AB CD
A et B), des onglettes ou burins en ovale D et quelquefois, quoique très rarement, des échoppes G. Ges burins sont emmanchés dans des manches en forme de champignon (fig. 29), de manière que leur nez ou pointe remonte légèrement quand l'outil est posé à plat.
Fig. 29.
Indépendamment de ces burins, qui ne forment qu’un seul ..trait, les graveurs sur bois emploient, depuis quelques années, des burins à plusieurs rai-,
GRAVURE SUR ROIS
nures (fig. 30 et 31 ) pour graver les tailles en une seule fois. Il en existe depuis une rainure juqu’à23;
Fig. 30.
ces derniers sont peu employés, mais les burins de 4 à 5 rainures sont couramment en usage pour abréger le travail. Ils ont besoin d’être dirigés par une
Fig. 31.
main exercée ; entre les doigts d’un graveur habile, ils rendent de grands services. Un s’en sert principalement pour graver les ciels et les ombres droites.
3° Un petit coussin rembourré et recouvert en cuir pour exhausser le bois et le rapprocher de l’œil du graveur.
4° Une loupe simple ou montée sur une tige, pouvant être haussée ou baissée pour la commodité de l’artiste.
5° Une pierre à aiguiser, pour repasser les burins \(fig. 32 et 33 j.
Fig. 32. Fig. 33.
La longueur des burins et échoppes est toujours la même ; ainsi que nous l’avons dit précédemment, les burins losanges sont presque seuls employés pour graver sur bois. Gomme ce genre de gravure est très long à cause du temps qu’il faut mettre pour épargner et dégager les travaux en relief, il est bon de faire remarquer qu’avec le burin 'losange, on peut faire tous les travaux qui se présentent, en s’en ser- vant avec adresse. On peut donc se dispenser de changer d’outils souvent, ce qui économise du temps.
Les lames d’échoppes sont souvent larges, et ont des pointes plus ou moins aiguës, plus ou moins affilées. Les échoppes rondes doivent être plus généralement employées, parce qu’elles laissent plus de pied aux tailles ; dans les travaux tremblés ou ondulés, elles n’écorchent pas les bords de la coupe en tournant, comme le feraient des échoppes carrées celles-ci sont avantageuses pour les tailles droites et pour les hachures croisées. On se sert encore d’un burin échoppe , nommé langue de chat, qui est réservé pour les travaux les plus délicats et les plus serrés,
GRAVURE SUR BOIS
parce qu’il donne une profondeur convenable sans élargir la coupe (fig. 34).
On emploie encore divers outils pour évider le bois, dégager les parties gravées, creuser les grandes parties blanches ou pour champlever (c’est le terme employé maintenant par tous les graveurs sur bois). Pour cette partie du travail, on se sert de préférence d’échoppes rondes ; on couche à plat sur son hois un support de buis, sorte de règle plate, d’un millimètre d’épaissëur, large de 2 centimètres et longue de 8 centimètres environ. On l’y maintient avec force avec deux doigts de la main gauche, en appuyant le ventre de l’échoppe contre le bord de la règle, on enlève par petites parties les espaces qui doivent être creusés. Cette partie du travail se fait la dernière, parce que le frottement de la règle sur le dessin pourrait l'altérer. Sans nous arrêter sur ce sujet, détaillé en traitant la gravure en taille d’épargne, nous dirons seulement qu’on peut se servir
{ avec avantage de l’échoppe plate-ronde dans les ciels, et dans toutes les teintes unies ondulées, qu’il faut se défier des outils larges qui enlèvent trop de bois à la fois, et peuvent occasionner des accidents,
| et ne pas trop enfoncer l’outil dans le bois, pour | pouvoir le diriger plus facilement.
