IV. Vernissage de la planche
1° Vernis dur.
Il faut commencer par bien nettoyer la surface de la planche qui doit être gravée, et que l’on veut vernir, ce qui se fait en la frottant simplement avec un linge blanc, si elle est neuve, et avec de la craie ou du blanc de Bougival (dit d’Espagne) pulvérisé,
del’huTle té graiSSée par de 1,encre d’impression ou
ion
GRAVURE A L’EAU-FORTE
Pour l’application du vernis dur, on fixe sur un des côtés de la planche un petit étau à main, muni d’une carte pliée entre ses mâchoires, un à chaque extrémité si elle est plus grande, et enfin quatre si la dimension ne permet pas de la mouvoir facilement : ensuite on fait chauffer cette planche sur un feu de charbon bien allumé, et étendu dans un réchaud carré, long, de manière que son action atteigne également toutes les parties du cuivre, et qu’aucun endroit ne soit plus chaud qu’un autre. Lorsque la planche est assez échauffée pour que le vernis frotté dessus y fonde facilement, on y posera le vernis dur, en le plaçant par points ou petites parties assez rapprochées, et également distants les uns des autres, comme l’indique la figure 24.
On remplace aujourd’hui ce mode de chauffage par celui d’un réchaud à gaz, muni d’un grand nombre d’orifices régulièrement espacés, qui répartit mieux la chaleur et dont on peut plus facilement régler l’intensité. Le gaz évite en outre les poussières qui se produisent toujours avec le charbon.
Cela fait, on passera, sur la planche, plusieurs fois et en tous sens, un pinceau plat, dit queue de
morue pour étendre le vernis, rapprocher et confondre tous les petits tas, et faire en sorte qu’elle en soit entièrement couverte; on continuera ainsi jusqu’à ce que le vernis, réduit à la moindre épaisseur possible, présente une surface parfaitement unie, égale de ton, et luisante.
Le verni, étant ainsi bien uniformément étendu, on le noircira en se servant d’un flambeau (%. 25), que l’on promènera sous la planche, après l’avoir
Fig. 26.
retournée, en la soutenant en l’air avec un étau à main (fig. 26), et en posant l’une des extrémités sur un objet élevé, ou simplement contre un rnur (1).
Il faut que le flambeau soit tenu à 8 ou 10 centimètres du vernis, qu’il passe rapidement d’un endroit
(1) On peut disposer, dans son ateiier, des tire-fonds an piafond, avec de petites chaînes qui s'accrochent aux étaux et permettent ainsi d avoir les deux bras libres, et de pouvoir opérer avec beaucoup plus de facilité et de succès.
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à l'autre, de telle sorte que la même quantité de fumée atteigne toutes les parties de la planche, et lu donne un noir bien égal, sans altérer le vernis par son contact, et sans le brûler par un sé.,our trop prolongé sous une de ses parties (1).
On allume ensuite une quantité de charbon assez considérable pour obtenir une surface de feu égale a celle de la planche et l'on pose le cuivre au-dessus, I la surface vernie en dessus, en le soutenant sur deu^ espèces de chenet^ ; on laisse la planche ainsi jusqu a ce. que le vernis soit cuit. On reconnaîtra que la cuisson est achevée, lorsqu'il commencera a ne plus fumer, ce qui a lieu au bout d'un quart d heure environ peut juger si le vernis est suffisamment cuit, en touchant, sur une extrémité de la planche, avec ; un petit morceau de bois pointu ; si ce vernis est encoie mou s’il s’enlève facilement du cuivre, il faut le laisser encore au feu ; mais s’il présente de Résistance, et que la pointe marque dessus un trait pu , il faut le retirer à l’instant et le laisser refroid •
Si l’on juge que le vernis est suffisamment cui que la planche soit très chaude, on versera de 1 eau derrière pour la refroidir promptement, et emp^her ce vernis de devenir trop dur ou meme de biu •
' U faut avoir bien soin que, pendant cette operation, il ne soit agité aucune poussière dans î atelier ou ^ a lieu et que nulle ordure ne tombe sui la planche peudah qu’elle est eheude, eut elle fortement et annulerait entièrement la possibilité de
se servir du vernis.
(1) u f«rt commencer par les bords de la planche, qui se refroidissent plus vite que le centre*
2° Vernis mou.
Pour appliquer le vernis mou sur une planche, on s’y prend à peu près de la même manière : il faut envelopper le rouleau ou la boule de vernis dans un double morceau de taffetas neuf, qui ne soit ni gras ni sale, et qui offre un tissu très lin.
On fait chauffer la planche par dessous, bien également, sur un feu qui ne soit pas trop ardent, contenu dans un réchaud en fonte ou en tôle, de la forme d’un parallélogramme allongé ; et lorsqu’elle a atteint une chaleur telle qu’en promenant le vernis dessus il fonde facilement et s’étende sans fumer, on la couvre entièrement avec le vernis enveloppé de taffetas, qu’on frotte légèrement d’un bout à l’autre du cuivre, par lignes horizontales ou verticales, en ayant soin de laisser le moins d’épaisseur possible ; ensuite on frappe toute la surface avec le tampon (fig. 2'J), jusqu’à ce que le vernis présente, comme par le premier procédé, une teinte égale, fine et bien unie.
Avant de noircir la planche, il faudra bien faire attention que le vernis ne fume pas ; mais cependant il doit être assez chaud pour que le tampon ne tête pas, ce qui indiquerait qu’il est froid ; alors le flambeau le brûlerait, et il faudrait recommencer l’opération.
Avant que la planche soit entièrement refroidie, on la noircira absolument de la même manière que celle indiquée pour le vernis dur. Si le cuivre paraît très chaud, on jettera de l’eau derrière; cela donne d’ailleurs plus de brillant et de solidité au vernis.
Aussitôt que le cuivre sera refroidi, on pourra travailler dessus, ce vernis ayant sur le premier, l’avantage de n’avoir pas besoin de cuisson : aussi est- Grciveur. — I. 7
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il plus facile à bien préparer, demande-t-il moins de , temps, et est-il employé aujourd’hui de préférence par tous les artistes.
Une planche étant préparée de cette manière, peut être conservée très longtemps, en ayant soin de la placer de manière à ce qu’elle n’éprouve aucun frottement et à ce que la surface vernie soit isolée ou bien couverte avec un papier très fin, ou mieux encore avec une serviette fine et douce ; s'il s’y attachait un peu de poussière, on la ferait facilement disparaître avec la barbe d’une plume.