‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 30 sur 122 · CALQUE ET DÉCALQUE DU SUJET · texte numérisé non relu

CALQUE ET DÉCALQUE DU SUJET

se grave ainsi en creux sur ce papier, qui a une assez forte épaisseur ; on le frotte ensuite avec de la poudre de sanguine ou de mine de plomb, ou, bien mieux encore, avec un mélange de ces deux poudres. Si le dessin est de grande dimension, on pose le calque sur la planche vernie, et on le fait passer sous la presse à imprimer ; si, au contraire, il est petit, on l’applique simplement sur la planche et on le frotte assez légèrement par derrière avec le brunissoir, et par ces deux moyens, on obtient un décalque très pur et très exact.

On remplace avec beaucoup d’avantage le brunissoir par un instrument fait exprès pour décalquer, qui se compose d’une molette de cuivre, ou mieux d’acier bien polie, tournant sur un axe fixé dans un manche ou rondelle. On fait rouler, à plusieurs reprises, cet instrument sur tous les traits du calque rougi et appliqué sur le vernis, et alors le trait se marque parfaitement sur la planche, sans lui faire éprouver aucune égratignure ni aucun frottement nuisible.

Quel que soit le moyen employé pour le transport du calque sur le vernis, on doit, quand il est fait, emlever légèrement, avec un gros pinceau de petit gris ou de blaireau, ou bien simplement avec la barbe d’une plume, la sanguine ou la mine de plomb qui aurait trop d’épaisseur ou qui se serait attachée sur la surface du cuivre, et il ne restera qu’un trait bien pur de couleur blanchâtre ou argentine qui aura une assez grande solidité.

On doit apporter beaucoup d’attention pour conserver le vernis sur la planche et ne pas effacer le trait produit parle décalque : il y a plusieurs moyens

GRAVURE A L’EAU-FORTE

d’y parvenir. On peut, par exemple, avoir une espèce de pupitre ou table inclinée en avant, sur laquelle on pose la planche, attacher deux tasseaux sur les bords de ce pupitre, des deux côtés de la planche, et mettre en travers plusieurs ais minces et étroits, dont les deux bouts reposent sur les tasseaux, et sur lesquels on s’appuie pour travailler.

On peut couvrir de cette manière toute la planche, et ne découvrir que l’endroit que l’on veut graver, à mesure qu’il en est besoin.

Il y a des graveurs qui travaillent en dressant leur planche sur une sorte de chevalet, comme les peintres ; mais il est assez difficile de s’y accoutumer et cela n’est pas applicable à tous les genres de gravure.

Le moyen le plus usité et le plus commode est de se servir d’un linge ou serviette sans ourlet, de toile ouvrée ou damassée, et un peu usée, afin qu’elle soit plus douce ; on la plie en trois ou quatre doubles et on la pose sur le vernis ; ce linge sert de garde-main en travaillant ; on peut le remplacer par une peau de mouton passée à l’huile, et mettre le côté le plus doux sur le vernis. Quand on quitte le travail, on recouvre toute la planche avec cette serviette ou cette peau, pour empêcher les ordures ou la poussière de salir la planche et la préserver d’accidents. Beaucoup de graveurs se servent d’un petit banc élevé sur deux tasseaux de 6 millimètres d’épaisseur, et dont le tasseau est aminci en biseau ; ce banc sert à supporter la main : le vernis n’éprouvant alors aucun frottement, se conserve parfaitement ; mais la main est ainsi moins solidement appuyée que sur la serviette.

S’il arrivait que le vernis se fût rayé, par accident, en quelque endroit de la planche, on prendrait, au

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