GRAVURE A BOIS BRULÉ
plantés à la main, à raison de 1 fr. 25 le mille. L’ouvrier chargé de ce travail délicat doit avoir une adresse merveilleuse, et cependant il gagne au plus 5 fr. par jour. Le même bois ne peut guère produire, avec des contours suffisamment nets, au-delà de 100 pièces de 100 mètres.
Lorsque le dessin qui doit composer une planche peut être décomposé en plusieurs groupes qui se répètent dans le même ordre et successivement, chacun d’eux fait l’objet d’un dessin gravé sur bois. Ces bois réunis forment une seule planche ou matrice, au moyen de laquelle on obtient un surmoulé, en plâtre, qui sert lui-même pour fondre un cliché en métal. On remarquera d’ailleurs que le surmoulage altère plus ou moins, mais toujours notablement, la pureté du dessin.
A la gravure sur bois en relief , on fit succéder les matrices à cliché en bois dont le dessin était comprimé par une série d’outils différents, mûs à la main, chacun d’eux représentant un détail du dessin à reproduire. Si ce mode permet de produire un plus grand nombre de planches, avec une somme moindre d’adresse personnelle, puisque l’habileté du graveur est concentrée sur la production des outils ou matrices partiels, il laisse encore le succès du travail à la merci de l’habileté manuelle des ouvriers chargés de manœuvrer ces outils compresseurs, et la durée d’exécution reste encore considérable. On comprend, sans qu’il faille insister, que les matrices ainsi obtenues servaient de moules à la production d’un cliché en métal.
Graveur. — II. 5
C RATURE SU'll BOIS
L’art de la gravure des planches d’impression sur tissus ôtait arrivé à ce point, lorsque, vers 18 il), M. Schultz, dessinateur établi à Paris, importa en France l’idée d’origine anglaise de la machine qui va être décrite. L’appareil fut exécuté à Paris et fonctionna à Puteaux. On doit croire que les essais furent peu heureux, ou tout au moins que la machine construite sur les indications de M. Schultz était bien imparfaite, car le procédé de gravure ne fut pas goûté à Mulhouse, où l’on tenta de l’introduire dans quelques ateliers.
MM . Heilmann frères comprirent seuls l’avenir d’une idée trop vite oubliée, et ils reprirent des essais infructueux jusqu’alors. On doit donc, et sans contestation possible, à leur seule persévérance, à l’ingéniosité des moyens de réalisation qu’ils ont su employer, le succès d’un système dont la fortune est aujourd’hui non moins assurée que brillante. Voici en quoi il consiste :
Une mortaiseuse à pédale, dont les dimensions sont plus réduites encore que celles de la plus petite des machines analogues usitées dans les ateliers de construction, mais dont les dispositions essentielles sont les mêmes d’ailleurs, donne le mouvement à un outil tranchant de forme quelconque, mais répondant à un détail du dessin voulu. Un tube à deux branches lance constamment deux jets de gaz convergeant dans la direction de l’outil, qui s’échauffe rapidement, pendant sa marche, sous l’action de la flamme. Le bois dessiné qu’il s’agit de graver en creux est con-