IV. — Impression naturelle
L’impression naturelle est l'art d’obtenir des planches métalliques propres à l’impression à l’aide de l’original même qu’il s’agit de reproduire. Ce procédé a permis de reproduire divers objets d’histoire naturelle, des plantes entières, des fruits, des fleurs, différents organes végétaux, des plantes fossiles, des pétrifications d’animaux, des insectes, des dentelles, tapis, etc.
L’idée de se servir des plantes elles-mêmes comme agent d’impression, remonte au commencement du
XVI0 siècle. On trouve, en effet, dans le Book of Art (livre sur les arts), d’Alexis Pedemontanus, imprimé en 1572, les premières indications sur ce sujet. Plus tard, le Danois Welkenstein, donna quelques notions pour obtenir l’impression des plantes qui sont consignées dans les Voyages de Monconys , publiés en 1650. On enfumait la plante au-dessus d’une chandelle ou d’une lampe de façon à la noircir entièrement, on la plaçait ensuite entre deux feuilles de papier blanc, et on frottait doucement avec un couteau d’ivoire : la suie imprimait sur le papier les veines et les fibres' de la plante. De nos jours, nos écoliers n’opèrent, pas autrement, ils recouvrent la plante avec une pâte fine faite avec du pastel de la couleur de la plante broyé avec de l’huile d’olive, et la pressententre deux feuilles de papier. Ce procédé a encore été perfectionné de nos jours en mettant à profit le pouvoir colorant des couleurs d’aniline, on a pu ainsi obtenir plusieurs épreuves de la même plante ; c’est ce qu’on appelle la Phytochromotypie dont nous avons parlé dans le Manuel du Lithographe.
En 1663, Jérôme Cardanus, dans son Opéra Lugduni, donne Sa méthode suivante : En enduisant les plantes fraîches d’une couleur composée de vert-degris et de charbon pulvérisé, et en les pressant sur une feuille de papier, on obtiendra une belle copie de la plante.
Jean-Daniel Geyer, en 1687, recommande pour le même usage, l’encre typographique et la halle de l’imprimeur. En 1707, en Amérique, le nommé Hessel, faisait aussi des copies de plantes.
Pendant le XVIIIe siècle, ce genre de reproduction prit beaucoup d’extension. Nous empruntons aux Arts
électrographie
graphiques, de Hamman, quelques indications sur ce sujet :
Le typographe Funke, secondé par le professeur i
Kniphof, établissait à Erfurt, en 1728, une imprime¬
rie spéciale pour la copie des plantes, et publiait un ouvrage composé de 1,200 planches. Plus tard, en 1758, l’imprimeur Trampe, de Halle, étendait encore davantage cette industrie, et il publiait, sous les auspices du conseiller Buchner et du botaniste Ludwig : J. -II. Xiniphofii Botanica in originali seu herharium -, etc. Elegantissimaectypa exhibentur, Halœ, 1758-1761, de 1,200 feuilles in-folio.
En 1711 parut le Spécimen floræ Berolinensis chez Henning, de Berlin.
De 1760 à 1761, Trampe publia : Ectypa vegetabilium ou recueil de deux cents plantes médicinales.
Dans la Gazette salutaire de 1763, on trouve une recette pour copier toutes sortes de plantes.
1° Thermographie.
On a imaginé ensuite plusieurs procédés chimiques pour reproduire les objets d’histoire naturelle. L'un
d’eux consiste à enduire des feuilles de papier avec
une dissolution moyennement concentrée d’acétate de cuivre, on les laisse sécher, on les humecte par dessous et on les place sur quelques doubles de papier buvard. On place dessus une feuille de plante enduite d’une dissolution de ferrocyanure de potassium
cù 10 0/0, qui produit une empreinte jaune rougeâtre
susceptible de recevoir des colorations ultérieures.
Mais un procédé qui a donné d’excellents résultats est la Thermographie de Félix Abate, de Naples, ainsi