‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 105 sur 122 · IMPRESSION NATURELLE · texte numérisé non relu

IMPRESSION NATURELLE

appelée parce que la chaleur y joue un grand rôle. On mouille légèrement, avec un acide étendu d’eau ou un alcali, la surface des sections de bois dont on, veut faire des fac-similé , et l’on en prend ensuite l’empreinte sur du papier, du calicot ou du bois blanc. D’abord cette impression est tout à fait invisible ; mais en l’exposant pendant quelques instants à une forte chaleur, elle apparaît dans un ton foncé, suivant la force de l’acide ou de l’alcali. On produit, de cette manière, toutes les nuances de brun, depuis les plus légères jusqu’aux plqs foncées. Pour quelques bois qui ont une couleur particulière, il faut colorer la substance sur laquelle on imprime, soit avant, soit après l’impression, selon la légèreté des ombres du bois.

2° Impression galvanique.

Le problème de reproduire dans le moindre temps, à très peu de frais un original, sans aucune coopération, ni d'un dessinateur, ni d’uft graveur a été habilement résolu à l’aide de la galvanoplastie.

C’est l’artiste Branson qui eut le premier, en Allemagne, l’idée de reproduire par la galvanoplastie, les images fournies par l’impression naturelle. L’idée fut reprise par le conseiller de régence Aloys Auer, directeur de l’Imprimerie impériale de Vienne et mise en pratique par André Warring, prote attaché à cet établissement.

M. Auer a appelé son invention : N aturselbstdruck (impression naturelle). On lui adonné différents noms: Physiotypia, autographie galvanoplastique , etc. Voici, d’après une brochure publiée par M. A. Auer, en 18o3, Die Entdeckung des Naturselbstdrucks (décou- Graveur. — I. 16

ELECTROGRAPHIE

verte de l’impression naturelle), quelques détails sur ce procédé :

L’impression naturelle, dit-il, est d’une grande importance, non-seulement pour la botanique, — car, outre des plantes, on a déjà copié des insectes et d’autres objets, — mais encore pour beaucoup de branches industrielles, particulièrement pour la fabrication des tapis, des étoffes de soie, et pour les rubans.

Voici le procédé qui est mis en pratique à l’Imprimerie impériale de Vienne, pour obtenir la gravure des dentelles et objets analogues, tel qu’il est indiqué dans un rapport fait à la chambre de commerce de cette ville, le 2 août 1 832, par M . le secrétaire Holdans.

On enduit le coupon original de dentelle, destiné à être copié, d’une mixture d’eau-de-vie et de térébenthine de Venise, et on le pose, tendu, sur une planche de cuivre ou d'acier bien polie. On y superpose ensuite une lame de plomb pur, égalementpolic, et l’on fait glisser, à l’aide d’une presse, les deux planches renfermant l’échantillon de dentelle, entre deux cylindres, qui exercent momentanément une pression de 300 à 1,000 quintaux. Aussitôt qu’on a détaché les planches, on reconnaît que le tissu de la dentelle s’est empreint dans le plomb ; on l’en écarte avec précaution, et le dessin apparaît en creux sur la lame de plomb.

Gomme on veut obtenir, dans le but d’en tirer des imprimés, une planche très dure, il faut ensuite employer les procédés ordinaires de stéréotypie ou de galvanisation, par lesquels on peut multiplier à l’infini, le nombre des planches destinées à l’impression.

Comme on n’imprime par la presse typographique que des gravures en relief, il est clair que les plan-

Page 1