Les teintes unies droites ou ondulées ne se dessinent pas, les traits faits au crayon nuisent plutôt au graveur qu’ils ne lui servent : le coup-d’œil seul doit diriger l’outil ; si la teinte doit être verticale ou horizontale, on doit s’assurer si le bois est d’équerre,
| et diriger et faire filer l’échoppe parallèlement au bord du bois. L’épaisseur des tailles et la largeur des coupes se calculent selon la teinte que l’on veut faire.
Pour la théorie de ce genre de gravure, nous renvoyons le lecteur à ce que nous avons déjà dit dans le Tome '1er de cet ouvrage, en traitant de la gravure en taille douce. Ce sont les mêmes principes, les mêmes conditions et le même ÜÜt ; les moyens d’exécution sont seuls différents ; cependant, la gravure sur bois offre des difficultés pour obtenir des hachures croisées en tout sens comme on le fait sur le cuivre, ce qui nécessite une étude particulière de l’arrangement des tailles et du parti que l’on peut tirer de leur plus ou moins grande épaisseur, ou de | leur plus ou moins grand écartement.
Les principes de l’ancienne gravure sur bois, étaj blis par Papillon, que nous avons exposés précédemment, fourniront même encore aujourd’hui à ce sujet des renseignements utiles aux graveurs modernes.
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GRAVURE SUR BOIS
Nous les renvoyons donc à cet article, dont, ils tireront profit.
Les hachures croisées (1) doivent être d’abord tracées au crayon et parallèlement; on enlève ensuite les blancs à l’échoppe : lorsque les entre-tailles forment le losange, le burin est préférable pour enlever le bois d’un angle aigu à l’autre. 11 est d’usage, lorsque les tailles ne sont pas très serrées, et lorsqu’on veut y mettre beaucoup de précision, de faire une coupe, avec la langue de chat, de chaque côté de la première taille ; on doit prendre la même précaution pour tout autre objet qui doit bien se détacher sur un fond également travaillé ; et on ne peut s’en dispenser que pour les objets qui se trouvent dans le vague ou sur une teinte très vigoureuse.
L’épaisseur des traits est facile à calculer et à ménager, puisqu’il ne s’agit que d'enlever plus ou moins de bois; la distance des tailles dépend de la largeur des échoppes que l’on emploie pour les séparer.
Le bois debout permet de faire avec facilité des coupes blanches en travers des hachures, comme le feraient les entre-tailles ; ce travail est d’un effet agréable dans les chairs, surtout pour donner de la transparence, et sert aussi à fondre les vigueurs dans les demi-teintes.
On donne à cette gravure beaucoup moins de reliel que n’en a celle faite à la pointe, et ce relief
(1) Ce genre (le gravure est entièrement démodé; il ne se fait pins qu'en Angleterre et il tend aujourd'hui à disparaître complètement.
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s'obtient graduellement par des rentrées successives faites avec des instruments plus ou moins aigus.
Il faut toujours commencer par arrêter et terminer l’intérieur de la figure que l’on grave avant de la dégager entièrement de la surface de bois qui l'entoure, qui lui donne, pendant le travail, de la solidité, et la préserve des accidents irréparables qui pourraient lui arriver.
On ne baisse plus certaines parties de la gravure sur bois, comme on le faisait autrefois ; les imprimeurs, dans la mise en train, remplacent ce travail par des hausses habilement placées. Du reste, depuis l’invention des clichés galvaniques, on ne tire plus directement sur les bois, qui sont mis en réserve pour obtenir de nouveaux clichés, quand les anciens sont usés et qui fournissent ainsi un tirage indéfini.
La gravure des machines, qui demande une grande fermeté de main, se fait par ce procédé.
Pour ce qui est relatif à la préparation et à la hauteur du bois, à la disposition de sa surface, etc., nous avons dit tout ce qui nous paraissait nécessaire au commencement de ce chapitre.
