‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en relief (volume 2)Chapitre 71 sur 93 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Procédés galvaniques divers

1° GLYPHOGRAPHIE.

La glyphographie (du grec yXucpw : je creuse) est un procédé électrolypique imaginé par Edward Palmer, de Londres, et Wolkmar Aimer, de Leipzig. Il consiste à recouvrir une planche de cuivre de vernis noir de graveur, sur lequel on passe une seconde couche de vernis blanc. On décalque le dessin, soit avec un crayon tendre soit avec de la sanguine et, au moyen d’,une pointe tranchante et inclinée vers le bout, on met le cuivre à nu en suivant tous les traits, les hachures, etc. du dessin. On métallisé avec de la plombagine et on dépose du cuivre au bain galvanique.

AUTOTYPOGRAPHIE

M. Walcker noircit la planche de cuivre avec du sulfure de potassium (foie de soufre), passe un vernis dessus, décalque le dessin, le trace à la pointe, plombagine et recouvre de cuivre. On peut encore faire un moule en plâtre d’une planche ainsi gravée, approfondir les parties des lumières, huiler le plâtre, en tirer empreinte et en prendre une contre-épreuve.

MM. Firmin-Didot ont indiqué la méthode suivante pour reproduire plusieurs exemplaires de planches gravées au moyen d’un original tracé par l’artiste. Après la morsure du cuivre ou du zinc par l’eau forte, sans enlever le vernis, on encre plusieurs fois avec de l’encre siccative. On plombagine et on plonge dans le bain galvanique.'

2° AUTOTYPOGRAPHIE.

Ce procédé de reproduction galvanoplastique a été inventé par M. Beslay. On enduit une glace avec du vernis de graveur que l’on a préalablement rendu conducteur en lui incorporant une certaine quantité de plombagine ou de sulfure de cuivre en poudre très fine. On décalque le dessin que l’on veut graver et on suit les traits à la pointe comme si l’on voulait graver le verre à l’acide fluorhydrique. On place la plaque ainsi préparée dans le bain électrolytique jusqu’à ce que le dépôt de cuivre ait acquis l’épaisseur désirée.

On peut obtenir de cette façon des dessins en creux ou en relief.

l’RÜCKDKS GALVANIQUES DIVERS

3° Procédé Levret.

Le dessin à graver est tracé sur du papier calque à la manière ordinaire. On recouvre le dos de ce calque d’une couche de gélatine d’un quart de millimètre d’épaisseur en appliquant plusieurs couches île la solution gélatineuse suivante :

Eau . 1.0U0 gram.

Gélatine . 50 —

Glycérine . 5 —

On dessine avec une pointe sur cette gélatine le dessin que l’on voit par transparence, en ayant soin d’appuyer assez pour produire une dépression assez forte, et pas assez pour risquer de déchirer le papier. Le tracé terminé, on recouvre le côté gélatiné de la feuille avec une solution de gutta-percha en dissolution dans le sulfure de carbone, dans la proportion de 1/2 pour 100, au moyen d’un pinceau plat, nommé queue de morue. Lorsque cette première couche est sèche, on en applique une seconde, et ainsi de suite jusqu’à 30 couches.

On retourne le calque, et au moyen d’une éponge imbibée d’eau tiède on enlève le papier, puis la gélatine. Il reste un moule en gutta-percha, que l’on métallisé avec de la plombagine et qu’on reproduit dans le bain électrolytique.

Ce procédé a été appliqué à l’impression de la carte de la Kabylie.

Le procédé Delfrance ne diffère pas du procédé Levret.

SAVOiXOGRAPHlE

4° SAVONOGRAPHIE.

M. Fergusson Branson a eu l'idée de remplacer les planches de cuivre qui se travaillent difficilement au burin par des plaques de savon dont la contexture molle et fine se prête admirablement aux fantaisies artistiques.

On se sert de savon blanc dur, que l’on coupe en plaque bien unie et bien plane, ayant 3 centimètres d’épaisseur. Le décalque du dessin sur le savon s’opère sans aucune difficulté et on creuse le tracé avec une pointe d’acier ou d’ivoire en ayant soin de ne pas graver trop profondément. On coule sur ce tracé du plâtre fin de Paris délayé à consistance convenable, ou de la gutta-percha, ou de la cire à cacheter. On obtient ainsi un moule que l’on métallisé et que l’on reproduit par la galvanoplastie.

Par cette méthode on a reproduit la Highland piper de Landseer, et une eau-forte de Rembrandt.

On peut également métalliser la surface de savon et obtenir directement la planche en cuivre sans passer par un moulage au préalable.

Nous conseillons de faire usage du savon de vaseline qui a un grain beaucoup plus fin que celui do tous les autres savons. 11 est avantageux d’y incorporer 2 pour 100 de sulfure de cuivre pour le rendre conducteur, ou mieux de la poudre de zinc ou d’argent.

Nous avons vu reproduire ainsi un Raphaël avec toutes les délicatesses qui étaient la caractéristique du grand maître.

Graveur. — II.

5° CÉROGRAPHIE.

Ce procédé consiste à tracer au moyen d'un style, le dessin que l’on veut reproduire sur des maquettes en cire, à métalliser le moule ainsi obtenu et à le placer dans le bain électrotypique pour y former un dépôt de cuivre.

La meilleure cire que l’on puisse employer a la

composition suivante :

Cire jaune . 25 grain.

