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CHAPITRE VIII Gravure mécanique

On a imaginé plusieurs machines pour tracer sur les planches des fonds, des ciels, des eaux, des hachures et tout ce qu’on nomme des teintes plates. Les planches, ainsi gravées, se distinguent par une grande douceur et uniformité de tons et d’effets dans les parties où ces conditions sont indispensables. Ces machines étant employées généralement aujourd’hui pour accélérer le travail du graveur proprement dit,

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nous devons nécessairement en parler dans ce Manuel ; mais, comme leur exécution est purement mécanique et tout à fait en dehors du travail de l'artiste, nous croyons devoir donner peu de développements à ce sujet.

Lowry, graveur anglais, a, dit-on, été le premier qui ait fait usage d’une machine de ce genre.

Sa machine se compose d’une barre droite de cuivre jaune ou d’acier, sur laquelle glisse un socle ayant un mouvement uniforme et facile. Sur l’un des côtés de ce socle est adapté un tuyau perpendiculaire, dans lequel passe un fil d’acier ou de toute autre substance dure, appelé plume. Cette plume a une pointe qui ressemble à une pointe à' graver, et qui tend à descendre par l’action d’un ressort. Une planche vernie étant placée sous cette barre, la machine qui est appuyée à son extrémité est élevée à environ \ centimètres au-dessus de la planche, de manière que la pointe puisse la toucher; et si le socle est tiré d’un bout à l’autre de la règle, elle tracera une ligne droite sur la planche.

Une ligne étant ainsi tracée, si la planche ou la mécanique à régler est avancée ou retirée dans une direction parallèle à cette première ligne, un nombre infini de lignes peuvent être tirées de la même manière, et un dessin, composé seulement de lignes droites, peut être exécuté.

Une vis de rappel, adaptée à une roue et à l'une des extrémités des barres, suffit pour la faire mouvoir, et un régulateur indique l’exacte distance que Ton doit laisser entre les lignes.

Pour tracer les lignes courbes, on adapte à la machine des règles d’une courbure déterminée.

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Pour les opérations, une pointe d’acier ne donnerait pas de résultats satisfaisants; jamais sa trempe ne serait assez bonne pour résister à une action perpendiculaire, elle s’émousserait promptement et produirait des lignes inégales ; Lowry la remplace donc par un diamant, qui, une fois taillé convenablement, trace des lignes d’une régularité et d’une douceur admirables.

Dans des mains exercées, cette machine trace aussi avec la barre droite des lignes ondulées ou tremblées et dont on peut adapter la forme au sujet de la planche. Mais on conçoit combien il faut d’habitude et de sûreté dans la main, pour conduire ainsi une série de lignes, toutes de même épaisseur ou d’épaisseurs croissantes, espacées bien également et présentant des réflexions ou ondulations parfaitement égales, et où l’œil ne distingue partout qu’un même ton et une uniformité parfaite.

On ne s’est pas contenté d’établir des machines propres à tracer des lignes droites, ondulées ou légèrement courbes, mais on a de plus inventé des machines de ce genre qui servent à graver des circonférences depuis le plus petit diamètre jusqu’au plus grand, avec une précision et une exactitude admirables; et on les a étendues à la gravure des ellipses ou de telles autres lignes courbes qu’on juge convenables. Nous citerons, entre autres machines de ce genre, celle qu’on doit à M. Marquardt, mécanicien à Hanovre, qu’on a imitée et perfectionnée depuis.

On connaît aussi un assez grand nombre de machines à graver les lignes droites ou courbes. Dans ces machines, les organes principaux sont de deux sortes, savoir : ceux qui servent à graver les lignes

