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CHAPITRE II Gravure à l’eau-forte

Historique.

La gravure à l’eau-forte (1), d’après M. Raoul de Saint-Arroman, est un art libre et exquis, dont la simplicité hardie défie, du premier coup, la banalité. Cette définition, quoique- un peu artistique, donne une idée exacte de ce procédé de gravure, qui consiste à produire les traits du dessin en attaquant le métal par l’acide nitrique étendu d’eau.

Les Allemands avaient attribué la découverte de la gravure à l’eau-forte à Albert Durer, dont la première estampe, que l’on connaisse, remonte à 1502. Les Italiens, d’autre part, l’ont revendiquée pour François Mazzuli, peintre célèbre, connu sous le nom de Parmesan, parce qu’il était de Parme, dont la première eau-forte remonte à 1530. Mais, depuis, on a trouvé, au musée Britannique de Londres, une gravure allégorique et satirique, portant la date 1190, de Wenceslas d’Olmütz (2).

En Italie, Montegra, élève de Squarcione, a exécuté une quarantaine de gravures sur cuivre de 1150 à 1506. Baldini, Pollainolo, Moceto, Brescia, Parto gravaient à la même époque. Finiguerra a gravé le Couronnement de la Vierge .

(1) Comme la grarvure au burin, on lui a aussi donné le nom de chalcographie.

(si) On dit avoir trouvé en Allemagne deux estampes à l'eau-forte datant de 1406.

VERNIS 73

On distingue deux genres de gravure à l’eauforte :

L'eau-forte des graveurs, qui n’est qu'un travail préparatoire, consistant à tracer, par l’action de l’acide, les contours et les lignes principales du dessin, qui sera terminé ensuite au burin, sur cuivre nu.

L'eau-forte des peintres, consistant à obtenir un travail original de l’artiste, pouvant être varié à l’infini et n’ayant d’autres règles que celles du talent et du caprice de celui qui l’exécute ; l’acide fait et termine toute la gravure en suivant exactement, les traits du dessin. Dans les deux cas les procédés de gravure sont les mêmes.

La gravure à l’eau-forte s’exécute généralement sur le cuivre rouge, quelquefois sui* étain et acier, rarement sur bronze, laiton et zinc.

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