On pourrait penser que cette dénomination de plusieurs tailles vient du nombre ou du croisement des hachures ; mais il n’en est pas ainsi : ceux, qui exerçaient la gravure sur bois étaient nommés tailleurs de bois , tailleurs de cartes à jouer, et l’on a donné le
GRAVURE SUR ROIS
nom de taille à la planche même qui avait été taillée ou gravée ; par conséquent, lorsqu’on a fait avec des planches de bois des gravures en couleur, comme il fallait employer deux et même trois planches, on a nommé cette manière gravure à plusieurs tailles, gravure en clair-obscur ou camaïeu. On a fait en Allemagne quelques gravures dans ce genre, mais c’est plutôt en Italie qu’on s’en est occupé, et on pense que l’invention en est due à François Mazzuoli, dit le Parmesan. Le but qu’il js’est proposé a été d’imiter des dessins lavés au pinceau.
Les graveurs les plus (renommés dans cette manière sont : Andreani, lîugo da Carpi, J. -N. Vicen-
tini, Antoine Fantuzzi de main Jegher, qui ont ti Cette méthode abandonr
Tarente, B. Coriolano, Burg- ■availlé dans le xvie siècle, ée a été reprise en France, vers 1710, par Lesueur et autres; elle a été aussi exercée en Angleterre pjir Jackson, à Venise par Antoine-Marie Zanetti ; mais souvent alors on a substitué une planche de cuivre à l’une des planches de bois.
Les planches destinées à imprimer ces sortes d’estampes doivent être de poirier plutôt que de buis, parce que les masses sur ce bois prennent mieux la couleur que sur l’autre; les outils sont les mêmes que ceux employés pour la gravure des vignettes, mais ils doivent avoir plus de force et de solidité.
Dans cette gravure, (les teintes différentes qui composent l’impression, sont donc faites avec autant de planches différentes ; les endroits du papier qui res-
tent blancs doivent produire un effet semblable à celui d’un dessin rehaussé au crayon blanc.
On doit disposer autant de planches semblables que l’on aura de teintes différentes à employer.
On peut repérer ces planches, si elles sont parfaitement de même grandeur et de même équarrissage, en les plaçant successivement dans un châssis de bois correspondant au cadre qui soutient le papier, ou bien en y adaptant des pointes de repérage.
Quand on aura gravé la première planche, celle du trait, on en tirera plusieurs épreuves, et on les décalquera toutes fraîches sur les autres planches.
« On laissera sécher tous ces décalques pendant quelque temps, ensuite on couvrira sur une épreuve, avec un pinceau et de la couleur la plus claire que le trait imprimé, ce qui, dans l’enceinte de ce trait, doit être moins foncé, aussi bien que les massifs de cette rentrée ou seconde planche. On usera du même expédient pour la teinte la plus claire ou troisième planche, en colorant une autre épreuve, et ainsi des autres par dégradation de teintes selon la quantité des rentrées, supposé qu’on en fasse plus de trois. Ces essais faits à volonté et dans le goût désiré, on remplira sur la planche, avec le pinceau, tout ce qui doit former la seconde teinte, en prenant le modèle sur l’épreuve qu’on aura premièrement coloriée, et on remplira pareillement à la troisième planche les masses qui doivent y former la troisième et dernière teinte qui sera la plus claire de toutes, suivant le modèle de la seconde épreuve qu’on aura coloriée ;
G li AV ntli suit BOIS
après on visitera la première planche (où est le trait du dessin, et avec laquelle on aura fait toutes les épreuves qui auront servi à décalquer sur les autres planches), pour y soustraire tout le trait qui sera placé aux endroits ou rentrées que la seconde planche doit remplacer. On soustraira pareillement à celle-ci les traits ou coups de force qui resteront à ôter ; et enfin, à la troisième planche, on soustraira de même tout le trait du dessin, et on n’y laissera (jue les masses qui doivent former la teinte la plus claire ; c’est sur ces masses qu’on gravera en creux les tailles ou les parties que l’on voudra faire venir blanches à l’estampe, pour produire les rehauts ou les plus grands coups de lumière. Si l’on fait des contre-tailles sur cette dernière planche, elles doivent être gravées de la même manière ; de sorte qu’après que toutes ces planches seront gravées, il ne restera précisément à chacune que ce qui manquera à toutes les autres, et leurs rentrées se trouvant réunies les unes aux autres par le moyen de l'impression, elles composeront toutes ensemble le corps et le sujet de l’estampe qu’on se sera proposé de faire. Ce genre de gravure n’exige pas beaucoup de délicatesse dans ses tailles, mais simplement une grande justesse dans ses rentrées, et une grande régularité dans le trait du dessin, et dans la position des masses et autres parties des rentrées où il n’y a point de trait. »
C’est, comme je l’ai dit, ce procédé qui a été appliqué à plusieurs branches de l’industrie, telles
que {'impression des étoffes et des papiers de tenture.