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sur le cuivre ou l’acier, et ceux qui ont pour objet d’espacer convenablement ces lignes. Nous avons déjà dit que. les premiers consistaient généralement en une barre ou règle sur laquelle un socle ou un charriot mobile qu’on conduit à la main, porte la plume ou la pointe du diamant, qu’un ressort ou un poids sert à appuyer plus ou moins fortement sur la planche. Les seconds organes opèrent de telle façon que la barre avec son charriot porte-plume et parfois la planche de cuivre elle-même reculent ou avancent de l’espace qu'il s’agit de mettre entre les lignes. On s’est, d’abord servi pour cela d’une vis portant une tète discoïde qu’on faisait tourner d’un tour ou d’une fraction de tour, suivant qu’on voulait donner un mouvement plus ou moins étendu à la barre et au porte-plume. Mais les difficultés mécaniques qu’on a rencontrées pour fabriquer de longues vis d’un pas parfaitement égal dans toute leur longueur, sont cause que ce moyen ne permet pas d’atteindre toute la perfection désirable dans l’espacement régulier des lignes qu’on trace. On a donc cherché à balancer ce défaut, en employant une vis d’une faible longueur, qu’il est très facile, du reste, de rendre bien régulière, et qu’on a fait engrener dans une crémaillère à dents très fines, qui fait fonction d’écrou dont l’exécution mécanique ne présente pas d'obstacle insurmontable. Cette crémaillère avance dans le sens de la longueur quand on tourne la vis; ou bien on la rend immobile, et c’est la vis qui marche chaque fois qu’on la fait tourner. Dans tous les cas, il est démontré qu’il vaut mieux éviter, autant qu’il est possible, l’emploi de la vis comme agent du mouvement, et c’est d’après ce principe

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que sont établies les meilleures machines à graver qu’on construit aujourd’hui.

Une des premières machines à graver dont il a été possible de faire des applications, est celle que Comté inventa en 1823, et qui a été décrite et figurée dans le Bulletin de la Société d' Encouragement pour V Industrie nationale , 22e année. Paris, 1823, p. 176, planches 244 et 245. Cette machine a depuis été perfectionnée par M. Gallet, ainsi qu’on peut le voir dans le même Bulletin, tome XXVII, p. 125; elle fonctionne au moyen d’une longue vis qui sert à mettre les traits successifs à des distances égales.

Parmi les autres machines qui, la plupart,, ne fonctionnent pas par des vis, nous citerons les suivantes :

Le machine à graver de Turrel, qui date de 1826, et qui a été décrite dans les Mémoires de la Députation industrielle de Berlin , lre partie, Berlin, 1826, p. 391, et qu’on trouve aussi décrite et figurée dans le Bulletin de la Société d' Encouragement, tome XXVIII, p. 459, pl. 409.

La machine de Marquardt dont il a été déjà été question, et qui a été décrite dans le Journal polytechnique de M. Dingler, vol. 63, p. 26 et 90.

Une machine de M. Heath, dont on trouve la description dans les Transactions de la Société des Arts de Londres, vol. 51, p. 25, pl. 1.

La machine à graver pour laquelle M. Collas a pris en 1825 un brevet d’invention, et dont l’effet est de produire les couleurs de l’iris, dont le tome XXI, p. 80 de la Description des Brevets d'invention, ancienne série, donne la description. On trouvera l’exposition et les divers progrès faits par le même inventeur

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daQs la construction des machines à graver, dans le Bulletin de la Société d' Encouragement, tome XXIV, p. “262, tome XXXIII. p. 287, et tome XXXIV, p. 296.

La machine américaine de Singer, décrite dans le tome XIX, p. 134 de la Description des Machines et Procédés pour lesquels il a pris des Brevets d'invention sous le régime de la loi du 5 juillet J8H.

Nous signalerons aussi une autre machine de M. Marquardt, qui a pour objet de tracer des hachures circulaires et même des circonférences du plus petit diamètre avec une régularité parfaite, et dont on trouvera la description dans Y Encyclopédie technologique de M. J. -J. Prechtl, tome IX, p. 81.

Enfin diverses autres petites machines à graver fort simples et plus économiques que les précédentes, dont on trouve des modèles dans plusieurs ateliers de gravure, tant en France qu’en Angleterre et en Allemagne; nous ignorons le nom des inventeurs ou de ceux qui les ont simplifiées ou perfectionnées.

Une des machines les plus ingénieuses de ce genre, est celle de M. Jobard de Bruxelles, en ce qu’elle donne, d’une manière bien simple, la dégradation des teintes, objet important dans presque tous les genres de gravure.

