‹ Nouveau manuel complet du limonadier, du glacier, du chocolatier et du confiseurChapitre 34 sur 191 · DU THÉ · texte numérisé non relu

DU THÉ

diocre, que l'on cultive à la Chine et an Japon, et dont les deux espèces, le thiea viridis et le bohea, ont été réunies dans une seule, nommée thea chinensis, thé de la Chine, D'après l'opinion d’un grand nombre de botanistes, les différences qui existent entre les diverses espèces de thé doivent étre attribuées à l'âge auquel on a récolté les feuilles et à leur mode de dessiccation. Les feuilles sont récoltées plusieurs fois dans l’année, et leur dessiccation a lieu sur dés plaques de fer médiocrement chauffées.

Le plus agréable et le plus estimé est celui qui arrive par les caravanes de lu Chine à Saint-Pétersbourg ; il porte avec lui une odeur de violette prononcée, que celui qui vient par mer ne possède jamais. On ne le connaît en Europe que depuis le commencement du dix-sptième siècle, à peu près. Ce furent les Hollandais qui l’apportèrent. L'infusion aqueuse que. lon prépare avec ces folioles desséchées et roulées sur elles-mêmes, prit une faveur tellement rapide, et leur consommation fut si grande, qu'en 1660 on avait établi en Angleterre un impôt sur l'introduction du thé, qui rapportait dés sommes considérables,

Les feuilles les plus petites de l’arbuste, les plus jeunes et les plus tendres, sont aussi celles qui possèdent le plus d’'arôme ; c'est pourquoi elles sont choisies avec le plus grand soiu pour faire le thé qu'on désigne sous le nom de thé impérial; comme on ne le destine qu'à l'empereur et à aille , nous ne le connaissons que d'après le rapport des voyageurs. Il en est encore un autre connu sous le nom de thé mandarin, aussi extrêmement rare,

La récolte des feuilles se fait à la main, une par une : une seule personne peut.en cueillir de 7 à 7 kilogrammes 172 (14 à 15 livres) par jour. La première cueillette s'opère vers lafin de février, ou au commencement de mars ; celles-ci servent à faire le thé impérial, comme nous l'avons dit, ou la fleur de thé; Ja seconde récolte se fait au mois d'avril, et la troisième a lieu en juin. Ces dernières feuilles ont acquis leur eutier développement; le thé qu'elles donnent est de qualité inférieure; c’est celui du bas peuple: Il arrive quelquefois qu'on ne fait que deux récoltes, en avril et en juin, et méme une seule à cette dernière époque. Quoi qu'il en soit, ‘on sépare toujours les feuilles plus ou moins müres pour en préparer les diverses espèces de thé qu'on trouve dans le commerce, et qu'on distingue en thés verts et thés noirs. Parmi les premiers se trou vent les :

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Thé Heyswen,

Sa couleur est verte, avec une nuance d’un bleu noirâtre; il est roulé longitudinilement ; il a une odeur particulière et agréable; sa saveur est âpre et ee de Par son infusion dans l’éau, les feuilles se déronle nt, deviennent plus vertes, et ontune longueur de 27 à 5 54 millimètres (1 à > pouces), sur une largeur de rrà 23 millimètres (5 à 10 lignes}; leur forme est ovale-lancéoléé, nne surface glabre, et l'autre pubescente. Leur infusion est d’un jaune doré, la saveur est amère et aromatique; elle rougit la teinture de toùrnesol , précipite le nitrate de plomb en blanc et celhi d'argent en noir; elle réduit la dissolntion d'or et du proto=nitrate de mercure, et n’exerce aucune action sur lé nitrate de barite ni sur l’oxalate d’ammoniaque.

Thé Schulang.

M. Guibourt pense que ce. n'est que du thé heyswen, aromatisé par la fleur de l'olea fragans (Lin.), lanhoa des Chinois. Ce thé est un des plus estimés et des plus recherchés des amateurs,

Thé perlé.

Forme ramassée et presque ronde ; couleur plus brune et en même temps grisâtre ; odeur plus : agréable. Ses feuilles se déroulent plus lentement dans l'eau bouillante; elles sont plus petites que lés précédéntes. Leur infusion est plus colorée et un peu trouble. Mérmes caractères chimiques.

Thé poudre à canon.

Plus roulé que le précédent ; les feuilles avec lesquelles on le prépare sont incisées transversalement en trois on quatre arties qu'on a roulées ensuite ; leur forme est semblable à celle du thé heyswen; elles sont seulement plus grandes. Infusion semblable et ayant les mêmes propriétés que celles du tré pe rrlé,

Thé impérial ou Fleurs de thé.

Ses feuilles sont larges, minces, vertes, luisantes, d'une odeur faible, mais très-agréable. Ce thé est fort estimé.

Thé Singlo où Songlo.

Cette variété diffère peu du thé heyswen; il a un coupd'œil plombé et une saveur très-astringente. Son nom lui vient du lieu où on le cultive,

THÉ PÉKAO. 81 Thés noirs.

Voici les principales espèces :

Thé Bou; Thé Bouy.

Ce thé porte également les noms de thé noir et de thé Snot- Chaon. 11 est fourni par lé thea bohéa (Lin.). Il est roulé dans sa longueur; sa couleur est brune, tirant sur le noir; son odeur est moins agréable; ses feuilles, déroulées dans l'eau bouillante, sont lancéolées , dentées et plus épaisses que celles du thé heyswen. Son infusion est moins excitante; elle est d'un brun orangé, d’une saveur amère; elle rougit la teinture de tournesol , réduit les dissolutions d'or,et précipite, sans les réduire, les nitrates d'argent et le mercure, et verdit les solutions de fer. 11 donne à l'analyse :

PAM NN Ne a rie dre D 406 COMMON RE re Gers ie C0 Gathsr ses- SN MERVTATS -653

Fibre ligneuse. ,; . . , , . . 448 Matière volatile et perte. . , . +. 2,

Thé Pékao,

Selon M. Guibourt, cette espèce ne serait qu'une variété du thé Bouy, ou, pour mieux dire, un choix de ce thé. En effet, la forme , la saveur et l'odeur sont les mémes ; seulement cette odeur est plus agréable. Elle se rapproche de celle de la violette, Les petits filets, comme argentés, qu'on ÿ distingue, sont dus à dés feuilles terminales, non encore bien déve= loppées.

Thé Congo où Cong fou.

Cette espèce de thé a les feuilles très-larges, qui ressemblent

assez, pour la couleur et les propriétés, au thé Bouy. Thé Saotchon où Saoutchong.

C'es

L'une variété qui est supérieure authé Bouy. Ses feuilles

offrent aucunetache; l'infusion en est verdâtre. Thé Fichi,

Ce thé a éprouvé une dessiccation complète afin de pouvoir le pulvériser, pour prendre cette poudre dans l’eau. On le prépare avec les feuilles les plus jeunes. On ne J'exporte pas à l'étranger,

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