Paraffine . 25 —

Cire végétale . 40 —

Sulfure de cuivre lin . 7 —

Plombagine . 3 —

On coule cette cire dans une boîte on fer blancayant. les dimensions de la gravure et 2 centimètres de hauteur. 11 est préférable de faire usage d’une boite en cuivre portant une oreille. La cire doit être coulée jusqu’aux bords, et, après refroidissement, on égalise bien la surface avec un racloir.

Voici une autre composition donnant aussi de bons résultats :

Cérésine . 50 grain.

Cire d’abeilie . 45 —

Plombagine . 5 —

Sous le nom de pyrocérographie on désigne un procédé qui se pratique comme la pyrogravure sur bois, mais en remplaçant ce dernier par des plaquettes de. paraffine. On dessine avec une pointe

caoutchoucotypie

l’acier portée au rouge au moyen d’un cautérisateur pomme dans le procédé Périer. On métallisé ensuite !a surface et on la reproduit au bain galvanique. La paraffine n’ayant pas assez de corps, on lui adjoint un peu de cire minérale dans la proportion de :

Paraffine . 80 grain.

Cire minérale . 20 —

6° GYPSOGRAVURE.

La gypsogravure est un procédé de gravure breveté par M. Michaud en 1882.

On gâche du plâtre fin de Paris avec de l’eau, de façon à obtenir une bouillie liquide que l’on coule dans des moules plats en fer-blanc. Après la prise, on obtient des planches que l’on nettoie, égalise et dresse.

La surface est durcie en y passant du silicate de (potasse, puis on l’imperméabilise avec des solutions gélatineuses. Après dessiccation, on y reporte une phototypie, une lithographie ou on y dessine le dessin à reproduire, que l’on grave ensuite avec des burins et des pointes appropriées. La planche ainsi gravée est métallisée à la plombagine ou au sulfure d’argent et reproduite par la galvanoplastie.

7° CAOUTCHOUCOTYPIE.

Ce genre de gravure, peu usité, est basé sur la propriété qu’a le caoutchouc de se vulcaniser sous l’inlluence de la lumière; il a été imaginé par Seely.

Une feuille de caoutchouc bien laminée et bien plane, est insolée sous un cliché positif, par exemple, pendant plusieurs heures, puis plongée pendant quelques instants dans de la benzine qui fait gonfler toutes les parties non insolées, c'est-à-dire correspondant aux traits du dessin. Après métallisation, ce relief est reproduit par la galvanoplastie et donne une planche en taille douce. On peut donner un grain au préalable en insolant le caoutchouc sous un réseau pointillé très fin.

8° CELLULOÏDOGRAPHIE.

Cette méthode consiste à graver au burin et à la pointe une plaque de celluloïd (voy. Celluloïdtypie) et à reproduire la gravure obtenue par la galvanoplastie. Toutefois nous ajouterons que ce procédé n'est, pas très bon, car les traits sont douteux et n’ont pas la franchise de ceux tracés au burin ou à l’eau-forte. Nous ne l’avons cité, ainsi que le précédent, que pour en montrer l’existence.

9° Procédé Ranftl.

Le Polygraphische illustrite Zeitschrift raconte qu’un habile peintre de Vienne, M. Ranftl, inventa, en 185-1, un procédé pour remplacer avantageusement la gravure sur bois. Le principe de ce procédé consiste à tracer un dessin quelconque, avec une plume d’acier, sur une planche métallique préparée à cet effet en se servant d’une encre particulière.

STYLOGRAPHIE

Cette planche est ensuite reproduite par les moyens électrotypiques et sert à l’impression sous la presse typographique. Le premier essai supporta un tirage de plus de 1,500 exemplaires.

10° STYLOGRAPHIE.

La stylographie a été inventée en 1846 par M. P.-C. Schœler. On fait un mélange de copal, de stéarine, de laque et de noir de Francfort, on le coule dans un moule plat, on le laisse refroidir, on démoule, on enduit la face convenable avec du blanc d’argent, on y décalque le dessin à reproduire et on le trace avec une pointe fine d’acier ou d’ivoire. On agit comme si l’on écrivait avec de l’encre noire sur du papier blanc, car chaque trait entamant la couche noire et blanche, met à nu les parties noires correspondantes de la composition. On métallisé ensuite la planche et on y fait déposer du cuivre galvaniquement. Les planches de cuivre ainsi obtenues reproduisent avec une rare précision te tracé de l’artiste.

Voici quelques compositions sur lesquelles on pourra opérer :

Copal .

. . . . 25 gram

Résine ordinaire .

Cire d’abeille .

Stéarine .

Gomme laque .

Noir de fumée. .

Gomme laque. . . .

Paraffine .

Cire .

Colophane .

Blanc de baleine. . .

Noir .

Cérésine. . .

Dammar. . .

Copal . ...

Vaseline. . .

Noir de fumée

25 gram

50 gram

Les procédés Palmer, et Dariil ne sont qu’une variante de la stylngraphie galvanique.

Il0 GAI.VANOGRAPH1E.

La galvanographie a été inventée en 1840 par M. Frédéric Kobell de Munich. On l'applique de différentes façons.

■1° On peint le dessin au lavis en une seule couleur, à l’encaustique sur une plaque de cuivre argentée. Cette couleur encaustique est composée de :

Cire . 30 gram.

Noir . 30 —

Essence do térébenthine . 30 —

On peut faire usage aussi de crayon lithographique dur délayé dans l’eau distillée.

2° On commence par donner à la plaque de cuivre un grain comme pour l’aqua-tinte, on l’argente

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