Cette machine se compose d’une règle en cuivre d’un mètre de long, sur laquelle glisse une bobèche garnie sur ses parois internes de ressorts d’acier plats. Elle est à vis de rappel d’un pas très lin, avec bouton portant des divisions pour espacer les lignes, et présente du reste les dispositions ordinaires pour le tracé de ces lignes, si ce n’est qu’on y voit une petite barre carrée, sur laquelle on attache un godet qui sert à donner du poids à la pointe qui grave. Pour obtenir

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la dégradation insensible des lignes, on commence, je suppose, un ciel à l’horizon, en tirant une première ligne avec le godet vide; mais avant de tracer la seconde, on y dépose un grain de plomb à giboyer de 2 millimètres environ de diamètre, et l’on continue jusqu’au bout, en ajoutant ainsi à chaque trait un de ces globules; la plume ou pointe se trouvant à chaque fois plus chargée, trace un sillon un peu plus profond, plus nourri et plus large.

Un artiste de Gotha, M. W. Hansen, a inventé une machine à graver électro-magnétique, sur laquelle nous pouvons offrir les renseignements suivants :

Cette machine est construite à peu près sur le principe bien connu de ‘la machine à raboter. Le dessin qu’il s’agit de copier et la planche qu’on veut graver sont placés l’un à côté de l’autre sur la table ou charriot mobile de la machine; un index ou toucheur est combiné de telle manière, â l’aide d’une barre horizontale, avec un burin, que lorsque la barre entre en mouvement, le dessin qu’on veut copier passe sous le toucheur et que la planche qu’on doit graver marche d’une manière correspondante sous le burin. On voit que, dans ces conditions, on trace une taille continue sur la planche, et qu’en donnant au charriot un mouvement latéral, on fait soit une série de tailles parallèles, soit une série de lignes qui couperont les premières sous un angle quelconque, le toucheur passant d’une manière correspondante sur le dessin.

Maintenant si on parvenait à trouver un moyen pour que le burin agisse seulement quand la pointe du toucheur passe sur certaines portions seulement du dessin, il est clair qu’on aurait une planche gravée ligne pour ligne avec l’objet copié. C’est à quoi l’on

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parvient en plaçant le burin sous le contrôle de deux électro-aimants agissant alternativement, l’un pour relever le burin sur la planche, l'autre pour l’abaisser et le presser sur celle-ci. La spirale qui enveloppe un de ces aimants est en rapport avec le toucheur qui est en métal.

Le dessin est tracé sur une surface métallique ou conductrice avec une encre à la résine ou toute autre matière non conductrice. On établit alors un courant électrique, de manière à ce que quand le toucheur repose sur la surface métallique, ce courant passe par les spirales de l’aimant et relève le burin sur la planche à graver. Mais aussitôt que le toucheur porte sur le dessin et passe sur les traits de l’encre isolante, le courant électrique est interrompu, l’aimant cesse d’agir, et par un mécanisme auto-moteur, ce courant I 1 changeant de direction passe par des spirales du second aimant, en agissant puissamment sur le burin, l'appliquant et le pressant sur la planche.

L’opération se répétant jusqu’à ce que le toucheur ait passé suivant les lignes parallèles sur toute l’étendue du dessin, on obtient aussi une planche gravée à une profondeur uniforme, et qui est un fac- 1 simile du dessin. On fait alors de cette planche un cliché qui est la représentation en relief du dessin, et qui sert à l’impression typographique ordinaire.

L’idée première de représenter des reliefs par la gravure appartient à Collard qui, dès l’année 1816, . avait déjà publié des épreuves de ce genre dans la deuxième édition de Y Art du Tour de Bergeron, ouvrage dans lequel, on lit, page 422, que non seulement le moyen est propre à figurer le plan des sujets qu’il représente, mais de plus, qu'il a l’avantage de

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figurer des bas reliefs par l’illusion des reflets de lumière.

Une des applications les plus remarquables qu’on ait faite des machines à graver, du tour à guillocher, ou plutôt de la machine dite tour à portrait, dont l’invention paraît due au marquis de Parois, il y a environ un siècle, est celle de la copie des reliefs et principalement des médailles, suivant la manière dite à traits ou hachures parallèles, ou gravure en taille de relief.

