‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 13 sur 93 · I. — EXÉCUTION DES DESSINS A REPRODUIRE · texte numérisé non relu

I. — EXÉCUTION DES DESSINS A REPRODUIRE

Cette question a été traitée d’une façon très complète, par un dessinateur de talent, bien connu, M. Alix, dans la Revue Universelle des Inventions Nouvelles (S mars 1892). Nous reproduisons ci-dessous, cet intéressant article :

« En principe, tous les dessins exécutés en traits, modelés par des points ou des hachures, tracés en noir sur papier blanc ou de tonalité bleuâtre, peuvent être reproduits au moyen de la photogravure, soit en creux, soit en relief, sur des planches de métal servant ensuite à les imprimer en quantité pour ainsi dire illimitée.

Dans ce but, pour remplir les meilleures conditions d’une bonne reproduction, les dessins doivent être formés par des traits purs, parfaitement noirs. Il convient donc de rechercher dans les instruments et les papiers à employer ceux qui réunissent les qualités facilitant au dessinateur la réalisation de son travail ainsi défini.

Les principaux instruments sont les plumes, les tire-lignes, les différents outils servant à décalquer,

(1) Cette opération est peu usitée maintenant, parce qu’elle a l’inconvénient de grossir le trait du relief, on préfère faire un cliché galvanique du zinc, s'il doit fournir un grand tirage ou plusieurs tirages successifs, et conserver le zinc comme cliché type.

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le blanc à la gouache, l’encre de Chine liquide, et enfin différents genres de papier.

On se sert de plumes spéciales pour faire ces dessins. Pour l’exécution des fonds qui demandent des tons gris fins, on choisira de préférence les plumes anglaises dites Gillot; pour les premiers plans qui demandent à être traités vigoureusement, une plume quelconque servant a"ecrire l’anglaise, et même colles employées pour la ronde, rempliront parfaitement le but, si leur bec n’accroche pas le papier et dépose bien l’encre à sa surface.

Le tire-ligne doit présenter toutes les qualités dont nous avons fait mention dans un précédent numéro, on remploiera pour tracer les contours géométriques et faire les teintes plates et dégradées.

Nous avons également parlé précédemment dans le même sens de l’encre de Chine, ajoutons que le trait de plume doit être franchement plein d’encre dans toute sa longueur, l’encre qui coule mal le donne gris au commencement du coup de plume. Quant à la gouache (blanc de zinc délayé à la gomme qui se vend en flacons), sa qualité est naturellement l’opposé du noir avec lequel elle doit former une opposition absolue, un contraste énergique; on lui donne la 11 uiditô nécessaire en y ajoutant de l’eau.

Les dessins de trait demandent beaucoup de netteté et de franchise d’exécution, toutes les qualités de papier ne conviennent pas pour ce genre de dessin.

En général, il faut rejeter tous les papiers dont la surface mal satinée et la pâte pelucheuse bourrent

exécution des dessins a reproduire 113

les instruments de petits filaments qui forment alors, le long des traits, des bavochures, ceux qui absorbent l’encre en raison de leur manque d’encollage, et surtout ceux dont la teinte antiphotogemque (rouge ou jaune) serait un obstacle aux opérations de la photogravure.

De plus, pour qu’il puisse supporter les grattages nécessités par les corrections, le papier doit être encollé dans toute l’épaisseur de la feuille, de façon a ce que la porosité de l’endroit gratté soit encore de même porosité que la surface.

Plusieurs sortes de papier réunissent plus ou moins ces qualités, citons les meilleures .

1° Le bristol blanc bien encollé et quelques bonnes

sortes de papier écolier fort ;

2° Le papier Wattmann mince, très laminé, et surtout le papier de Rives, employé en photographie, dont la blancheur et la pâte sont irréprochables. Les deux derniers surtout, dans les dessins qui demandent beaucoup de soins, permettent, presque impunément, des grattages renouvelés.

