CH AV UR K K\ RËLIEP SUR METAL
gci cgi tains traits de son dessin, il trempe légèrement la pointe d’un petit pinceau dans l’essence de térébenthine et enlève le vernis ; il essuie la planche avec un linge avant de faire de nouveaux traits.
« Lorsque le dessin est terminé, on se dispose à 1 opération de la morsure : on commence par entourer la planche avec de la cire à border, et on y verse assez de glyphogèno pour la recouvrir de 7 à 8 millimétrés. Le glyphogène dont il convient de faire usage pour ce genre de gravure sur cuivre est ainsi composé :
Acide nitreux à 30 degrés . 65 gram.
Acétate d’argent . 24
Éther nitreux hydraté . 500 —
^ “ Get éther se prépare en faisant réagir 65 grammes d acide nitrique sur autant d’alcool rectifié, et lorsque la réaction commence, on en arrête les progrès en ajoutant 250 grammes d’eau distillée.
“ Aussitôt que le glyphogène se trouve en contact avec les parties découvertes de la planche, il en attaque la surface avec énergie ; on l’agite avec un pinceau pendant 5 minutes, puis on le renouvelle, et ainsi de suite, jusqu’à ce que vienne l’instant de recouvrir les finesses du dessin. II est important que 1 artiste étudie le degré de profondeur à donner à la planche pour qu elle puisse être tirée à la presse typographique. Les liqueurs qui ont servi sont réunies pour en recueillir l’argent par précipitation et qui peut servir indéfiniment.
PAXTGGLYPH1E
» Tous les préceptes traités pour la morsure sur cuivre sont applicables à l’acier : seulement, il faudra faire usage du glyphogène composé dans les mêmes proportions que celles indiquées pour la taille douce (tome I, p. 154). La proportion de l’acétate d’argent devra être triplée, et au lieu de ne laisser que quelques minutes, on ne renouvellera que toutes les dix.
« Si l’on désirait exécuter une gravure en relief sur les alliages de cuivre, tels que le bronze ou le laiton, l’on ferait usage avec avantage des mordants indiqués pour cet usage. »
4° Procédé Durand-Narat.
« Depuis l’époque (1836) où M. Deleschamps a publié ses recherches, M. Durand-Narat à proposé un autre moyen de gravure en relief sur cuivre, que la Société d’encouragement a cru devoir récompenser d'une médaille ; voici un extrait du rapport fait à ce sujet à cette Société, par M. Gaultier de Claubry.
« Après avoir recouvert une planche de cuivre de vernis, M. Durand-Narat la grave de la manière ordinaire, et la fait mordre avec l’acide nitrique, au moyen de quelques précautions qu’il a indiquées dans son brevet. Avant ensuite enlevé le vernis et nettoyé complètement la planche, il l’encre à l’aide d’un tampon employé par les graveurs sur bois, puis il la saupoudre avec diverses "substances en poudre fine qui adhèrent avec le vernis, et forment déjà un relief sensible ; des appositions successives d’encre Graveur. — II. 6
gravure en relief sur métal
grasse et de la substance en poudre l’élèvent au degré voulu. Quand la planche est préparée, on la cliché en plaçant aux quatre angles de petits clous qui ont • » millimètres de saillie du côté de la gravure, et servent à donner l’épaisseur du cliché à obtenir en les fixant dans une planche. On cliché alors à l’ordinaire, et, pour tirer des épreuves, on passe d'abord un morceau de charbon sur les traits qui doivent présenter des vigueurs, comme dans l’impression en taille douce, et sur les traits trop marqués un brunissoir, auquel on fait succéder l’emploi du charbon ; par ce moyen, on varie beaucoup les effets obtenus, et l’on peut produire, par exemple, un ciel très varié de tons, en faisant d’abord graver à la mécanique une teinte sur le cuivre, brunissant certaines parties et charbonnant les autres.
« Quand on a employé le brunissoir, il faut passer le, charbon par-dessus les points où il a produit son action, pour détruire les petites ondulations qu’a produites l’instrument.
c L’auteur a appliqué son procédé à l’illustration de plusieurs ouvrages, dans lesquels le prix peu élevé auquel on peut obtenir les gravures en a fait multiplier beaucoup les figures. La différence de prix est généralement, de plus de il) pour cent ; pour certaines gravures, elle s’élève à 50 pour cent.
« Ce procédé peut S’appliquer à un grand nombre d’objets, ainsi que la gravure sur bois, dont, il a pour but de remplacer les effets; et comme la planche de cuivre n'a pas été altérée par le clichagc, qu’on peut,
PAXTOGLYPHIE
avec un seul cliché, tirer un très grand nombre I d 'épreuves, et qu’il est possible, avec une seule : planche gravée, de se procurer plusieurs clichés, on ! voit combien devient facile la multiplication des | épreuves.