On fait usage, pour cet objet, de planches de cuivre ou d’acier; on trace les lignes oü les traits à la machine sur fond verni, et on fait mordre à la manière ordinaire. Suivant les effets qu’on veut obtenir, on croise parfois les hachures, ou bien on donne les coups de force au burin et à la main. Dans ce travail, c’est le relief lui-même qui sert de modèle pour la manière de disposer les traits, et rend possible, avec certains appareils, d’obtenir une représentation parfaite de l’original.

Parmi les machines de ce genre qui ont produit les travaux les plus remarquables, nous citerons la machine de M. Collas, qui n’a pas encore été décrite, et dont la structure et le mécanisme ne sont pas connus.

Cette machine, en traçant d’après un relief, une médaille originale ou simplement un plâtre, des lignes dont aucune ne croise les autres, toutes de même épaisseur, et dont l’écartement seul varie dans certains points, reproduit l’apparence de ce relief avec une telle exactitude et un tel effet de perspective, qu’on croit voir une reproduction en relief de l’objet lui-même. Tout le monde a pu admirer d’ail-

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leurs les produits de cette machine dans un ouvrage publié sous le titre de Trésor de Numismatique et de Glyptique, auquel nous renvoyons le lecteur.

La machine de M. Collas, dont la description, comme il vient d’être dit, est restée secrète, a stimulé le génie de quelques autres inventeurs, et on a vu paraître successivement une machine de ce genre, imaginée par le professeur Mofel, de Wiener-Neustadt; celle de Hâte, de Londres, décrite dans le London Journal of Arts, septembre 1835 ; celle do M. Wagner, de Berlin, et enfin celle de Marquardt, qui n’est qu’une modification de sa machine à graver mentionnée ci-dessus.

Sans entrer dans plus de détails sur ces machines à graver les objets en relief, nous ferons seulement remarquer que le fond ou le champ qu’il s’agit de soumettre à l’action de l’eau-forte se compose de hachures parallèles placées à égale distance entre elles, et telles que pourrait les reproduire une machine à graver ordinaire, et qu’on parvient à faire apparaître le relief par le fond, en faisant changer la direction de ces hachures de la manière la plus variée, mais toujours suivant certains contours déterminés par l'original, et en rapprochant en même temps ou éloignant suivant les circonstances ces hachures l’une de l’autre. Quand on les rapproche, on produit des ombres ou des parties teintées; quand on les éloigne, on produit des clairs ou des lumières, et la combinaison de ces effets produit, au plus haut degré, l’effet pittoresque d’un relief. On obtient donc ainsi par voie mécanique et sans la moindre habileté des effets auxquels un habile graveur a souvent peine à atteindre.

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Avant do terminer, nous dirons encore un mot d’une machine à graver de l’invention de M. Steuerwald, sur laquelle il a été fait un rapport à l’Académie des Beaux-Arts, rapport dont nous extrayons ce qui suit :

« Nous n’avons pas eu à nous occuper, dit le rapport, de la machine elle-même, qui n’était pas sous nos yeux, ni de sa forme, ni de sa composition, ni de sa valeur, toutes questions qui sont étrangères à nos études. Il a été assuré à l’un de nous, pendant le séjour qu’il a fait l’année dernière à La Haye, où il a vu opérer sous ses yeux la machine dont il s’agit, que son auteur en avait conçu l’idée, et inventé et exécuté lui-même tous les détails, d’après la seule description de la machine de M. Collas. L’artiste hollandais a donc aussi une certaine part d’invention dans la construction de sa machine, sans que nous soyons à même de décider en quoi consiste précisément cette part, et quelle en est la juste valeur. Mais nous devons dire que la machine du tour à portrait, inventée, il y a plus d’un demi-siècle, par le marquis de Parois, donna le premier exemple et fournit le premier modèle d’un moyen mécanique appliqué à l’exécution de la gravure. Depuis, un autre Français, M. Comté, inventa la machine qui porte son nom, et qui a beaucoup facilité l’exécution des ciels dans les immenses planches du grand ouvrage sur l’Égypte.