Ainsi que nous l’avons dit plus haut, on a cherché à remplacer le dessin de l’artiste sur le bois, par une photographie, qui fournit une reproduction exacte et à l’échelle voulue, du sujet à graver.
Les premiers essais tentés dans cette voie ne furent pas heureux : le bois était devenu cassant et la pellicule d’albumine impressionnée par la lumière, reposant sur un fond brûlé par le sel d’argent, s’écaillait sous le burin du graveur. On rejeta l’albumine, qu’on remplaça par le collodion, ce qui donna de bien meilleurs résultats.
Newton s’est fait breveter, en 1859, pour le procédé suivant : il prenait du vernis liquide et en saturait les pores du bois. Ce vernis se composait d’un mélange d’asphalte, d’éther et de noir, dont il frottait le bois avec un morceau de cuir. Le collodion était répandu comme d’habitude ; seulement le bain d’argent devait être plus fort. Mais ce procédé avait un inconvénient qui l’empêcha d’être adopté, c’est que l’épaisseur du vernis gênait le travail du graveur.
En 1859, un Anglais, M. Hunt, perfectionna ce procédé, et arriva à un résultat plus pratique. Voici comment sa méthode est décrite dans The Photographie de l’époque :
Graveur. — IL
GUAVUllE SI K DOIS
Arrivons maintenant aux résultats de nos propres expériences qui, nous l’espérons, ont évité tous ces inconvénients. Nous prenons un bois convenable et le couvrons, dans un laboratoire obscur ou éclairé par des chandelles, d’un mélange d'oxalate d'argent et d’eau, auquel on peut ajouter un peu de gomme ou de brique pulvérisée pour aider le graveur. La manière d’appliquer l’oxalate d’argent est la même que celle que nous avons indiquée pour le mélange de blanc et d’eau de gomme. Un peu de notre substance (c’est-à-dire ce qu’il faudrait pour couvrir une pièce de quatre penny) est étendue sur un bois de quatre pouces carrés par le doigt trempé dans de l'eau pure ou mélangée de gomme ; le frottement doit se faire en tous sens jusqu’à ce que l’évaporation et l’absorption de l’eau ne laisse plus sur le bois qu’une couche line et presque impalpable d’oxalate d’argent. Le bois est alors placé dans un tiroir ou dans tout autre endroit où il n’est pas soumis à l’action du jour pour sécher, ou jusqu’à ce qu’on veuille l’employer, car nous avons vu des bois rester en état pendant six mois, pourvu qu’ils soient isolés de la lumière du jour.
Le bois, ainsi préparé, est alors soumis à une négative, exposé au soleil dans le cadre d’impression, et on obtient ainsi une reproduction positive comme sur le papier préparé comme d’habitude, il n’y a |ias besoin d’autres préparations pour mettre le bois entre les mains du graveur; mais celui-ci, pendant qu’il le travaille, doit veiller à ne pas l’exposer
aux rayons du soleil, qui noirciraient la surface. Un jour ordinaire n’a aucun effet nuisible, à moins qu’il ne dure trop longtemps, c’est-à-dire plusieurs heures.