« M. Durand-Narat n’a pas eu pour but d’obtenir ces délicieux effets de la taille douce, qui feront toujours considérer comme des chefs-d’œuvre les planches sorties des mains de quelques artistes, mais d'imiter les effets de la gravure sur bois, devenue en ce moment un moyen presque indispensable poulies nombreuses publications d’ouvrages avec figures dans le texte, que chaque jour voit apparaître, et qui suffit à peine à ce qui lui est demandé. »
3° Procédé Moelunger.
M. 0. Moellinger a fait imprimer en Allemagne diverses publications, où se trouvent intercalées des vignettes et des planches d’une très grande dimension, d’une bonne exécution, qui proviennent de la gravure en relief sur zinc. D’après les renseignements qui nous sont parvenus, les moyens qu’il a employés ne présentent rien de bien nouveau ; seulement, dans une instruction qu’il a publiée, il recommandait diverses précautions pour le succès des opérations que l’expérience lui a suggérées.
Dans cette instruction, il indique d’abord les moyens de reconnaître le zinc propre à la gravure en relief, qui doit être pur, doux, et d’un grain bien
GRAVURE EN RELIEE SUR MÉTAL
homogène, puis le moyen de vernir et d’enfumer sa planche. Son vernis est le même que celui des graveurs en taille douce. Cela fait, il apprend à décalquer sur le vernis, puis à découvrir à la pointe à horder, et à faire mordre. Son mordant est l’acide nitrique concentré, qui attaque vivement, avec netteté et uniformément, la planche qu’on a plongée préalablement dans l’eau pure. I.es coups de force s’appliquent de même, et au besoin on emploie le burin. La planche terminée, on la pose sur un bloc de bois enduit de cire à border ; on chauffe légèrement, on met en place, et un coup de presse suffit pour la disposer convenablement, et pour qu’elle vienne parfaitement bien au tirage, de façon que la mise en train n’est ni longue ni difficile.
6° Procédé Jobard.
Jobard, de Bruxelles, a présenté en 1839 un procédé fondé sur le mordançage par l’acide nitrique qui est la contre-partie de la gravure à l’eau-forte. Il faisait, en effet, son dessin directement sur le cuivre, au moyen d’une plume métallique très fine imprégnée d’encre inattaquable composée de vernis de graveur dissous dans de l’essence de lavande à consistance de crème ; il fallait, par exemple, avoir soin de laver la planche de cuivre avec l’essence de térébenthine, afin que cette encre ne s’étalât pas; quand le dessin était fini, il faisait mordre la planche jusqu’à ce qu’elle fût creusée suffisamment.
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PANTOGLYPHIE ,U1
Collas et Boquillon ont perfectionné la gravure en relief sur métal.
Eberharhard, de Darmstadt, a imagine un procédé qui diffère très peu de celui de Moellinger, que nous venons de décrire.
7» Procédé Boettger.
M Boettger fait d’abord une solution d’une partie de chlorure sec de platine et d’une partie de gomme arabique en poudre fine dans douze parties en poids d’eau. Avec cette solution, il écrit sur une feuille de zinc propre et polie avec une plume d’oie ordinaire. On voit immédiatement apparaître l’ecnture noire formée par le dépôt de noir de platine : et alors avant que l’écriture soit sèche, on plonge la feui pendant quelques instants dans une solution de cya nure double d’or et de potassium. Toute^ la plaque se recouvre ainsi d’une mince couche d’or; mais si on la met dans de l’acide nitrique dilué (une partie d’acide de 1°,2 de densité et seize parties d eau), a couche d’or corrode le zinc, mais reste fortement adhérente aux caractères de platine. On peut accélérer cette partie de l’opération en passant l’acme sur la plaque avec un pinceau doux de poils de chameau. En continuant l’action de l’acide, on peut obtenu l’écriture en relief suffisamment prononcé.
8° Procédé Pül.
On prend une planche de zinc, qu’on recouvre de cire de graveur, sur laquelle on grave à l'eau-torte,
102 GRAVURE EN RELIEE SUR MÉTAL
puis la surface gravée est recouverte avec un métal négatif très fusible. En cet état, on gratte la planche de manière à laisser le métal dans les cavités produites par la gravure à l’eau-l'orte, puis on fait mordre de nouveau, pour enlever le zinc dans tous les intervalles et donner au dessin le relief nécessaire. La planche est alors terminée, et il n'y a plus qu’à s’en servir comme d’une gravure sur bois.
9° Procédé Comte.