« Ce fut sans doute à l’aide de pareils essais, en même temps que d’après ses propres inspirations, que M. Perkirts construisit, il y a environ vingt-cinq ans, à Londres, une machine au moyen de laquelle il exécutait en guillochage, sur le cuivre, tous les dessins imaginables; et cette machine, successive-

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ment perfectionnée, a fini par produire les résultats les plus satisfaisants, en gravant, ainsi que l’Académie a pu en juger tout récemment par le portrait de Rhimbach, placé en tête des mémoires de cet artiste, et exécuté de cette manière. Depuis lors, M. Beuth, à Berlin, a trouvé une machine dont il obtient des produits d’une égale valeur; et quant à la machine de M. Collas, dont les résultats sont aujourd’hui si connus et si généralement répandus, nous ne pouvons que rendre justice à cette application de la mécanique à la gravure, qui offre, sinon un dessin parfait sous le rapport de la finesse des formes et de l’exactitude de méplat et de modèle, au moins un aspect de bas-relief qui séduit, surtout par le ton argentin qu’il présente.

« C’est aussi par ses résultats, tels que nous les avons eus sous les yeux, que nous pouvons apprécier la machine de l’artiste hollandais, M. Steuerwald, venu après tous les autres.

« Le morceau capital, produit par la machine de M. Steuerwald, est le portait du roi Guillaume II, gravé d’après un camée de 48 centimètres de; haut sur 36 de large, y compris sa bordure. Au premier abord, l’aspect de cette gravure, qui a tout à fait l’apparence d’une gravure à Y aqua-tinta, sans avoir la douceur et la suavité de cette manière, produit une impression peu favorable. Au lieu de ce ton argentin et brillant qui distingue généralement les simulacres de gravures obtenus par le procédé mécanique, et qui en constituent le principal mérite, il y a, dans le ton général de ce portrait, quelque chose de lourd et de monotone qui ne flatte pas agréablement la vue. Mais cet effet, qui a dû entrer dans l'intention

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de l’auteur, attendu qu’il est le résultat du genre même du travail qu’il a adopté, cet effet, désavantageux sous le rapport que nous venons d’indiquer, nous paraît bien racheté par le mérite d’exactitude, sous le rapport de la forme, que l’artiste a voulu obtenir, en procédant par une taille perpendiculaire très serrée, qui suit et qui accuse les moindres détails du bas-relief. La justesse du modelé se trouve donc ici réalisée, autant que possible, peut-être avec un peu de sécheresse dans le contour de la tète. Mais en cherchant, comme il l’a fait, la vérité imitatative dans ce qui la constitue principalement, la forme, en y sacrifiant l’agrément de l’effet, nous pensons que l’artiste hollandais a droit à des éloges et à des encouragements, plutôt qu’il ne doit encourir des reproches. Nous avons remarqué queM. Steuerwald a exécuté une seconde taille horizontale dans le fond; ce qui est une innovation heureuse, dont on peut tirer un parti avantageux en diverses circonstances. »

Nous ne nous étendrons pas davantage sur les machines à graver qui ont été inventées jusqu’à ce jour, et encore moins entrerons-nous dans une discussion sur les défauts qu’on leur a imputés, les conditions qu’elles devraient remplir, et dans l’examen critique de chacune d’elles. Ce que nous en avons dit suffira, nous le pensons, pour s’en former une idée exacte. Les machines à graver qui sont fort employées aujourd’hui, sont d’utiles auxiliaires dans l’art du graveur, dont elles accélèrent le travail dans ce qu’il a de plus mécanique et de plus fastidieux. Elles produisent des effets que la main seule ne saurait donner; elles servent à reproduire avec rapidité une

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foule de chefs-d’œuvre de la gravure ou sculpture en relief, et, à ces divers titres, nous croyons qu’elles méritent l’attention des artistes et des hommes de l’art.

M. Claudel a fait une application ingénieuse du système de la machine à raboter les métaux, qu’on rencontre aujourd’hui dans tous les ateliers de construction, pour produire des gravures en relief sur métal à un prix très modéré et avec une grande rapidité. A cet effet, on trace d’une manière quelconque sur une planche en laiton ou en cuivre, ou on décalque . I le dessin qu’on veut reproduire, puis on soumet à une petite machine à raboter qui, comme les outils j du graveur en bois, champlëve toutes les parties de ce dessin qui doivent rester blanches, et ménage i celles qui doivent ressortir. Quand le relief se trouve ainsi dégagé, on y trace au burin ou bien à la machine les hachures et les ombres que l’objet comporte, 11 et le travail de la gravure est terminé.

