CALQUE ET DÉCALQUE DU SUJET
bout d’un petit pinceau, du vernis de Venise (voyez p. 88), dans lequel on mettrait un peu de noir de fumée, et, avec cette mixtion, on couvrirait les écorchures, raies ou faux traits qui ne devraient pas être attaqués par l’eau-forte. On peut même graver sur les parties de la planche qui auraient été ainsi recouvertes ; mais il faut cependant l’éviter autant que possible, parce que souvent elles ne mordent pas d’une manière semblable au reste du travail. Il ne faut pas que le vernis de Venise soit trop vieux, parce qu’en vieillissant, il s’épaissit et ne couvre pas aussi uniformément ce que l’on veut effacer ; il faut encore bien prendre garde de poser, sur les endroits ainsi couverts, le garde-main ou le linge avant qu’ils ne soient parfaitement secs, ce qui demande un certain temps, de crainte que le vernis ne s’enlève, ou bien qu’il ne s’y attache quelque poil qui empêcheraitqu’on pût y graver proprement.
Le vernis dur se conserve plus longtemps sur la planche que le vernis mou ; et il est sujet à moins d’accidents, c’est ce qui l’a fait préférer par plusieurs artistes pour des ouvrages très longs. Outre cela, il est plus facile de faire sur le premier des hachures tournantes hardiment poussées, parce qu’il a une dureté qui tient la pointe comme engagée, ce qui permet de faire des traits plus franchement tranchés, et, par conséquent, plus nets et plus semblables à ceux qui s’obtiennent au moyen du burin.
Si le vernis s’écaille, s’il ne se coupe pas bien nettement, et s’il laisse échapper quelques petits éclats (comme cela arrive assez fréquemment en hiver), c’est un signe qu’il est trop sec ; alors il faut avoir soin de chauffer un peu la planche.
GRAVURE A L’EAU-FORTE