On prend d’abord une plaque de zinc sur laquelle est étendu un enduit de blanc d’aquarelle. Avec une petite pointe on dessine une figure, un paysage, en entamant l’enduit jusqu’au métal. Cela fait, on passe sur la plaque un vernis composé exprès, qui adhère au métal dans tous les endroits où le blanc d’aquarelle a été entamé. On plonge la plaque dans un bain d’eau; elle en sort débarrassée de l’enduit blanc ; et l’on n’y voit plus qu’un réseau de lignes noires représentant le dessin tracé par la pointe : ces lignes sont le vernis même qui avait adhéré au métal. Il se détache en saillie sur la surface du zinc. On verse ensuite une mixtion d’eau-forte : l’acide creuse, entre, et fait des vides autour du réseau indiqué tout à l’heure. Le résultat de l’opération est celui-ci : le métal a des saillies et des creux, les saillies sont le tracé du dessinateur, ce que la poinle a touché, et les creux sont les parties blanches que la pointe a respectées. Comparé à la gravure sur
PANTOGLYPHIE
bois, le procédé de M. Comte a de grands avantages, puisqu'il se passe de l'interprétation d un intermédiaire. Au nombre des artistes qui ont mis en pratique, avec succès, le procédé Comte, nous citerons en première ligne M. Charles Jaque, le célèbre animalier et aqua-fortiste ; M. Bodmer, dans 1 Illustration, réussit à merveille dans ses effets de brouillard, qui méritent le nom d’oeuvre d’art. Citons aussi M. Claude Sauvageot, dans son bel ouvrage intitulé : Palais, châteaux, hôtels et maisons de France, du quinzième ou du dix-huitième siècle ; M. J. Duvaux, qui a illustré de plus de 2000 gravures le Dictionnaire maritime et militaire de M. Lechevalier ; MM. Lancelot et Bayard ; enfin et surtout le Danois Frôlich qui a enrichi de ravissantes vignettes le volume de fables publié chez Hetzel et dû à M. Anatole de Ségur.
10° Chrysoghjphie.
La chrysoglyphie est un genre de gravure en relief inventé par MM. Firmin-Didot frères, qui consiste à vernir une planche de cuivre avec du vernis ordinaire des graveurs, à y tracer le dessin avec une pointe, à faire mordre les traits à l’eau-forte, à enlever le vernis, à dorer la planche au moyen de la pile et à revernir la planche à chaud de façon que toutes les parties creuses en soient bien pénétrées. On hotte la surface du cuivre successivement avec le grattoir, la ponce et le charbon de manière à enlever le vernis
GRAVURE EX RELIEF SUR MÉTAL
sauf dans les parties gravées. Le cuivre se trouve ainsi mis à nu partout où le dessin n’est pas préservé par l'or et le vernis qui recouvrent les traits. Alors, par une suite de morsures successives, on attaque le cuivre par l’eau-forte à des profondeurs diverses, selon le besoin ; on dévernit et on retouche au burin. Les gravures ainsi obtenues donnent assez de finesse.
§ 3. CHALCOTYPIE.
Ce procédé de gravure a été inventé en 1851 par Heinis de Berlin. On recouvre une planche de cuivre avec du vernis ordinaire, on trace le dessin avec une pointe, et on mord profondément avec un acide. On imite très bien de cette façon des dessins à la plume et à l’eau-forte. M. Behr, éditeur à Paris et à Berlin, a publié en 1856, un Album fac-similé des Artistes contemporains, exécuté en chalcotypie et imprimé à la presse typographique.
M. \Yiesener a indiqué une méthode semblable à la Chrysoglyphie de Firmin-Didot. On prépare une planche de cuivre comme pour la gravure à l’eauforte, on trace à. la pointe le dessin à obtenir, on dore les traits soit à la pile soit au cyanure, on dévernit à l’essence de térébenthine, et on fait mordre la planche profondément. L’acide n’attaque pas les parties dorées qui restent en relief!
Gravure mécanique en relief. — On a produit quelquefois des dessins peu compliqués en relief, au moyen d’une fraise verticale tournant rapidement
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CHALCOTYPIE
avec laquelle on enlève les grands blancs et les entretailles. La machine Claudel s'applique principalement à ce genre de gravure. On a grave de cette manière des dessins au trait comme des figures géométriques, des schémas, des diagrammes.
Procédé Killow.
Avec ce procédé, on dessine au moyen de l’encre composée d'une solution de résinâtes metüUque8 . dans la benzine ou l’essence de terebenthine. Le tiacc, une fois sec, est attaqué par l’acide nitrique étendu Les résinâtes métalliques sont ceux d alumine et de fer. On les prépare de la manière suivante : on tau bouillir, pendant deux heures .
100 gram.
Colophane . 10 —
Soude caustique . .
Carbonate de soude .
1 litre.
Eau . .
On décompose la solution par une solution de perchlorure de fer ou de sulfate d’alumine. H se forme ainsi un résinate métallique, qu’on recueille, qu on sèche et qu’on pulvérise. On le dissout ensuite dans l’essence de térébenthine ou la benzine.
Ce procédé donne d’excellents résultats sur cuivre,
sur zinc et même sur verre.
Au lieu des résinâtes métalliques, on peut se servir des savons métalliques divers, obtenus en décomposant une solution bouillante de savon de Marseille par une solution de sulfate ferrique ou de sulfate d’alumine.
GRAVURE F. N RELIEF SUR MÉTAL