‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 49 sur 93 · XIX.. — SIMILIGRAVURE · texte numérisé non relu

XIX.. — SIMILIGRAVURE

L’autotypie, connue plus vulgairement sous le nom de Simili , est un procédé pour obtenir, par impression en relief, de tous objets donnant des dessins teintés, tels que : objets d’après nature, photographies, tableaux, aquarelles, lavis, fusains, etc.

En voici la description, d’après une communication faite pas M. Collens, à la section de Bruxelles, le 1er juillet 1891, et reproduite par le Bulletin de l'Association belge de Photographie.

Ce procédé n’est qu’un perfectionnement de la photogravure et l’un et l’autre appartiennent à la zincographie ; pour pouvoir procéder, il faut être en possession d’une feuille de papier mathématiquement lignée, quadrillée ou possédant un pointillé irrégulier.

De ces feuilles, il est fait des clichés photographiques dont la réduction se fait d’après la finesse que l’on désire donner à la reproduction ; je fais remarquer ici que plus fine sera la trame, d’autant moins creux sera le cliché et qu’il deviendra, par cela même, plus difficile à être imprimé, chose qui a son importance dans un pays où peu d’imprimeurs sa-

SIMILIGRAVURE

vent tirer parti d’un simili ; c’est ce qui fait que si souvent nous trouvons dans des illustrations des autotypies de peu de valeur.

Il se fait, en ce moment, des clichés trames obtenus par la gravure sur verre ; le cliché trame étant obtenu, il ne s’agit plus que de le placer dans un châssis double pour être transposé sur le verre collodionné en même temps que la pose.

On entend par châssis double un encadrement qui peut recevoir deux verres qui ne sont espacés que par des coins en verres plus ou moins gros, suivant l’effet que l’on désire obtenir, c’est-à-dire qu’en éloignant davantage les deux verres, vous obtiendrez un pointilié plus fort que si vous les rapprochez le plus possible.

Pour éviter l’ennui du placement des coins, j’ai fait construire un châssis dont le mécanisme permet d’éloigner ou de rapprocher les deux verres.

En procédant par le cliché à lignature, il faut, à mi-pose, fermer le châssis, passer à la chambre noire, retourner le cliché ligné et continuer la pose.

Cette façon d’opérer nécessite un sol fixe, un appareil juste èt solide, car, évidemment, si le cliché venait à bouger, la reproduction serait floue; de plus, comme dans une même pose au collodion, on peut obtenir un changement de lumière qui influencerait la régularité du pointillé, attendu que l’une des lignes peut avoir marqué davantage que l’autre, cette façon d’opérer a été abandonnée pour faire place au quadrillé qui, plus sûrement, plus vite et en moins de temps, donne le cliché désiré.

GRAVURE PHOTOTYPOGRAPHIQUE

Ici, je suis forcé d’abandonner un instant la continuation de mon travail pour vous entretenir d’un procédé rapide d’exposition.

Il y a onze ans, lorsque j’ai commencé mes premières opérations, je procédais de même, mais les inconvénients et les déboires que je dus subir par l’irrégularité de notre température, qui ne nous donne guère que trois ou quatre mois de soleil sur douze, et étant, en plus, privé de lumière électrique, je fis tous mes efforts pour trouver un produit plus rapide et donnant les mêmes avantages que le bitume de Judée.

Le bichromate fut celui sur lequel je portai le plus particulièrement mon attention; il présentait, à mon avis, tous les avantages que je cherchais, sauf celui de résister aussi vaillamment à l’acide nitrique; je n’y parvins qu’en faisant mes premières morsures à l’acétate de cuivre et n’obtins ici qu’un travail plus long et plus dispendieux.

Je résolus alors de porter mes recherches sur l’alliage du bichromate avec le bitume ; or, nous savons tous que ces deux produits sont ennemis, l’un veut l’eau et l’autre un corps gras ; cependant je ne me décourageai pas et, au bout de longues expériences, je finis par associer ces deux ennemis au moyen d’un troisième corps qui n’est autre que l’encre grasse, et à partir de ce moment, j’appelai le procédé : bitume bichromate.

Aujourd’hui, que je suis habitué à ce procédé, j’ai la certitude que c’est le meilleur, le moins cher et le

SIMILIGRAVURE

plus rapide, attendu qu’en trois ou cinq minutes d’exposition, je me fais fort de porter, sur zinc, la gravure la plus difficile, et ce, sans soleil ni lumière électrique.

Nous allons maintenant reprendre notre cliché photographique et le reproduire sur zinc par ce procédé : sur une plaque de zinc poli, je verse assez de mixture bichromatée, comme s’il s’agissait de collodionner sur verre, je laisse décanter et puis sécher (vu la grande sensibilité, toutes les opérations doivent se faire dansle cabinet noir). Aussitôt j’applique le cliché et le zinc sous châssis pendant trois, quatre ou cinq minutes, suivant l’intensité de la lumière.

Je retire le zinc, le chauffe et y applique une couche d’encre grasse pour le plonger aussitôt dans une eau claire, après une ou deux minutes d’un lavage que j’aide d’un blaireau ou d’un morceau d’ouate, je possède la reproduction fidèle de mon cliché, qu’il ne s’agit plus que de rendre solide, inaltérable et capable de supporter une bonne morsure à l’acide, et j’y parviens en saupoudrant la plaque d’une fine poussière de bitume, dont j’ai soin d’enlever le superflu ; aussitôt je chauffe pour faire adhérer le bitume à l’encre grasse et au bichromate, et, une fois la plaque refroidie, je possède une reproduction qui peut lutter avec la meilleure exposition au bitume, elle résistera même mieux à l’acide que cette dernière.

Je ferai, . en outre, remarquer que dans un an, dans deux ans, rien n’aura changé à cette reproduc-

GRAVURE PHOTOT VPOGRAPHIQUE

tion, qui ne s’écaillera même pas sous l’action du bitume, comme c’est souvent le cas.

Il ne s’agit plus que de mettre la gravure en relief par le procédé bien connu.

Pour obtenir de beau simili, il faut que dans l’atelier il y ait un bon artiste dessinateur ou peintre, car, après chaque morsure, la plaque est lavée et, après avoir été encrée à nouveau, elle doit recevoir de cet artiste des retouches qui permettent d’obtenir les différentes teintes, et, effectivement, en remettant le cliché au bain, il ne se creusera plus que sur les parties ménagées par le travailleur. La bonne gravure au simili nécessite des connaissances sur les principes de l’art.

En iinissant, je dirai que tous les clichés, après avoir reçu ces différentes morsures, se trouvent établis à. peu près en escalier, et que pour donner meilleur œil au travail l’on en abat les talus par une morsure supplémentaire, et, à ce sujet, on encre au moyen d’un rouleau dur et d’une encre très solide la surface du cliché qu’on passe ensuite au bain; après ce bain, les traits se présentent en talus au lieu d’être en escalier.

Reste une dernière opération pour enlever les bavures et les quelques irrégularités qui ont pu survenir dès la première morsure : pour ce, après le lavage de la plaque, il faut l’encrer peu et légèrement avec un rouleau très dur et une encre solide, faire subir un léger bain où toute l'attention doit être donnée, car ce dernier travail décidera de la bonne exécution du cliché.

ZINCOCOLLODIOGRAPHIE

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