La planche ou la vignette ainsi gravée est ensuite clouée sur un bloc de bois de hauteur, et tirée à part I1 ou dans un texte à la presse typographique.

Si le dessin comporte des lettres ou des chiffres, I on les emprunte à la casse du typographe, et on les n

insère dans des trous percés aux points voulus dans P1

le cuivre et le bloc de bois, où il se trouvent naturel- Sf

lement justifiés de hauteur, et on les soude au niveau >CI

de la plaque de cuivre.

Il est facile de comprendre que ce procédé n’a pas ! ' une grande étendue de moyens, et qu’il est borné te

dans ses applications, mais il réussit très bien à re- P(

produire les figures de géométrie, les plans, etc., et 1IS

la célérité du travail, ainsi que le bas prix doivent le faire recommander dans les divers cas.

en

tir

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M. Gaiffe a pris, en 18-47, un brevet de 15 ans pour une machine à graver les cylindres dont on trouve la description dans le tome 12, p. 186, des Brevets d’invention.

Depuis, M. Garnside, de Manchester, a fait connaître une machine à graver les rouleaux et les cylindres des imprimeurs sur étoffes à laquelle il a donné le nom à' électrographe.

On prendra une idée de ces sortes de machines par les détails qui vont suivre :

Le cylindre de cuivre préparé comme à l’ordinaire avec un vernis convenable, est placé sur un bâti dans lequel on peut lui imprimer un mouvement lent et régulier de rotation. Parallèlement à ce cylindre en est disposé un autre de même diamètre, ou même beaucoup plus petit, en métal, sur la surface duquel le dessin est imprimé avec un vernis qui n'est pas conducteur du fluide électrique.

Sur le premier de ces cylindres repose une série de pointes de diamants, dont chacune peut être attirée par un petit électro-aimant, et par conséquent relevée sur le cylindre qu’il s’agit de graver. Si l’électro-aimant n’opère pas, les pointes de diamant sont pressées modérément par leur propre poids, ou par un petit ressort sur le cylindre, (Je manière qu’en tournant, elles enlèvent le vernis. Les électro-aimants sont des barreaux minces en fer, entourés d’une spirale en fil de cuivre. Par l’une de leurs extrémités, tous ces fils se terminent à un conducteur commun qui se rend au pôle zinc de la batterie; leurs autres extrémités s’épanouissent en plaques métalliques minces, séparées, entres elles par des couches isolantes et réunies en, une sorte de peigne électrique dont les pointes- Graveur. — I. 18

reposent sur le cylindre modèle qui porte le dessin qu’il s’agit de copier.

Le cylindre modèle est en communication lui-même avec le pôle charbon de la batterie. La marche est, du reste, fort simple.

Si on suppose que le cylindre modèle et le cylindre d’impression aient même diamètre, et qu’on les mette en état de rotation avec la même vitesse, alors les aimants, dont les lames métalliques sont directement en communication avec les parties découvertes du cylindre modèle deviennent magnétiques, et relèvent en conséquence les pointes de diamants correspondantes, tandis que les dents du peigne électrique qui reposent sur la portion du cylindre modèle couvert d’un vernis non conducteur, ne reçoivent pas le courant. Les lames de fer correspondantes ne sont pas magnétiques, et n’attirent pas, en conséquence,' les pointes de diamant, de façon que celles-ci tracent sur le vernis un sillon ou un trait plus ou moins prolongé.

On peut naturellement donner au cylindre modèle et à celui d’impression des dimensions différentes, et dans le cas où il tournerait avec la môme vitesse angulaire et celui où le dessin doit se reproduire plusieurs fois sur la circonférence ou sur la longueur, ne produire ce dessin qu’une seule fois sur le cylindre modèle. S’il doit y avoir répétition sur la circonférence,- trois fois par exemple, il faut que le cylindre modèle tourne aussi trois fois plus vite que le cylindre d’impression. Si au contraire le modèle ou dessin doit être reproduit sur la longueur, il faut que le cylindre d’impression puisse glisser sur cette longueur devant les pointes de diamant. Le cylindre d’impresion est ensuite terminé en faisant mordre comme à l’ordinaire.

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