Nous avons sous les yeux en ce moment un bois sur lequel un portrait a. été gravé par l’exposition sous une négative dans le cadre d’impression, il y a quinze jours ; il a été souvent examiné, retourné et exposé au jour, et cependant la tête est aussi distincte qu’imprimée sur papier; cela, grâce à nos précautions de ne pas le laisser trop longtemps à la fois à la lumière et à le reposer toujours la figure contre la table.
Les avantages de notr’e * système sont très nombreux. D’abord, la modicité du prix et la rapidité de la reproduction, qui peut être , très désirée. Par exemple, pour ce qui regarde Ylllustrated London News, il peut arriver que la malle qui nous donne des détails sur nos opérations en Chine apporte en même temps des dessins et des esquisses. Tout le monde sait l’intérêt attaché à la reproduction sur le papier de la scène décrite. Il faut du temps pour arriver à ce résultat, tandis qu’avec notre système le photographe est prêt en quelques minutes et le graveur peut commencer de suite son travail. La modicité du prix permet aussi de changer de bois quand le premier est fatigué et perd de sa force. Le Cas sell’s Family Paper tire à un demi-million d’exemplaires, et il lui faut plusieurs bois pour le même sujet. Il faut aussi en arriver à la plus grande per-
GRAVURE SUR BOIS
fection de détails pour les dessins de ce genre, et la photographie seule peut amener ce résultat.
Nous n’avons pas besoin d’insister sur les avantages de précision pour les sujets anatomiques, microscopiques augmentés, et enfin pour tous les échantillons d’animaux ou de plantes. Nous pensons aussi que notre système peut s’appliquer aux vues stéréoscopiques et mettre le stéréoscope à la portée des classes pauvres. Nous savons bien que le talent du graveur est un des points importants, mais il ne peut être gêné en rien par notre préparation qui peut aussi servir à reproduire photographiquement les cartes, les plans sur le bois avec toute la précision de détails et de proportion désirable.
Premier procédé.
Voici, d’après Frewing, le procédé pour obtenir des photographies sur bois :
Les blocs de bois doivent avoir une surface polie et bien dressée dans toutes les dimensions. On les recouvre avec la composition suivante mélangée d’un peu de blanc de zinc :
Eau . 770 gram.
Gélatine . 12 —
Savon blanc . 12 —
On laisse tremper la gélatine dans l’eau pendant quelques heures, puis on la dissout au bain-marie. On ajoute alors le savon coupé en petits morceaux, on agite, puis on met dans le mélange de l’alun en
poudre jusqu’à ce que la mousse ait disparu. On passe à travers une mousseline.
Ce liquide est étendu en couche mince à la surface du bloc, on frotte doucement avec un chiffon pour bien égaliser l’enduit et on laisse sécher.
Au moyen d’un blaireau disposé en forme de queue de morue, on applique le plus uniformément possible, la 'composition suivante :
Albumine . . 48Q- gram.
Eau. . . 360 —
Sel ammoniac. .......... 18 —
Acide citrique. . 5 —
Le blanc d’œuf est battu en neige, puis on laisse reposer ; c’est la partie liquide qu’on emploie. On ajoute l’eau, le sel ammoniac et l’acide citrique.
Le bloc étant bien sec, on lui passe la couche sensibilisatrice :
Eau . . 480 gram.
Nitrate d’argent. ......... 50 —
Une petite quantité de ce liquide est versé sur le bloc, on l’étend avec un bâton de verre et l’excédent est rejeté dans un flacon pour servir une autre fois après avoir été filtré. On laisse sécher le bloc et on l’expose sous un négatif. Le tirage doit être exactement au ton voulu, parce que l’image ne perd pas dans les opérations suivantes. L’impression obtenue, le bois est placé face en dessous pendant trois minutes dans une cuvette pleine d’eau fortement salée.
