‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 32 sur 122 · VI. — Tracé a la pointe · texte numérisé non relu

VI. — Tracé a la pointe

Le cuivre étant bien préparé, comme nous venons de l’indiquer, et toutes les précautions prises pour éviter les accidents qui peuvent arriver au vernis ou au trait qui a été décalqué dessus, on commencera le tracé à la pointe. Mais ici je dois entrer dans quelques détails sur les différentes manières d'employer cet instrument, et sur l’application que l’on peut faire de la gravure à l'eau-forte aux différents genres de travaux.

(1 y a, comme nous l’avons dit, deux natures bien distinctes de gravure à l’eau-forte : celle connue sous le nom A' eau-forte des peintres , et celle dite eau-forte des graveurs. La première, pratiquée par les peintres et les dessinateurs, n’a ni règle, ni méthode; elle est aussi variée dans ses moyens que dans ses résultats; elle est entièrement soumise au caprice, à la manière, au goût de celui qui l’exécute; l’artiste se sert de sa pointe absolument comme on pourrait se servir d’un crayon, tantôt promenant légèrement sur le cuivre une pointe fine, capable de rendre les détails les plus minutieux; tantôt, au contraire, faisant exécuter à l’échoppe seule tout ce que son génie enfante. On conçoit combien ce genre de travail doit l’emporter par l’esprit, la facilité et la liberté, sur la gravure au burin; dans cette dernière, l’instrument, qui est résistant, est poussé par la force du poignet, au lieu d’être conduit par l’agilité des doigts, et on ne procède que par des lignes droites ou circulaires, tandis que la pointe se prête à tous les mouvements que les doigts veulent lui imprimer. Comparée au crayon, cette

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