TRACÉ A LA POINTE
des graveurs d eaux-fortes les plus célèbres, faire à la plume beaucoup de copies de leurs ouvrages, ou des parties les plus intéressantes qui s’y trouvent, acquérir ainsi une grande connaissance de l’arrangement le plus convenable des tailles, et donner à la main une grande habitude de les tracer avec légèreté et facilité. Quand il sera capable de copier à la plume et bien fidèlement toutes les parties d’une estampe, il pourra prendre un cuivre verni et des pointes, et copier, par ce nouveau moyen, d’abord de petits sujets, puis des morceaux plhs importants, mais sans faire mordre ses premières études, dévernissant (1) le cuivre, et le revernissant pour y travailler de nouveau, jusqu à ce que la main soit bien dressée au maniement de la pointe, et que cet instrument Coule sur le cuivre avec la plus grande liberté, sans accrocher ni glisser.
Il faut que la pointe trace un trait pur, brillant, sans aucune égratignure ; elle doit attaquer légèrement le cuivre sans le couper profondément, produire des contours gracieux et faciles. Il faut aussi bien approprier la grosseur du trait à l’objet qu’il représente : dans beaucoup de cas, une pointe trop grosse produirait un effet lourd, et nuirait à la netteté des détails; dans d’autres, une pointe trop fine donnerait au travail une maigreur et une sécheresse désagréables.
Lorsque le tracé d’une planche est terminé, il faut, avant de la soumettre à l’action de l’acide nitrique, bien l’examiner à la loupe, couvrir avec un petit pinceau et du vernis de Venise noirci les parties défi) Voyez plus loin la manière de dévernir une planche,
GRAVURE A L’EAU-FORTE
fectueuses, les faux traits, les petites écorchures que le vernis aurait pu éprouver, et toutes les parties qui pourraient être mal à propos creusées par l’eauforte.