GRAVURE SUR BOIS
Cette opération affaiblira légèrement l’image. On lavera sous un filet d’eau et on fixera clans une solution saturée d’hyposulfite de soude en plaçant le bois face en dessous pendant quatre ou cinq minutes dans la cuvette contenant cette solution, alors on verra tous les détails de l’original. On lave sous un filet d’eau pendant environ dix minutes, et l’on fait sécher en mettant le bloc sur champ. Le graveur peut alors commencer son travail (1).
Second procédé.
Le bloc de bois doit être recouvert, à l'aide d’un pinceau doux, d’une couche de gélatine ; on prend pour cela une solution de 30 grammes de gélatine dans 31 grammes d’eau. On prépare ensuite une solution avec 7 gr. 80 de prussiate rouge de potasse dans 02 gr. 20 cl’eau, puis une seconde solution de 9 gr. 10 de citrate de fer ammoniacal dans 62 gr. 20 d’eau. On mélange les deux solutions, on filtre, et on conserve le mélange dans l’obscurité. Quand l’enduit gélatineux est sec, on applique ce mélange sur le bois, toujours dans la chambre noire et on laisse sécher. On expose alors sous un négatif, pendant 10 à 12 minutes, on lave avec une éponge et on voit apparaître le dessin en bleu. Ce procédé donne des résultats très solides et qui ne s’effacent pas pendant la gravure.
(1) Vear Book 1886.
- Troisième procédé.
M. Pawlowsky a communiqué à la section photographique de la Société technique russe un procédé pour transporter des images photographiques sur le bois. Voici en quoi il consiste :
On dissout 25 parties de gomme arabique dans 100 parties d’eau bouillante, on y incorpore 20 parties de couleur pour aquarelle, 7 parties de miel granulé et 6 parties de bichromate de potasse dissous dans la plus petite quantité d’eau chaude; on filtre le tout sur de la flanelle, on chauffe à 75° pour chasser les bulles d’air et on étend sur des glaces que l’on fait sécher à 50 degrés. On impressionne sous un négatif les plaques ainsi préparées, on les recouvre avec du collodion contenant un léger excès d’alcool, on détrempe à l’eau, on applique sur le collodion une feuille de papier mouillé, puis on enlève le tout en détachant du verre la couche gommeuse renfermant l’image latente.
On applique le papier sur une plaque de verre, la gomme en dessus, on développe avec de l’eau, puis on arrose successivement l’image avec de l’alcool à 50°, de l’alcool à 75°, de l'alcool pur et un mélange de 100 parties d’alcool et de 30 parties de solution de gomme.
On applique l’image ainsi obtenue sur le bois préalablement poli recouvert d’une légère couche de gomme, d’albumine et de blanc fixe. On passe la raclette sur la feuille de papier support et lorsque la ’
GRAVURE SUR ROIS
photographie est bien adhérente, on enlève le papier, on laisse sécher complètement et on enlève la couche de collodion qui se trouve dessus au moyen d’un tampon d’ouate trempé dans de l’éther acétique.
Enfin, un procédé très employé consiste à transporter sur bois préparé une épreuve photographique tirée sur papier autographique, comme il a été expliqué à propos de la photogravure et de la zincographie.
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Quatrième procédé.
M. Lallemand décrit ainsi un procédé qu'il a imaginé pour reproduire sur bois des épreuves photographiques :
« Plusieurs éditeurs d’ouvrages appartenant à la classe de ceux qui sont accompagnés de gravures sur bois, m'ont engagé à chercher un procédé qui permît de reproduire sur bois, par les moyens photographiques, un dessin destiné à être gravé sans que le bois fût altéré dans l’opération ou empâté de manière à gêner le graveur; après plusieurs tentatives, je suis arrivé au procédé suivant :
« Le bois, après avoir été posé seulement, dans toute sa surface, sur une dissolution d’alun et séché, reçoit au blaireau un encollage composé de savon animal, de gélatine et d’alun sur toutes ses faces. Lorsque l’encollage est bien séché, la surface qui doit recevoir l’image est posée quelques minutes sur une dissolution de chlorhydrate d’ammoniaque : on laisse sécher. On pose le bois sur un bain de nitrate
iavoi
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. : pei tu»
d'argent à 20 0/0 : on laisse sécher. Un cliché, sur glace ou sur papier, est appliqué sur le bois au moyen d’un châssis spécial qui permet de surveiller les progrès de la reproduction. L’image satisfaisante est fixée au moyen d’un bain saturé d’hyposulfite de soude. Quelques minutes suffisent; ensuite on lave cinq minutes seulement.