Quand on veut pousser l'effet d’un dessin a la plume, principalement lorsqu’il s’agit de sujets pittoresques (paysages, personnages, etc.), on peut employer des papiers, dits couchés, c’est-a-dire recou verts d’une couche de blanc de zinc mélange en certaines proportions à une colle d’albumine et de gélatine. Ces papiers se trouvent dans le commerce et sont de différentes sortes. Les uns sont lisses et portent imprimé un fin grisé de traits noirs, ou un semis

1 14 PHOTOGRAVURE EN RELIEF OU GILLOTAGE dépeints rapprochés formant un ton de fond gris; les uns sont gaufrés au moyen de plaques d’acier portant à leur surface, en creux, un réseau de lignes ou de points très rapprochés.

Ces deux procédés ont également pour but de fournir au dessinateur, le moyen de donner plus rapidement qu’au tire-ligne ou à la plume, des tons gris réguliers dont la valeur peut être augmentée ou diminuée suivant qu’on recouvre de traits noirs ou qu’on surcoupe, soit à la pointe, soit au canif, le réseau de lignes ou de points.

Dans les papiers lisses, les réseaux de lignes les plus employés sont des grisés, formés de traits noirs, séparés les uns des autres par un trait blanc de même largeur, et ceux donnant le même ton gris au moyen de points. Sur ces grisés, on peut à l’aide de surcoupes ou de blancs posés à la gouache, diminuer le même ton de façon à le rendre aussi clair qu’il est nécessaire, de même qu’on peut, en dessinant en noir, à la plume ou au tire-ligne, voire même au pinceau, obtenir toutes les valeurs intermédiaires, depuis le ton gris local du papier, jusqu’au ton noir pur.

Les papiers gaufrés portant leur linéature ou leurs points seulement en relief, c’est en noircissant ces reliefs, que les grisés sont obtenus ; le dessinateur doit en faire un choix judicieux, suivant le sujet qu’il se propose de traiter, en tenant compte que, comme nous l’avons dit précédemment, ces papiers doivent être employés surtout pour les dessins du

exécution DES dessins a reproduire HS

il oct très difficile de tracei o-ente pittoresque, car il est très auiici

jpS coxitours géométriques sur une sur.ace tue .

Quelquefois le papier gaufré porte, en plus d

liJneë d’équerre, formant un point carré. On tait

aussi des papiers portant un réseau de pointe imi-

uL 1p o-rain de la pierre lithographique , dans ce

dernier genre, on fait encore un réseau ayant 1 aspect

dp la surface du calicot. ,, , , .

Sur ces papiers gaufrés, on esquisse d ,abqrd au

tre au noir le réseau de traits ou de points en le ef ên frottant le crayon d'abord dans un sens nuis en sens inverse, de façon à noircir egalemen , ^chaque côté, le sommet des lignes ou d ^es points.

’Æi 7ouïer‘ ^

son sommet par le noir déposé au moyen du crayo^, „„ n'obtiendra un réguler qn^ ^ ^ ^

Se6 ^“e recommandation est faite également

pour l'emploi des autres papiers gaufres, d . points sont des cônes ou ^ pyra™#^

Les crayons a la mine ?? convenir

pas un trait franchement noir, ne p

et, de préférence, on doit les prendre de mine

1 IG PHOTOGRAVURE EN RELIEF OU GILEOTAGE

peu grasse (la marque anglaise Wolf nous , a toujours donné de bons résultats), car si le crayon est j trop sec, il est poudreux et il peut salir le creux, dont on doit conserver les blancs aussi purs que ' possible.

Si le dessin, en raison des effets qu’on veut rendre, comporte des parties entièrement blanches, on peut enlever ces parties au grattoir ou les recouvrir de gouache; quant aux grattages partiels

Fig. 37.

sur les grisés (c’est-à-dire les traits blancs), on les obtient très facilement au moyen d’un canif ou de toute autre pointe appropriée au travail qu’on désire obtenir, en les maniant comme un crayon.

Si l’on a des corrections de peu d’importance à exécuter, on enlèvera au grattoir les parties du dessin à refaire. Pour cela, l’instrument dont on se

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