IV. — Procédé Nègre
M. Charles Nègre a perfectionné le procédé de M. Niepce et a obtenu de très belles gravures. M. Nègre recouvrait sa plaque à graver avec du bitume de Judée, il l'impressionnait sous un négatif, lavait à la benzine pour dissoudre le bitume inaltéré, dorait la plaque à la pile, enlevait le bitume adhérent au moyen de l’essence de térébenthine chaude et la mordait par certains agents chimiques. L’eau-forte respectait toutes les parties dorées, correspondant aux blancs de la gravure.
Voici la description du procédé Ch. Nègre, d’après une note communiquée à l’Académie des Sciences, par l’auteur :
c J’étends sur une plaque de métal une couche de vernis impressionnable, composée soit de gélatine additionnée de bichromate de potasse, soit de bitume dissous dans l’essence ou dans la benzine. Cette couche de vernis est ensuite impressionnée à la lumière, à travers un cliché négatif retourné, ou à travers une épreuve positive ordinaire, selon que je me propose d’obtenir une planche gravée pour l’impression en taille douce ou pour l’impression typographique. J’enlève ensuite, au moyen d’un dissolvant composé d’huile de naphte ou de pétrole, de benzine et d’essence, les parties de la couche de bitume qui ont été préservées de l’action de la lumière. (Pour la gélatine ou les gommes, on se sert de l’eau comme dissolvant.) Considérant alors l’image héliographique formée d’une de ces matières organiques comme simple réserve ou vernis isolant, je fais déposer directement par la gai-