« L’encollage préserve le bois de l’humidité, et huit mois d’expérience ont prouvé à l’inventeur que l’emploi de l’alun et de l’hyposulfite, au lieu de désagréger les bois, leur donne une grande consistance favorable à la gravure. »
Cinquième procédé.
Le procédé suivant a été donné par le Journal de l'Industrie photographique.
On prépare un bain avec :
Gélatine . 12 gram.
Savon blanc . 12 —
Eau . 768 c. cub.
On laisse tremper la gélatine dans l’eau pendant quelques heures, puis on la dissout au bain-marie. On ajoute alors le savon coupé en petits morceaux, on agite avec un bâton de verre, de façon à bien mélanger le tout, puis on met dans le mélange de l’alun en poudre jusqu’à ce que la mousse ait disparu, on passe à travers une mousseline.
Le bloc est alors recouvert de ce mélange et d’un peu de blanc de zinc, puis on essuie de façon à ne laisser qu’une couche très mince. On termine l’opéra-
GRAVURE SUR BOIS
tion en frottant doucement de manière à bien égaliser l’enduit, puis on laisse sécher. On applique alors la composition que nous donnons plus loin au moyen d’un blaireau. Ce pinceau doit être assez large, parce que, souvent, si l’on n’opère pas très promptement, les reprises sont visibles sur l’image terminée. Une couche donnée en passant le pinceau d’un bout à l’autre suffit. On laisse après cela sécher la surface, ha composition est formée de :
Albumine. .
Eau .
Sel ammoniac Acide citrique.
480 c. cub
18 gram.
On bat l’albumine en neige, puis on laisse déposer; c’est la partie limpide qu’on emploie. On ajoute l’eau, puis le sel ammoniac' en agitant soigneusement avec un bâton de verre et l’on met l’acide citrique. Le bloc bien sec est prêt à recevoir la sensibilisation, avec le liquide ci-dessous :
Nitrate d’argent . 50 gram.
Eau distillée . 420 —
On verse une petite quantité de ce liquide sur le bloc. On l’étend avec un bâton de verre et l’excédent est rejeté dans un flacon pour servir une autre fois après avoir été filtré. Une fois sec, le bloc peut être exposé sous un négatif. Le tirage doit être exactement au ton voulu, parce que l’image ne perd pas dans les opérations suivantes. L’impression obtenue, le bois est placé, face en dessous, pendant trois minutes,
GRAVURE A BOIS BHULli
dans une cuvette pleine d’eau fortement salée. Cette opération affaiblira légèrement l’image. On lavera sous un filet d’eau et l’on fixera dans une solution saturée d’hvposulfite de soude, en plaçant le bois, face en dessous, pendant quatre à cinq minutes dans la cuvette contenant cette solution. On lave sous un filet d'eau pendant environ dix minutes et l’on fait sécher en mettant le bois sur champ. On peut alors le livrer au graveur.
L’image peut, si on le désire, être virée par un des moyens usités d’ordinaire. En pratique, on trouvera ce procédé bon, rapide, simple, et donnant de très beaux résultats. Il convient très bien pour la gravure sur bois, en ce qu’il n’offre pas de couche perceptible et que l’image est nette et pure.
Nous ajouterons que ce bois peut être au préalable imperméabilisé par une immersion prolongée dans un bain de paraffine à 90°.
On a donné le nom de Xylophotographie , à la photogravure sur bois,