fait à l'aide du pinceau plat dont nous avons parlé, et que les ouvriers nomment queue de morue. On met les peaux ainsi enduites dans une étuve chauffée de 56 à 7ô° C, en les préservant attentivement de la poussière, et les tenant suspendues, ou bien clouées sur des cadres, le vernis en dessous; ou bien encore posées a plat dans des tiroirs qui passent à travers les murs ou parois de l'étuve, afin ■ qu'ils puissent être tirés dehors pour être visités sans qu'il soit besoin d'ouvrir l'étuve.
Certaines peaux, certains vernis exigent des degrés de chaleur dilférents; mais toujours renfermés dans la limite que nous venons de poser; l'expérieuce et la pratique peuvent seuls déterminer sur ce point la marche du veruisseur; il en est-do même pour le temps que les peaux passent dans l'étuve.
Telle est la méthode le plus généralement suivie. Lorsqu'elle ne donne pas des produits satisfaisants, c'est qu'on a négligé de suivre scrupuleufienjent les prescriptions ci-des-
curas vernis.
sus. Sans doute, la nature des peaux entre pour beaucoup dans les conditions de la réussite : une peau mai corroyée, mal réparée, no devient pas hclle au vernissage aussi facilement que telle qui a été bien préparée; le fabricant doit savoir reconnaître si le tannage et le eorroyage ont éLé bien faits; si le dégras était do bonne qualité, s'il a été réparti bien uniformément, si l'on n'en a pas mis trop on trop peu. Toutes ces considérations sont à envisager : trop peu de dégras est un grave défaut, trop de dégras s'oppose à la dessiccation des premières couches de l'apprêt; on nes'aper- Çoit pas d'abord du mal qui résulte de cet excès ; mais bientôt le gras perce, le vernis se trouble, s'obscurcit et perd, son brillant. Il se rencontre beaucoup do cas où avant d'appliquer les apprêts sur la peau, quand il s'agit de vernir sur chair, on fait un encollage; ce qui a lieu en mouillant, à l'aide d'une brosse rude, la face interne avec une dissolution plus ou moins épaisse de colle de Gand. La peau, ainsi humectée, est fixée avec des clous sur un châssis et on la fait sécher très-promptement , en l'exposant à une haute température. Cet encollage empêche la peau d'être trop pénétrée par l'apprèt. Quand l'encollage est sec , on le racle avec du. grès pilé et on l'adoucit au moyen d'un ponçage qui atteint jusqu'à la chair elle-même ; par ce moyen, l'apprêt se fixe bien après la peau : ce qui n'aurait pas lieu si on laissait l'encollage faire couche, et que l'apprèt ne pût entrer en contact direct avec la fibre de la chair.
Dans le procédé dit à l'anglaise, les étuves sont toujours à tiroirs superposés par étage et glissant sur des coulisseaux. Ces tiroirs ou tables sont recouverts avec des étoffes en laine moelleuses, couvertures ou tapis, sur lesquels on étend des feuilles de papier pour les garantir des taches; les cuirs sontétendus dessus et maintenus dans cette position au moyen de clous. Les cuirs sont alors recouverts de trois couches d'apprêt étendues à. l'aide du ràcloir et après dessiccation, on ponce sans déclouer la peau. Cette opération, qui a lieu après chaque couche, se nomme couper le bouton. C'est avec la paume 1 de la main qu'on applique ensuite sur cet apprêt six u sept couchc^de vernis sans essence, et toujours en coupant le bouton a chaque couche qu'on a donnée.
Les peaux ainsi verrues présentent un glacé plus \if, plus brillant que celles qui ont été traitées au pinceau ; niais 1» vernis est moins durable, étant plus sujet a s'écailler en raisou de sa plus grande épaisseur.
Dans la composition de leurs apprêts et de leurs vernis, quelques fabricants fout entrer des oxydes métalliques, do la céruse, de la lithargc, de l'oxyde de manganèse, du sul-
Çaoutchowi H, Dl9lSzed a ., coogic
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fate de zinc, du minium, des os de sèche, de l'ail, etc., etc. Chacun a son secret qu'il estime bon, à l'exclusion de celui des autres fabricants ; mais qui reviennent toujours à peu près à ce qu'on a vu plus haut : quelques personnes so prétendent seules en possession de l'art de faire bien cuire l'huile de lin. Il ne faut pas s'arrêtera ces prétentions, c'est en définitive celui qui donne les plus beaux produits qui a raison ; mais ces beaux et bons produits, il les doit bien plus à l'observance exacte des régies quo nous avons posées, qu'à telle ou tellÊ drogue ou mixtion dont il serait seul possesseur et dont il fait mystère.
Quant à la couleur d'un beau noir, mêmes prétentions. Les uns n'emploient que le bitume de Judée, d'autres y mêlent le noir d'ivoire et le bleu de Prusse. Nous devons dire que le noir d'ivoire, seul, donne un beau noir, exempt du reflet rouge du bitume et du reflet vurdàtre du bleu de Prusse; mais il faut savoir l'employer : il est sujet à déposer s'il est appliqué trop longtemps après son incorporation dans le vernis. D'une autre part, si on l'applique trop tôt, bien que toujours d'un beau noir, il produit un grenu qui nuit au brillant. Cette diiliculté de saisir lo moment opportun a été cause que beaucoup de personnes ont renoncé a l'emploi du noir d'ivoire, et sa contentent du bitume dejudéc et du bleu de Prusse.