DISTILLATION DES POMMES DE TERRE
que contiennent les téguments de la fécule, et sur laquelle nous reviendrons : elles en sont moins chargées si l’on soutire la liqueur avant de la ve
{ rser dans la chaudière. Par les procédés précités, on peut retirer de l'eau-de-vie de graines lé. gumineuses, telles que les pois, les fèves, les haricots, les pois. chiches, le riz, le maïs; ainsi que des châtaignes, du chiendent et de toutes les substances sucrées. On ajoute ordinairement une partie de malt sur 4 ou 5 parties de farine,
Distillation des Pommes de terre.
Les céréales et les légumineuses ne doivent qu'à la fécule ou amidon qu'elles contiennent, la propriété de donner une liqueur sucrée, qui, par la fermentation, se convertit en alcool. Ilen est de même des pommes de terre; or, ce tubercule produira d'autant plus d'eau-desvie, qu'il sera plus riche en fécule; aussi le choix des espèces de cette substance n'est-il pas indifférent. Nous avons un grand nombre de procédés pour cette conversion en alcool; nous allons rapporter les principaux. -
Premier procédé. L'on fait cuire. les pommes de terre à la Yapeur, et on les réduit en pâte fine : sur 100 kilogram. (200 livres) de cette pâte, l'on ajoute de 6 à 6 kilogrammes 172 (12 à.13 livres) de malt en farine grosse, et l'on continue par l'addition de l'eau chaude et les autres pratiques indiquées à l’eaude-viede grain. Pour y déterminer la fermentation , on y ajoute ensuite 250 gram. (172 livre) de bonne levure de bière fraiche.
Deuxième procédé. Délayez 80 kilog. (4o livres) de fécule de ponuneside.terre dans 200 litres d’eau à la température ordiaire; ajoutez peu à.peu 20ocautres litres d'eau à l'ébullition, et.20 kilog.(4o livres) de malt délayé dans suffisante quantité d'eau chaude; au bout de.3 ou 4 heures, ajoutez la levure et la quantité d'eau nécessaire.
Prodédé de M. Debrunfaut. On prend. une cuve à double fond, d'une conténance d'environ 8 hectolitres. On place sux son fond double 10 à 12 kilog, (20 à 24 livres) de courte paille en une;couche bien égale en épaisseur ; on étend dessus 100 kilog. (200 livres) de pulpe de pommes de fêrre crues, telle que la donne la râpe. On laisse ‘égoutter pendant environ une demi-heure, et l’on ouvre le robinet placé entre les deux? fonds, pour laisser écouler cette partie de son.eau de végétation qu'elle a abandonnée. Deux ouvriers remuent alors avec
Limonadier, 12
134 DEUXIÈME PARTIE. LIMONADIÉR.
des râbles pendant qu’on y fait arriver de 4 à 500 litres d’eau bouillante. Toute la masse s’épaissit par la conversion de l'amidon en empois; on ÿ fait alors macérer 25 kilog. (5o livres) d'orge malté et trempé; on agite bien, et après 3 ou 4 heures, on soutire, à l'aide du robinet précité, le liquide que cette masse donne par la filtration sur le double fond, et on le verse dans la cuve à fermentation qui peut ne contenir que 11 hectolitres, dont un pour le vide. On laisse égoutter pendant un quart-d'heure, on soutire cette seconde liqueur , on l'ajoute à la première, et puis l'on brasse le marc avec deux hectolitres d'eau bouillante; on soutire encore cette liqueur ; enfin on épuise le résidu en y versant 2 ou 3 hectolitres d’eau froide. Toutes les liqueurs sont réunies dans la cuve à fermentation, et l'on ajoute la levure de bière dans les mêmes proportions que nous avons indiquées.
Préparation de l'eau-de-vie de pommes de terre, par Hermstaedt.
On fait cuire les pommes de terre dans un appareil à vapeur, ce qui s'opère dans l’espace de dix minutes, avec une bonne construction.
Aussitôt qu’elles sont cuites, on les écrase aussi chaudes que possible, et on les jette dans la cuve à fermenter, contenant,
pour 500 kilogrammes (1000 livres) de pommes de terre, 208 kilogrammes (416 273 livres) d'eau froide, dont la température ne doit cependant pas être au-dessous de 14° Réaumur; ensuite, on couvre le tout, et on laisse reposer.
Il y a 375 kilogrammes (750 livres) de fécule contenus dans la quantité de pommes de terre que nous venons d'indiquer, et cette proportion suffit parfaitement avec les 208 Kilogrammes (416 273 livres) qu'on a ajoutés pour produire une masse dont la consistance est celle d'une bouillie , ét dont la température doit être de 48 à 50.
Maintenant on prend 81 174 de malt d'orge, et on les macère avec 125 kilogrammes (250 livres) d'eau que l'on achauffée auparavant à 60° Réaumur, et on laisse reposer cette masse jusqu'à cequ'elle soit refroïdie à la température de22°R. Alors on ajoute 11 kilogrammes (22 livres et demie) de levure ; on la mélange en remuant bien, et on laisse le tout bien couvert,
Lorsque la masse des pommes de terre macérées est refroidie jusqu'à 38° R., on arrête la macération en ajoutant 208 ki- Joprammes (416 livres 273) d'eau froide, et onrenue le tout
bien ensemble,